UNE ISSUE POUR LES CHÔMEURS, UNE SEULE.

PREVOIR AUJOURD'HUI L'ECONOMIE DE DEMAIN -

ADAPTER LA REPARTITION DEMOGRAPHIQUE ENTRE VILLE ET CAMPAGNE.

 

 

 

 

PREAMBULE :

 

Nous n'échapperons pas à l'épreuve de vérité.

L'épreuve de vérité, c'est la nouvelle réalité économique et sociale qui se met en place. C'est la fin de l'immense bulle qu'a été (et est encore) l'explosion moderne de la production et de la consommation.

Commencée au néolithique, larvée pendant plusieurs millénaires, la bulle a enflé brusquement et démesurément grâce au système financier dès l'instant ou celui-ci a pu faire main-basse sur l'économie.

 

Ce bloc économico-financier ne pouvait fonctionner que par le moyen d'une croissance exponentielle, en matières et en valeur. Il fallait donc créer sans cesse de nouveaux besoins, fabriquer, vendre et consommer toujours plus, et provoquer, en même temps, une hausse continue du coût de la vie.

 

L'argent fictif (fausse monnaie) servait à spéculer (faire de l'argent sans passer par le travail) ou à créer des produits sans contre-partie, comme ce fut le cas en Espagne et en Irlande qui connurent il y a peu d'années un boom immobilier qui n'était qu'un château de cartes.

 

La finance ne tient aucun compte des possibilités de notre Terre ni de l'intérêt des Hommes qui l'habitent.

Il faudra, dès maintenant et de plus en plus, cesser de s'exposer aux nuisances du système économico-financier, refuser de se soumettre aux replâtrages et manipulations encore possibles.

 

 

 

UN CONSTAT.

 

La conscience de la situation résumée ci-dessus est loin d'être fortement partagée.

Surtout si l'on précise que la conversion vers un autre type de société mieux adaptée à l'ère nouvelle ne se fera que dans la douleur, notamment faute d'avoir été organisée.

Personne ou presque ne veut de la réduction (objectif 50 % ?) de la consommation.

Beaucoup de personnes pratiquent tout simplement le déni. La croyance dans la possibilité à un retour à une société où l'offre d'emplois par les employeurs serait équivalente à la recherche d'emplois par les salariés reste tenace parce que ressentie comme un droit.

D'autres pensent qu'une planche de salut sera trouvée dans de nouveaux emplois créés par les technologies nouvelles, énergies renouvelables, mesures écologiques etc...

La presque totalité de la population active actuelle est née dans la société de consommation et y vit depuis toujours. Tous les produits et services proposés à la consommation lui paraissent indispensables, toutes restrictions sont ressenties comme injustes, attentatoires à ses droits et équivalant à un retour au moyen âge.

Il faut, hélas, compter sur une grande résistance au changement.

 

 

Cependant, les événements n'en seront pas ralentis pour autant.

L'industrialisation et l'exode rural induit ont transformé la structure des sociétés occidentales. Au début du 20ème siècle 40 % de la population avait encore le statut d'agriculteur. La plupart de ces paysans vivaient sur des fermes familiales et n'étaient pas exposées au chômage ni aux faillites. Leur économie était durable et ceci sans aides de l'Etat.

Les agriculteurs représentent aujourd'hui 2 % de la population de la France. C'est dire que 38 % environ des Français sont venus grossir la masse des demandeurs d'emploi. Par ailleurs les agriculteurs restants ont perdu leur autonomie' ancienne et sont devenus vulnérables.

 

Quelles sont les perspectives pour les salariés ?

 

Dans les pays occidentaux les industries disparaissent et le chômage se développe corrélativement.

La Chine, la Corée du Sud, la Brésil s'industrialisent à grande vitesse développant au même rythme le salariat et réduisant d'autant la population rurale.

Tous les pays de la planète suivent ou suivront l'exemple Chinois, Coréen, Brésilien etc...de sorte que nous allons vers une progression constante de la surproduction mondiale de produits industriels (illustré en France par la prime à la casse destinée à écouler les voitures).

La production se réduit en occident mais de ce fait la capacité des occidentaux à acquérir les produits fabriqués par les pays émergents diminue également, de sorte qu'au niveau mondial l'écoulement des produits deviendra de plus en plus difficile.

Il s'ensuit que la disharmonie entre l'offre de travail et la demande d'emplois qui se développe actuellement en occident va gagner tout le globe, et d'abord la Chine et la Corée du Sud.

L'industrialisation à outrance de ces deux pays constitue un énorme problème. Des centaines de millions de Chinois ruraux migrent vers les villes. Lorsqu'ils seront devenus définitivement des salariés urbains frappés par le chômage, que feront-ils ? On peut présumer que l'Etat Chinois ne sera pas en mesure d'indemniser une telle masse ; on connaît aussi la difficulté, pour des citadins, de revenir à la terre, surtout lorsque cette terre est abandonnée depuis trop longtemps, embuissonée, ravinée, dégradée, ensablée.

 

En France, la situation prévue ci-dessus pour les pays émergents est acquise. Certains espèrent réindustrialiser notre pays, mais cette réindustrialisation ne peut être espérée que pour fabriquer des produits que les autres nations ne seraient pas capables de faire. La marge est faible, car la liste de ces produits ne cesse de se réduire.

Même s'il faut évidemment trouver les moyens de fabriquer en France une part suffisante des produits que nous consommons, il faut se rendre à l'évidence, la répartition de la population entre ville et campagne telle qu'elle existe à l'issue de l'ère industrielle, entre les personnes au statut de salarié et celles qui sont indépendantes de l'offre de travail industriel (ou induit par cette activité industrielle) ne correspond plus du tout aux besoins de la société de demain.

 

 

 

IL N'Y AURAIT DONC PAS D'ISSUE ?

 

Si, les salariés ont une porte de sortie. Mais une seule. Il doivent maintenant échanger leur statut de salarié contre un autre statut qui leur permettrait d'être indépendant de l'offre d'emploi et ils devront, de surcroît, échapper à la vie chère.

Echapper à une totale dépendance à l'égard des offres d'emplois, n'est-ce pas échapper à un esclavage moderne, renaître à la vie, retrouver sa dignité, si l'on obtient en même temps des moyens d'existence ?

 

 

 

 

 

LE PROJET.

 

L'humanité a échoué dans son parcours trop ambitieux. L'industrialisation à outrance n'a pas d'avenir. Il faut revenir aux fondamentaux si l'on veut satisfaire demain nos besoins élémentaires.

Or, le premier de ces besoins, qui est la nourriture, ne peut provenir que de deux sources : la terre et l'eau .

 

Nos ancêtres ruraux seraient fort étonnés de constater que nous ne cultivons plus que les terres labourables les plus faciles, que les machines sont prodigieusement efficaces mais que les campagnes sont quasi vides d'êtres humains.

Leur incompréhension serait à son comble si ils apprenaient que ces immenses exploitations vides d'hommes sont parfois en faillite et ne vivent que grâce à des subventions prélevées sur le budget national. Enfin que penseraient-ils de la dépendance dans laquelle se trouvent les agriculteurs modernes envers la P.A.C (politique agricole commune), l'O.M.C. (organisation mondiale du commerce), et d'autres organismes encore ? Par les décisions qu'ils peuvent prendre, ces organismes disposent de l'existence même des agriculteurs.

Les subventions cesseront un jour, évidemment, puisque les finances des Etats occidentaux sont exangues et le seront de plus en plus. Les agriculteurs sont ainsi en passe de devenir eux aussi des chômeurs.

Notre civilisation productiviste et surconsommatrice, excessivement urbaine, verrait ainsi ce paradoxe : des famines gagner tout le territoire pendant que les terres agricoles seraient abandonnées !

Dans le passé des civilisations ont disparu pour des raisons moins importantes que celles dont nous subissons maintenant les effets.

 

Le projet que je propose de mettre en œuvre consisterait, dans un premier temps, à organiser le sauvetage du plus grand nombre possible de chômeurs, ceci en leur donnant les moyens de s'installer sur des terres cultivables. L'objectif n'est pas de créer des exploitations identique à celles qui existent. Il s'agit essentiellement de mettre les néo-cultivateurs en mesure de produire leur nourriture, si possible leur chauffage et de se loger de façon économique en construisant ou réparant eux-mêmes leur habitation. Produire leur nourriture, échapper au coût prohibitif actuel du logement, ces deux avancées seraient déjà pour beaucoup un grand pas en avant.

 

Il ne serait pas facile pour des citadins de devenir des ruraux efficaces ? Oui, j'en conviens. Mais nous sommes au pied du mur.

 

Comment faire ?

 

Créer des fermes expérimentales-lieux de vie.

 

Pour que des citadins acceptent la mutation proposée il faut leur permettre de constater que celle-ci est possible.

 

Ce serait le rôle de fermes-écoles expérimentales.

 

Dans chaque département un certain nombre de ces lieux d'apprentissage seraient créés pour présenter in situ les connaissances nécessaires pour s'adapter à un nouveau mode de vie.

 

Tous les aspects d'une vie rurale et autonome serait enseignée. Par exemple :

 

Pour le logement :

 

  • initiation à l'auto -construction et aux techniques simples et économiques (bois cordé, paille, terre),

  • préférence pour une architecture verticale (chauffage central évité),

  • utilisation d'un outillage léger (à rechercher),

  • mutualisation des matériels et de la M.O., recours aux matériels des collectivités locales (Equipement).

Pour la culture :

 

  • notions de base,

  • familiarisation avec le matériel,

  • apprentissage de l'économie rurale,

  • les animaux,

  • techniques culturales,

  • etc...

En ce qui concerne les matériels agricoles légers nécessaires, un travail de recherche est à faire. Des matériels anciens sont toujours adaptés et par ailleurs, certains ont été inventés au cours des dernières décennies. Il reste à rassembler les connaissances sur ce sujet et les exploiter au mieux. Sans perdre de vue le fait que la condition principale du succès de ces implantations de néo-ruraux serait le bas coût du fonctionnement de ce mode de vie. L'outillage doit être simple.

Outre la mutualisation des moyens, l'utilisation de matériels légers, le recours aux engins des services publics (Equipement), l'absence d'intrants coûteux, le non recours à l'emprunt etc..., il est possible d'échapper à certaines dépenses grâce aux échanges de savoirs, aux système d'échanges locaux, aux S.E.L.

 

Quant aux terres attribuables à cette opération, leur statut pose évidemment problème (elles sont déjà affermées ou bien propriété de quelqu'un), mais pas leur réalité, il en existe sur tout le territoire. Beaucoup de terres cultivables ne sont pas ou peu exploitées, notamment en raison de la mécanisation des exploitations actuielles.

 

Le projet que je présente suppose l'utilisation de parcelles déjà rejetées par la grande culture, mais les surfaces ainsi récupérées pourraient être augmentées considérablement si l'on pouvait tirer les conclusions qui s'imposent à la suite du constat déjà fait qui démontre une trop grande consommation de viande en France.

Il est connu que le niveau de la consommation actuelle dépasse les quantités admissibles pour une bonne santé publique, et, par ailleurs, la production de viande nécessite des surfaces trop importantes. En les affectant au maraîchage ou à d'autres productions végétales on contribuerait grandement au résultat recherché : fournir des lieux de vie en même temps que les moyens de produire sa nourriture.

Une partie des immenses surfaces actuellement mobilisées pour l'élevage pourraient être divisées en parcelles, chacune pourvue d'une construction (selon les techniques économiques préconisées ci-dessus) pour le logement et l'exploitation.

 

Evidemment, mêrme décidé et programmé, l'exode urbain ne peut pas être improvisé. Il resterait sans doute limité pendant un certain nombre d'années, même au sein de la communauté des chômeurs sans espoir de retour à l'emploi.

 

Ainsi, d'une part s'impose l'idée d'urgence, et d'autre part, il en résulte que la culture sur de grandes exploitations avec engins puissants, pesticides et faible implantation humaine ne s'effacera pas de sitôt et restera une nécessité, notamment dans les grandes plaines à blé, pour approvisionner les populations sans terre.

 

 

 

 

PROBLEMATIQUE ET FERMES-EXPERIMENTALES LIEUX DE VIE.

 

 

PROCESSUS :

 

- libérer une terre cultivable non exploitée (ou insuffisamment exploitée) et lui donner un statut,

  • Construire une habitation à bas coût ou rénover l'existant,

  • produire ou acquérir les matériels et outillages indispensables pour s'implanter et perdurer,

  • s'approprier les savoir-faire nécessaires,

  • produire son alimentation,

  • se chauffer,

  • connaître les aides locales possibles (mutualisation des moyens, concours de la D.D.E. etc...)

  • rechercher des solutions alternatives pour réduire la dépendance financière (troc, sels, monnaie locale matérielle ou numérique, échanges de savoir, etc...

  • définir les besoins résiduels en monnaie nationale et créer une ou plusieurs activités annexes rémunératrices, selon les opportunités et les compétences (ateliers, télétravail etc...,), pour y faire face,

  • s'attaquer au problème épineux (parce que coûteux) des cotisations sociales dans une situation de bas revenus,

  • modifier l'enseignement.

  • Etc...

 

 

EBAUCHE :

 

1°) Libérer la terre.

 

L'inventaire des terres susceptibles d'être rendues disponibles est évidemment l'une des premières choses à faire.

Il ne faut pas sous-estimer les difficultés de cette opération. Les propriétaires ou riverains de ces terres ne seront pas coopératifs dans tous les cas. Par ailleurs, ces terre ont toutes un statut, elles ont un propriétaire et le plus souvent un locataire (sous divers contrats). Ce sera là la première objection à leur enregistrement parmi les terres récupérables.

Il conviendrait sans doute de mobiliser en premier lieu le foncier appartenant aux collectivités locales ou à l'Etat. , notamment afin de réduire le délai nécessaire pour créer les premières fermes expérimentales et pédagogiques. Ces premières réalisation, de plus seraient susceptibles grâce à des exemples concrets, de faciliter les tractations avec les propriétaires ou usagers des terre appartenant aux particuliers.

 

 

2°) Restaurer les bâtiments existants et en construire d'autres.

 

L'auto-construction serait la règle.

La formation aux métiers traditionnels du bâtiment devrait donc être enseignée, même sommairement, car les bâtiments existants devraient être principalement restaurés de façon traditionnelle..

Cependant l'objectif principal de l'enseignement, en matière de construction, devrait porter sur l'utilisation des matériaux locaux peu coûteux comme la terre, la paille, le bois (cordé de préférence). Des organismes spécialistes de ces techniques existent et peuvent être sollicitées.

 

3°) Produire ou acquérir les matériels, outillages et installations utiles ou indispensables.

 

Rappelons qu'il ne s'agit pas dans ce projet, du moins la plupart du temps, de créer des exploitations agricole mais, au minimum, de permettre à des salariés sans emploi de transformer les indemnités de chômage en primes à l'installation dans un lieu de vie auto-suffisant en alimentation et quasi gratuit en matière de logement, premiers pas vers une autonomisation complète d'eux-mêmes et de leurs descendants.

 

De quels matériels a-t-on besoin dans cette situation pour réparer ou construire son logement, et, d'autre part, pour cultiver les terres ?

 

 

Il conviendrait de faire l'inventaire des matériels et outillages légers utilisés dans le passé dans les campagnes françaises ou à travers le monde. Par ailleurs, au cours des dernières décennies de nouveaux matériels de ce type ont été inventés. Il est possible de présumer que certains (et peut-être beaucoup) de ces outils anciens ou nouveaux seraient très utiles dans le cas qui nous occupe ici.

 

Diverses installations utiles peuvent être auto-construites. L'enseignement pourrait porter sur la construction :

  • d'une serre (susceptible de résister aux vents violents),

  • d'un séchoir solaire,

  • d'une cave à légumes pour l'hiver,

  • d'une champignonnière,

  • d'un poulailler,

  • d'un petit élevage piscicole,

  • etc...

Des notions sur la production locale d'électricité ou de carburant (photovoltaïque, éolien, biomasse, biogaz etc...) seraient utiles.

 

 

4°) S'approprier les savoir-faire nécessaires.

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Même si l'homo faber n'a pas disparu chez les urbains, il faut bien reconnaître que l'aptitude à « faire » (matériellement) se rencontre de façon plus évidente chez les agriculteurs et artisans que chez ceux qui ont reçu une formation plus abstraite. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la mécanisation à obligé les agriculteurs à développer de nouvelles connaissances, en mécanique notamment, mais qu'en même temps un certain nombre des compétences dont faisaient preuve leurs parents ou plus souvent leurs grands-parents, se sont amenuisées. Les astuces sont moins connues, éclipsées par la force mécanique vers laquelle on se tourne maintenant d'emblée.

La formation envisagée, devrait privilégier les astuces, la mécanisation très importante telle qu'elle est nécessaire dans les exploitations agricoles actuelles étant, bien entendu, à la fois impossible et non souhaitable.

Les stagiaires devraient se familiariser avec les façons efficaces d'aborder des problèmes matériels variés. Ils devraient développer leurs affinités avec l'environnement et apprendre à trouver rapidement des solutions aux incidents de toutes natures qui se présentent en milieu rural.

L'apprentissage de l'efficacité est en effet primordial. Nombre d'échecs parmi les tentatives d'installation en milieu rural ont pour cause principale le manque de productivité. La cause principale de ce manque est une inadéquation mentale sans doute autant qu'une inaptitude de type manuel.

 

5°) Se chauffer.

 

Couper et transporter son bois demande une certaine compétence. Il n'est plus question aujourd'hui de couper ce bois à la hache, comme cela se pratiquait encore dans les années 1950, mais cela implique l'achat et l'entretien d'une tronçonneuse. Là encore une productivité suffisante s'impose.

 

 

6°) Produire son alimentation.

 

Les fermes familiales d'autrefois étaient conçues de façon à être autonomes. Dans les préalpes toutes ces fermes avaient une répartition des terres qui permettaient d'élever du bétail pour couvrir les besoins de traction, pour fournir du lait et du fromage, mais aussi du fumier qui était indispensable pour les cultures. On élevait aussi, bien entendu, des volailles des lapins et un ou deux porcs et on cultivait des légumes au potager (domaine des femmes) et dans les champs. La répartition des terres en trois tiers se retrouve quasi partout : un tiers de prairies (labourables) ,un tiers de pâturages (les moins bonnes) et un tiers de fôret (pour le chauffage, la construction et un revenu) Cette organisation a fait ses preuves pendant des millénaires et a permis à ces exploitations familiales de rester intactes jusqu'au milieu du 20ème siècle.

Rien ne s'oppose à ce que ces mêmes fermes produisent à nouveau la nourriture d'une famille. D'autant plus que de nouvelles techniques ont vu le jour ces dernières décennies comme l'emploi de compost, de bois raméal fragmenté ou autres moyens d'amélioration des terres sans rapport avec les pesticides et autres produits chimiques plus ou moins toxiques.

Bien entendu l'essentiel de l'enseignement porterait sur la production légumière et le petit élevage.

 

7°) Connaître les aides possibles.

 

En ce qui concerne les aides financières l'Etat affecterait, pendant une durée à déterminer, les indemnités de chômage à l'installation en milieu rural, indépendamment d'éventuelles aides spécifiques à l'installation.

Les aides matérielles pourraient provenir de la mutualisation des machines et de l'outillage, avec ou sans forme juridique. Les matériels appartenant à l'administration (Equipement) pourraient effectuer les gros travaux, notamment défricher les terres embroussaillées ou en cours de boisement. Très souvent ces matériels sont sous-employés dans leur affectation actuelle.

 

 

8°) Rechercher les alternatives au commerce tel qu'il est organisé actuellement.

 

Les circuits courts en agriculture sont maintenant bien connus mais peinent à se développer, principalement du fait que les maraîchers en exercice sur le sol national sont trop peu nombreux, à tel point que le recours massif à l'importation est actuellement nécessaire. Un marché important existe donc qui serait susceptible de permettre aux ex-chômeurs qui choisiraient le maraîchage comme activité rémunératrice, d'écouler facilement leur production excédentaire..

 

 

9°) Définir les besoins financiers résiduels.

 

Il serait obligatoire d'organiser toutes choses de telle sorte que les besoins financiers nécessaires à ces néo-ruraux pour faire fonctionner leurs mini-exploitations et assurer leur quotidien soient maintenus au niveau le plus bas possible.

Cependant, toute activité génère des dépenses : entretien des bâtiments et des matériels, assurances, téléphone, électricité, carburants, eau, charges sociales, fournitures diverses liées aux activités professionnelles etc...Il serait impératif de trouver des solutions pour réduire le montant de toutes ces charges devenu écrasantes au cours des dernières décennies.

Ces charges sont la pierre d'achoppement telles qu'elles existent actuellement.

 

10°) Créer les activités rémunératrices nécessaires pour couvrir ces besoins financiers résiduels.

 

Ces activités peuvent être de nature agricole mais aussi porter sur tous autres secteurs (ateliers de travail du bois, ferronnerie, créations artistiques, télétravail, métiers du bâtiment etc...)

 

11°) S'attaquer au problème des assurances sociales.

 

Problème très ardu dont la solution n'apparaît pas. Les montants des cotisations nécessaires pour couvrir les dépenses de santé, les retraites etc...déjà très élevés continuent d'augmenter.

La solution de ce problème ne semble possible que par une amélioration suffisante de la santé publique. Autant dire qu'une révolution est nécessaire qui transformerait nos modes de vie, nos institutions, nos mentalités, notre économie etc...dans le but de faire en sorte que chaque enfant arrive à l'âge adulte en bonne santé psychique, affective et physique, réduisant ainsi les dépenses de santé, de police, de justice etc. et permettant par ailleurs l'augmentation de la production grâce à une plus grande efficacité de chaque individu.

 

12°) Modifier l'enseignement.

 

Les programmes de l'Education nationale présentent le défaut d're conçus pour l'enseignement d'une partie des enfants seulement, ceux qui poursuivent des études supérieures et sont, presque tous, destinés à vivre en milieu urbain. Ceux qui n'ont pas de dispositions pour les études abstraites ou qui se sont heurtés assez violemment aux modes d'enseignement tels qu'ils existent, sont considérés comme en échec scolaire. Ces échecs pourraient être évités en grande partie si ceux qui en sont victimes bénéficiaient de la même considération que celle qui est réservés aux élèves promis aux études supérieures.

L'enseignement établi ainsi une norme au bénéfice du statut urbain et du salarié en col blanc.

Il faudrait, de même, réduire le plus possible le temps de l'enfermement des enfants tel qu'il est pratiqué par l'école dès la prime enfance et jusqu'à l'âge adulte. Cette privation de liberté, d'initiative, de mouvement etc, empêche sans aucun doute le développement des aptitudes des enfants, physiques et mentales. Le manque d'immersion dans la nature est aussi très préjudiciable au développement des enfants. La nature est le seul milieu prévu pour les espèces vivantes. Elle est évidemment un guide nécessaire dont les enfants sont trop largement privés.

Il faut imaginer des formules d'enseignement qui impliquent moins les institutions et davantage le milieu familial social et professionnel.

La mutation sociale qui va, de gré ou de force, avoir lieu, implique une mutation des méthodes éducatives.

 

 

UN EXEMPLE DE FERME ABANDONNEE SUSCEPTIBLE D'ÊTRE REHABILITEE.

 

Dans ma commune plusieurs fermes pourraient être réhabilitées pour devenir l'un des lieux lieux de vie préconisés, mais pourrait aussi permettre la création de l'une des premières fermes expérimentales et pédagogiques à destination de la formation des candidats à l'installation en moyenne montagne.

L'une d'elle pourrait particulièrement convenir. Comme la plupart des terres susceptibles d'être convoitées dans le cadre de ce projet, cette propriété a déjà un statut. L'O.N.F. en est gestionnaire et les terres labourables sont louées. Le fermier pratique le pâturage d'été seulement (ce qui la caractérise comme étant une terre insuffisamment exploitée). Une négociation avec le fermier pourrait peut-être aboutir à un compromis.

Ce domaine est d'une contenance de 140 hectares. La plus grande partie est boisée mais les terres restantes sont d'une surface intéressante puisqu'elles permettent actuellement l'estive d'une trentaine de bovins.

L'endroit conviendrait particulièrement à l'enseignement de l'auto-construction en bois cordé, enseignement qui pourrait devenir sa spécialité dans le futur en raison de l'abondance du bois disponible.

 

CONCLUSION.

 

Bien entendu le texte ci-dessus n'est qu'une ébauche et n'a pas d'autre ambition première que de signaler une possibilité d'action et d'indiquer des pistes dans un contexte social particulièrement alarmant. L'économie de demain est déjà en cours de développement, il y a urgence.

Il me paraît donc évident qu'il faut travailler rapidement à la mise sur pieds d'une première ferme expérimentale-lieu de vie afin de tester la faisabilité d'une action d'envergure suffisante, compte tenu de l'énormité du problème à résoudre.

L'inventaire des terres susceptibles d'être libérées devrait également être entreprise rapidement étant donné les difficultés qui ne manqueront pas de se présenter pour parvenir à la mise à disposition d'une partie de ces terres.

 

 

 

Le 22.02.2011

 

Raymond SAMUEL

La Charge

26190 LEONCEL

 

Tél. : 0475440620

Courriel : famiresam@orange.fr

 

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