UNE MALADIE : LA PHOBIE SCOLAIRE. UN REMEDE : PLUS D'ECOLE.

La société hyper-formatée qui sacrifie les enfants.

NE PLUS LAISSER PASSER.

 

OU COMMENT NOTRE SOCIÉTÉ HYPER-FORMATÉE SACRIFIE LES PLUS EXPOSES QUE SONT LES ENFANTS

 

Parmi une multitude d’écrits et de faits, une émission du 6 juin sur canal 13 de France-télé est révélatrice dès son titre ci-après :

 

«  PHOBIES SCOLAIRES : LE MAL DE GRANDIR » 

 

La phobie est attribuée d’entrée et d’office au « MAL DE GRANDIR», c’est à dire à une cause admise comme naturelle et qui donc, n’implique la responsabilité de personne et ne nécessite pas de changer quoi que ce soit

 

Cette échappatoire est une évidente lâcheté  car en effet, cela équivaut à sacrifier un groupe en état de complète dépendance, culturellement considéré comme hiérarchiquement inférieur et tenu à l’obéissance. Nier le problème permet aussi de ne pas rechercher les causes de ce problème qui n’existe pas.

 

« Plus c’est gros et mieux ça passe ». Voilà qui se vérifie ici. En effet, le « mal de grandir » n’est en rien corrélé à la phobie scolaire puisque les enfants arrivés à ce stade sont de tous ages.

Il faudrait se libérer des idées reçue pour qu’apparaisse clairement cette intention de la part des adultes et des institutions de qualifier de malades ces enfants, qui sont en fait la partie émergée de l’iceberg. Le refus de rechercher les véritables causes et l’invoquer révèle une répugnance culturelle à se porter au secours des enfants, ces mauvaises graines qui, selon la doxa, n’attendraient que la faiblesse des adultes, parents et enseignants, pour exercer leur tyrannie et leurs méfaits d’enfants roi trop gatés à qui on laisse « tout faire ».

 

Ce que je veux surtout mettre en exergue ici, c’est que cette lâcheté est générée par la volonté universelle de cacher la réalité des mauvais traitements que la société des adultes inflige aux enfants. L’usage s’est donc établi de contourner la difficulté grâce à l’adaptation du langage (qui frise souvent le mensonge et ment effectivement couramment). Ici on appellera mal de grandir la phobie scolaire. Autre exemple, couramment, on utilise le vocable « droit à l’éducation » pour l’appliquer à une obligation scolaire qui n’existe pas. Deux Présidents de la République et leurs ministres n’ont pas hésité à affirmer que l’école était obligatoire, alors que l’école n’est que l’un des moyens d’instruire ses enfants.

 

Ce qui est remarquable, autant que la lâcheté, c’est l’acceptation par le plus grand nombre des dérives esquissées ci-dessus.

 

La raison de cette absence de réaction, de ce refus d’enfreindre les tabous et de cette distorsion intentionnée ou intégrée des faits, c’est de nier les maltraitances que subissent les enfants.

Penser hors des idées reçues impliquerait, en effet, de remettre préalablement et très largement en cause la civilisation toute entière.

D’autre part, autre argument, il est entendu qu’il faut « vivre avec son temps ». La aussi c’est une évidence, les idéologies à qui nous devons la nouvelle culture ont réussi à instaurer le jugement des idées et des valeurs sociales à partir de la chronologie. Celles qui sont forcément à adopter selon ces idéologies maîtres à penser, parce que les meilleures, sont les plus récentes. Le jeunisme actuel impose l’idée que la pertinence des us et coutumes ainsi que celle des mentalités va décroissant au fur et à mesure de leur ancienneté, celles nées aujourd’hui valent mieux que celles d’hier qui, elles-mêmes sont meilleures que celles d’avant-hier, et ainsi de suite jusqu’à remonter à l’époque du patriarcat et son horreur absolue, puis au moyen age si utiles à rappeler pour valoriser la pensée du jour.

 

Mais revenons un instant à cette émission sur la phobie scolaire.

 

Infrarouge Phobies scolaires : le mal de grandir

diffusé le mar. 28.05.19 à 23h31 sur France 2

société - 54 min - 2019 - tous publics

 

Ce sont de bons élèves. Ni décrocheurs, ni surdoués : des collégiens comme les autres. Un jour, pourtant, ils ont éprouvé une peur panique à l’idée de retourner à l’école.

 

« Phobie scolaire » : l’expression est récente, et le mal qu’elle décrit encore mystérieux. Chaque année, des milliers d’adolescents disparaissent des cours de récréation. La scolarité leur est devenue insupportable.

Pourquoi ces jeunes font-ils un refus de l’école ? Quelles sont les peurs qui les tétanisent ? Les adultes sont désemparés : enseignants, mais aussi parents, qui voient leur enfant s’enfermer dans son mal-être.

À Montpellier, une pédopsychiatre accueille ces jeunes adolescents déscolarisés en hôpital de jour. Elle les aide à cerner leurs angoisses, à apprivoiser leurs peurs pour mieux les surmonter.

Pour la première fois, une caméra a pu suivre le travail du docteur Hélène Denis et de son équipe. Ce sont d’autres apprentissages qui se jouent entre ces murs : apprendre à se connaître par la psychothérapie, à respirer par le yoga, à s’entraider par les jeux de rôle… Une petite salle de classe, avec un professeur unique, maintient le lien avec l’univers scolaire.

 

Dans l’effectif cette année, il y a Léane, 13 ans. Elle adore l’école. Mais sa peur de l’échec et des mauvaises notes la paralyse.

Nolann, lui est en 5ème. Sa peur des autres, de leur jugement, lui rend impossible l’idée de retourner au collège.

Lila, elle, a peur de tout. Des autres, des profs, des notes... de grandir aussi.

Et Laurie, qui est en 6ème, dit avoir « peur de sa peur ».

Quatre petits cabossés, quatre ados noués par le mal de grandir.

Le film les suit pendant toute une année, de leur arrivée dans l’unité jusqu’à leur retour au collège et à une vie « normale » à la rentrée suivante.



réalisé par : Cécile Tartakovsky

 

L’auteur en rajoute quelques touches, comme il est d’usage :

- Selon elle, l’une des élèves en traitement chez une pédopsychiatre, « adore l’école » et est phobique de cette même école, le tout en même temps ! D’autre part elle écrit que l’objectif des soins dispensés par la pédopsychiatre est «  le retour des enfants suivis au collège et à une vie «  normale ». Afin que nul n’en ignore elle affirme que la seule voie qui vaille c’est l’école. Toute autre disposition est anormale. Elle pose aussi cette question sans esquisser de réponse (alors que quiconque pourrait, s’il n’était largement formaté, connaître la réponse) : « Pourquoi ces jeunes font-ils un refus de l’école ? ». La réponse est facile à trouver puisque l’école ignore, depuis sa création, quels sont les besoins fondamentaux des enfants,

Et encore, « les adultes sont  désemparés ». Seulement désemparés ! Je pense qu’ils manquent plutôt à leur devoir le plus élémentaire, celui d’assistance à enfants en danger. Mais cela n’est, hélas, pas réservé à l’école seule. Actuellement, un autre cas se présentera bientôt où le législateur lui-même, sous l’impulsion du gouvernement (si, si) et d’organisations féministes radicales (pourtant minoritaires) et lesbiennes, décidera qu’un nombre indéfini d’enfants à naître sera privé d’office de père, sachant pourtant ou devant savoir que la monoparentalité, surtout féminine, est connue pour développer la pauvreté, le mal-être, l’exposition à la maltraitance et à la délinquance juvénile,

 

Il serait grand temps de se rappeler cette chose oubliée que les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Comme les adultes d’aujourd’hui sont les enfants d’hier. Il serait bon d’investiguer dans les conséquences de nos us et coutumes, aujourd’hui et aussi hier.

 

Que les adultes les moins formatés se lèvent. Il faut permettre aux enfants de parvenir à l’age adulte en bonne santé physique, mentale, psychoaffective. Il faut élever des générations d’enfants heureux. Les enfants heureux ne deviennent pas des parents maltraitants ni des dirigeants nocifs et parfois tyrans plus ou moins sanguinaires.

 

 

 

Le 12 juin 2020

 

Raymond SAMUEL

 

Mail : famiresam@orange.fr

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