LES FICTIONS AU SERVICE DE L'OPPRESSION CULTURELLE


 

 

 

 

CES FICTIONS QUE NOUS CROYONS ÊTRE DES REALITES ET LEURS CONSEQUENCES SUR LES PLUS FAIBLES : LES ENFANTS.

 

 

 

Dans beaucoup de domaines ce que nous croyons être des réalités ne sont rien d'autre que des fictions ou des réalités distordues créées le plus souvent pour leur propre bénéfice et de volonté délibérée par différents pouvoirs abusant de leur position dominante.

Ces fictions ont en effet pour principal objet de nous dicter ce que nous devons penser et, par voie de conséquence, ce que nous devons faire.

Jadis cette prise en main de la population était à peine masquée, tant il était admis que les pouvoirs étaient les bergers nécessaires pour conduire le peuple-troupeau.

 

A notre époque la parabole du berger n'est plus guère utilisable car depuis un siècle la preuve a été surabondamment fournie que dans l'histoire des nations ce sont les bergers qui ont entraîné les troupeaux dans les catastrophes : des guerres presque toujours.

 

Cette connaissance du mauvais berger par les « moutons » n'a fait qu'augmenter le besoin de contrôle de la population par les pouvoirs et les idéologies dominantes.

Ne pouvant plus se poser ouvertement en bergers, les forces qui nous orientent et nous gouvernent ont mis en place des substituts immatériels des bergers  : LES FICTIONS et L'OPRESSION CULTURELLE.

 

Les fictions, à partir du moment où elles se sont imposées au plus grand nombre, amènent chacun à pratiquer une large auto-censure dans sa pensée, et dans ses actes afin d'être dans la norme. L'oppression culturelle qui résulte de cette situation n'est plus considérée comme telle puisqu'elle apparaît comme légitime étant conforme au modèle dominant. On peut même observer que des notions parfaitement antinomiques sont acceptées comme normales et utilisées couramment sans que ça ne gêne personne.

 

Voila où le bât blesse : ce qui précède est connu, mais le rétablissement de la vérité ne semble pas être une préoccupation majeure pour qui que ce soit. Les fictions font la loi sans partage.

 

Je pense qu'il est grand temps de tirer la sonnette d'alarme.

 

Un exemple qui démontre la puissance des fictions est la façon dont a été mise en place l'idée (fausse) que les enfants doivent obligatoirement être mis très précocement en collectivité pour être socialisés.

Le mode opératoire, pour imposer cette fiction, a été d'utiliser le bras armé représenté par le féminisme radical triomphant qui s'était justement donné pour mission de libérer toutes les femmes de leur état d'épouses et de mères.

 

Le bénéfice de cette fiction est engrangé par le système économico-financier du fait que, libérés autant qu'il est possible de leurs enfants dès lors remis à des tiers salariés, les deux parents ont pu avoir une activité professionnelle à plein temps. Ils ont ainsi pu augmenter leurs revenus et consommer davantage de produits et services (par ailleurs d'un coût de plus en plus élevé).

La dépendance à l'argent, c'est à dire au système économico-financier, est ainsi devenue maximale pour le plus grand profit de ce système.

 

Comment se fait-il que tant de fictions s'imposent avec autant de facilité  et de persistance ?

A priori nous avons pour réflexe de penser que l'intelligence de chacun de nous et de l'ensemble de la communauté est suffisante pour déjouer la mise en place de ces fictions.

 

L'expérience nous démontre le contraire.

 

L'intelligence ne fait rien à l'affaire, comme l'a prouvé dans le passé le développement massif de grandes idéologies (nazisme, fascismes de droite et de gauche, fanatismes religieux etc...) chez des peuples développés et instruits (huit des seize dignitaires nazis qui ont décidé la « solution finale » étaient docteurs). L'intelligence peut être mise au service de causes inacceptables. Les ressorts des actions et réactions humaines sont ailleurs.

 

Rappelons-nous SCHOPENHAUER, dont les affirmations peuvent sans doute être jugées trop péremptoires mais qui n'en restent pas moins très pertinentes. Je cite :

 

  • « ….il n'y a en effet aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n'aient pas rapidement adoptée dès qu'on a réussi à les persuader qu'elle était généralement acceptée ; l'exemple agit sur leur pensée comme sur leurs actes... »,

 

« ... le caractère universel d'une opinion n'est ni une preuve ni même un critère de probabilité de son exactitude... »,

 

  • « ...Les autres furent contraints de reconnaître ce qui était communément admis, de façon à ne pas être considérés comme des esprits inquiets s'insurgeant contre des opinions universellement admises et comme des impertinents se croyant plus malins que tout le monde... ».

 

Comment une telle dépendance envers des idéologies/fictions est-elle possible ?

 

L'explication principale de cette apparente anomalie se trouve DANS NOTRE CERVEAU.

 

L'expérience de Milgramm bien connue a démontré la dépendance de l'individu confronté aux ordres d'une autorité reconnue comme telle. Sans en démonter, cependant, le mécanisme.

Une autre expérience plus approfondie, dont l'origine remonte à l'année 1950, est beaucoup moins connue. Elle confirme largement cette tendance de la soumission individuelle au groupe et à l'autorité. Il s'agit des réaction obtenues au moyen de deux sous-groupes de personnes dont l'un était complice de l'expérimentateur.

Le groupe était supposé réuni pour donner un avis sur un sujet déterminé.

La méthode consistait à faire répondre en priorité les participants complices qui donnaient unanimement une réponse fausse.

Le résultat fut que les trois quarts des personnes composant le groupe non complice donnèrent la même réponse erronée, s'alignant sur le groupe complice.

Plus tard, l'imagerie médicale a permis de voir que ce sont les perceptions des aires sensorielles du cerveau impliquées dans l'appréciation des faits extérieurs qui sont modifiées par le jugement du groupe. Le sujet ne VOIT plus les choses à partir de ce qu'elles sont mais d'après l'avis qui a été émis par le groupe.

Autre fait d'importance, lorsqu'un sujet est parvenu à résister au groupe et déclare penser autrement, c'est la région de son cerveau connue pour concevoir LA PEUR qui est activé !

 

Nous sommes programmés pour obéir au groupe dans lequel nous nous sentons intégré et, par voie de conséquence, au chef qui représente ce groupe.

 

A la réflexion, cette obéissance au groupe apparaît logique pour une espèce grégaire telle que l'espèce humaine. Le fait de vivre dans un groupe (famille élargie, tribus etc...) a pour conséquence la nécessité d'agir de façon coordonnée de façon que les efforts des uns ne soient pas annulés par les actions contraires des autres.

Le cerveau humain a donc été prévu pour faire face à la nécessité principale : la survie du groupe.

 

Hélas, la nature n'avait pas prévu l'action de chefs pervers, malintentionnés , incapables etc...ni imaginé que les groupes à taille humaine des origines deviendraient des nations de plusieurs dizaines ou centaines de millions d'individus, souvent concentrés, de plus, dans des citées comptant (actuellement) jusqu'à trente millions d'habitants.

Aux temps proto-historiques les erreurs commises par le chef avaient des conséquences sur quelques dizaines d'individus, elles se traduisent parfois maintenant par des millions, et même des dizaines de millions de morts. Elles pourraient probablement provoquer, dans le futur, la disparition de l'espèce humaine, partiellement ou en totalité.

Le monde uniformisant tel qu'il est aujourd'hui rend possible, et même facile, la création de situations artificielles impliquant la totalité de communautés très importantes à partir de critères imaginés par quelques uns.

C'est une très grave menace pour l'espèce humaine, à partir du moment où des millions, des dizaines de millions, ou même des centaines, ont acquis les mêmes motivations, les mêmes réflexes, la même habituation  (c'est ici le lieu de penser notamment à la mise en collectivité très précoce des bébés et à l'école, en général, telle qu'elle existe, commencée très jeune et qui enseigne d'une façon quasi uniforme à tous les enfants du monde).

 

A partir du moment où une fiction est faite sienne par toute la communauté (ou tout au moins par une fraction dominante), elle va forcément perdurer. En même temps, les créateurs habituels de fictions en fabriqueront fatalement de nouvelles, selon leurs besoins. Ainsi il y a une pression naturelle qui tend à l'augmentation constante du nombre de fictions en usage plutôt qu'à une réduction.

 

Par ses effets de masse les fictions ont la capacité à démultiplier l'aptitude de l'espèce humaine à modifier son environnement pour le rendre propice à ses projets. Ainsi l'Homme peut se placer dans des situations artificielles, non logiques, non conformes à sa propre nature et à la nature en général, ce qu'il fait d'ailleurs en permanence. Le danger est permanent.

 

On peut observer le contraire chez les animaux, qui ne s'égarent que très peu du modèle prévu pour eux par la nature. Leur morphologie est prévue pour le mode de vie qui est le leur, de la forme du bec chez les oiseaux aux pieds des dromadaires. Les canards qui sont tributaires de l'eau ont un plumage imperméable et des pattes palmées ; aussi longtemps qu'ils resteront canard ils auront des plumes imperméables et des pattes palmées, en harmonie avec leur milieu qui est l'eau. La capacité des animaux à vivre autrement que de la façon assignée par la nature est quasi nulle. Cela peut être considéré comme un inconvénient mais en revanche la pertinence de leur état assure à leur espèce une très grande sécurité, une durabilité en principe illimitée, sauf changement brutal de leur environnement par exemple.

 

 

Il faut faire cesser notre dépendance envers les fictions. Comment ?

 

Il faut d'abord identifier ces fictions :

 

- Quels sont les usages qui sont conformes à notre espèce et aux lois de la nature, et quelles sont les croyances et habitudes qui ont pour finalité de nous contrôler et de nous manipuler ?

L'un des premiers indices qui doit nous faire soupçonner une fiction c'est le caractère universel de l'acceptation d'une idéologie, d'un principe. Cette affirmation ressemble à une boutade, malheureusement ce n'en est pas une. Un indice secondaire, c'est le refus immédiat, voire indigné, que l'on déclenche chez un interlocuteur lorsqu'on propose de remettre en cause l'une de ces idées uniformément admises.

 

Une autre indication qui peut nous mettre sur la voie d'une fiction c'est l'impossibilité de rapporter l'idée examinée aux lois de la nature. La nature ne se trompe jamais, c'est un guide sûr. En conséquence les idées et les usages qui sont en désaccord avec les lois de la nature doivent être considérés comme suspects.

Sans verser dans la « chasse aux sorcières » il faut être vigilant dans nos rapports avec le quotidien, les croyances, les habitudes courantes et massives.

 

Voici quelques fictions bien implantées relatives à l'enfance (ou ayant une forte incidence sur les enfants) :

 

  • l'école est obligatoire,

  • l'administration Education nationale est en charge de l'éducation des enfants,

  • les enfants qui ne sont pas allés en crèche auront des difficultés pour s'adapter à l'école,

  • le cursus scolaire des enfants qui ne sont pas allés à l'école maternelle est compromis,

  • l'école socialise les enfants, elle leur apprend la vie en société,

    les enfants sont méchants,

  • il faut apprendre l'obéissance aux enfants,

  • les enfants doivent le respect aux adultes,

  • une « bonne » fessée, c'est normal quand les enfants dépassent les bornes,

  • les enfants qui ne sont pas allés en crèche auront des difficultés d'adaptation à l'école maternelle,

  • l'école maternelle est indispensable, notamment pour préparer à la grande école,

  • les enfants réclament des limites,

  • les bébés doivent dormir dans une chambre séparée ; c'est « mieux »,

  • l'allaitement artificiel et l'allaitement naturel sont équivalents,

  • les élèves qui « décrochent » avant le bac sont en échec scolaire,

  • les institutions qui « accueillent » les jeunes enfants sont irréprochables,

  • les hommes sont dominants, les femmes sont douces et opprimées,

  • c'est mieux pour les enfants de se séparer plutôt que se disputer,

  • quand les parents divorcent les enfants ne divorcent pas de leurs parents,

  • etc...

 

 

Acculturés dès le berceau aux réactions d'obéissance nous acceptons toutes ces fictions (et bien d'autres encore).

 

Pourtant, aucune des idées ci-dessus n'est exacte. Ce sont bien des fictions.

Bien sûr, grâce à l'usage, presque toutes ont pris quelque consistance, une réalité plus ou moins marquée qui participe à la difficulté de leur identification et de leur remise en question.

 

Examinons un peu ces fictions :

 

L'école est obligatoire.

 

Non, l'école n'est pas obligatoire. Les parents ne sont pas obligés de déléguer l'instruction (qui, elle, est obligatoire) à l'école. Ils ont le droit d'en garder la responsabilité. Ils peuvent aussi appliquer leurs méthodes et leurs conceptions éducatives, l'instruction et l'éducation étant étroitement dépendantes l'une de l'autre. Les parents sont cependant tenus d'obtenir les résultats fixés par l'Education nationale lorsque l'enfant atteint l'âge de seize ans.

Notons à cette occasion que l'Education nationale n'est pas sanctionnée pour ses propres échecs dont l'importance ne peut plus être cachée.

 

La liberté d'instruction est une disposition constitutionnelle. Pourtant cette liberté est contestée par les pouvoirs publics. La disposition est passée sous silence ou même carrément niée. Le vocable « école obligatoire » est abondamment répété (au mépris de la Constitution). Ce vocable a été notamment utilisé par le Président de la république actuel et par son prédécesseur (corrigé cependant par le ministre de l'Education nationale à l'occasion d'une intervew). Le site du défenseur des enfants lui-même, dans sa partie destinée aux enfants répondait : « oui jusqu'à l'âge de seize ans » à la question : «  suis-je obligé d'aller à l'école ? ». La littérature et les déclarations publiques ou privées fourmillent de cette même affirmation « école obligatoire ».

 

La lutte des Pouvoirs publics contre l'école en famille prend parfois des tournures virulentes, comme à l'occasion de la loi votée en 1998 qui vise à renforcer le contrôle de « l'OBLIGATION SCOLAIRE » (c'est écrit en toutes lettres). Le B.O. Hors série 3 du 20 mai 1999 titre également : L'OBLIGATION SCOLAIRE » et enfonce le clou par les textes suivants :

 

  • « renforcement du contrôle de l'obligation scolaire.

 

Afin de protéger les enfants en âge scolaire de l'emprise sectaire, le parlement a adopté la loi n° 98-1165 du 18 décembre 1998 tendant à renforcer le contrôle de l'obligation scolaire. Le législateur a voulu veiller à ce que les principes fondamentaux de l'éducation due aux enfants ne se trouvent dévoyés par une instruction sommaire, voire sectaire... »

 

« ...la priorité, qui est proclamée par la loi, d'assurer prioritairement l'instruction au sein des établissement d'enseignement... »

 

« ...chaque année plusieurs milliers d'enfants échappent à l'école de la République. Trop souvent ces enfants sont maintenus dans un état d'inculture, d'ignorance, ou pire encore, embrigadés, aliénés, maltraités... »

 

« ...cette réalité étant inacceptable il est apparu indispensable de rappeler les fortes exigences de la Convention Internationale des Droits de l'enfant qui affirme en ses articles 28 et 29 que, -tous les Etats partie reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation visant à favoriser l'épanouissement de sa personnalité et le développement de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de ses potentialités- . Ainsi, l'article premier de la loi du 18 décembre 1998 affirme solennellement, dans un premier alinéa, le droit de l'enfant à l'instruction en ces termes :

  • Le droit de l'enfant a l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale, et, selon le choix, de la formation professionnelle et technique, et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle et d'exercer sa citoyenneté... »

 

« ...L'instruction en famille, qui fait l'objet d'un régime déclaratif, doit revêtir un caractère exceptionnel, répondant en particulier aux cas des enfants malades ou handicapés, ou à certaines situations particulières... »

 

« … en outre, le législateur a aggravé toutes les sanctions pénales applicables.

 

Art. 227-17-1 1er alinéa du code pénal :

  • le fait pour les parents d'un enfant ou toute autre personne exerçant à son égard l'autorité parentale ou l'autorité de fait de façon continue, de ne pas l'inscrire dans un établissement d'enseignement sans excuse valable en dépit d'une mise en demeure de l'inspecteur d'académie, est puni de six mois d'emprisonnement et de 50.000 francs d'amende. Ce n'est pas la qualité de l'instruction dispensée dans la famille qui est sanctionnée en tant que telle, mais le refus des parents de scolariser leur enfant... ».

 

« CONCLUSIONS...

 

-...J'appelle votre attention sur l'importance de ce texte et sur l'urgence attachée à la mise en œuvre des contrôles prévus par la loi. Il importe à cet effet de mobiliser les personnels concernés en utilisant les dispositifs de formation et d'information qui vous paraîtront les mieux appropriés.

Mes services et en particulier la Cellule chargée de la prévention des phénomènes sectaires dans l'éducation rattachée à la direction des affaires juridiques sont à votre disposition pour répondre aux difficultés particulières que vous pourriez rencontrer dans la mise en œuvre de ce dispositif.

C'est par l'action conjuguée de l'ensemble des personnels de l'Education nationale en partenariat avec les autres services de l'Etat et des collectivités territoriales que nous serons en mesure de garantir à tous les enfants vivant sur notre sol le droit à l'instruction et à l'éducation dans le respect des libertés et des principes qui fondent notre république.

 

La ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire

Ségolène ROYAL

(texte du B.O. Recopié non extenso).

 

Ce texte est sidérant ! !

 

Rapprochons-les de ce message relevé sur un forum :

 

  • « J'ai travaillé, durant mes études, dans le milieu associatif (proche des missions locales). La conditions des jeunes que j'y ai rencontrés est effroyable (quelles que soient leurs origines d'ailleurs).

    Certains ne savaient absolument pas lire, ils parlaient par mots et non par phrases, les structures du langage n'étaient même pas acquises !

    La majorité d'entre eux sont en échec scolaire et peinent à décrocher un BEP/CAP, et ils sont nombreux en France ces jeunes en échec (j'avancerais bien un tiers des jeunes de maintenant).

    L'apathie de ces jeunes, leur manque d'envie, ils ne sont motivés par rien, ça me glace le sang. »

 

Notons bien que les jeunes décrits dans ce message ont passé toute leur enfance à l'école.

 

C'est donc plutôt l'instruction à l'école qui devrait faire l'objet de la critique. Au lieu de cela, l'instruction sous la responsabilité des parents est criminalisée. Selon le B.O.du 20 mai 1999 cité ci-dessus elle serait dévoyée, sommaire, contraire aux dispositions de la Convention des Droits de l'Enfant. Les enfants seraient maintenus (trop souvent) dans un état d'inculture, d'ignorance, ou, pire encore, ils seraient embrigadés, aliénés, maltraités !

Comme si ces propos calomnieux et diffamatoires ne suffisaient pas on ajoute que le renforcement du contrôle des milliers d'enfants qui « échappent à l'école de la République » est justifié par la nécessité de lutter contre l'emprise sectaire, alors que les contrôles annuels obligatoires de l'instruction en famille effectués par les insspecteurs de l'Education nationale avant et après la promulgation de la loi de renforcement du contrôle de l'obligation scolaire de 1998, démontrent l'ineptie de l'accusation. La MIVILUDES (Cellule chargée de la prévention des phénomènes sectaires) a reconnu l'absence d'influence sectaire parmi les enfants contrôlés.

 

Par ailleurs, plusieurs études (non effectuées en France, ce qui est significatif) attestent que les résultats obtenus en famille ne sont pas inférieurs à ceux qui sont dus à la scolarisation, et ceci à l'aide d'un nombre d'heures de cours très inférieur. D'où un meilleur équilibre psychique chez les enfants instruits hors école et donc libérés de l'emprise scolaire (ce qui n'est pas fait pour me surprendre)

 

La loi de décembre 1998 est attentatoire à l'état de parent, destructrice de leur responsabilité, offensante, menaçante, calomnieuse et diffamatoire. Alors que ces parents particulièrement responsables étaient en droit de s'attendre à être reconnus, encouragés, aidés, et accessoirement félicités. Elle tend par ailleurs à condamner les enfants à subir l'école de trois à 16 ans en refusant de prendre en compte la souffrance de nombre d'entre eux, parmi lesquels certains se suicident chaque année.

 

 

L'administration Education nationale est en charge de l'éducation des enfants.

 

Quelle éducation ?

L'Education nationale s'attribue l'essentiel de la responsabilité et de la compétence en matière d'éducation. Mais sa nature, sa culture et son organisation, la formation de son personnel, le contexte etc...ne lui permettent pas de mettre cette responsabilité en pratique.

A l'école nous ne sommes pas dans le cadre de l'éducation mais dans celui de l'acquisition (forcée) de connaissances, par ailleurs délimitées et limitées par un programme.

 

En ce qui concerne les jeunes enfants, qui sont particulièrement vulnérables, quel peut être le retentissement éducatif positif du respect d'horaires fixes, d'un réveil forcé, de la mise en rang, de la fréquentation obligatoire des toilettes, de la discipline, de l'enfermement, de l'absence de leurs référents (conduisant à l'absence DE référents), d'une écoute insuffisante, d'exigences exagérées, d'une prise en charge continue, de la fatigue excessive, des maladies des voies respiratoires etc...etc..., et ceci dès l'âge de trois ans et parfois de deux ans ?

Par la suite et jusqu'à seize ans au moins, plusieurs de ces difficultés subsistent, d'autres viennent s'y ajouter provoquant souvent le découragement, l'ennui, la démotivation, la soumission ou la révolte.

 

Trompés par la prétention à l'éducation annoncée par l'Education nationale (la dénomination de cette administration parle d'elle-même) les parents attendent de l'école l'impossible éducation de leurs enfants.

Le résultat final est que l'éducation au sens riche du mot, c'est à dire non limité à l'obligation de respect des adultes et à la soumission, selon la vision du plus grand nombre des adultes, cette éducation riche et structurante n'est pas assurée.

 

L'école aurait plutôt tendance à apprendre la loi de la jungle. En effet, les enfants passent l'essentiel de leur temps dans des conditions non conformes à leur nature humaine et à leurs besoins d'enfants dans des groupes comprenant souvent de mille à deux mille élèves enfermés à l'aide de hauts grillages. Ils sont maintenus sous la férule d'un chef, l'enseignant, et sous la menace de la hiérarchie. L'enfant a besoin de liberté pour devenir créatif, il ne doit pas apprendre la peur et la sujétion.

Bernard DEFRANCE, enseignant, a bien résumé la situation de dépendance qui pèse si lourdement sur l'élève :

 

  • « ...toute structure institutionnelle qui, dans son fonctionnement, contraint les acteurs au face-à-face et au rapport de force est évidemment destructrice des personnes : soumettre un autre ou se soumettre à un autre c'est renoncer à l'humanité en soi-même... »

 

Les enfants qui ne sont pas allés en crèche auront des difficultés pour s'adapter à l'école.

 

Encore un slogan pour empêcher d'examiner les conséquences de la mise précoce en collectivité.

On bétonne.

Par ailleurs, faut-il se réjouir quand un enfant est adapté à l'école ? Je suis sûr qu'il faut au contraire s'inquiéter. Il se pourrait bien que la raison de son adaptation est qu'il a déjà perdu une partie de sa personnalité, il a déjà appris l'obéissance et la dépendance.

 

 

Le cursus scolaire des enfants qui ne sont pas allés à l'école maternelle est compromis.

 

Que ne dirait-on pas pour justifier la séparation très précoce des très jeunes enfants de leurs parents ! Il est vrai que ces séparations précoces ne sont pas dues qu'à l'idéologie. Les nouveaux parents d'aujourd'hui trouvent une situation sociale et familiale installée depuis longtemps et n'ont pratiquement pas de choix.

Mais est-ce une bonne façon d'avancer que mentir et empêcher de voir la réalité ?

 

Là est le premier combat à mener : EMPECHER LES FICTIONS ET LES IDEOLOGIES DE NUIRE.

 

 

L'école socialise les enfants, elle leur apprend les règles de la vie en société.

 

Faire vivre ensemble trente enfants du même âge n'est pas une bonne disposition pour apprendre la vie en société. C'est une évidence, la société est bien différente d'une salle de classe, mais personne ne se risque à le dire. Le pense-t-on ? Ce n'est pas sûr. Tel est le poids de la fiction.

Quelle est cette socialisation qui enferme les enfants dans un espace clôt entouré de hauts grillages verrouillés par un cerbère, les habitue à obéir au coup de sifflet, les oblige à ingurgiter des vérités préétablies, à vivre dans la crainte de la note, de l'examen, de l'adulte, du futur, à être privé d'initiative et de liberté, à voir ses pairs comme des concurrents etc... ?

Quelle est cette socialisation qui rime si fortement avec démotivation ?

 

 

Les enfants sont méchants.

 

On ne naît pas méchant, on le devient.

Les humains naissent munis du potentiel nécessaire à leur survie, comme tous les être vivants. Pas davantage.

La violence gratuite, délibérée, est une violence apprise, enseignée par les adultes dès le berceau, c'est quasi exclusivement le résultat de l'insécurité dans laquelle le très jeune enfant a baigné et de son délabrement affectif.

La violence et la révolte sont des réflexes de défense d'être fragilisés qui , dans leur petite enfance surtout, ont ressenti les autres comme étant un risque, un danger.

 

 

Les enfants doivent apprendre l'obéissance.

 

L'obéissance reste, pour les adultes, une vertu cardinale. Mais, apprentissage de l'obéissance n'est pas éducation. C'est plutôt le contraire. En apprenant à obéir à l'enfant, on le dépossède de lui-même parce qu'on lui apprend par ce moyen que ce sont toujours les autres qui ont raison. Il apprend à douter de ses compétences et à attendre les ordres. Le développement de sa créativité en est stoppée, son estime de soi dans l'impossibilité de se mettre en place.

Les conséquences négatives de l'apprentissage de l'obéissance (et du formatage induit) sont considérables, tant sur l'individu que sur la société tout entière , par l'effet de masse.

 

Cette fiction est l'une des plus néfastes.

 

 

Les enfants doivent le respect aux adultes.

 

Il suffirait donc d'être adulte pour mériter le respect de tous les enfant ? Et il suffirait d'être enfant pour ne pas mériter le respect des adultes ?

Voila qui nous rappelle l'ancien ministre de l'Education nationale, Monsieur François FILLON qui prônait fièrement l'obéissance des enfants à l'égard de TOUS les adultes.

 

C'est pourtant l'inverse qui est vrai : c'est le manque de respect des enfants de la part des adultes qui est source de tant de dommages subis par les enfants et de tant de difficultés éducatives.

 

Il est pourtant évident que pour apprendre (mais serait-ce nécessaire de faire une démarche d'apprentissage dans ce cas ?) aux enfants à respecter les adultes il faut préalablement que les adultes respectent les enfants.

 

Malheureusement, l'évidence ne suffit pas pour contrer les fictions.

 

 

Une « bonne » fessée, c'est normal quand l'enfant dépasse les bornes.

 

Les adultes actuel, comme ceux de la génération précédente ont dans leur enfance, pour la plupart, enregistré dans leur inconscient l'idée que la fessée est normale. « Je l'avais sûrement bien méritée disent-ils très souvent.

De nombreuses études attestent maintenant de la nocivité des punitions corporelles. Mais ces études sont peu disponibles parce que jamais citées, comme tous les documents qui vont à l'encontre des fictions.

 

Les fessées partent presque toujours dans un moment d'exaspération de l'adulte. Le meilleur moyen pour éviter de frapper c'est, comme Monsieur de La Pallice l'aurait dit, de ne pas être exaspéré.

Mais par quel moyen ?

En organisant sa vie en fonction des besoins nécessaires pour mener à bien la mission que l'on s'est donnée : celle d'élever des enfants.

Avant tout, simplifier sa vie, réduire ses propres besoins, donner priorité aux besoins des enfants. Ces besoins des enfants ne sont pas d'avoir une plus belle ou plus grande maison,

ni une nouvelle voiture. Il est contre-indiqué de contracter des emprunts qui obligeront les deux parents à travailler à plein temps pour payer les traites. La vie professionnelle doit être au service de la vie privée, non l'inverse.

 

Dans une ambiance détendue, un climat serein, les enfants et les parents peuvent oublier l'existence de ces problèmes d'obéissance et de fessées.

 

L'Etat doit s'engager sans ambiguïté, et sans attendre, contre la fessée et toutes brutalités physiques et verbales/psychologiques. Même symbolique une loi est indispensable.

 

Des initiatives doivent aussi être prises pour que la connaissance en ce qui concerne la nocivité de la fessée et autres dérives à base de violence et d'antagonisme soit diffusée largement. Le réflexe, ancré dans l'inconscient collectif, de la normalité de la fessée pourrait disparaître en une ou deux générations, l'inconscient ne ferait plus naître l'idée de fessée, mais d'autres dispositions (pacifiques) en lieu et place.

 

 

Les bébés doivent dormir dans une chambre séparée. « C'est mieux ».

 

La plupart des spécialistes de l'enfance recommandent la chambre séparée pour le nouveau-né. Si on leur demande pourquoi, ils répondent généralement :« c'est mieux » !

 

La puissance de la fiction est telle qu'on fait cohabiter sans états d'âme deux notions totalement antinomiques, d'une part nous savons depuis SPITZ (et sans doute avant) que le nourrisson n'a pas la capacité à se concevoir seul, indépendamment d'un adulte contenant (c'est encore WINICOTT qui a écrit « un bébé, ça n'existe pas » -comprendre : un bébé n'est pas apte à se concevoir seul- ), d'autre part, sachant cela, on déclare que c'est mieux de le fermer seul dans un lieu clos et on fait partager sans peine ce point de vue manifestement faux.

La fiction sert l'obscure défiance des adultes envers le bébé qui menace leur espace. On croit qu'en le mettant à distance on va s'en défendre. Et pour éviter de formaliser son ressenti on va utiliser une autre fiction sous la forme d'une jolie décoration rose ou bleue, avec grosse peluche, lampe de chevet à pied de nounours etc..., ce qui justifiera les mots « c'est mieux ».

 

Malheureusement ce cérémonial ne satisfait aucun des besoins du bébé qui réclame seulement d'être au contact de ses parents, corps à corps, en continuité avec la proximité connue in-utero.

 

Que de souffrances et de fatigues pour tous pour avoir écouté les chantres de la libération de la femme au lieu et place de prendre des mesures telles que le partage équitable de la parentalité entre la mère et le père, la diffusion d'une véritable connaissance sur les besoins de l'enfant, la prise de dispositions matérielle adaptées prioritairement aux besoins de l'enfant, etc...

 

 

Les enfants réclament des limites.

 

Belle fiction aussi, ces limites...

 

il est évidemment nécessaire de protéger les enfants contre les dangers, et, même si la priorité est, de très loin, d'ouvrir leur horizon plutôt que le limiter, il est nécessaire de contrôler leur champ d'action et d'intervenir pour éviter les prises de risques exagérées, notamment en fonction de leur âge.

 

Mais le sens des « limites » telles que celles dont on nous rabat les oreilles n'est pas celui-là. Le but, c'est de majorer le prestige de l'adulte éducateur et de minorer par avance la compétence de l'enfant de façon encore une fois à faire apparaître comme un bienfait la garde et l'école.

Il est aussi d'usage de dire que l'enfant réclame  lui-même des limites, sans lesquelles il se sentirait perdu, en insécurité. Pour preuve on dit que l'enfant teste ses parents pour savoir où sont ces fameuses limites supposées lui manquer et qui seraient suffisantes pour lui donner la sécurité, particulièrement la sécurité affective dont il a besoin.

Cette version sommaire et pernicieuse est cependant très largement acceptée.

 

Il est vrai que l'enfant teste ses parents. Mais ce qu'il cherche à savoir, ce n'est pas où sont les limites fixées par ses parents et délimitant ce que ces derniers permettent ou ne permettent pas. Ce qu'il veut savoir c'est jusqu'où ses parents le protègent, à partir de quel point il sera en danger, non secouru. Parce qu'il a déjà l'expérience de l'angoisse de l'abandon, il connaît la sensation d'être suspendu dans le vide du fait des absences répétées de ses parents, du sommeil dans une chambre où il est seul (WINICOTT avait eu l'intuition de cette angoisse, « inimaginable » pour un adulte)

De nombreuses dispositions présentées comme éducatives (apprendre la frustration par exemple) sont vues comme normales et nécessaires par les adultes mais sont ressentie comme menaçante, hostile, par l'enfant. Il a donc matière à rechercher dans quelle mesure il est en danger. Il observe, teste.

L'enfant ne teste pas que ses parents d'ailleurs, il s'interroge chaque fois qu'il est placé dans une situation insuffisamment connue, il cherche à interpréter les événements qui l'entourent : à partir de quel moment ces événements représentent-ils un danger pour lui ?

 

Voila les limites que l'enfant cherche..

 

Pour le reste, l'enfant ne tire pas bénéfice des limites arbitraires ni des interdictions qui ne sont susceptibles que d'augmenter son insécurité et multiplier ses angoisses. Ce dont il a besoin c'est de protection et d'amour, sans conditions et sans failles, de confiance et de respect.

 

L'allaitement artificiel et l'allaitement maternel sont équivalents.

 

L'allaitement maternel est souvent en échec pour diverses raisons qu'il est de bon ton de taire (méconnaissance du sujet par les professionnels, antécédents traumatiques de l'accouchée, difficultés à prévoir pour les mères qui travaillent etc...).

mais là encore la fiction est venue au secours de la libération de la femme en déclarant pendant des décennies que l'allaitement artificiel valait le naturel.

L'intention était si pure (libérer la mère ) que le mensonge était justifié.

Bien entendu la décision d'allaiter ou non appartient aux parents et avant tout à la mère, mais à partir d'une information honnête et complète prenant notamment en compte l'intérêt de l'enfant !

 

 

Les élèves qui n'atteignent pas le baccalauréat sont en échec scolaire.

 

Ils sont en échec scolaire et très souvent en échec de vie. Mais la fiction voudrait que l'échec provienne de l'absentéisme de ces élèves et prétend que la solution serait de réintégrer ces adolescents dans le système scolaire. Alors que dans la réalité c'est surtout l'école qui a produit les difficultés de 40 % d'entre eux après huit années d'enseignement !

La fiction désigne comme coupables ces enfants qui sont en réalité victimes des dérives de notre civilisation, en souffrance depuis le berceau.

Sauf exceptions, ces jeunes ne sont pas nés programmés pour l'échec. Ce sont bien les adultes qui sont les coupables pour avoir mis ces enfants dans des conditions pathogènes.

 

De graves handicaps sont déjà acquis avant la scolarisation en primaire. Cependant, l'école devrait respecter les compétences de tous les enfants en prenant en compte le fait que tous les enfants ne peuvent pas tirer bénéfice d'études longues. Une vie d'agriculteur ou d'artisan n'a pas moins de valeur que celle d'un avocat ou d'un ministre . Tous les enfants devraient bénéficier de la même attention particulière.

 

Ces enfants « décrocheurs » sont l'échec de l'école et de l'éducation en général, mais ils ne sont pas les seuls. Il y a aussi ceux qui décrochent après le bac, qui abandonnent sans diplôme les études supérieures. Ces adolescents et jeunes adultes sont nombreux. Ils sont en échec de vie plus encore, probablement, que les naufragés du secondaire, notamment parce qu'ils sont confrontés trop tardivement au monde du travail manuel. Beaucoup ne songent même pas à s'intégrer dans ce monde inconnu et dévalorisé.

 

 

Les institutions qui accueillent les jeunes enfants sont irréprochables.

 

C'est le cas de « l'école Républicaine , parce qu'elle est républicaine. Trouver des vertus à l'école pour la seule raison qu'elle est celle d'une république est une fiction à l'état pur et a longtemps trompé le public.

Notre école ne vaut pas mieux, ni moins, du fait qu'elle soit celle d'une république que celle de pays qui ne sont pas des républiques, comme la Belgique, la Hollande, le Royaume-Unis, l'Espagne etc...

Mais cette notion d'irréprochabilité est nécessaire (encore) pour inciter la mise en collectivité trop précoce des jeunes enfants.

Comment pourrait être irréprochable une quelconque institution qui reçoit cinq à huit bébés ou vingt à trente nourrissons ou très jeunes enfants confiés à une seule adulte (et même à plusieurs) ? par ailleurs professionnels ? La fonction de parent ne peut pas se déléguer, ne peut pas être assurée par des professionnels tout comme une salle de classe ne peut pas remplacer un foyer.

 

 

Les hommes sont dominants, les femmes sont douces et opprimées.

 

Notre culture est hiérarchique et vouée à la lutte pour la domination. La vie publique et la vie privée en sont largement polluées. Dans la vie privée cette lutte est devenue virulente au cours des dernières décennies, induisant un climat familial plus ou moins gravement délétère. Les conséquences qui en résultent pour les enfants ne sont pas prises en compte.

La notion d'hommes dominants et de femmes opprimées est indéracinable. Elle permet de maintenir la lutte sur l'échiquier de l'antagonisme pour avancer ses pions. La collaboration entre les sexes, par contre, a acquis une connotation négative.

 

C'est le progrès parait-il !

 

Il y a des violences spécifiques qui sont combattues et d'autres dont il est entendu qu'elles n'existent pas, qu'elles ne peuvent pas exister. C'est le cas de la violence éducative et de la violence féminine.

 

Là encore la fiction suscite et entretien la violence, porte atteinte au climat familial et social.

 

En réalité on ne peut parler de domination que par rapport à la valeur que l'on attribue personnellement et pour soi-même à l'un ou à l'autre des secteurs de la vie. Les élus masculins sont beaucoup plus nombreux que élus féminins. Les chefs d'entreprise hommes sont également beaucoup plus nombreux que les dirigeants femmes. La vie privée, notamment la famille, est très largement une exclusivité féminine,

Celles/ceux qui sont contraints d'avoir une activité professionnelle alors qu'ils voudraient se consacrer à leur famille et à la vie privée peuvent se sentir tout aussi dominés que ceux/celles qui sont retenues à la maison par la parentalité contre leur gré et leurs préférences.

 

Malheureusement il est rarement possible de choisir librement entre vie publique/professionnelle et vie privée. Les contraintes matérielles sont devenues majeures et les idées reçues, les tabous, les fictions, la tradition, pèsent encore très lourdement sur la vie de chacun.

 

Dans cette situation, le choix a été fait de passer sous silence les besoins des enfants ainsi que leurs souffrances et d'inventer les faux arguments dont il est question plus haut.

 

Les enfants et les jeunes payent un lourd tribu.

 

 

Pour les enfants c'est mieux de se séparer que se disputer.

 

C'est une évidence : il vaut mieux, pour les enfants, ne pas se disputer et ne pas se séparer.

Mais non, on ne le dit pas. La fiction est là pour cacher la réalité. Et elle remplit bien son office, on se sépare presque une fois sur deux.

 

Pour faire bonne mesure on n'hésite pas à dire que les enfants de parents séparés « s'en sortent aussi bien que les autres », alors qu'aucune étude sérieuse sur le sujet ne peut être consultée et que nous savons tous que la séparation des parents est un traumatisme majeur pour les enfants.

 

Quand les parents divorcent, les enfants ne divorcent pas de leurs parents.

 

Autre fiction évidente créée dans le but de privilégier le parent et d'ignorer la souffrance de l'enfant. Présenter le divorce de cette manière c'est prétendre que le conjoint non gardien n'est pas éliminé et reste parent à part entière. C'est évidemment là une imposture, mais dénoncer celle-ci ne serait pas politiquement correct, on garde le silence.

 

 

 

Pour terminer :

 

Notre époque voit régner en même temps le culte de la liberté sans limites auto-attribuée et l'individualisme triomphant.

Un surcroît de liberté est un bienfait lorsque le sens des responsabilités suit la même courbe. Hélas, l'individualisme nécessite l'abandon corrélatif de l'exercice des responsabilités.

 

A ce jeu ce sont évidemment les plus faibles qui sont sacrifiés, c'est à dire les enfants, comme j'espère l'avoir fait apparaître ci-dessus.

 

C'est pendant la petite enfance que se décide en grande partie la santé future des individus. Or les adultes des dernières générations ont vécu leur petite enfance à peu de choses près comme les enfants d'aujourd'hui, c'est à dire principalement hors de la famille. En examinant la santé psychique actuelle de ces dernières générations d'adultes il est possible d'avoir une idée assez exacte de l'état de santé qui sera celui de ces enfants d'aujourd'hui lorsqu'ils seront des adultes.

 

Pour prendre la mesure de l'importance des dommages psychiques imputables (a priori) aux conditions de vie pendant la petite enfance, il conviendrait en principe de s'adresser aux statistiques du ministère de la santé.

 

C'est impossible.

Parce que ces statistiques n'existent pas.

 

Les malades psychiques consultent beaucoup mais pour des affections induites. La relation de cause à effet entre les traumatismes dus à l'éducation et ces maladies psychiques des adultes est très peu recherchée et les études, lorsqu'elles existent ne sont pas médiatisées.

Ainsi, aucun service administratif officiel ou non n'est en mesure de donner des indications sur le nombre des personnes réellement malades de ce fait ou plus ou moins handicapées pour les mêmes raisons, ni même d'en confirmer l'existence puisque officiellement cette population n'existe pas.

 

La meilleure source d'information sur le sujet réside dans les observations personnelles, dans l'expérience de chacun de nous. En ce qui me concerne, outre ceux de mes proches en grande difficulté que j'ai côtoyés toute ma vie d'adulte et diverses autres personnes rencontrées, j'ai la référence d'un secteur géographique assez restreint pour me permettre de bien connaître les habitants.

J'estime que plus de trente pour cent des adultes qui habitent ce périmètre souffrent de divers handicaps psychiques suffisants pour gâcher plus ou moins gravement leur vie (et celle de leurs proches).

Une étude européenne arrive au même résultat, ajoutant que si l'on prend en compte les atteintes moins profondes, c'est soixante quinze pour cent environ des européens qui sont atteints. Ce pourcentage ne me paraît pas exagéré.

 

Il n'est pas aisé, comme on l'a vu, de faire partager l'idée que nous sommes, nous les adultes, les artisans de cette situation désastreuse. Il n'est pas admis que nos modes éducatifs doivent être suspectés. On préfère pratiquer le déni ou accuser la nature (qui serait mauvaise).

 

Accuser la nature n'est pourtant pas sérieux, parce que l'homme est un animal grégaire. Par conséquent l'homme a besoin de l'homme, et la Nature, la Vie, qui a de la suite dans les idées, après avoir fait notre espèce grégaire, nous a forcément pourvus des moyens mentaux nécessaires pour vivre en bonne intelligence avec l'Autre (puisque c'est une condition de la survie de l'espèce).

 

Le bonheur, devenu si rare, n'est donc pas une utopie, il est notre destin naturel. Saurons-nous éviter les embûches semées sur notre route par la malveillance et retrouver l'équilibre que nous a forcément octroyé la nature, qui est créatrice de vie adaptée au milieu ?

Nous avons transformé notre milieu ; avons-nous la possibilité de transformer notre nature pour nous adapter à ce nouvel environnement ? C'est loin d'être une certitude. Et si nous avions atteint les limites des distorsions possibles dans nos rapports avec la nature (c'est à dire avec notre véritable nature) ?

 

Le défi que nous devons affronter, c'est celui de la santé mentale de la génération montante. Là est la priorité des priorités. Si les enfants qui naissent aujourd'hui deviennent des adultes en bonne santé psychique, pourvus de tous leurs moyens ils seront en mesure de prendre de bonnes décisions et capables de mettre ces décisions en œuvre. Ils pourront aussi élever une nouvelle génération de membres en bonne santé, qui, à leur tour etc...,etc....

 

Poursuivre le déni, continuer la maltraitance des jeunes enfants (et par conséquent perpétuer la dégradation de la santé publique), ou bien changer nos modes éducatifs, NOUS DEVONS CHOISIR.

 

 

28.12.12

Raymond SAMUEL

26190 LEONCEL.

 

 

 

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