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Billet de blog 6 juin 2023

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HIÉRARCHIE et DÉLATION

Centralisme démocratique des communistes et centralisme hiérarchique des capitalistes

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parler de "centralisme démocratique" attire les foudres des bourgeois, tellement il est associé aux partis marxistes-léninistes. Alors, au lieu de s’attarder à ce modèle par lequel les travailleurs regroupés dans leur milieu de travail et encadrés par des membres du parti deviennent des agents politiques de l’État, en plus d’être des agents économiques, mieux vaut s’engager à examiner le modèle en cours, celui du "centralisme hiérarchique" par lequel les travailleurs sont tenus de suivre la direction déterminée par l’État au nom des politiciens, des capitalistes et de leurs copains.

D’abord, faut-il le souligner, le "centralisme hiérarchique" est le paradigme suivi par les armées des pays dits libres. Malgré sa défaite historique en 1975 contre le "centralisme démocratique" des armées du Vietnam, les états-majors et la classe dominante assurent que ce modèle est indispensable pour vaincre l’ennemi. Comme il n’est pas naturel pour l’homme de se taire, une partie importante de l’entraînement des soldats sert à briser ce penchant à vouloir dire son mot. Dans l’imagination bourgeoise, cette éducation militaire inhumaine est une exigence pour avoir une armée victorieuse. Le degré d’humiliation que les soldats doivent subir pour se taire et obéir n’a d’égal que celui de l’aliénation économique et sociale dévolue aux travailleurs pour les inciter à participer à la quête du profit maximum. Sur les marchés dits libres se livre aussi une guerre dans laquelle les travailleurs agissent pour enrichir la classe propriétaire des capitaux et des moyens de production envers et contre toute concurrence.

Après s’être imposé dans l’armée et dans l’industrie, le "centralisme hiérarchique" est requis comme allant de soi dans la fonction publique et parapublique. Là également, ce besoin humain des fonctionnaires de vouloir participer à leur avenir et celui de la Nation doit être combattu. Et il l’est de multiples manières dont les plus importantes sont le devoir de réserve et la discipline, sous peine de mesures allant jusqu’au renvoi. De plus, toute humanité est continuellement menottée par une lourde bureaucratie qui assure la perpétuation du modèle hiérarchique.

Alors lorsqu’une ministre, pour ne pas dire de la santé, avoue en partie son incapacité à combattre efficacement la pandémie dans les limites du "centralisme hiérarchique", il ne faut pas s’attendre à une plus grande implication politique et sociale des travailleurs que celle déjà permise aux élections, car afin de rester arrimer au modèle privilégié, la ministre ne permet de le contourner que dans les limites particulièrement gênantes de la délation.

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