Chibanis discriminés, la SNCF fait appel...

La SNCF, condamnée le 21 septembre 2015 pour avoir discriminés 842 de ses salariés en raison de leurs origines, Guillaume PEPY a attendu le dernier jour pour faire appel de cette décision, pourtant très bien motivé par le Conseil des Prud'Hommes de Paris. La réputation de la SNCF en terme de discriminations et de racisme n'est plus à faire, cette entreprise publique appartient à l'état à 100%.

                                           Chibanis de la Sncf : en plus des discriminations, le cynisme.

La SNCF a exploité de manière éhontée, les cheminots d’origines étrangères. Ces cheminots sont principalement d’origine marocaine avec des

collègues algériens et tunisiens. Ils ont été discriminés en raison de leurs origines, la SNCF jugeant que nos Chibanis sont des sous-Hommes,

donc sous-payé et ne bénéficiant d’aucun avantage donné aux autres cheminots. Un contrat de travail en bonne et due forme, signé au pays

d’où la SNCF est venue les recruter, stipulait l’égalité de traitement et de salaire, ces jeunes Hommes dans la force de l’âge ont crus en la  

parole de la SNCF, appartenant à l’état français, patrie des Droits de l’Hommes. En réalité, ceux-ci ont été placés sous un régime

désavantageux par rapport aux autres cheminots et aux contractuels de la SNCF, ceux-ci peuvent évoluer sur 8 qualifications :

exécution, maîtrise et cadre, alors que les Chibanis évoluent sur 3 qualifications, seulement à l’exécution, et que la majorité sont resté la

qualification la plus basse, avec interdiction de passer desexamens et de changer de métier. A la lecture du rapport social de 2013, il est

indiqué que seuls 3% des cheminots finissent leurs carrière à l’exécution, pour les Chibanis de la SNCF, ce sont 100% qui finissent leurs

carrière à l’exécution. Considérés uniquement comme force de travail, à l’extérieur, dans les conditions les plus dures, été comme hiver,

ceux-ci ne pouvaient bénéficier du régime de protection sociale, attribué à leurs collègues placés dans une situation identique de travail, la

retraite en fait partie, ainsi que les pensions de reversionsoctroyées à ceux qui sont mort au travail, et ils sont nombreux, il y a les bons mort

au travail et les « autres »…Les discriminations envers les Chibanis de la SNCF ont été nombreuses et variées, relativement bien décrite dans

la notification du jugement rendu le 21 septembre 2015, malgré certaines inexactitudes… 

En première instance, la SNCF a été condamnée, par le Conseil des Prud’Hommes de Paris, pour discrimination selon l’origine, à l’évolution

de carrière et pour discrimination selon l’origine sur les droits à la retraite. Il est a noté que pour ces Hommes, aucune somme n’a été

attribuée au titre de préjudice moral, une carrière de discrimination et dix ans de procéduresdevant le CPH de Paris, n’atteignent pas le moral

de ces victimes, peut être n’en ont-ils pas ? Il est également précisé que le jugement prononcé ne changera pas le montant de leurs retraites de

misères, et que l’indemnisation allouée à ce titre, ne porte que jusqu'à l’âge de 72 ans. L’espérance de vie en France étant de 82.5 ans, sur

quels critères s’appuient les juges pour ne leurs verser que 7 ans de retraite après leurs départ ? Ce jugement en première instance est une

victoire pour les 842 Chibanis de la SNCF, il souligne que l’entreprise publique qu’est la SNCF, appartenant à 100% à l’état, a bafouée :

      -     la convention n°97 de l’Organisation Internationale du Travail interdisant la discrimination au travail.

      -          l’article 14 de la Communauté Européenne des Droits de l’Homme qui interdit la discrimination en raison de l’origine.

      -           la convention bilatérale franco-marocaine interdisant la discrimination des salariés marocains.

      -           le code du travail, qui interdit la discrimination en référence à l’article L1132-1 .

      -          Le contrat de travail qui stipulait l’égalité de traitement et de rémunération.

Ces griefs étant actés dans le jugement, Guillaume PEPY, a fait appel de cette décision, usant d’un redoutable cynisme, en attendant le dernier

jour légal de l’appel, promettant à ses plus anciens salariés de prolonger ce long combat dont la SNCF et la France sortiront perdants. La

grande majorité de ces Chibanis sont français et tous leurs enfants le sont aussi, ce combat pour la dignité représente l’équité qui anime la

France à l’égard de ses citoyens de seconde zone, et comme les Chibanis, leurs enfants sont encore et toujours discriminés. Derrière cet appel

du jugement rendu aux Chibanis, il y a Guillaume PEPY, président de la SNCF qui discrimine et tolère le racisme dans l’entreprise publique

que nous payons par nos impôts, sans avoir à rendre des comptes sur sa politique managériale discriminatoire, il en va de la cohésion

nationale de ce pays, et des valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

                                                Association Droit à la Différence

 

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