États policiers, Dictature du Capitalisme vert et Surveillance généralisée - Part 2

2nd partie : le capitalisme vert, nous passerons en revue les stratégies politiques utilisées pour désamorcer les contestations populaires ; les points faibles des institutions de la république, leurs déroutes face à la corruption des élites politiques, la crise du Covid-19 et la tyrannie des programmes néolibéraux imposés par le gouvernement de Macron et l’Europe.

Dans la première partie de cet article, États policiers, Dictature du Capitalisme vert et Surveillance généralisée, nous avons montré comment le gouvernement de Macron veut imposer ses réformes néolibérales contre l’assentiment de la population. Pour cela, Macron utilise le pouvoir coercitif que lui confère la constitution de la Vème république, un régime politique autoritaire, pour faire appliquer les résolutions édictées par la Commission européenne, qui sont toute pour la mise en place et le renforcement des valeurs destructives de la pensée néolibérale.

L’imposition des politiques néolibérales a atomisé la population, désagrégé le lien social, accentué les inégalités économiques, démantelé le droit du travail, accéléré le démembrement de l’appareil industriel, intensifié le pillage des ressources naturelles, financiarisé l’économie. Il a également permis la captation par les agents privés : des budgets publics, des subventions, des donations et des dépenses de relance européenne.

Le capitalisme à travers ces politiques néolibérales génère des crises économiques dont la fréquence est toujours plus rapide. Cette débâcle économique est organisée par les multinationales, les banques privées, les industries militaro-industrielles, les oligarques et les agents intermédiaires, et une gestion pitoyable de la réglementation économique par les politiciens en place dans les gouvernements successifs. Une réglementation économique nationale et internationale qui a pour seul objectif l’accroissement de la richesse des agents privés que nous venons de citer.

Invariablement, les choix politiques du gouvernement français, de la Commission européenne, mais aussi de tous les gouvernements occidentaux pour gérer ces chocs traumatiques créés par ces crises économiques sont le perpétuel endettement des États et gouvernements. Ces choix font invariablement peser les déconfitures économiques sur les citoyens par le biais d’une austérité budgétaire, devenue endémique, imposée à la population mondiale.

Fondamentalement conscient des liens qui unissent crises économiques systémiques, dégradation sociale environnementale, et les réformes néolibérales en cours depuis les années 80, la population française ainsi que la population mondiale rejettent ces réformes.

Face à ces insurrections généralisées toujours plus fréquentes, le mouvement des Gilets Jaunes, le mouvement contre la violence policière, les rassemblements contre le réchauffement climatique et pour l’environnement, et les manifestations des agents publics de l’hôpital, des transports, des pompiers, manifestations de défenses des acquis sociaux et des retraites, le gouvernement prend des détours autoritaires pour pouvoir éteindre ces revendications.

Le déficit démocratique patent de Macron et de son gouvernement prend forme par la récupération des artifices politiques les plus réactionnaires de la constitution de la Vème république. Le 49.3 pour imposer des réformes non voulues par la population et que l’on n’a pas pu placer en engageant les principes parlementaires usuels ; le recours de plus en plus souvent aux ordonnances par le gouvernement, 72 depuis le début de l’année, ordonnances qui permettent à l’exécutif de légiférer à la place des parlementaires[1] ; la mise en place de l’état d’urgence, résidu de la guerre coloniale de la France contre l’Algérie, et l’état d’urgence sanitaire. La politique de Macron s’instaure dans une logique de déchéance de la démocratie en France, et à contrario renforce la logique du monopole du pouvoir, et du pouvoir discrétionnaire. Les instances administratives de l’État sont noyautées par l’exécutif, et leurs indépendances sont revues à la baisse.

La mise en place d’une justice indépendante en France est un doux rêve, qui sous le gouvernement de Macron a pris un coup dans l’aile. Mal classée au niveau européen dans les rapports comparatifs sur les systèmes judiciaires, la France est à la traîne sur la mise en place d’une justice indépendante. On lui reproche le manque d’indépendance du parquet, soumis au  pouvoir exécutif[2], des budgets annuels alloués aux tribunaux a minima (8.1%), une limitation de l’autonomie et de l’indépendance des procureurs et des juges ; une ingérence du ministère de la Justice sur les procureurs, en les obligeant à informer le ministère sur les affaires sensibles.[3]

Ainsi, la justice en France arrête de manière préventive des milliers de personnes lors des manifestations – « trois milles condamnations dont un millier à de la prison ferme »[4], et rend des jugements éclairs pour des affaires simples touchant la population, mais à peine à juger les malversations et la corruption des élus et des cols blancs dans des affaires généralement complexes et sensibles. Si les affaires sensibles sont finalement jugées, elles « sont généralement acquittées en appel »[5]. L’égalité des poursuites n’existe pas en France.

Ce manque de justice vient également du manque d’indépendance du parquet qui est sous la mainmise de l’exécutif, de la sanctuarisation des intérêts privés qui freinent les enquêtes, du manque de transparence, et d'un Conseil constitutionnel sujet à la corruption. Pour exemple, nous prendrons le président du Conseil Constitutionnel de l’époque, Roland Dumas, qui valide les comptes truqués d’Édouard Balladur , Premier ministre de l'époque. La volonté de la justice à ne pas vouloir juger les affaires politico-financières rend la république putride et mine le peu de démocratie qui restait dans les institutions françaises[6]. La justice est entachée par une sorte de mafia politico-oligarchique déguisée en démocratie.

La corruption de certains des présidents de la République, de leurs Premiers ministres et de leurs ministres a affaibli la démocratie en France: on pensera à Giscard, Chirac, Sarkosy, puis à Raymond Barre, Édouard Balladur, François Léotard, Cahuzac. Cette liste ne se veut pas exhaustive. Le pouvoir de l’exécutif qui surpasse celui de la justice, associée à un tribunal d’exception – la Cour de justice de la République – dévolu aux seuls membres du gouvernement, permet à l’immoralité et la cupidité des politiciens de prospérer.[7] Ainsi, si après maintes persévérances l’élu est placé devant la justice, ces procès durent une ou plusieurs décennies, avec un peu de chance pour que l’élu soit jugé de son vivant, mais il arrive aussi souvent que l’affaire soit classée à la mort de celui-ci. Pour les rares procès qui sont menés à terme, si l'élu ou l'entrepreneur est finalement condamné à de la prison ferme, certains s'enfuient dans un autre pays pour éviter la prison, par exemple Ziad Takieddine, dans la récente affaire des rétrocommissions en faveur de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur[8].

"Dans une société où tout s'achète et tout se vend, il n'y a plus de place pour la démocratie, car même les représentants du peuple ont un prix...".

La démocratie est sous perfusion, malade de la corruption des élus, du lobbying incessant des intérêts privés et de la pensée néolibérale. 

Face aux rejets des politiques néolibérales par les populations, et aux mouvements pour la protection de l’environnement en France comme dans la plupart des pays à travers le monde, les gouvernements mettent en place la répression policière, en utilisant l’état d’urgence permanent. L’article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dit ceci :

« La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. »

En imposant par la force des réformes néolibérales, Macron choisi d’user de la police pour l'utilité particulière des oligarques, banques et intérêts privés, les mêmes qui ont financé sa campagne électorale et qui profitent de ses réformes néolibérales. Le préfet de police de Paris Didier Lallement avait dit à une manifestante à Paris, je cite : « Nous ne sommes pas dans le même camp. » Par cette formule, il signifie bien qu’il est entré en guerre contre les manifestants. N’oublions pas que c’est Macron qui va nommer le préfet Lallement pendant les révoltes des Gilet Jaunes à Paris. En choisissant ce personnage comme préfet, Macron a bien signifié dans quel camp il se trouvait: celui de la matraque, du LBD, de l’arbitraire, de la démesure d’un pouvoir répressif, qui, lui permettre de faire passer toutes ses réformes néolibérales, dont la population ne veut pas.

Macron et son gouvernement sont minés par le pantouflage et le rétropantouflage, qui comme nous le dit le Canard Enchainé : «  n’a jamais été aussi à la mode que sous Macron »[9]. Avec l’exemple que donne le gouvernement, ce passage du public aux privées douteux gagne du terrain chez les hauts fonctionnaires et administrateurs de l’état, qui grâce à leurs positions dans le gouvernement et dans les administrations et contre l'assurance de gains financiers passe dans des sociétés privées; par exemple le directeur adjoint de la DGSE, les services secrets français, Laurent Pellegrin qui passe chez Idemai, une société spécialisée dans la reconnaissance faciale, on recycle bien les barbouzes en France.

La politique de Macron permet, organise ou facilite pour les riches et ultra-riches, les multinationales et les corporations l'optimisation fiscale et l'évasion fiscale. Macron a annulé l'ISF – l’impôt sur les grandes fortunes – qu’il a remplacé par des impôts de complaisance pour les plus riches, comme l'IFI - Impôt sur les Fortunes immobilières -  et le PFU - Prélèvement Forfaitaire Unique ou Flat Tax. Il a pérennisation le crédit d'impôt CICE qui rapporte 40 milliards aux entreprises sans effet positif sur l'emploi, il a organisé la suppression de l'Exit Tax qui est une perte pour l’état qui va jusqu'à 6 milliards d'euros, et la baisse du taux d’impôt sur les sociétés à 25%, etc.

Macron dit tout et son contraire, et comme on l’a vu dans la crise du Covid-19, lui-même et son gouvernement n’ont cessé de mentir. La mythomanie est la pierre angulaire de leur politique. Voici des exemples d’annonces mensongères faîtes par des ministres qui occupent les plus gros ministères du gouvernement de Macron, et d’autres exemples de troubles de la gouvernance par les élites internationales:

Élisabeth Borne est la ministre de l’Écologie, et à l’air de s’entendre en écologie comme un poison sorti de sa mare… elle affirme : « Opposer écologie et économie est totalement dépassé », à la vue de cette réflexion il semble que ce soit la ministre Borne qui est dépassée par les événements. Un mois après la déclaration la ministre, le patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, demandait à la ministre de l'Écologie de reporter les lois énergétiques et environnementales de stratégie de réduction des gaz carboniques qui pour lui « aurait un impact significatif sur les marchés ».[10] En clair, il disait l’opposé de ce que la ministre avait déclaré : son propos signifiait que l’écologie et un frein à l’économie. Soit Élisabeth Borne est incompétente et n’y entend rien à l’écologie et réchauffement climatique, soit elle ment, ou encore c’est une climato-septique.

Avoir du personnel politique incompétent et inculte n’est pas l’apanage de la France, et des valets de l’économie néolibérale il y en a également aux États-Unis et au Brésil. Prenant par exemple Bolsonaro le président du Brésil, il a pour conseiller et gourou un astrologue-philosophe, Olavo de Carvalho, qui pense que la terre est plate. Il a aussi une ministre de l’agriculture qui est cooptée par les multinationales de l’agroalimentaire, et entreprend « la déforestation la plus massive jamais observée en Amazonie »[11]. Trump, l’homme qui twette plus vite que son ombre, encourage les Américains à boire de l’eau de javel pour se prémunir du Covid-19.[12]

Face à l’ignorance, la débilité et les mensonges des élus, le monde est dans la tourmente. Il doit faire face à des gouvernements et des dirigeants politiques déconnectés du réel. Pour sa part, Macron mène des réformes néolibérales à grandes vitesses, sans consultation populaire et auxquelles s’ajoute une totale surdité aux revendications des citoyens. Comme nous le dit Éric Vuillard dans la Guerre des pauvres : « [s’il faut entamer des négociations, elles doivent trainer en longueur], afin de démoraliser l’adversaire et de gagner du temps. La négociation est une technique de combat. » Il faut démoraliser les citoyens et gagner du temps, ainsi les apparitions de Macron sont le vomissement médiatique d’un régime autoritaire.

Contre les nuées de citoyens mécontents qui sont exaspérés de ne pas être entendus par le gouvernement, Macron mène une politique sadique qui est comparable à celle du tortionnaire : un peu d’amour, beaucoup de douleur. Il fait la guerre au français en leur envoyant tout l’appareil répressif militarisé que lui permet de disposer la constitution de la Vème République. La police française est infiltrée par des comportements racistes et répressifs seulement parce que le gouvernement lui permet de l’être. Elle impose la terreur seulement parce que le gouvernement lui permet de le faire. Il n’est pas nécessaire d’aller chercher la responsabilité de ses dérapages ailleurs que dans la machine politique.

 

Little Dick aka Dick Cheney, vice président du gouvernement G. W. Bush. Les aventures de Little Dick - ep05 : Thinktanks © FAHRENHEIT 451

Le néolibéralisme veut révoquer les services publics et les acquis sociaux, mais comme nous le dit Raoul Vaneigem, les services publics et les acquis sociaux ne sont pas uniquement des droits qui ont été « arrachés de haute lutte par des générations d’ouvriers et d’employés [,et] ne résultent pas d’une grâce providentielle, ils ne sont pas la propriété de l’État », ils sont la propriété de l’ensemble des citoyens.[13]

La justice climatique va de pair avec la justice sociale. L’un ne va pas sans l’autre, et c’est pour cette raison que les néolibéraux comme Milsos, Friedrich Hayek, Milton Friedman pensaient que la régulation écologique était une catastrophe. Antonio Martino, un proche de Milton Friedman directeur du programme politique de Berlusconi qui faisait également partie de la société du Mont Pèlerin – un think tank dont le chef de file était le néolibéralisme Milton Friedman qui avait pour mission de propager les valeurs capitalistes néolibérales -, déclara juste après l'effondrement du mur de Berlin et du communiste russe en 1991, je cite : « Il y a une nouvelle menace très grave c’est l’environnementalisme, car il va créer des contraintes sur le capitalisme et c’est là qu’il faut mener le combat »[14]. C’est le travail que s’efforce de faire tous les Think tanks et Fondations néolibérales et ce jusqu’à aujourd’hui, et c’est également pour cette raison que les gouvernements occidentaux qui pratiquent tous une politique néolibérale, infiltrée qu’ils sont par un intense système de lobbying n’ont aucune stratégie réellement efficace pour la protection de l’environnement et la crise climatique.

Dans son ouvrage, Le coup d’État climatique, Mark Alizart parle d’une volonté de mettre le climat en crise. Les responsables politiques se retirent de l’accord sur le climat de Paris ou ne respectent pas ses prérogatives, ils assujettissent les chercheurs et universitaires aux règles du marché et de la concurrence qui enlève l’indépendance des chercheurs et les soumet à l’autorité des gestionnaires et manageurs, comme veut le faire le projet de loi de programmation pluriannuelle du gouvernement Macron. Ils mettent en doute les recherches des scientifiques sur le réchauffement climatique, ils laissent brûler leurs forêts comme en Australie ou au Brésil, ils parlent de transition énergétique, mais les rejets de CO2 ne cessent d’augmenter. Les responsables politiques laissent exploiter toujours plus de charbon, comme le Premier ministre australien Scott Morrison qui permet la création de la plus grande mine de charbon au monde dans l’est de l’Australie. Au Canada et aux États-Unis, on exploite du pétrole de schiste, l’extraction de pétrole la plus polluante au monde.     

C’est sûr, le Covid-19 est une crise politique et environnementale. Comment expliquer que dans nos sociétés ultra-technologiques, nous ayons besoin d’avoir recours au confinement, qui est une méthode médiévale de gestion d’une crise sanitaire, lorsque nous avons toutes les technologies nécessaires pour pouvoir le faire sans confinement, comme toute société avancée devrait le faire, et comme certains pays, la Taiwan et la Corée du Sud, ont choisi de le faire. 

La réponse à cette anomalie se trouve dans la gestion politique désastreuse qui trouve ses racines dans les politiques et réformes néolibérales menées depuis plusieurs décennies par la classe politique vendue aux intérêts privés en France, comme dans toute l’Europe. Ainsi, pour la gestion de la crise du Covid-19, la France n’avait que 5000 lits en soins intensifs contre 28 000 en Allemagne. Elle se trouve classée derrière de nombreux pays de l’Europe de l'Est au nombre de lits en soins intensifs par habitant. Les pays en tête du nombre de lits en soins intensifs par habitant étant ce qui ont pu, en ne s’en étonnera pas, mieux gérer cette crise : le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne.

Les coupes budgétaires faites dans la santé et dans les hôpitaux, avec l’imposition d’un mode de fonctionnement managérial, réformes des Ehpad de 2017, sous-financement des hôpitaux au regard de l’importance de leur mission, dégradation dramatique des conditions de travail, et la pire des réformes sur les hôpitaux : laT2A, qui est « la mise en concurrence des établissements à travers la tarification à l’activité, c’est-à-dire au volume et à la nature des actes pratiqués sur les patients. Les hôpitaux sont transformés en entreprise, et se doivent d’être rentables. Ils doivent se mettre en concurrence. Les réformes industrialisent les soins, elles bureaucratisent son fonctionnement, instaurent une domination gestionnaire. Les réformes des hôpitaux insèrent une logique du profit qui nie l’accès démocratique aux soins, et font « reporter sur le système de soins la gestion des contradictions économiques et des tensions sociales propres au capitalisme [néolibéral]… »[15]

C’est en avançant caché, sournoisement par la force d’une politique bananière que l’on impose des traités européens, et des réformes aux citoyens qui n’en voulaient pas. Pierre Bourdieu avait cette phrase pour qualifier la politique néolibérale menée au niveau européen, je cite :

"L'Europe ne dit pas ce qu'elle fait ; elle ne fait pas ce qu'elle dit. Elle dit ce qu'elle ne fait pas ; elle fait ce qu'elle ne dit pas. Cette Europe qu'on nous construit, c'est une Europe en trompe-l'oeil." 

Vous parlez d’un désastre, un désastre social et écologique au niveau européen et mondial qui annonce des réfugiés climatiques par millions et des conflits armés dû à la crise climatique. Ces désastres présent et futurs qui sont laissés sans réponse et sans réelle volonté de les conjurer par les politiques ne produisent pas que des perdants, ils ont également leurs gagnants. Ces gagnants sont les tenants du néolibéralisme qui veulent imposer le capitalisme vert. Déjà en place depuis plus d’une décennie ce dernier veut amender la crise écologique tout en gardant le business as usual – le business comme d’hab. Le capitalisme vert met en place la finance environnementale - le  marché vert - pour cela « les produits financiers branchés sur la nature prolifèrent »[16] : marchés carbone, dérivés climatiques, obligation catastrophe, etc. Résultat : ZÉRO. Rien, ils n'ont rien changé. Les rejets de gaz carbonique vont sans cesse en augmentant et encore plus d’une manière exponentielle. Quels en sont les effets :

- Changement climatique

- Fonte des glaces arctiques en été qui réduise la réflexion du soleil et augmente le réchauffement climatique

- Augmentation du niveau de la mer dont la moyenne s’accentue toujours tous les 10 ans

- Fonte des glaciers qui devraient avoir tous disparu à la fin de ce siècle

- Acidification et réchauffement des océans où 90% de l’augmentation de la chaleur planétaire s’y est accumulé.

- Sécheresse endémique avec sa possible augmentation sur 70% des terres à travers le monde.

- Augmentation des températures hivernales et estivales qui bouleverse les écosystèmes

- Réduction du rendement des cultures

- Pertes de la biodiversité et extinction des espèces dues au changement trop rapide des températures dans des zones déterminées et à l’usage des pesticides de synthèses pétrolifères.

- Pollution chimique

- Épuisement des stocks d’eau fraîche et des ressources énergétiques fossiles

- Épuisement  de la couche d’ozone stratosphérique et augmentation de la charge aérosol dans l’atmosphérique [17]

Avec la pression des communautés contre l’inaction des gouvernements face à la crise climatique, l’Europe se réveille et propose The European green deal – le pacte vert pour l’Europe. Malheureusement, il s’agit une version réformée du capitalisme vert, et déjà les technocrates européens tenants du néolibéralisme se mordent les doigts d’avoir fait des promesses de changement systémique pendant le confinement. Depuis la sortie du confinement, l’impératif de croissance qu’ils suggèrent pour amortir la récession se profile à l’horizon, mais cette fois on veut imposer à la population européenne de mettre les bouchés doubles. C’est-à-dire encore plus fort qu’avant le confinement, bouchés double pour rattraper les points de croissance perdus, c'est-à-dire bouchés double de rejet de Co2.

Pourtant à contrario, de la volonté de reprise de l’Union européenne et la volonté du gouvernement Macron, d’après le Global Carbon Project, organisation qui quantifie les émissions de gaz à effet de serre et leurs causes, au 20 mai 2020 le confinement aurait permis une réduction des rejets de Co2 à un niveau historique de 6.6% en 2020[18]. Une réduction que pour l’instant aucun accord, aucune instance politique, aucun produit financier du capitalisme vert n’avaient même rêvait d’approcher.

Qu’est-ce que nous apprend cette réduction d’émission pendant la période de confinement. Que lorsque « l’économie est en récession et que la production et les transports diminuent, l’air tend à être moins pollué avec moins de CO2 produit par les combustibles fossiles, moins de ressources énergétiques et minérales sont extraites de la terre », donc la récession produite par la crise du Codid-19 a été bonne pour l’environnement[19]. La problématique est que dans le système capitaliste, les récessions causent d’innombrables souffrances pour la plus grosse partie de la population.

Alors qu’elle est la solution ? D’abord, il faut pouvoir comprendre que c’est l’économie capitaliste qui est coupable d’avoir généré la crise climatique. C’est pour cela que l’on ne parle plus d’anthropocène, crise climatique due aux êtres humains, mais de capitalocène, crise climatique due à l’économie capitaliste. Pour ces raisons, beaucoup pensent que de réformer l’économie capitaliste est la solution au désastre que préfigurent les signes du réchauffement climatique. En ce sens, le capitalisme vert et le pacte vert pour l’Europe que veut mettre en place la Commission européenne font partie de cette logique, mais comme on l’a déjà vu le capitalisme vert a contribué à renforcer la crise climatique, nous faisons perdre du temps jusqu’à atteindre le point de non-retour dans l’avancée de la crise environnementale et climatique. Le pacte vert pour l’Europe n’est qu’une nouvelle mouture du capitalisme vert sans substance et sans désir d’amener des réformes systémiques qui potentiellement pourrait commencer à inverser la courbe des rejets de gaz carbonique seul espoir de contrecarrer l’extinction massive de la biodiversité, et stopper cette avancée tragique, déjà bien entamée, vers les catastrophes climatiques.

Pour dénigrer les enjeux du réchauffement climatiques aux yeux de la population américaine et mondiale, Dick Cheney, et le gouvernement de G. W Bush se positionne comme climato-sceptique, et invente la formule changement climatique en remplacement de réchauffement climatique pour déprécier les enjeux de la crise climatique. Cette formulation sera ensuite utilisée par tous les chiens de garde, les politiques. Dick Cheney infiltrera les instances administratives pour pouvoir les influencer. © FAHRENHEIT 451

Ce que la Commission européenne et tous les gouvernements qui mènent une politique économique néolibérale capitaliste ne comprennent pas, c’est que, comme nous l’a montré le confinement d’une manière pratique, c’est que l'impératif de croissance impose une logique d’augmentation des rejets de CO2, une augmentation de la production et de l’exploitation, donc une augmentation de l’utilisation des produits chimiques de synthèse, et une augmentation de l’extraction des énergies fossiles, etc. Une boucle sans fin, où les élus politiques et les technocrates néolibérales capitalistes se mordent la queue.

Car comme nous le montrent magnifiquement John Bellamy et Fred Magdoff dans leur livre, Tout ce qu’un environnementaliste doit savoir sur le capitalisme, je cite :

« L'impératif de croissance est une caractéristique fondamentale des entreprises [privées, et par les politiques néolibérales menées par la Commission européenne également des services publics. L'impératif de croissance fait partie entière]… du système capitaliste dans son ensemble, cet impératif dérive de l'accumulation de capital. »

Certains mouvements prônent le retour à un ordre économique keynésien[20], principes économiques qui furent mis « en place [en Europe] par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale »[21].  Rappelons que les principes économiques keynésiens font partie du système d’économie capitaliste, et s’ils permettaient une logique de redistribution plus grandes des profits accumulés par les tenants du capital, ainsi que des systèmes d’impositions bien plus élevés sur les grandes fortunes – jusqu’à 70 à 85% pendant les réformes keynésiennes contre 17 et 25% aujourd’hui, à l'instar du capitalisme vert ou du pacte vert pour l’Europe, cette économie se base sur un impératif de croissance. Comme nous venons de le voir, l’impératif de croissance est inscrit dans l’ADN de l’économie capitaliste. Il est central à sa logique de profit, mais est aussi néfaste à l’environnement. Les principes économiques keynésiens ne peuvent donc pas résoudre la crise climatique. 

Un autre point majeur qui disqualifie l’économie capitaliste comme solutionneur à la crise climatique qu’elle a manifesté, c’est que comme nous le montre John Bellamy et Fred Magdoff, même si, comme dans nos sociétés d’économie capitaliste avancées, la croissance est faible jusqu’à parfois stagner, ce qui diminue les sollicitations sur l’environnement, reste que la croissance est toujours trop importante étant donné qu’il s’agit d’une économie étalée sur la surface du globe. « Par conséquent, même avec la croissance faible de nos sociétés d’économie capitaliste avancées, il reste que les effets de cette croissance faible sur l’environnement sont tout de même bien trop élevés. »[22]  

Comme nous l’avons vu plus haut avec les politiques de reprises post-confinement, ou comme après chaque crise, la manière dans les gouvernements veulent revitaliser la croissance et l’accumulation du capital, c’est en retirant les protections existantes sur l’environnement ou simplement en ne les appliquant pas, par exemple on n'appliquant pas celles énoncées par la COP 21 de Paris en 2015. Et comme nous le montre la sortie de crise du Covid-19, rétablir l’économie capitaliste est « doublement destructeur pour l’environnement : car non seulement les protections environnementales ont été démantelées pour favoriser la croissance, mais cette augmentation de l’économie extrait encore plus d’énergie et de ressources ». [23]

 

Little Dick aka Dick Cheney, vice président du gouvernement G. W. Bush. Les aventures de Little Dick - ep 02 : Théorie de l'éxécutif unitaire © FAHRENHEIT 451

Les grandes récessions et leurs conséquences ne nuisent pas au capital, oligarques et multinationales, par contre elles pèsent de tout le poids sur la plus grande partie de la population et certainement sur les plus personnes les plus faibles, car pour garder leur niveau de profit lors des pertes de croissance, les détenteurs du capital infligent ces pertes sur les revenus salariaux. 

Un autre problème systémique de l’économie capitaliste, c’est que pour créer le plein emploi il faut un niveau de croissance extrêmement élevé, « ce qui est par conséquent extrêmement dangereux sur la pérennité écologique ». Par voie de conséquence, « l’économie capitaliste est un système qui génère constamment une réserve de chômeurs », sur lequel pèse tout le poids de ses contradictions, et qui paye les plus lourds tributs quant à son dysfonctionnement. Malgré cela, c’est la catégorie de la population qui est systématiquement brimée et méprisée par les éminences grises du capital – j’entends les élus et les entrepreneurs, car les chômeurs leur renvoient l’image de leur incompétence et de couardise.

Ainsi, les niveaux de croissance très élevés ne sont généralement atteints que lors des périodes de guerre, mais avec les guerres modernes qui deviennent de plus en plus automatisées même cette manière aberrante de créer de la croissance reste trop faible.

Pourtant ici nous ne parlons pas de mettre en place un capitalisme décroissant, on l’a vu « l’obligation de croître est…consubstantielle au capitalisme ; le capitalisme ne peut exister que comme une fuite en avant par une croissance matérielle perpétuelle » qui doit compenser une croissance faible inextricable dans laquelle s’est installée l’économie capitaliste avancée des pays occidentaux. Les pays occidentaux au capitalisme avancé ne peuvent pas sortir de ce ralentissement dû à la contradiction dans le capitalisme qui fait que celui-ci doit utilisation de la technologie pour remplacer la force de travail humaine pour maintenir sa marge de profits, mais dont le coût diminue inexorablement la valeur représentée dans chaque marchandise ou produit, « ce qui pousse le capitalisme à augmenter en permanence sa production »[24], c'est-à-dire avoir un objectif de croissance ininterrompu, même s’il faut se résoudre à mettre en place une guerre pour cela.

La crise est politique, sociale, économique, et écologique. En sortir nécessite le dépassement de la logique productiviste. La résolution de ces crises ne se trouve pas, comme on veut nous le faire croire, dans l’accès à la richesse capitaliste par les couches sociales les plus défavorisées, car il nécessite la croissance qui est destructrice de l’environnement et qui créera encore plus de conséquences néfastes sur le social. Il s’agit d’améliorer « le statut des exploités et des opprimés » en dépassant le modèle économique basé sur la consommation à outrance, et l'exploitation de la planète par les intérêts privés.

La crise climatique qui a, comme on l’a dit, pour base l’économie capitaliste s’appuie également sur la logique intrinsèque du capitalisme qui est l’injustice économique et sociale que font peser ceux qui possèdent le capital sur les plus pauvres. À l’injustice sociale et économique se rajoutent l’injustice et le ‘racisme environnemental’, car les plus précaires sont également les plus touchés par la crise climatique et environnementale. Donc dans tout le système économique capitaliste, la partie la plus riche de la société est aussi responsable de la crise climatique, car « [l]es 10% les plus riches de la population mondiale sont responsables de 50% des rejets de CO2. Et les 20% les plus riches de 70% des rejets ».[25] « Les trois milliards de la population la plus pauvre n’émet essentiellement pas de gaz à effet de serre qui sont responsables des dégâts les plus importants de la crise environnementale…le développement des conditions de vie des plus pauvres n’est pas en conflit avec la résolution de la crise climatique, qui est un problème des plus riches. » 8% de la population globale, environ 500 millions, ce sont les plus riches à l’échelle mondiale, sur 7.8 milliards de personnes, émettent la moitié des gaz à effet de serre à travers le monde. L’empreinte écologique des riches et super riches est de 100 à 1000 fois plus importante que le reste de la population.[26]

Dans la logique néolibérale et l’économie capitaliste, l’agriculture n’est pas là pour produire de la nourriture, mais du profit ; le système de santé est une marchandise, et la santé un sous-produit. C’est un système qui fonctionne sur des coûts impayés, car les portions substantielles des coûts de production ne sont pas prises en compte dans les dépenses des industries et multinationales, mais sont transférées sur les populations, comme nous le prouve chaque crise du capitalisme. Par exemple : le prix de l’extraction des énergies fossiles, d’exploitations industrielles, de l’agriculture et de la pêche intensives ne prennent pas en charge  les rejets des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et les dommages écologiques.

En résumé, la croissance économique est devenue dans la société capitaliste la religion mondiale. D’avoir basé le fonctionnement des sociétés sur l’autel de ce dieu mène l’humanité à des inégalités toujours extrêmes, des violences et des guerres chroniques et finalement à une crise environnementale effroyable. Les destructions écologiques proviennent de la logique et la nature profonde du système capitaliste. La logique capitaliste génère une déconfiture de la classe moyenne. Elle crée une pauvreté endémique chez les plus démunis à un niveau encore jamais atteint dans toute l’histoire de l’humanité où une minuscule partie des êtres humains, atrocement riche, capte la plus grosse part de la richesse et génère l’essentiel de la contamination du monde. Vouloir faire peser la responsabilité de la crise sur les parties de la population la plus désœuvrée, et une imposture.

Un capitalisme vert, un capitalisme décroissant ou bien encore un capitalisme écologique sont tous les trois des antinomies, des contradictions indéfectibles, qui mette en place et justifier l’appauvrissement croissant des couches les plus pauvres de la société en faveur des plus riches. Penser que les technologies vertes dans le contexte de l’économie capitaliste vont nous sauver est un leurre.

Ce que cela veut dire, c’est que réformer le système économique capitaliste pour arrêter la crise climatique ne suffira pas, le défi devant lequel se trouve l’humanité est de le dépasser. Ici, il est bon de rappeler aux esprits conservateurs et monolithiques incapables de souplesse de pensée que l’économie capitaliste n’est vieille que de 250 ans environ, et pour des milliers d’années les populations à travers le monde se sont développées en utilisant divers systèmes de marchés, d’échanges et de dons qui n’ont jamais compromis la vie sur terre, et certainement au point où le système d’économie capitaliste est en train de le faire. Le capitalisme, à contrario, est destructeur, car il est basé entièrement sur la production de marchandises à vendre en récupérant un profit sur un marché. Ce marché est devenu pratiquement l’unique endroit pour se procurer de la marchandise et des services sur la planète. L’économie capitaliste est un système de production généralisé de marchandises basé sur la compétition pour maximiser les profits, qui instaure un effroyable système d’exploitation productive des relations entre les détenteurs du capital et les individus et les détenteurs du capital et l’environnement. C’est ce système qui a mis en place l’esclavage du XVIe siècle à aujourd’hui, et la vente de la force de travail de l’individu sur un marché pléthorique du travail. C’est cette exploitation productive capitaliste des relations qui forme la base du profit dans l’économie capitaliste, qui finalement crée les injustices et la destruction de la planète. C’est la fondation du système dans son entier.

 RPNRG

 

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[1] PIERRE JANUEL, Des ordonnances hors contrôle? Le Conseil constitutionnel suscite des inquiétudes, Médiapart 6 JUIN 2020

[2] Erich Inciyan, La justice en France n'est pas du goût de l’Europe, Médiapart 25 novembre 2010.

[3] MICHEL DELÉAN, Justice, corruption : un rapport épingle la France, Médiapart, 28 JANVIER 2014

[4] Vincent Sizaire, Libertés publiques sous la matraque, Manière de voir N°168, décembre 2019.

[5] MICHEL DELÉAN, Justice, corruption : un rapport épingle la France, Médiapart, 28 JANVIER 2014

[6] FABRICE ARFI, La portée historique du jugement Karachi, Médiapart, 16 JUIN 2020

[7] FABRICE ARFI, La portée historique du jugement Karachi, Médiapart, 16 JUIN 2020

[8] Canard Enchainé du 17 juin 2020.

[9] Canard Enchainée du 17 juin 2020

[10] Canard enchainé du 3 juin 2020.

[11] Jair Bolsonaro, la méthode secoué, Canard enchainé du 3 juin 2020.

[12] Trump censuré par son mégaphone, ça fait du bruit, Canard enchainé du 3 juin 2020.

[13] Raoul Vaneigem, Modestes propositions aux grévistes, Verticales, 2004.

[14] Serge Augier, Aux origines intellectuelles du productivisme, Médiapart, 11 avril 2019, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110419/aux-origines-intellectuelles-du-productivisme?onglet=full

 

[15] Pierre-André Juven, Frédéris Pierru, Fanny Vincent, La casse du siècle : A propos des réformes de l’hôpital public », 2019.

[16] Razmig Keucheyan, La nature comme champs de bataille, 2014.

[17] John Bellamy et Fred Magdoff, What every environmentalist needs to know about capitalism, 2011.

[18] https://www.globalcarbonproject.org/news/TemporaryReductionInCO2EmissionsDuringCOVID-19.html ; Norbert Trenkle, Crise climatique et transformation sociale au temps du Corona, 19 mai 2020, http://www.palim-psao.fr/2020/05/crise-climatique-et-transformation-sociale-au-temps-du-corona.pourquoi-la-production-capitaliste-de-richesses-est-en-jeu-par-norbert

[19] John Bellamy et Fred Magdoff, What every environmentalist needs to know about capitalism, 2011.

[20] Rappelons ici, qu’en introduisant l’Europe à l’ordre économique keynésien en les appelant à joindre « la conférence de Bretton Woods, les États-Unis voulaient consolider leur rang de première puissance économique mondiale face à des puissances européennes exsangues…[le résultat de ces accords fera que seul] le dollar [sera] encore convertible en or. Cependant, pour mettre fin à l´inflation galopante du dollar dans les années 60 à cause des dépenses militaire et spatiales et pour éviter d´avoir à rembourser les dollars excédentaires en or, Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or en 1971. À partir de là, se met peu à peu en place un système de changes flottants qui prévaut encore aujourd´hui et qui fut théorisé par l´École de Chicago » où l’on retrouvait le néolibérale Milton Friedman qui se présentera en opposition aux principes économique keynésien. L´École de Chicago donna naissance au Chicago Boys un groupe d’économiste pro-Pinochet qui introduisirent les réformes néolibérales dans la dictature de Pinochet au Chili ; in : Aumercier Sandrine, L’après-coronavirus: un nouveau Bretton Woods?, sur le site palim-psao.fr, juin 2020.

[21] Aumercier Sandrine, L’après-coronavirus: un nouveau Bretton Woods?, sur le site palim-psao.fr, juin 2020.

[22] John Bellamy et Fred Magdoff, What every environmentalist needs to know about capitalism, 2011.

[23] John Bellamy et Fred Magdoff, What every environmentalist needs to know about capitalism, 2011.

[24] Anselm Jappe, « Décroissants encore un effort... ! Pertinence et limites des objecteurs de croissance. », http://www.palim-psao.fr, 20 juin 2020.

[25] Ludo de Witte, Quand le dernier arbre aura été abattu, nous mangerons notre argent : le capitalisme contre le climat, 2019.

[26] John Bellamy et Fred Magdoff, What every environmentalist needs to know about capitalism, 2011.

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