La nouvelle Europe postfasciste

Le capitalisme n’aime pas la démocratie. Ce qu’il aime s’est apaiser le marché, s’il faut un gouvernement totalitaire pour cela, qu’à cela ne tienne...

Les héros ne sont pas sur les champs de bataille, ils sont dans les caves.

Les réalisateurs espagnols Aitor Arregi, Jon Garaño et José Mari Goenaga avec leur nouveau film ‘Une vie secrète’, nous on fait une perle. On y voit les révolutionnaires républicains espagnols réprimaient par Franco. Répression qui aura reçu la bénédiction des gouvernements européens de l'époque, grâce à la dictature fasciste italienne et nazie allemande qui fournissaient une aide logistique à Franco, mais également par l’inaction du gouvernement américain, anglais, mais aussi celui de Léon Blum, ce dernier faisant une politique de gauche sans grand entrain trop soucieux qu'il fût d’être politiquement correct, refusera d'apporter une aide et d’envoyer des armes aux révolutionnaires républicains espagnols.

Le fait est que les gouvernements totalitaires ou d’extrêmes droites ne déplaisent pas aux gouvernements capitalistes, la preuve en est les actuels gouvernements d’extrême droite autrichien, finlandais, bulgare et hongrois en Europe. Pour le capital c’est le socialisme qui pose problème, il faut l’écraser même s’il faut pour cela que la populace ravale ses prétentions démocratiques. Ainsi dans le film ‘Une vie secrète’, les alliés tant attendus par les républicains prisonniers n’arriveront jamais.

Le capitalisme n’aime pas la démocratie. Ce qu’il aime s’est apaiser le marché, s’il faut un gouvernement totalitaire pour cela, qu’à cela ne tienne. L’historien conservateur allemand Heinrich von Treitschke écrivait en 1869 : « Nous avons besoin d’une monarchie forte » , entendu : pour que la société du capital puisse fonctionner correctement. Aujourd’hui toujours pour apaiser les marchés, on entend dire qu’il faut un gouvernement fort, à la main ferme. La boucle est bouclée, les conservateurs d’hier parlaient de monarchies fortes, ceux d’aujourd’hui parlent de gouvernements forts, leurs buts étant toujours le même : créer un environnement où le marché capitaliste ne sera pas dérangé, et cela, quel que soit le prix humain.

Dans l'Europe actuelle, on peut facilement rapprocher ces héros républicains espagnols avec Julian Assange et ses sept années de confinement dans l’ambassade équatorienne à Londres. Depuis les soi-disant gouvernements démocratiques occidentaux l’ont arrêté, emprisonné dans les geôles anglaises à Belmarsh (surnommée le Guantanamo Bay britannique) , et lui font un procès digne des pires dictatures. Tout cela avec l’aide du gouvernement suédois, anglais et américain. Les autres gouvernements européens ferment les yeux comme ils ont su si bien le faire pendant l’entre-deux guerre.

La propagande occidentale nous demande de regarder ailleurs lorsqu’il s’agit de politique réactionnaire, mais cette politique de la contrainte réactionnaire est juste sur notre palier, pas besoin de regarder chez nos voisins. Les dernières lois votées en France en faveur de la répression policière en sont une nouvelle preuve.

Henry David Thoreau, dans la désobéissance civile écrivait:

« Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. »

Il faut voir ‘Une vie secrète’, du cinéma comme on en voit rarement.

 

UNE VIE SECRÈTE - Bande-annonce © Epicentre Films

 

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