J'habite dans un HLM d'une banlieue populaire d'une grande ville de province .
Ces dernières semaines, j'ai observé lors de mes déplacements dans ma commune le nombre d'automobilistes ayant placé leur gilet jaune au bas de leur pare-brise.
Leur nombre correspond à environ 10 à 15% du total.
En extrapolant de façon non scientifique ce nombre, sur les 50 millions d'adultes que compte notre pays, il correspond à plus de 6 millions de personnes.
C'est beaucoup. Ce n'est pas un raz-de-marée.
D'autant moins qu'un proche tout à fait fiable m'a appris que trois personnes lui avaient dit placer leurs gilets jaunes pour ne pas être ennuyés lors de passages sur les points de blocages ou de filtrages.
Par ailleurs, les sondages indiquent un soutien massif de la population à ce mouvement.
Je considère qu'il ne faut pas en conclure que ce soutien vaut pour toutes les demandes des gilets jaunes.
J'ai par contre la certitude qu'il exprime une solidarité passive pour plus de justice sociale et fiscale.
Emmanuel Macron ne doit pas s'en étonner : sa politique, non exclusivement, mais principalement, favorise le capital et le grand patronat.
Cette politique, ainsi que sa présidence verticale ignorant les corps intermédiaires, ses propos déplacés ou/et méprisants tenus à plusieurs reprises concernant le petit peuple, ont conduit à la situation actuelle.
Un grand nombre de témoignages de gilets jaunes expriment de façon poignante leurs conditions de vie insupportables.
S'y ajoutent une méfiance, un rejet de tous les partis politiques, de tous les syndicats. C'est extrêmement inquiétant.
Je ne vois pas comment le dialogue d'une durée de trois mois annoncé par le Président de la République peut se nouer sans décider d'un moratoire de la même durée de l'augmentation des taxes sur le gazole et l'essence prévue à compter du 1er janvier prochain.
Comme le disait Montesquieu, pour faire de grandes choses... ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.
D'autre part, ce mouvement des gilets jaunes mélange des demandes sociales justifiées et des actes et des propos inadmissibles.
Les gens d'extrême droite faisant partie des gilets jaunes ou les ayant infiltrés se sont signalés par des actes raciste, anti-musulman, homophobe, par des agressions envers des journalistes. Actes cependant très minoritaires.
Certains gilets jaunes se comportent comme des milices sur les points de filtrage, exigeant des automobilistes qu'ils arborent leurs gilets jaunes pour les laisser circuler.
Les affrontement violents avec la police républicaine à Paris, les slogans demandant la démission d'Emmanuel Macron (même si il y a une part symbolique dans cette demande), les appels aux référendums dont l'objet n'est pas défini, à la dissolution de l'Assemblée Nationale, portent deux noms : l'irresponsabilité et le fascisme factieux, allant jusqu'à la volonté de prendre d'assaut le palais de l'Elysée.
Je suis frappé par la teneur de certains propos d'une bonne partie des « gilets jaunes » invités sur les plateaux de télévision : ils sont d'une affligeante démagogie et inculture citoyenne.
Pour conclure, je relaterai l'interview toute récente de Gilbert Collard sur la chaîne Cnews.
Il a déclaré que les gilets jaunes avaient raison de se méfier des partis politiques.
Interrogé par une journaliste pour savoir si il incluait son propre parti politique, le Rassemblement National, dont il est député, il a répondu oui.
Exceptionnellement, s'agissant de son parti, il a parlé d'or.