MARINE LE PEN, CETTE FACTIEUSE CANDIDATE À L'ÉLYSÉE.

Marine Le Pen  partage "le constat" et "l'affliction" des généraux auteurs de la tribune publiée le 21 avril dernier dans l'hebdomadaire d'extrême droite Valeurs Actuelles.

Elle les appelle "à la rejoindre dans la bataille pour la France."

Que dit cette tribune ?

Je cite : "...le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national" ; "Demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts...se compteront par milliers".

Le mot de République est absent de ce texte.

Ces généraux promettent, sur une base nationaliste et ethnique blanche, des fleuves de sang dans notre pays.

Ils sont une vingtaine, en deuxième section, proches de la retraite mais qui peuvent toujours être rappelés.

La plupart sont, soit élu FN au conseil régional d'Occitanie ou candidats du Front National à des élections locales, soit connus pour leurs opinions d'extrême droite.

La date de parution choisie par Valeurs Actuelles est tout sauf innocente : le 21 avril 2021 est le 19ème anniversaire de l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, ainsi que le 60ème anniversaire de la tentative de putsch des quatre généraux pro-Algérie française à Alger contre le général De Gaulle.

A rebours de son entreprise mensongère de dédiabolisation et de normalisation du Front National (qui est l'exact contraire d'un "Rassemblement"), Marine Le Pen tombe le masque.

Comme l'a déclaré le premier ministre Jean Castex, "chassez le naturel, il revient au galop".

Le naturel n'a jamais été chassé en réalité.

Derrière ses efforts visibles pour tenter d'apparaître pour ce qu'elle n'est pas, Marine Le Pen est toujours entourée de néonazis et de néofacsistes tels que Frédéric Chatillon et Axel Loustau, ce dernier étant de surcroit conseiller régional FN en Ile de France.

Par ailleurs, Jean-Marie Le Pen vient tout juste de déclarer que sa fille faisait un sans-faute dans sa campagne électorale présidentielle.

Le gouvernement a réagi trop tardivement à cette tribune.

Depuis, le chef d'état-major des Armées a annoncé que ces généraux devraient être radiés de l'armée, et les 4 officiers et 14 soldats d'active identifiés parmi les signataires subir des sanctions disciplinaires militaires, dans le cadre d'une procédure exceptionnelle lancée par la ministre de la Défense.

C'est la moindre des choses.

Les députés français et européens de La France Insoumise ont, tout à fait à juste titre, saisi le procureur de la République de Paris afin qu'il engage des poursuites pénales pour "provocation à la désobéissance de militaires".

Sur le fond de l'affaire, il n'y a pas lieu de dissocier le non-respect par ces militaires de leur devoir de réserve de la nature factieuse d'extrême droite de leurs propos.

C'est parce qu'ils sont des factieux d'extrême droite qu'ils ont violé le statut général des militaires figurant dans le code de la défense.

C'est parce qu'ils ont violé le statut général des militaires qu'ils sont des factieux d'extrême droite.

Marine Le Pen renoue là avec les fondamentaux de son parti politique.

C'est tout sauf un hasard si elle a soutenu jusqu'au bout Donald Trump, ne désapprouvant que du bout des lèvres l'invasion factieuse du Capitole à Washington.

Elle vient tout juste de s'ériger comme "la présidente de la paix civile...".

C'est aussi crédible qu'une infox annonçant que le pape allait devenir protestant.

L'écrivain algérien Kamel Daoud déclarait "qu'il fallait couper le sifflet aux extrémistes."

Il a raison.

Il parlait des islamo-fascistes.

Sa phrase s'applique tout autant aux extrémistes de droite dont Marine Le Pen est la figure de proue.

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