DIMANCHE 20 JUIN, 20h55 : EN DIRECT-LIVE, LE VRAI VISAGE DE MARINE LE PEN.

Dimanche 20 juin, près d'une heure après l'annonce des résultats du premier tour des élections régionales et départementales, Marine Le Pen est apparue sur les écrans télévisés.

Elle s'attendait à s'y ruer dès 20 heures, escomptant que le Front National soit en situation de remporter de une à trois régions, voire plus, et un département.

Donc à 20h55, elle s'est livrée, le visage aussi haineux que celui de son père, à une diatribe extrêmement virulente à l'égard de ses propres électeurs, leur enjoignant, sur un ton d'ordre donné, d'aller voter pour ses listes au 2ème tour.

Les résultats avaient tout pour la décevoir.

S'agissant des élections régionales, le FN, qui avait obtenu 27% des voix en 2015, en obtenait 18%

S'agissant des élections départementales, le FN passait de 25% en 2015 à 17%.

Dimanche 27 juin, les résultats du deuxième tour des élections régionales ont vu le FN passer également de 27% en 2015 à 18% ; ceux des élections départementales ont été de 10% contre 22% en 2015.

En termes de nombre d'élus, le FN avait obtenu, en 2015, 358 conseillers régionaux (94 d'entre eux avaient quitté le Front National entre 2015 et 2021) 

Cette année, il en obtient 252, soit quasiment un tiers de moins.

Concernant les élections départementales, le FN passe de 62 élus, soit 31 cantons en 2015, à 26 élus, soit 13 cantons en 2021.

Le nombre de cantons en France est de 2054.

J'en reviens à son intervention télévisée de dimanche 20 juin.

C'est la première fois que je vois une dirigeante politique, qui plus est aspirant à la présidence de la république, se comporter ainsi envers ceux qu'elle considère comme ses électeurs.

Non seulement cela montre un évident manque de sang-froid, mais surtout cela exprime un mépris profond à l'égard de français supposés voter pour son parti politique.

La confirmation au deuxième tour des résultats du premier a peut-être partiellement à voir avec son comportement, qui a été celui, sur le même ton d'ordre, de la plupart des têtes de listes du FN dans les régions, dans la foulée de leur cheffe.

Pour le Front National, les français ne sont pas des individus qu'on doit respecter et convaincre par la discussion, mais sont considérés comme des moutons qui doivent marcher droit.

C'est de fait éclairant sur la manière dont elle dirigerait la France et ceux qui y vivent si elle accédait à la présidence de la république.

Cela confirme, si besoin était, la nature profondément anti-démocratique et anti-républicaine du Front National, qui n'a de rassemblement que le nom.

Ce recul électoral majeur de l'extrême droite a une nouvelle fois démontré, tout particulièrement dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, que le front républicain est bien vivant et qu'il est le seul moyen électoral d'éliminer le Front National.

Alors que beaucoup de commentateurs politiques, ainsi que Stéphane Séjourné, conseiller politique d'Emmanuel Macron, l'avaient annoncé mort et enterré.

Il est capital que les élus, les candidats battus, les militants et les électeurs du FN soient dans l'obligation de constater que ce parti politique est rejeté dans les urnes par une large majorité de Français.

Marine Le Pen comptait faire de ces élections régionales, en remportant au moins la région PACA, un tremplin pour sa candidature à l'élection présidentielle.

Raté.

Certes, le fait que deux tiers des Français se soient abstenus ne permet pas de tirer de ces élections des enseignements trop probants pour les scrutins à venir.

Il n'empêche : ce sont environ 16 millions d'électeurs qui se sont exprimés.

C'est tout de même un méga-sondage... 

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