DONALD TRUMP EST UN VOYOU INCENDIAIRE D'EXTRÊME DROITE.

Donald Trump vient donc de s'exprimer.

Pour la première fois de l'histoire américaine, un président sortant a annexé de fait la Maison Blanche alors qu'il n'aurait dû s'exprimer qu'en tant que candidat.

La constitution américaine ne l'interdit pas. Mais c'est pour la simple raison que ses rédacteurs n'ont jamais imaginé qu'un président sortant viole ainsi l'esprit de la loi fondamentale des Etats-Unis.

Pour la première fois de l'histoire américaine, un président sortant affirme avoir gagné l'élection présidentielle avant la fin du dépouillement de tous les bulletins de vote.

Et annonce qu'il va saisir la Cour Suprême pour interrompre le dépouillement.

Je ne sais pas si le terme est juridiquement approprié, mais je considère qu'il s'agit d'un coup de force, d'un putsch "soft". 

Pire : en déclarant que "...nous ne laisserons pas un petit groupe de misérables [le parti démocrate] voler l'élection...", suivi par le vice président Mike Pence déclarant en substance que "...nous veillerons au bon déroulement des dépouillements restants...", il indique clairement sa décision de peser par deux types de forces sur le résultat final de l'élection.

C'est d'autant plus évident que, lors du premier débat l'opposant à Joe Biden, interrogé par le journaliste modérateur pour savoir s'il condamnait les "Proud Boys", une milice néo-nazie lourdement armée le soutenant ouvertement, non seulement il ne l'a pas fait, mais il a déclaré : " je leur dis de rester en retrait et de se tenir prêts".

En fait, cet extrémiste de droite confirme qu'il est prêt à tout, y compris en termes d'affrontements violents et meurtriers, pour garder le pouvoir.

Il me parait évident que s'il était aussi sûr de lui qu'il le proclame, il respecterait tout simplement le verdict des urnes.

J'espère de tout coeur que le peuple américain évitera cela en faisant preuve de sang-froid, et que les forces de l'ordre de la République américaine mettront hors d'état de nuire les milices violentes et armées d'extrême droite.

Sur le fond et dans la durée, j'espère également que l'absolue liberté d'expression, consacrée par la Constitution des Etats-Unis pour une raison positive sur le principe, sera ultérieurement plus encadrée s'agissant des incitations à la violence et la haine.

Par ailleurs, Donald Trump peut compter en France sur le soutien de son équivalent hexagonal Marine Le Pen.

En effet, celle-ci vient de déclarer que " la réélection de Donald Trump est une bonne chose pour la France."

Au-delà de son appréciation toute particulière de l'intérêt national, elle ne juge donc pas nécessaire, pareillement à Donald Trump, d'attendre le dépouillement de tous les bulletins de vote.

J'ai toujours pensé que la présidence Trump donnait une bonne idée de ce que serait, dans l'hypothèse selon moi farfelue où elle arriverait au pouvoir en France, une présidence Le Pen.

Celles et ceux qui me lisent peuvent compter sur moi pour le répéter inlassablement, notamment dans la perspective de l'élection présidentielle française de 2022.

Car s'agissant de l'extrême droite, il ne s'agit pas seulement de la battre ; il s'agit toujours de l'écraser.

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