Daesh a perdu. Sur quatre plans.
1° Son califat islamo-fasciste autoproclamé n'existe plus. Daesh n'a donc plus de base arrière pour préparer des attentats tel que celui du 13 novembre 2015 à Paris, ni de terrain d'entraînement militaire et terroriste, et a perdu une source de financement.
2° Il en résulte logiquement une démoralisation de ses adeptes, en France comme ailleurs.
3° Les services de renseignements français font un travail visiblement efficace pour empêcher les passages à l'acte terroriste.
4) Mais, à mon sens, la plus grande défaite de Daesh en France, c'est le peuple français dans toutes ses diversités qui lui a infligé.
En effet, alors que ses dirigeants avaient explicitement formulé leur objectif de "faire exploser la France", c'est l'exact contraire qui s'est produit.
Les Français et les étrangers vivant en France ont fait une démonstration exemplaire de courage, de sang-froid, de raison, de tolérance et de solidarité républicaine.
A l'heure où certains dissertent sur les fractures intra-françaises ( ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas), le peuple français a fait la preuve de sa profonde unité, quand l'essentiel est en jeu.
Disant cela, je ne dis évidemment pas que le risque d'attentats perpétrés par les islamo-totalitaires n'existe plus.
La tentative récemment déjouée par les services le montre.
Mais quand même : quand on se rappelle où on en était en 2015/2016, et qu'on constate où on en est aujourd'hui, on peut être raisonnablement optimiste.
Symétriquement quant à l'extrémisme idéologique, l'extrême droite française (et européenne) croit obtenir un très bon résultat aux prochaines élections européennes.
Récemment, les actes antisémites et racistes se sont récemment multipliés.
Des croix gammées ont recouvert, à Paris, le visage de Simone Veil, ainsi que des monuments funéraires de plusieurs cimetières où reposent des juifs.
Dans une rue lyonnaise, des inscriptions racistes injuriant les noirs et stigmatisant les arabes ont voisiné avec de nombreuses croix gammées.
Un tag dans le métro parisien a traité Kylian Mbappé "d'enculé de nègre enjuivé".
Ce cri de haine exprime tout : homophobie, noirs considérés comme inférieurs, juifs considérés comme riches et supérieurs.
Parallèlement, le RN claironne son objectif d'être en tête le soir du scrutin.
Il ne cesse de polariser son discours de campagne électorale sur les migrants, cause selon lui de tous les maux français, masquant mal ce faisant son racisme congénital.
Il essaie en même temps de se présenter comme favorable à une Europe unie.
Alors que la sortie de l'Union Européenne et de l'euro constituaient un axe majeur de sa campagne électorale en 2017, il tente de faire croire que ce n'est plus le cas.
Avec un cynisme politique dégoûtant, il dit simultanément que c'est parce que les Français n'y sont pas favorables qu'il ne les préconise plus...
La vérité, c'est que le RN est toujours un parti opposé à la coopération multilatérale des pays européens (et mondiaux) entre eux, et qu'à l'instar de son modèle Donald Trump, il veut une politique nationaliste étroite.
Or, l'Union Européenne a permis aux européens de vivre en paix depuis quasiment 3/4 de siècle, après que ce continent ait été à l'origine de et ravagé par deux guerres mondiales au siècle dernier, soit, à l'échelle de l'Histoire, il y a quelques minutes...
Par ailleurs, le peuple français sait bien, dans sa très large majorité, que l'Union Européenne est le seul échelon pertinent pour la France sur les plans économique, monétaire, climatique pour peser d'égal à égal avec notamment les Etats-Unis et la Chine.
Selon moi, l'objectif majeur de l'élection des eurodéputés français du 26 mai prochain doit être d'empêcher le RN d'être, comme lors des dernières élections européennes de 2014, en tête du scrutin.
Pour ce faire, deux possibilités.
Soit voter pour une autre liste ( à part bien sûr celles de ses succursales dirigées par Florian Philippot et Nicolas Dupont- Aignan), afin de faire baisser son score en pourcentage.
Soit, plus efficace, voter pour la seule liste en mesure de le devancer, celle de LREM.
Faire cela ne revient nullement pour moi à approuver la conception de la société beaucoup trop libérale et individualiste sur les plans économique et social d'Emmanuel Macron.
Mais quand l'essentiel est en jeu, et il l'est selon moi, il faut choisir l'efficacité électorale.
J'ai choisi.