REFLEXIONS D'UN LOSER VOLONTAIRE

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Billet de blog 10 février 2019

REFLEXIONS D'UN LOSER VOLONTAIRE

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NON AU RIC.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

De quoi le RIC, réclamé par les "gilets jaunes", est-il le nom ?

Il importe tout d'abord de distinguer les différentes formes de ce Référendum d'Initiative Citoyenne.

L'une d'entre elles est un référendum révocatoire des élus, du conseiller municipal au président de la République.

Sous une apparence démocratique, il s'agit en fait de nier une évidence : dans une société démocratique comme l'est, jusqu'à plus ample informé, la France, la mise en oeuvre de toute politique s'inscrit par définition dans la durée, soit celle des mandats détenus par les élus.

C'est pure démagogie que de vouloir une procédure qui vise à empêcher cela.

Les trois autres formes du RIC sont l'approbation d'une loi votée par le peuple, ou une question soumise à référendum émanant d'une partie du peuple, ou une combinaison des deux.

Dans tous les cas, une question essentielle est celle du nombre d'électeurs retenu pour le déclenchement du référendum.

Les promoteurs du RIC sont favorables à un seuil le plus bas possible.

Et c'est logique, puisque l'un des buts de ce RIC est de supplanter la démocratie représentative. Du moins tant qu'on est dans l'opposition...

Et c'est là que réside son vice redoutable et inacceptable.

Supposons que le seuil soit fixé à un million d'électeurs, soit à peu près 2% des inscrits sur les listes électorales.

Les partis extrémistes, dans une situation donnée, sont vraisemblablement en capacité de réunir ce nombre de signataires.   

Prenons un exemple : la survenue d'un fait-divers particulièrement atroce, ou plus encore d'un attentat terroriste de masse comme nous en avons subi récemment.

Le Rassemblement National et ses groupuscules satellitaires seraient probablement, dans ce contexte, en mesure d'organiser la mobilisation d'un million d'électeurs obtenant un RIC sur le rétablissement, partiel ou total, de la peine de mort pour les auteurs de ces actes.

A partir de là, se pose une question cruciale qui touche au fond de la nature humaine : le rapport entre l'émotion et la raison.

Chaque électeur ressent des émotions ; chaque électeur est capable de raisonner.

Le problème est que, dans des contextes particulièrement dramatiques, l'émotion peut l'emporter sur la raison.

Pour dire les choses autrement :

Le peuple se méfie de la part populacière qui est en lui.

La populace n'a cure, dans ces contextes, de la part populaire qui est, plus ou moins, en elle.

La justification fondamentale de la démocratie représentative est qu'elle seule permet la conduite d'une politique dans un temps suffisamment long pour qu'elle produise ses effets, et qu'elle seule permet de privilégier la raison sur l'émotion.

Autre chose est la demande d'une partie du peuple d'être davantage associé aux décisions politiques, locales comme nationales ou européennes.

Les moyens existent, qu'ils soient physiques ou numériques, pour le réaliser.

Le grand débat national en cours le démontre.

Saisissons-nous en.

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