EUROPE(ENNES) : BATTRE L'EXTREME DROITE.

Je ne suis dupe de rien.

Ni de la politique conduite par Emmanuel Macron, dont l'axe consiste à soutenir financièrement et juridiquement le capital et le patronat, en évacuant du débat public les questions des salaires et des conditions de travail, dont tout montre qu'elles se dégradent beaucoup par le double effet du manque d'effectifs ou/et de la fixation d'objectifs quantitatifs et qualitatifs impossibles à atteindre, ce qui engendre beaucoup de souffrance tant sur le lieu de travail qu'à l'extérieur de celui-ci.

Ni du calcul politique cynique et très dangereux d'Emmanuel Macron consistant à réduire les clivages politiques à une opposition entre "progressistes" et nationalistes, considérant qu'il sortira vainqueur contre l'extrême droite, ce qui revient à valoriser cette dernière comme opposante.

Ni de l'incurie de l'Union Européenne sur la non-définition d'une politique humaniste d'accueil des migrants, et sur l'absence d'une politique de relance économique consistant à financer massivement des projets créateurs d'emplois, notamment dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il n'en reste pas moins que l'enjeu premier des élections européennes du 26 mai 2019 est devenu la question de l'existence de l'Union Européenne menacée par l'extrême droite nationaliste, xénophobe et raciste.

Quelque soient ses défauts, ses fautes, l'Union Européenne doit continuer à se développer. En se transformant, oui, mais la première condition pour se transformer est d'exister.

L'Union Européenne, première puissance économique du monde, est à l'évidence le bon échelon pour pouvoir contre-balancer la puissance des Etats-Unis et de la Chine, pour ne parler que d'eux, sur les plans monétaire, financier, commercial.

Aussi, et même surtout, l'Union Européenne a permis le maintien de la paix entre les pays membres.

Il suffit de se rappeler les causes du déclenchement des deux guerres mondiales du 20ème siècle, à savoir les tensions grandissantes entre des nations non unies pour la première, et les politiques bellicistes de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste pour la seconde.

La seconde guerre mondiale intervint également dans un contexte de politiques économiques et commerciales protectionnistes tous azimuts, favorisant de fait le repli sur soi des nations.

Or, le protectionnisme nationaliste étroit est précisément le projet politique des extrêmes droites européennes, de la Ligue italienne au Rassemblement National français en passant par tous les autres.

Et la question des migrants donne d'ores et déjà un aperçu très clair de ce que deviendrait l'Europe dans ce cadre-là : Mattéo Salvini refuse tout accueil des migrants et demande à la France de les accueillir, ce que refuse Marine Le Pen.

Cette logique de tensions entre nations ayant, je le répète, conduit aux deux guerres mondiales du siècle dernier, vaudrait pour les politiques économiques et commerciales.

Comme le déclarait tout à fait à juste titre François Mitterrand à la fin de sa vie : "Le nationalisme, c'est la guerre."

L'enjeu des prochaines élections européennes est donc de battre l'extrême droite.

Et quand j'entends Jean-Luc Mélenchon, dans la droite ligne de son refus irresponsable et honteux d'appeler à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, déclarer que Mattéo Salvini et Emmanuel Macron, c'est la peste et le choléra, je dis :danger

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