TRUMP EST VIRÉ. PROCHAINE ETAPE FRANÇAISE : ÉCRASER LE PEN.

Ce samedi 7 novembre en fin d'après-midi, j'étais à Philadelphie. Et à Wilmington. Et aussi à Washington et à New York.

Par écran tv interposé.

Et bien plus encore par la pensée.

Et beaucoup plus encore par l'émotion.

J'étais avec ces américains de tous âges, de toutes couleurs de peau, de toutes orientations sexuelles. 

Ils exprimaient le soulagement de voir ce long cauchemar de quatre ans se terminer.

Ils étaient simplement heureux.

Pour tout dire, je plains quand même un peu ceux qui n'ont pas ressenti cela.

Car enfin, quelle était la nature de ce cauchemar ?

C'était un président des Etats-Unis d'Amérique, ancien et toujours potentiellement Berlusconi, devenu Mussolini, qui a passé son temps depuis la campagne électorale de 2016, à ne gouverner que pour conforter sa base électorale, à diviser les américains sur la base du racisme, à avoir des liens très solides avec les milices néo-nazies et du Ku Klux Klan, qui a continûment humilié et insulté tous ceux qui s'opposaient à lui, qui a foulé aux pieds tant des éléments que des principes de la constitution de son pays, qui a menti factuellement 22 000 fois (!!!), qui a géré de façon épouvantable et inhumaine la crise sanitaire actuelle.

Il ne lui manquait plus qu'à ne pas reconnaître sa défaite : c'est ce qu'il fait, pour la première fois dans l'Histoire de son pays.

Heureusement que la démocratie américaine a été suffisamment solide pour l'empêcher d'être totalement Benito Mussolini, durant ces quetra années, et bien sûr lors de l'élection du 3 novembre.

Car les deux faits majeurs de ce scrutin, ce sont bien la participation exceptionnellement élevée du peuple américain, et l'avance d'environ 5 millions de voix de Joe Biden.

Sa victoire est au final aussi nette qu'annoncée par les instituts de sondages, au niveau du vote national comme au niveau du nombre de grands électeurs qu'il obtiendra.

Joe Biden, dans son premier discours de président, a parfaitement dit ce qu'il fallait dire : sa présidence devra unir les Américains, à l'exact inverse de son clownesque prédécesseur.

Car le nombre de voix très élevé obtenu par ce dernier signifie selon moi fondamentalement deux choses : l'enracinement et l'exacerbation du racisme structurel qui est la plaie des Etats-Unis depuis leur création, mais aussi une aspiration à une économie créatrice d'emplois.

Cette partie-là de l'électorat de Trump doit être entendue.

Depuis mon article publié le 16 juin dernier et titré "Pascal Praud, le droitiste extrême qui n'a pas d'avis", je ne regarde plus jamais son émission "l'heure des pros", et quasiment jamais la chaîne CNews, devenue très largement le porte-voix de l'extrême droite.

Hier lundi, j' ai fait une exception pour me faire un plaisir sans mélange : celui de voir les deux chroniqueurs fachos présents ce jour-là sur le plateau, Charlotte d'Ornellas et Ivan Rioufol, complètement déconfits devant la défaite de leur leader mondial.

J'ai éprouvé le même plaisir sur la chaîne LCI, en voyant le chroniqueur politique régulièrement invité Arnaud Stephan (encore récemment très proche conseiller de Marion Marechal Le Pen) et Jean-Lin Lacapelle, membre du bureau national du Front National.

Je n'ai pas eu besoin de voir Marine Le Pen pour tripler mon plaisir.

En effet, le mardi 4 novembre matin, sur France 2, elle a déclaré que "l'élection de Donald Trump était une bonne chose pour la France", la tenant donc pour acquise avant le décompte final de tous les bulletins de vote.

Marine Le Pen avait déjà démontré son incompétence crasse lors du débat face à Emmanuel Macron.

Elle démontrait ainsi de facto son mépris profond pour la démocratie.

La suite des évènements a ridiculisé son analyse politique et électorale de l'élection présidentielle américaine.

Vers l'autre bout de l'échiquier politique français, le n° 2 de La France Insoumise, Adrien Quatennens a tenu des propos à mon sens très inquiétants au sujet de cette élection.

D'abord, interrogé la veille du vote sur sa préférence entre les deux candidats, il a répondu aucun, car mon candidat était [le démocrate socialiste] Bernie Sanders.

Oubliant que Bernie Sanders, lui, n'a pas hésité une seconde à conclure un accord politique avec Joe Biden pour battre Trump, le qualifiant tout à fait juste titre de "président des Etats-Unis le plus dangereux de l'ère moderne." 

Puis interrogé le 9 novembre pour savoir si il avait éprouvé un sentiment de joie après la défaite de Trump et la Victoire de Joe Biden, il a répondu non, et limité son appréciation négative concernant Trump à "des outrances" de sa part.

Des "outrances", pour l'équivalent de Benito Mussolini...

La défaite de Trump est la première étape, et quelle étape, de la contre-offensive mondiale contre l'extrême droite.

Notamment lors de l'élection présidentielle française de 2022, nous en franchirons une autre, en éliminant Marine Le Pen. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.