Certes, Johnny Hallyday ne payait pas les impôts qu'il aurait dû payer. Ce qui est totalement condamnable.
Certes, il a soutenu les candidats de droite à l'Elysée. Je suis de gauche.
Certes, je n'appréciais pas les mises en scènes spectaculaires de beaucoup de ses concerts. Je préfère la sobriété.
Mais, pour dire les choses comme je les ressens, aujourd'hui je m'en fous.
Né en 1960, fan à la fin de mon adolescence, très brièvement alors membre de son fan-club, resté amateur d'un certain nombre de ses chansons, ne le suivant plus depuis 25 ans, j'ai été peiné par sa disparition.
Chanteur de variétés, de ballades, et resté fidèle jusqu'au bout au rock'n'roll et au blues, interprète extraordinaire, sur disque et sur scène, de textes souvent plus profonds qu'il peut y paraître, il a comme personne d'autre réuni des publics très divers à tous points de vue, très au-delà de ses fans proprement dits.
Mes chansons préférées de ce très grand professionnel qui était, tous les témoignages concordent, quelqu'un de très humain, modeste et généreux, sont les suivantes, chronologiquement :
Frankie et Johnny, Le pénitencier, Pour nos joies et pour nos peines, Noir c'est noir, Si j'étais un charpentier, Hey Joe, Jeune homme, San Francisco, Que je t'aime, Je suis né dans la rue, Jésus Christ, Essayez, Oh ! Ma jolie Sarah, Fils de personne, Flagrant délit, L'autre moitié, La fille aux cheveux clairs, le medley rock'n'roll de la fin de son concert au Palais des Sports de Paris en 1971, La musique que j'aime, Le sorcier maudit, La prison des orphelins, La solitude, Le droit de vivre, Noêl interdit, Chanson pour Lily, Rock'n'roll man, La fille de l'été dernier, Memphis USA, La terre promise, L'histoire de Bobby McGee, Requiem pour un fou, Derrière l'amour, Joue pas de rock'n'roll pour moi, Gabrielle, Salut Charlie, La fille du square, Revoilà ma solitude, Cartes postales d'Alabama, Nashville blues, If I were a carpenter (avec Emmilou Harris), Quelque chose de Tennessee, Rock'n'roll attitude, Pendue à mon cou, L'envie, Je te promets, Laura, Dans mes nuits...on oublie, Encore, Mirador.
Sa famille a fait savoir à Marine Le Pen qu'elle ne souhaitait pas sa présence lors de la cérémonie d'hommage.
Outre que je me suis réjoui de cette décision, elle n'est pas surprenante.
Il suffit d'écouter des chansons comme par exemple La musique que j'aime, Le droit de vivre, Cartes postales d'Alabama, Le pénitencier et Mirador pour constater que Johnny Hallyday cultivait les valeurs de l'antiracisme et de l'humanisme.
La très belle journée d'hommage national rendue à l'artiste par 1 million de personnes présentes et suivie par de 15 à 20 millions de téléspectateurs en atteste : dans ses profondeurs, la France était unie avec Johnny Hallyday.
Qu'elle le reste.