Dans cet entre-deux tours des élections législatives, je n'aborderai qu'un seul point, qui correspond depuis longtemps à mon objectif politique prioritaire : la lutte contre l'extrême-droite.
Le Front National a obtenu au premier tour de ces élections 13,2% des voix. Il perd donc 8,1% par rapport aux 21,3% réalisés par Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle.
Et en l'occurrence l'argument de l'abstention passant lors de ces deux tours de scrutin de 25% à 51% ne permet pas vraiment de relativiser ce très important recul électoral de l'extrême-droite.
En effet, lors des trois élections européennes, départementales et régionales de 2014 et 2015, les résultats étaient les suivants :
- Européennes de mai 2014 : abstention de 57%, score du FN de 24%.
- Départementales de mars 2015 : abstention de 49%, score du FN de 25%.
- Régionales de décembre 2015 : abstention de 50%, score du FN de 27%.
Lors de ces scrutins intermédiaires, le Front National, dans un contexte de très forte abstention, parvenait à mobiliser son électorat bien davantage que les autres partis politiques. Il était alors en relative dynamique.
Toute autre est la situation politique aujourd'hui : le FN est actuellement sur une trajectoire descendante.
C'est si vrai qu'il est même en-dessous des 13,6% qu'il avait réalisés lors du premier tour des élections législatives de 2012.
Je ne développerai pas dans cet article les raisons qui me paraissent expliquer cette "déception extrême" comme a dû le reconnaître elle-même Marine Le Pen.
A l'exception d'une, très importante selon moi : le débat de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle.
Ce n'est pas du tout un hasard si les dirigeants du Front National veulent évacuer très vite ce sujet quand des journalistes les y ramènent.
Certes, Le Pen y a fait la démonstration involontaire de l'inanité des propositions économiques du FN.
Mais, bien plus, elle y a dévoilé, en maniant sans cesse l'agressivité, l'insulte, l'insinuation, l'invective,en arborant en quasi-permanence un rictus plein de morgue et de mépris, le véritable visage du Front National, qu'elle s'était évertuée à masquer depuis six ans.
Celui de l'extrême-droite de toujours, nationaliste, raciste et xénophobe, utilisant cyniquement des malheurs humains sans aucun respect véritable des personnes.
Dimanche, au deuxième tour des élections législatives, le Front National peut n'avoir aucun député, y compris dans la circonscription de Marine Le Pen.
Pour cela, tous les électeurs attachés à la République, à la démocratie, à la tolérance, à la fraternité, toutes opinons politiques confondues, en votant pour le candidat opposé au FN (et, dans la circonscription de l'Aube où a lieu la seule "triangulaire" de ce deuxième tour, pour le candidat le mieux à même de battre son candidat), ont entre leurs mains le barrage à l'extrême-droite pour l'Assemblée Nationale.
L'extrême-droite a un genou à terre.
Equilibrons sa position physique.