COMMUNISME : DE SA DEFINITIVE IMPRATICABILITE AU CARACTERE DEFINITIF DE SES VALEURS.

Né en 1960, militant au Mouvement de la Jeunesse Communiste de France, à l'Union des Etudiants Communistes puis au Parti Communiste Français de 1976 à 1995, ayant exercé au sein de ces organisations certaines responsabilités, je considère à aujourd'hui 58 ans avoir à la fois une expérience et un recul ne me disqualifiant pas trop pour tirer quelques enseignements de cette expérience humaine, que je ne regrette nullement.

J'ai quitté le PCF car peu à peu convaincu de l'impossibilité de la mise en œuvre du système communiste pour le progrès humain.

Convaincu par l'échec terrible de l'application de ses principes fondamentaux dans les pays concernés.

Echec sur le plan des libertés et de la démocratie : se sont installés au mieux des régimes autoritaires et policiers, au pire des régimes responsables de certains des pires crimes contre l'humanité de l'histoire, du goulag soviétique au laogai chinois.

Echec sur le plan économique : l'économie de commande n'a pas permis la création des richesses permettant la réponse aux besoins sociaux, parce qu'annihilant la créativité des individus et empêchant une meilleure correspondance de la valeur créée avec leurs propres besoins.

Echec encore plus fondamental sur le plan du respect de la nature humaine : en effet, même si on peut le regretter, la recherche individuelle d'un gain financier dans le sens de l'appât du gain, ainsi que d'une élévation dans la hiérarchie sociale fût-ce au détriment des autres, sont des invariants de l'être humain.

Au fond, c'est l'anthropologie qui a manqué et qui manque cruellement au marxisme.

C'est de son absence qu'a découlé le totalitarisme intrinsèque du système communiste.

Convaincu par l'expérience interne que j'ai vécu au sein de ces organisations politiques.

Leur fonctionnement très centralisé empêche de facto que des paroles critiques de fond y soient entendues.

Car la « ligne politique » ne peut fondamentalement pas y être remise en cause : sinon, la logique du projet politique ne tient plus.

Ce n'est pas une question d'individus : c'est une question de système de pensée.

J'ai parlé de certains invariants de la nature humaine.

Il en est d'autres.

Ainsi, l'aspiration à l'égalité, la solidarité, la fraternité, la mise en commun.

Si le marxisme a ses limites, Marx reste un penseur de tout premier plan s'agissant de l'analyse du système capitaliste et de ses tares.

La polarisation de la très grande richesse chez un tout petit nombre d'individus.

La logique purement financière des placements de capitaux au détriment de l'économie productive et des besoins sociaux.

La multiplication des travailleurs pauvres, à qui le temps de travail et/ou le salaire versé ne permettent pas de vivre correctement.

S'y ajoute la généralisation terrifiante du management importé des Etats-Unis, causant une hausse exponentielle du malheur au travail, du fait de la fixation d'objectifs impossibles à réaliser, d'une hypocrisie relationnelle voulant cacher une prise en compte très faible du facteur humain, et se traduisant par des dépressions, des burn-outs, des arrêts maladie, des suicides.

Face à ces maux, les valeurs humanistes cités plus haut au titre d'invariants humains sont portées par l'objectif de départ du communisme.

Ces valeurs ne disparaîtront jamais.

Le communisme doit absolument exister comme aiguillon. Surtout pas comme système.

Je terminerai par une citation dont le nom de l'auteur est incertain.

« Qui n'est pas communiste avant trente ans n'a pas de cœur ; qui est communiste après trente ans n'a pas d'intelligence. »

Même si celle-ci m'arrange...

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