LE PEN ET ZEMMOUR, CES DEUX VISAGES DE LA HAINE D'EXTRÊME DROITE.

La candidature de Marine Le Pen et celle très probable d'Éric Zemmour (s'il obtient les 500 parrainages d'élus) à l'élection présidentielle sont les deux faces de l'idéologie d'extrême droite en France.

Ils sont au moins autant complices que rivaux.

En effet, Marine Le Pen continue de faire des efforts visibles pour tenter d'apparaître différente de ce qu'elle est, la cheffe du parti d'extrême droite le Front National, sa démission provisoire de la présidence de son parti ne trompant personne.

Alors qu'Éric Zemmour dit largement ce qu'il pense, ce qui correspond à ce que pense Marine Le Pen mais qu'elle ne dit pas de la même manière. 

Il suffit de d'aborder la notion du "grand remplacement" pour le constater.

Ce terme a été exprimé par l'extrémiste de droite Renaud Camus en 2011 dans un livre qui porte ce titre, dans lequel il se prononce pour la re-migration des Français non blancs de peau.

Renaud Camus a été condamné en 2014 pour provocation à la haine et à la violence envers les musulmans.

Éric Zemmour reprend à son compte cette expression délirante, qui signifie l'existence d'un complot mondial visant à remplacer les populations européennes à la peau blanche par des populations ayant une autre couleur de peau.

Jordan Bardella, président par intérim du Front National et perroquet en chef de Marine Le Pen, a déclaré tout récemment que le concept le gênait quant à sa dimension complotiste, mais qu'il pointait une réalité.

En effet, sur le fond, Le Pen et Zemmour partagent la même conception de la France : celle d'un pays qui ne devrait être habité que par des Français à la peau blanche et de religion chrétienne, surtout catholique.

S'agissant de Le Pen, il suffit de faire la liste innombrable des déclarations racistes des élus du Front National publiées sur leurs comptes dans les réseaux sociaux ; sans que jamais ces propos soient suivis d'exclusions de leurs auteurs.

Et de rappeler qu'un de ses livres de chevet est "Le camp ses saints", ouvrage de l'écrivain d'extrême droite Jean Raspail paru en 1973 qui décrit une invasion migratoire détruisant la civilisation française...

S'agissant de Zemmour, déjà deux fois condamné définitivement pour provocation à la haine raciale et provocation à la haine religieuse concernant l'Islam, son obsession au sujet des prénoms le conduit à vouloir établir une loi obligeant les Français à donner des prénoms français et catholiques traditionnels à leurs enfants. Donc à établir une norme dictatoriale dans un domaine des plus intimes qui soit.

Au fond d'elle-même, la fille de Jean-Marie Le Pen en est-elle outrée ?...

Comme l'avait déclaré à juste titre la dirigeante de droite Rachida Dati au sujet de Zemmour : "à ce niveau, ça relève de la psychiatrie."

Zemmour a récemment élargi le cadre de son ignominie en reprochant aux familles juives endeuillées par l'islamo-totalitaire Mohammed Merah de ne pas avoir enterré leurs morts en France...

Les idées d'extrême droite portées par Zemmour et Le Pen repoussent toujours un peu plus loin les limites de l'abjection.

Ces deux figures du néofascisme français prônent la division haineuse entre les Français ; et donc une situation de guerre civile basée sur les couleurs de peau.

Ils seront peut-être rivaux électoraux.

Ils sont surtout les deux faces d'un piège visant à faire apparaître l'une comme moins extrémiste que l'autre.

Concernant Zemmour, un certain nombre de journalistes politiques se vautrent dans la boue en lui ouvrant en grand leurs micros et caméras.

C'est le cas depuis longtemps s'agissant de Le Pen, des dirigeants du Front National et des éditorialistes d'extrême droite pullulant sur les plateaux des chaines privées d'information en continu.

La récente décision du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel considérant Zemmour comme un candidat potentiel tombe sous le sens.

La suppression de sa présence quotidienne sur C News qui s'en est ensuivie est de salubrité publique.

Et cette misérable Christine Kelly, présentatrice de l'émission de Zemmour, qui déclare "qu'elle est en deuil" après cette décision...

Et cette lamentable Françoise Laborde, ancienne membre du CSA, qui fustige ce dernier à ce propos... 

Éric Zemmour et Marine Le Pen sont de très bonnes illustrations, poussées à l'extrême, de la chanson de Georges Brassens titrée "La ballade des gens qui sont nés quelque part".

Le peuple français, uni dans sa diversité, les remettra à leur vraie place : dans les poubelles de l'Histoire.

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