CONTRE LE FRONT NATIONAL : PLUS QUE JAMAIS, LE FRONT RÉPUBLICAIN.

Les amateurs de football et les supporters de l'équipe de France se sont réjouis du retour en sélection de Karim Benzema, un des meilleurs attaquants du monde et de l'histoire du football français.

Pas Stéphane Ravier, l'unique sénateur du Front National, (et ex-maire du 7ème secteur de Marseille battu aux élections municipales de 2020) qui a déclaré que "Karim Benzema est un français de papiers". 

Le même, participant à un débat sur une chaîne d'informations en continu, a déclaré tout récemment, parlant de Charles de Gaulle : "L'Algérie française, c'est pas passé", en référence à l'indépendance de l'Algérie décidée par ce dernier.

Marine Le Pen, sans évidemment condamner les propos de ce sénateur, a déclaré que "Karim Benzema avait des valeurs qui n'étaient pas les siennes"...

Toute la nature profonde et inchangée du Front National remonte ainsi à la surface.

Pour l'extrême droite, le fait que des arabes soient français n'est acceptable que si ils sont des citoyens de seconde zone, comme c'était le cas dans l'Algérie française.

La notion de "français de papiers" en découle ; elle est terrifiante.

En effet, de fait, elle ouvre la voie à la déchéance de nationalité pour des Français non blancs de peau.

Ce ne serait pas sans précédent.

Le régime de Vichy, entre 1940 et 1944, a procédé à 15154 déchéances de nationalité, concernant pour une large part des Français juifs.

Pour le Front National, "être" français signifie l'abandon, le rejet de toutes ses racines quand elles ne sont pas strictement hexagonales, ce qui est d'une inhumanité totale, et d'une stupidité non moins totale.

C'est Marion Maréchal Le Pen qui a déclaré récemment : "Si il y a une guerre civile en France, on la gagnera."...

Sans préciser qui est ce "on".

Mais c'est parfaitement clair : "on" sont les français blancs de peau.

Peu auparavant, une tribune de généraux factieux stigmatisait notamment les immigrés.

Celui présenté comme son rédacteur n'est autre que l'ancien chef du DPS (le département sécurité et protection), le service d'ordre du Front National, dont on ne compte plus le nombre de violences physiques qu'il a à son palmarès. 

Marine Le Pen a appelé ces généraux à la rejoindre...

Eric Zemmour, ce multi-condamné pour provocation à la haine raciale et envers les musulmans, a une heure par jour sur la la chaîne CNews à une heure de grande écoute pour déverser sa haine et ses délires s'agissant du "grand remplacement", concept d'extrême droite signifiant l'existence d'un complot mondial visant à "remplacer" les français blancs de peau par des français non blancs...

Ce concept a été exprimé par l'extrémiste de droite Renaud Camus en 2011 dans un livre qui porte ce titre, et dans lequel il se prononce pour la re-migration des Français non blancs.

Renaud Camus a été condamné en 2014 pour provocation à la haine et à la violence envers les musulmans.

Ce concept est également lié au livre de l'écrivain d'extrême droite Jean Raspail publié en 1973, "Le camp des saints", qui décrit une "invasion" migratoire détruisant la civilisation française, c'est à dire blanche dans son esprit.

Marine Le Pen a déclaré que cet ouvrage fait partie de ses livres de chevet. 

Comme toujours, des dizaines de candidats aux prochaines élections locales présentés par le Front National ont publié sur les réseaux sociaux des propos antisémites, racistes et anti-musulmans.

Comme toujours, le Front National ne les sanctionne pas.

Le climat politique devient malsain en France.   

Ce climat politique malsain s'est concrétisé quand le président Emmanuel Macron a été giflé par un extrémiste de droite aux cris de "Montjoie Saint-Denis", "A bas la macronie".

"Montjoie Saint-Denis" est en effet le cri de ralliement des royalistes d'extrême droite.

Il s'est de nouveau concrétisé par l'agression physique toute récente d'un candidat de La France Insoumise aux élections régionales en Nouvelle Aquitaine par un groupe d'extrémistes de droite.

J'en viens précisément aux élections régionales et départementales des 20 et 27 prochains.

La priorité absolue est que le Front National ne remporte aucun exécutif local.

Pour cela, l'acte politique électoral à effectuer est clair.

Premièrement, voter au premier tour pour un candidat autre que ceux présentés par le Front National et Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan.

Deuxièmement, si le résultat obtenu par le Front National lui permet d'envisager une victoire au deuxième tour, l'ensemble des partis politiques appartenant à l'arc démocratique et républicain doivent se désister en faveur du candidat en leur sein le mieux placé pour battre l'extrême droite.

Si ils devaient ne pas le faire, il appartiendra aux électeurs de ces partis de le faire d'eux-mêmes.

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