Un professeur d'histoire-géographie décapité en pleine rue par un assassin islamo-fasciste.
Parce qu'il avait dans son cours montré à ses élèves collégiens des caricatures de Mahomet parues dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo.
Samuel Paty décrit par ses élèves et ses proches comme un excellent enseignant, investi totalement dans son travail, très humain, très attentif à la réussite scolaire de tous les jeunes de ses classes.
Fils d'une professeure de français, histoire et géographie, ancien étudiant en faculté d'histoire et toujours passionné par cette discipline, j'ai été particulièrement bouleversé par cette horreur.
Ce qui est visé, c'est la formation de la totalité des élèves à la citoyenneté, à l'esprit critique, aux valeurs de la République de liberté, de tolérance.
Le but des islamo-fascistes, c'est la fin du vivre ensemble pacifique et respectueux des différences. C'est la guerre civile. C'est, dans leurs rêves les plus ultimes, l'instauration d'une théocratie dictatoriale.
Ils sont très loin de l'atteindre.
Mais ils font tout pour ébranler notre société.
Ils ne sont qu'une frange ultra-minoritaire des musulmans français ou vivant en France.
Mais ils existent.
Ils peuvent compter pour leur donner la main sur l'extrême droite française raciste et xénophobe, qui, comme après chaque attaque terroriste islamo-fasciste, fait l'amalgame entre les musulmans extrémistes et les musulmans dans leur ensemble, afin de dresser contre ces derniers les français blancs de peau.
Il n'y a qu'à voir les réactions de Marine Le Pen ou de Jean Messiha après la mort de Samuel Paty pour comprendre qu'ils rêvent, symétriquement à leurs complices islamo-fascistes, d'une guerre civile sur la base de la couleur de peau, fidèles à l'idéologie de toujours de l'extrême droite.
C'est le sens profond de la déclaration du Front National se moquant de "la politique de la bougie", en référence aux rassemblements tenus ce week-end.
Front National rejoint sur ce point par Bruno Retailleau, président du groupe des sénateurs LR.
Car le Front National, bien au-delà de l'Islam, vise tous ceux qui n'ont pas la peau blanche.
Seulement, les progrès très importants, contrairement à certaines apparences, des idées anti-racistes et des relations humaines dénuées de racisme en France depuis des décennies l'empêchent de le dire ouvertement.
Ils peuvent aussi compter, de facto, sur l'aveuglement de l'extrême gauche, trotskyste ou non, qui font leur jeu et piègent involontairement l'immense majorité des musulmans vivant en France, en refusant d'appeler un chat un chat, donc de combattre les extrémistes musulmans.
Le très bon discours d'Emmanuel Macron sur la laïcité tenu le 2 octobre dernier a bien situé les choses.
La République, toute la République, rien que la République, le respect de toutes les religions et de tous les croyants, des agnostiques et des athées dans le cadre de la laïcité, la loi supérieure à la foi.
Trois types de politiques sont à conduire simultanément.
Oui, il faut réprimer tout propos d'apologie du terrorisme, d'incitation à la haine, à la violence, au racisme, à la xénophobie.
Tous propos, d'où qu'ils viennent.
Et particulièrement sur les réseaux sociaux, devenus pour partie une poubelle de la pensée humaine.
Mais cela ne suffira pas.
Il est impératif de poursuivre, et de réprimer pour ce faire les parents d'élèves qui s'y opposent, dans l'Education Nationale laïque la formation basée sur les programmes définis, tout particulièrement s'agissant de l'enseignement de l'Histoire, de toute l'Histoire, dont celle des religions, et de l'Enseignement Moral et Civique.
Il faut contrôler les enseignements dispensés dans les établissements scolaires confessionnels, de toutes les religions.
Il faut faire bloc autour des enseignants, y compris en revalorisant substantiellement leurs salaires.
Il faut, comme le faisait Samuel Paty, faire preuve d'exigence, de tolérance, d'ouverture d'esprit, d'empathie, en misant sur l'intelligence des élèves.
Il faut amplifier et accélérer les progrès insuffisants réalisés en matière d'intégration à la société des immigrés et des Français enfants d'immigrés.
Si l'Etat fait cela, si la société française fait cela, l'avenir sera meilleur.
Je suis vigilant.
Je suis confiant.