REFLEXIONS D'UN LOSER VOLONTAIRE

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Billet de blog 22 décembre 2018

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LE JAUNE, LE ROUGE ET LE BRUN.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron, précisées par le gouvernement et votées par l'Assemblée Nationale et le Sénat en réponse à la crise des « gilets jaunes » ne sont pas négligeables.

En revanche, leur nature et leur financement posent problème.

Je passe sur la prime exceptionnelle qui ne répond pas par définition au manque de pouvoir d'achat dans la durée.

Je suis en désaccord avec la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, qui diminue les recettes de l'Etat et de la Sécurité Sociale, et qui plus est s'appliquent alors même que le chômage est élevé.

Le critère du revenu du foyer fiscal pour l'annulation de la hausse de 1,7% de la CSG et surtout pour l'augmentation significative de la prime d'activité versée par les CAF (quand le salarié la demande) est cohérent avec la logique macroniste.

D'une part, il permet ne pas mettre à contribution le patronat.

D'autre part, il déconnecte massivement l'augmentation de l'argent perçu de la rémunération du travail effectué. Argent perçu qui ne comptera pas pour la retraite des salariés concernés.

Ce précédent à cette échelle est très dangereux, car il exonère le patronat du partage des richesses créées entre les actionnaires, les patrons et les salariés.

Je comprends le raisonnement économique libéral du pouvoir : dans une situation européenne et mondiale caractérisée par des politiques économiques, à des degrés divers, uniquement libérales, l'objectif d'encourager et d'attirer des investisseurs a sa logique.

Là où ça ne va plus, c'est quand la suppression de l'ISF sur les valeurs mobilières, l'exonération annuelle de cotisations patronales de 20 milliards d'euros et notamment pour les grandes entreprises ( autour de 40 milliards cette année), la « flat tax » sur les revenus du capital sont accordées sans que la moindre contrepartie soit exigée en terme d'investissements créateurs d'emplois.

Il faut changer cela, et vite.

Par ailleurs, dans un sens, les décisions du pouvoir en réponse aux « gilets jaunes » correspondent à une dimension marquante de ce mouvement : celui-ci est en effet assez largement composé d'artisans et de patrons de TPE dont il n'est pas sûr qu'ils soient prêts, même quand ils le peuvent, à augmenter le salaire de leurs salariés.

Ce mouvement des « gilets jaunes », s'il comporte une forte dimension de gauche s'agissant de l'augmentation du SMIC, des salaires et des pensions, d'une fiscalité plus juste donc mieux répartie, en comporte une autre.

A mon avis, cette autre dimension est d'extrême droite.

Un mode d'action violent par nature : les blocages et filtrages opérées sur les rond-points et sur les autoroutes ont vu des automobilistes obligés car intimidés ou menacés d'apposer leur gilet jaune sous leur pare-brise.

Un mode d'action lourd de dangers routiers : nous en sommes quand même à 9 personnes mortes dans le cadre de ces actions.

Pour rappel, le mouvement social gigantesque de mai-juin 1968 a donné lieu à 1 mort.

Des manifestations jamais déclarées en préfectures, donc sans préparations conjointes avec les autorités, sans parcours prévus, et sans services d'ordres.

A ce sujet, je considère que la police républicaine a globalement agi avec sang-froid et retenue ; et quand je lis certains commentaires d'un article récent paru sur Médiapart parler de la « police fasciste de Macron », je me dis que leurs auteurs ne savent pas ce qu'ils disent, et sont de grands irresponsables.

Certaines demandes violentes par leur nature même ; en effet, ce rejet par principe des élus politiques, des organisations syndicales porte un nom : la démagogie populiste.

L'Histoire, et notamment celle du siècle dernier, est éclairante à ce titre : chaque fois que la violence contre la démocratie représentative s'est déchaînée, elle a abouti à des dictatures sanglantes, de l'Allemagne de Hitler à l'URSS de Staline en passant par l'Espagne de Franco et le Chili de Pinochet.

La revendication du Référendum d'Initiative Citoyenne est recevable si celui-ci se conjugue avec la démocratie représentative, et si il est encadré par la Constitution Française et situé dans le cadre des valeurs républicaines et démocratiques.

Sinon, non.

Chacun porte en lui, à des degrés infiniment divers, une dimension populaire et une dimension populacière.

Le peuple : oui. La foule : non.

Sur le plan politique, je suis affligé de voir François Ruffin, député de La France Insoumise, s'appuyer pour soutenir un « RIC » y compris révocatoire pour les élus du peuple sur Etienne Chouard, proche entre autres d'Alain Soral, figure de proue de la fachosphère.

A ce sujet, Clémentine Autain, députée de La France Insoumise, a tout dit.

Je la cite : "Je suis évidemment en phase avec la proposition pour le RIC mais j'avoue, je n'aurais pas pris en modèle Etienne Chouard. Mais sans doute suis-je trop sensible aux dérives rouge/brun."

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