POUR UNE EUROPE UNIE, DONC EN PAIX. DIMANCHE, CONTRE LE PEN : MACRON.

Je développerai prochainement mes désaccords avec Emmanuel Macron.

Bien que l'ayant déjà fait sur mon blog, et pour bien me faire comprendre, j'ai décidé, sauf situation politique exceptionnelle, et à condition qu'il n'y ait pas d'alliance de sa part avec La France Insoumise, de voter pour le Parti Communiste Français lors des prochaines élections locales (municipales en 2020, départementales et régionales en 2021).

J'en viens aux élections européennes.

Evidemment, l'Union Européenne mène une politique économique et sociale bien trop libérale et bien trop peu écologique.

Evidemment, l'Union Européenne ne défend pas suffisamment ses intérêts, ni les normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux.

Mais, selon moi, l'enjeu premier des élections européennes de dimanche prochain n'est pas là.

Il tient en une phrase : l'Europe unie et donc en paix, stop ou encore ?

Car il me parait évident que, soutenues activement par les Etats-Unis de Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine, des partis politiques européens d'extrême droite ont l'objectif de casser l'Union Européenne de l'intérieur pour en revenir à des politiques étroitement nationalistes.

Ce qui serait une hérésie économique : pour négocier d'égal à égal avec les géants que sont notamment les Etats-Unis et la Chine, il est évident que l'échelon européen est le seul pertinent. 

En réalité, ils sont les fossoyeurs des intérêts économiques de leurs pays. 

Ce qui serait une hérésie quant à la paix : si depuis 3/4 de siècle les pays de l'Union Européenne vivent sans guerre, après avoir été le point de départ des deux guerres mondiales du 20ème siècle, c'est précisément grâce à l'Union Européenne.

Elle a été crée notamment pour cela, 12 ans après la seconde guerre mondiale.

Or, le propre des partis politiques nationalistes, c'est de mettre en oeuvre des logiques non de coopération, mais d'affrontements entre les nations.

Comme le rappelait François Mitterrand à la fin de sa vie politique, "le nationalisme, c'est la guerre !".

Outre l'idéologie nationaliste agressive, les nationalistes d'extrême droite ont en commun le rejet et la haine des immigrants, particulièrement quand ils n'ont pas la peau blanche.

Dans l'Italie du ministre de l'Intérieur d'extrême droite Matteo Salvini, ce dernier créant un climat délétère en matière de racisme par ses déclarations, les agressions se multiplient à l'égard des Italiens et des étrangers à la peau noire, agressions allant jusqu'au meurtre.

Marine Le Pen est son alliée, un meeting commun les réunissant avec d'autres leaders européens d'extrême droite vient de se tenir à Milan.

Les nationalistes se targuent d'être les seuls défenseurs de leurs pays ; en fait, ils en sont les premiers traîtres quand leurs intérêts le nécessitent.

En Autriche, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, allié de Marine Le Pen, vient de devoir démissionner du gouvernement à la suite de la diffusion d'un enregistrement vidéo prouvant sa compromission avec un oligarque russe pour obtenir un soutien financier occulte à son parti d'extrême droite le FPO.

S'en est suivi le limogeage du ministre de l'Intérieur d'extrême droite, puis la démission de tous les ministres du FPO.

Les nationalistes d'extrême droite prétendent être les défenseurs des classes populaires.

Toujours en Autriche, le même FPO a décidé il y a moins d'un an, avec son partenaire de droite au gouvernement d'alors, de passer de la journée de travail de 10 heures et de la semaine de 50 heures à respectivement 12 et 60 heures.

En réalité, la preuve en est faite depuis le siècle dernier : chaque fois que l'extrême droite accède au pouvoir, elle mène une politique en faveur du capital.

Concernant le Rassemblement National, j'ai été frappé par la fréquence de montants de dons très élevés, par exemple 70 000 €, dans le cadre de la souscription lancée par ce dernier pour financer sa campagne électorale européenne.

Le RN s'est d'ailleurs félicité de la rapidité avec laquelle son objectif financier avait été atteint. 

On comprend bien comment.

Le Rassemblement National est soutenu officiellement pour cette élection par Steve Bannon, qui réside pour la dernière semaine de la campagne électorale dans un grand hôtel parisien à 2500 € la nuit.

Celui-ci est le principal idéologue de l'extrême droite américaine, principal conseiller politique du candidat, puis pendant 1 an du président des Etats-Unis Donald Trump.

Lors du congrès du Front National au mois de mars 2018, il avait déclaré à la tribune : "Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes...Portez-le comme un badge d'honneur parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s'affaiblissent".

Une enquête d'opinion parue il y a quelques jours indique une fort inquiétante évolution parmi les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon quant à leur opinion à l'égard du Rassemblement National.

En 2015, 19% considéraient le Front National comme un parti politique comme les autres ; aujourd'hui, ils sont 58%.

En 2015, 5% avaient une bonne opinion du FN ; aujourd'hui, ils sont 36%.

Le refus honteux de Jean-Luc Mélenchon d'appeler à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017 a fait son oeuvre.

On peut penser ce que l'on veut d'Emmanuel Macron.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il est un partisan résolu de l'Union Européenne.

Or, pour que celle-ci évolue positivement, la première condition est qu'elle continue à exister.

Je n'ai aucune envie de voir pour la seconde fois, après 2014, l'extrême droite arriver en tête de l'élection des députés européens français.

Dimanche, contre Le Pen : en rangs serrés derrière Macron.   

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