AVEC GERARD COLLOMB, L'EXTREME-DROITE PEUT VIOLER LA LOI.

La France a été le week-end dernier la témoin d'un événement particulièrement grave.

En effet, une centaine de militants du groupuscule d'extrême-droite Génération Identitaire, la plupart français et certains d'autres nationalités européennes, se sont institués gardes-frontières au col de l'Echelle situé dans les Hautes-Alpes à la frontière avec l'Italie.

Bien chaussés et vêtus, utilisant des raquettes, ils ont matérialisé la frontière par la pose de grillages et de filets plastiques de chantiers, et ont déployé une banderole anti-migrants.

Deux hélicoptères loués par cette organisation survolaient la zone...

Génération Identitaire se prononce ouvertement pour une Europe exclusivement blanche de peau.

Une des, sinon la figure emblématique (et ex-dirigeant) de ce groupuscule est Philippe Vardon.

Ce dernier, conseiller régional Front National de la région PACA, très proche de Marine Le Pen et de Marion Maréchal Le Pen, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour notamment incitation à la haine raciale, puis à six mois de prison ferme pour violences lors d'une rixe avec de jeunes maghrébins à Fréjus, le dimanche 30 mars, après l'élection du maire Front National David Rachline.

On n'ose imaginer ce qui aurait pu se produire si un ou quelques immigrants avaient croisé cette milice fasciste...

Les deux patrons des entreprises ayant loué les hélicoptères se sont dites flouées car n'ayant pas été informé de cette utilisation de leurs appareils, et ont condamné très fortement l'idéologie et l'action de ce groupuscule.

Cette opération est très clairement illégale, tant pour usurpation de la mission des forces de l'ordre que pour discrimination en raison de la couleur de peau et de l'origine.

Alors que ladite opération a débuté samedi midi, la préfecture des Hautes-Alpes a attendu 21 heures 16 pour se contenter "...de suivre avec attention...une action... du mouvement "Génération Identitaire"...qui a consisté à matérialiser la frontière entre la France et l'Italie...".

La représentante du ministre de l'intérieur, ministre ayant mobilisé une petite armée pour déloger des paysans pacifiques et détruire leurs habitations à Notre-Dame-des-Landes, et envoyant la police expulser les étudiants grévistes de leurs universités, a donc laissé se dérouler en toute quiétude cette provocation ultra-dangereuse de l'extrême-droite.

Comment appeler cela ? Laxisme ? Complicité objective ?

Deux des principaux dirigeants du Front National, Louis Aliot et Nicolas Bay ont salué un "coup de com' réussi"...

Gérard Collomb s'est contenté de tardivement (samedi soir) condamner "les gesticulations" de Génération Identitaire, d'annoncer des "renforts importants de policiers et de gendarmes" pour surveiller la frontière, et de tracer un signe d'égalité entre les militants d'extrême-droite  et les citoyens portant aide et assistance aux immigrants démunis de tout.

Je n'ai pas pu ne pas penser sur ce dernier point à la réaction de Donald Trump après les dramatiques événements survenus à Charlottesville, dans l'Etat de Virginie, le 12 août 2017 (une manifestante anti-raciste avait été assassinée par un militant néonazi), qui avait renvoyé dos à dos les anti-fascistes et les militants d'extrême-droite.

Il est vrai que le ministre de l'Intérieur a de fâcheux antécédents en la matière.

Il a été maire de Lyon de 2001 à 2017.

En 2010, "Rebeyne", la branche lyonnaise de Génération Identitaire, a ouvert dans cette ville un bar nommé la Traboule, un "lieu de rassemblement de tous les jeunes qui résistent à la culture globale et à la destruction de nos identités"... explique leur site internet. 

Dans ce bar, se trouvent un ciné-club pour le "combat métapolitique" et une salle de sport dédiée aux entraînements de "boxe-défense" de l'association "Lugdunum Torgnole".

On peut y voir également une photographie encadrée de Marine Le Pen dédicacée à "ses amis de la Traboule".

Ce site a déjà servi de point de départ et de refuge lors d'agressions : en effet, au moins une vingtaine d'agressions ont été recensées dans ce quartier de Lyon - des bars et des restaurants (dont des kebabs) étant régulièrement mis à sac.

Un maire peut édicter des arrêts de fermeture administrative de bars pour faire respecter l'ordre public.

Interpellé en ce sens, qui plus est, tant par Nathalie Perrin-Gilbert, maire de gauche du 1er arrondissement de Lyon, en conseil municipal, que par le Collectif 69 de vigilance contre l'extrême-droite, Gérard Collomb ne l'a jamais fait.

Pour en revenir à l'événement de ce dernier week-end, il est certain que Gérard Collomb ne peut pas ne pas avoir l'aval d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron.

A quand des ordres clairs et fermes donnés à la police républicaine contre les haineux violents de l'extrême-droite ?

 

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