Défense et promotion de la condition enseignante (alerte citoyenne)

En cette année 2014-2015, la crise morale, politique, économique que traverse le pays  a des répercussions au niveau des publics scolaires. La violence latente ou déclarée se manifeste de manière toujours plus prégnante à l’Ecole, singulièrement dans le secondaire.

                          Les personnels enseignants otages de la violence sociétale

            En cette année 2014-2015, la crise morale, politique, économique que traverse le pays  a des répercussions au niveau des publics scolaires. En l’absence de remédiation aux problèmes liés à l’échec scolaire, au chômage, aux discriminations, au discrédit croissant de la classe politique et à la montée de l’extrême-droite, la violence latente ou déclarée se manifeste de manière toujours plus prégnante à l’Ecole, singulièrement dans le secondaire. Les médias jouent un rôle de caisse de résonance, ce qui peut amplifier la perte de repères et de valeurs citoyennes.

       Les enseignants, et d’une manière générale les personnels d’éducation, subissent toujours davantage les pressions du terrain. Des cas individuels d’indiscipline et d’incivilités, l’on passe désormais à des phénomènes de groupe qui peuvent, par des démarches prédatrices concertées, conduire au rejet pur et simple d’enseignants et d’éducateurs isolés dans l’exercice professionnel et/ou fragilisés pour une raison ou une autre. Dans les établissements de banlieue, notamment dans le 93, de nombreuses équipes sont conduites à exercer leur droit de retrait ; trop souvent, c’est de « rééducation » sommaire et empirique qu’elles sont amenées à effectuer au quotidien. Les réseaux sociaux alimentent les phénomènes de communautarisation juvénile agressive ; par ailleurs, un système de délations –de communication discrète entre élèves, parents et supérieurs hiérarchiques (principal/proviseur/IPR-IA, IDEN…) à l’insu de personnels, pourtant les principaux intéressés, est de coutume. La précarité psycho-sociale est devenu ainsi un lot de plus en plus communément partagé, à un degré ou à un autre. Ces phénomènes sont renforcés par ailleurs par le peu de témoignages publics sur les difficultés professionnelles, l’évaluation portant en grande partie sur la capacité à « tenir ses classes » et à « ne pas faire de vagues ».  Pris en étau entre publics scolaires et hiérarchie administrative, certains personnels peuvent ainsi être bouc-émissairisés et subir une double peine, en termes de conditions professionnelles et de carrière. 

       En fait, les décideurs et directions des ressources humaines doivent s’adapter à une conjoncture et à un contexte socio-éducatifs devenus défavorables, et dont la gestion ne relève pas principalement des compétences et des attributions des agents sur le terrain. Loin de leur imputer la responsabilité d’éventuels problèmes en relation, l’institution doit se montrer davantage solidaire de ses personnels, qui constituent le pilier central du système éducatif. Et prendre conscience, pour sa propre gouverne, de l’importance de phénomènes socio-culturels convergents, sources de fragilisation: féminisation des corporations, massification des publics scolaires, constitution, sous l’effet de la crise socio-économico-culturelle et de réseaux sociaux, de groupes de pressions parentaux ou scolaires de type clientéliste...  Il reste en conséquence à prendre davantage en compte le dossier de la santé des personnels, par une véritable reconnaissance des risques psycho-sociaux (RPS) et de ses effets (cas de burn-out, par exemple). Un précédent intéressant est la reconnaissance rectorale de l’imputabilité au service, du suicide de Pierre Jacque[1], comme le montre le communiqué du SNES.

            Desserrer l’étau à la fois patriarcal et jeuniste/clientéliste/intégriste dans lequel sont souvent enfermés les personnels nécessite aussi de favoriser la mise en responsabilités des femmes. Une mise à parité aux différents niveaux hiérarchiques, en particulier sur le principe de la co-éducation de genre, favoriserait la lutte contre les stéréotypes sexistes et un dialogue des cultures de genre. L’actualité institutionnelle et socio-éducative manifeste des évolutions dans ce sens : mise en place de la parité au niveau de l’équipe gouvernementale, campagne inter-ministérielle pour la lutte contre les stéréotypes sexistes à l’école à partir de la maternelle. La décision prises aux assises de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) d’assurer la parité dans les équipes universitaires est une avancée dans cet ordre d’idée.

                     La réhabilitation de la condition enseignante (rapports)

      Un grand nombre de rapports officiels, qui sont autant de signaux d’alarme,  traitent de cette question ; une exploitation de leurs données et préconisations serait précieuse.

      Dans son rapport annuel pour 2010, Monique Sassier, médiatrice de l'Education nationale, indique que 12 % des réclamations des personnels étaient directement liées à l'organisation du travail et aux relations professionnelles avec la hiérarchie et les collègues. Cette catégorie de réclamations est la seule à avoir connu une augmentation très significative depuis que la médiation est entrée en vigueur : elle a crû de 15 % depuis 2000 alors que les réclamations sur le recrutement et le déroulement de carrière ont chuté de moitié sur la même période (Sassier, 2010).

         La Fédération des autonomes de solidarité laïque (FAS) a constaté également un accroissement sensible des conflits hiérarchiques, notamment dans le second degré. Son président Roger Crucq a estimé que cette tendance résulte de la conjonction d'un affaiblissement de l'esprit de corps parmi les enseignants et d'un durcissement du management des chefs d'établissement. Les conflits dans les collèges et les lycées se rapprochent de plus en plus de ceux que l'on peut observer dans les entreprises.                              

             Le rapport sénatorial de juin 2012,  Le métier d'enseignant au cœur d'une ambition émancipatrice, fait le constat de la « souffrance ordinaire » des enseignants et pointe les différents aspects de la crise du métier, comme le montre la table des matières ci-après :

A. LES MANIFESTATIONS DE LA CRISE DU MÉTIER

1. Un travail empêché et grevé de dilemmes

a) La nécessité de dépasser l'individualisation des difficultés des enseignants

b) La réalité ordinaire de la souffrance au travail : sentiment d'impuissance, pression évaluative et solitude

c) Le durcissement des dilemmes du travail

d) Des inquiétudes sur la santé des enseignants

e) Le défaut de soutien extérieur

2. Des enseignants démunis face à la difficulté scolaire

a) Une démocratisation de l'école largement inachevée

b) La nécessité d'analyser les malentendus sociocognitifs et les obstacles aux apprentissages

B. L'EXACERBATION DES CONFLITS DE TRAVAIL

  1. L'établissement scolaire, un lieu d'interactions complexes

      a) L'évolution des rapports des enseignants avec les élèves et les chefs d'établissement

     b) La prise de décision au sein des établissements scolaires

2. Des tensions plus aiguës avec la hiérarchie et les parents d'élèves

    a) L'inflation des conflits avec la hiérarchie

    b) Les incompréhensions mutuelles entre les enseignants et les parents d'élèves

« Des inquiétudes sur la santé des enseignants

C'est dans ce contexte que doivent être interprétées les différentes statistiques sur la santé des enseignants récemment parues. Ainsi, Georges Fotinos et José Mario Horenstein concluent de leur enquête sur la qualité de vie au travail dans les collèges et les lycées que :

- dans un quart des établissements scolaires, moins de 25 % des personnels jugent l'ambiance de travail favorable ;

- 28 % des personnels pensent souvent quitter leur travail auxquels s'ajoutent 16 % d'indécis ;

- 39 % estiment ne pas avoir les compétences nécessaires pour faire face à l'essentiel des problèmes de comportement des élèves.4(*)

             L’enquête réalisée en mai 2011 auprès d'un échantillon de 5 000 agents environ par le Carrefour santé social regroupant la MGEN et les fédérations syndicales de l'éducation indique que 24 % des personnels de l'éducation nationale sont en état de tension au travail et que 14 % sont en situation d'épuisement professionnel ou burn out. Par comparaison, 12 % des cadres seulement se déclarent tendus. Statistiquement, l'épuisement professionnel est plus important à l'école élémentaire et au collège, qu'en lycée général ou à l'université. » (Brigitte Gonthier-Maurin, 2012)

             Il faut signaler aussi l’étude de victimation réalisée auprès des personnels du primaire par l’Observatoire international de la violence à l’école, L’école entre bonheur et ras-le-bol. Son expertise conclut dans tous les cas à la généralisation des risques psycho-sociaux (RPS) à différentes catégories de personnels d’enseignement et d’éducation.   

           Sur la base des travaux des Etats généraux de l’insécurité à l’Ecole, pilotés par Eric Debarbieux, a été créée en 2012 la délégation ministérielle pour la prévention et la lutte contre les violences scolaires.  L’une de ses missions concerne la protection des personnels, est-elle effectivement mise en œuvre ?

          « Suivre et prévenir les agressions subies par les personnels. L’objectif est de mieux connaître les agressions subies dans les établissements en mettant en place des enquêtes régulières. Les victimes seront ainsi prises en charge dès le signalement de l’agression, suivies et accompagnées pour prévenir tous risques psychosociaux. » (Délégation ministérielle chargée de la prévention et de la sécurité en milieu scolaire, 2012)

         Enfin, l’enquête internationale de l’OCDE sur la condition enseignante en 2013 révèle qu’en France, la démarche de Refondation n’a globalement pas d’effet sur le vécu professionnel, et en matière de perspectives d’amélioration :

 « OCDE : L'urgence de valoriser les enseignants français

          Seulement 5% des enseignants français se sentent valorisés. Être professeur en France est-ce une aventure singulière ? Que pensent-ils de leur métier ? Comment l'exercent-ils ? L'enquête internationale sur l'enseignement et l'apprentissage (TALIS) interroge directement le coeur des systèmes éducatifs des pays membres de l'OCDE. Pour la première fois, la France y participe. Portant sur le vécu, les pratiques et la formation des enseignants, elle met en lumière les particularités du système éducatif français. (…) L’enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) interroge les systèmes éducatifs des pays membres de l’OCDE (en juin 2014). Elle met en lumière les particularités du système éducatif français, un an après la mise en place de la loi.

Avec une évidence : les enseignants français ne se sentent pas valorisés. [...] Il est temps de sortir les professeurs français de leur isolement. [...] Plusieurs sondages publiés récemment par le SE-UNSA et le SGEN ont montré une profonde lassitude et même un désamour ainsi qu’un rejet ferme de la hiérarchie et de l’institution scolaire. Ainsi l’étude du SE- UNSA portant sur 15 000 enseignants montre que 84 % des enseignants sont satisfaits du travail qu’ils accomplissent et 62 % s’y épanouissent. Le métier reste un « beau métier ». Mais la pression sociale pèse sur les professeurs : 84 % considèrent que l’opinion publique ne comprend pas leur travail et la moitié se sentent incompris par leur entourage. Les réformes et la hiérarchie apparaissent les deux points noirs des enseignants. 54 % estiment que le métier évolue trop rapidement et 67 % sont en désaccord avec cette évolution. C’est particulièrement net dans le premier degré avec 70 % de désaccord contre 58 % dans le second degré. Trois enseignants sur quatre (73 %) pensent que leur hiérarchie ne comprend pas leurs contraintes professionnelles et 56 % qu’elle ne les écoute pas. Là aussi la situation est pire dans le premier degré : 83% des enseignants y ont peur des inspections (54 % dans le second degré) et 79 % se sentent incompris (58 % dans le second degré). Les règles qui organisent le métier sont nettement refusées : deux enseignants sur trois sont en désaccord avec les règles d’avancement et de mutation.»[2](François Jarraud, Café pédagogique, juin 2014)          

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                          Une 2e étape nécessaire de refondation de l’Ecole

           Dans la rédaction de la loi d’orientation et de programmation (2013), l’expertise des rapports précités n’a pas été prise en compte, ce qui laisse l’impression d’une démarche conjuguée de fonctionnalisme éducationnel et de démagogie jeûniste et  clientéliste. En tout état de cause, la défense de l'intérêt des publics scolaires que revendique le texte ne doit-elle pas s'accompagner de celle de l'intégrité morale et intellectuelle des personnels qui les prennent en charge?  La "culture professionnelle commune" que les Etablissements supérieurs de professorat et d’éducation (ESPE) ont à élaborer, pourra-t-elle se développer si des pans entiers du système éducatif vivent dans la précarité psycho-sociale au quotidien? Les structures, si bien conçues soient-elles dans leur principe, risquent de fonctionner à vide si l'administration n'est pas invitée à rompre avec la logique de la « gestion des moyens humains » et à réhabiliter les modes de gouvernance et de fonctionnement. L'ambitieuse campagne de recrutement réussira-t-elle si l'attractivité des métiers n'est pas renforcée entre temps, d'autant que les conditions de salaires et les parcours de carrière -sans parler des effectifs de classe surchargés- sont bien peu avenants pour des diplômés de haut niveau?

  «  Alors que 60 000 créations de postes sont prévues, l’Education nationale peine à recruter. En cause, une dévalorisation du métier, et une machine administrative décourageante. 

    La France va-t-elle bientôt manquer de profs ? La question n’est pas aussi saugrenue qu’il y paraît. Le métier n’attire plus guère. Malgré la perspective angoissante du chômage et la publicité autour de la création de 60 000 postes, les concours de recrutement ne font pas le plein, notamment dans certaines disciplines. Au point que beaucoup craignent aujourd’hui que l’engagement si symbolique de François Hollande ne puisse finalement se concrétiser… faute de vocations. »[3]

           «  Cette autorité, dont on presse le professeur de faire preuve, faute de lui en donner les moyens, sera celle du Petit Chose au pays des grandes gueules et des malappris. Etonnez-vous après cela qu’on ne trouve plus personne pour faire ce métier de clown blanc et de souffre-douleur. (…) Quand les parents traitent les enseignants en larbins mal payés, ne soyez pas surpris que leurs enfants ne veuillent pas s’engager dans la noble carrière de l’éducation. (…) Quant aux ministres qui se succèdent rue de Grenelle à la cadence d’un relais 4 fois 100 m, ce sont de simples figurants, des professeurs Gadgets, qui n’ont qu’une idée une fois assis dans le fauteuil de Jules Ferry, le quitter sur la pointe des pieds sans anicroche majeure pour la suite de leur carrière. » [4]

            C'est dans le camp conservateur que ces questions sont peut-être actuellement le plus franchement abordées, en complément des médias: le SNALC a souscrit à une pétition intersyndicale pour la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle[5], SOS Education tente d’occuper le  terrain sur un mode réactionnaire[6]...Ce serait intéressant de relier la crise de la condition enseignante -et des personnels d'éducation de manière générale- à celle des élus et responsables politiques: le chahut dans les classes est à l’aune et à l'image de celui qui peut sévir dans la classe politique, sous les projecteurs des médias et des juges. A ce titre, c'est la colonne vertébrale du pays qui est atteinte. La crise de l’Ecole publique fait ce faisant les bonnes affaires  des officines privées. Il est à regretter que la mise en place de l’enseignement de la morale laïque et citoyenne à la rentrée 2015, quoique bienvenue, soit tardive et finalement réduite au seul cours d’histoire-géographie.

        De l’avis général, les attentats djihadistes de janvier 2015 à Paris, perpétrés par de jeunes Français des banlieues, ont constitué un point de non-retour. La réaction gouvernementale  se veut à la mesure de la crise d’intégration vécue dans les quartiers populaires et du danger de division républicaine, dans un contexte géo-politique sous le sceau de conflits guerriers en expansion. Parmi les 11 mesures de « mobilisation de l’Ecole pour les valeurs républicaines »[7], certaines concernent le combat contre tous les racismes, la réhabilitation de l’autorité des maîtres (2e mesure), la remontée des innovations et bonnes pratiques, la création d’une réserve citoyenne… Le communiqué du CAPE/Collectif de 22 associations partenaires de l'Ecole publique[8] rappelle les ressources existantes en termes d’expertises associatives et au plan humain.

        Mais force est de constater que la dynamique pour les mettre en oeuvre est peu présente. L’institution étant coutumière de prises de bonnes décisions peu ou pas mises en pratique, il convient de rester vigilants dans cette période de transition. Pour accéder à ce que  le ministère dénomme comme une « deuxième étape de refondation », il convient que la politique gouvernementale n’inverse pas causes et effets et ne conduise pas à la sanction de boucs émissaires : témoignent de ces dérives les mises à pied de personnels[9] et les interpellations de publics de banlieues[10], suite à la cérémonie d’hommages post attentats. Il convient enfin que cette mobilisation ministérielle, expurgée de tout autoritarisme également au niveau de l’encadrement intermédiaire, soit effectivement relayée au niveau des personnels et des publics.

           Concernant l’un des éléments constitutifs de la 2e mesure, la restauration de la condition enseignante, («Tout comportement mettant en cause les valeurs de la République ou l’autorité du maître fera l’objet d’un signalement systématique au directeur d’école ou au chef d’établissement, d’un dialogue éducatif associant les parents d’élèves et, le cas échéant, d’une sanction. Aucun incident ne sera laissé sans suite.»), une véritable application passe par un travail de solidarité avec les minorités -de plus en plus importantes- qui subissent frontalement les effets pervers du système. D’une manière plus générale, le débat sur  les suites à donner au vote de la loi de 2013 doit travailler à l’amélioration –en termes de démocratisation- des relations des personnels avec l'administration, la hiérarchie dans son ensemble (incluant le monde universitaire) et les publics. Cette dynamique de groupe institutionnelle apparaît comme une condition nécessaire à un authentique changement de paradigme. A contrario d’une démarche corporatiste ou anti-pédagogiste, il s’agit pour le monde intellectuel qu’est le monde enseignant, de reprendre l’initiative sur le terrain des idées progressistes et de la création socio-éducative.

       « Le métier de professeur est un métier de conception, non de simple exécution qu’il faut pouvoir s’interroger, évoluer, se mettre en question, innover, partager avec d’autres ses expériences, ses interrogations, ses réussites aussi» (Vincent Peillon, 2013, p 85-143)

        « Votre rapporteure appuie la démarche de la médiatrice de l'Education nationale qui souhaite encourager le développement d'une culture nouvelle des rapports humains au sein du monde de l'éducation. Il est temps qu'au niveau des rectorats, dont les responsabilités n'ont cessé de s'accroître, soit mise en place une politique de gestion des ressources humaines moderne et humaine, au-delà de la simple gestion administrative des postes et des emplois du temps. » (Brigitte Gonthier-Maurin, 2012)

           Apprendre la médiation au sein des établissements scolaires et mieux  former les médiateurs académiques

         L’Education nationale manque de médiateurs compétents à même de résoudre les conflits qu’ils soient conflits de personnes ou de valeurs, qu’ils se situent entre les élèves eux même, entre les élèves et les enseignants, entre les parents et les enseignants, entre les  enseignants et les  corps intermédiaires (chefs d’établissement, IPR, IEN, DSDEN, DRH).Ces médiations en interne seraient très utiles pour améliorer le climat scolaire et les conditions de travail  de tous  et éviteraient  nombreuses  situations de blocage et de non retour  qui  nécessitent aujourd’hui  le recours à la médecine, à la justice ou à la police. La médiation qui postule l’intercession d’un tiers  assurerait même une certaine cohésion, et participerait  ainsi à la structuration de l’espace de l’école  dans la mesure  où elle mobilise et construit des repères communs.

        Pour apprendre la médiation sur le terrain, l’Education nationale doit s’ouvrir à des savoir- faire extérieurs. Citons ceux du pôle «  Violences et discrimination et santé » de la Ligue Française pour la Santé  Mentale et leur  formation sentinelle  ou encore ceux de Générations médiateurs.

        Les médiateurs académiques ne semblent pas avoir toujours reçu de formation adéquate et se voient souvent recrutés parmi d’anciens chefs d’établissement à la retraite, tentés d’euphémiser les conflits du travail. Or, il s’agit aujourd’hui d’un métier à part entière qui nécessite une autonomie et pour lequel le CNAM par exemple  dispense  des formations et délivre des certifications[11].

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Mesures de remédiation à défendre/adopter en urgence

               Il serait intéressant d'étendre le plan anti-harcèlement (actuellement traité au niveau des élèves) à la question des relations entre publics et enseignants et personnels d’éducation. La campagne contre le harcèlement à l'Ecole, à l’initiative de la Délégation à la prévention de la violence scolaire[12]  fait apparaître pour l’instant peu d’éléments concrets concernant la protection des personnels.         

         Il serait mobilisateur d’organiser et de publier une enquête de terrain sur les conditions d’exercice du métier, spécialement dans le secondaire : questionnaire sur les relations avec l’administration et les publics scolaires (parents et enfants), sur les degrés et manifestations d’incivilités, sur la nature des risques psycho-sociaux (RPS) éventuellement subis …

      Une situation spécifique à prendre en compte est celle des stagiaires : quel est le taux d’échecs et de démissions au regard des RPS ?  Asseoir une autorité professorale est-elle assurée dans cette tranche d’âge ? La connaissance de ces informations est de la plus haute importance pour qu’une aide d’envergure soit proposée à des jeunes collègues, souvent confrontés à un milieu hostile en début de carrière.

       Ajoutés aux rapports d’experts précités, les résultats seraient à prendre en compte pour la recherche de solutions à apporter à ce problème de société. Parmi les préconisations relevées dans les rapports ou dans un cadre syndical et associatif,  les suivantes présentent un intérêt certain. Concernant la gestion des RPS et la protection des personnels :

-           strict respect de la 2e mesure de "la mobilisation de l'Ecole autour des valeurs républicaines" (dispositif ministériel du 22 janvier 2015), concernant la restauration de l’autorité des enseignants, dans tous les établissements (et pas seulement dans les établissements de banlieue).[13]

-          Non prise en compte de la gestion des incivilités (« indiscipline ») dans l’évaluation des personnels (arrêt de la double peine)

-          Arrêt du système de délations/communication entre élèves, parents et supérieurs hiérarchiques (principal/proviseur/IPR-IA, IDEN…) à l’insu des enseignants

-           Intégration à l’Éducation nationale du dispositif concernant la souffrance au travail et le harcèlement moral (créé pour les entreprises telles Telecom...) ;

-          Prise en compte du burn-out comme maladie professionnelle www.appel-burnout.fr

-          Mise en place de groupes de parole indépendants de l’administration et nomination de médiateurs scolaires (au niveau de la vie scolaire), dans les établissements difficiles

-          Mise en place au niveau syndical de créneaux téléphoniques pour les personnels sujets aux RPS

-          Renforcement au niveau des DRH rectorales de la politique de reconversion des personnels, dite « 2e carrière » ;

-          Création d’une juridiction académique paritaire (avec représentation des syndicats et des associations de parents d’élèves) qui statue sur les cas graves, de récidive ou de harcèlement moral. Sous les formes suivantes : signalement des élèves et/ou des parents responsables. En cas de récidive parentale, suppression – temporaire ou durable selon le cas – des allocations familiales et/ou d’autres droits sociaux relatifs à la scolarité de l’élève concerné.

-          Mise en place d’une juridiction interne qui statue sur les manquements et abus des directions et administratifs

-          Renforcement de la formation, de l’autonomie et des prérogatives des médiations académiques

Concernant la promotion des personnels enseignants et d’éducation

- favoriser la mise en responsabilités des femmes, dans la perspective d’une mise à parité progressive aux différents niveaux hiérarchiques

-faire remonter, via les IDEN/IPR-IA et responsables rectoraux et académiques, les initiatives innovantes – expériences de terrain, requêtes et suggestions des personnels

- Transparence et contrôle des décisions de la hiérarchie concernant les démarches de cooptation : attribution d’une mission au niveau académique, d’une recherche-formation, d’un stage de formation continue, nomination de professeurs formateurs académiques associés aux ESPE….Création d’une instance paritaire où soit garantie l’égalité des chances de promotion et de mise en responsabilité, sans discrimination liée au sexe, à l’origine, à la discipline... Cela par l’établissement d’une grille de critères objectifs en matière de cooptation, par des appels d’offres publics en fonction des besoins institutionnels et par l’encouragement de candidatures spontanées, effectuées en fonction d’une motivation légitime et de mérites acquis personnellement.

- Publication d’une grille de critères objectifs, concernant la promotion à la hors classe. Entre autres critères à prendre en compte : les diplômes universitaires au titre de la culture générale et disciplinaire (par exemple les thèses de doctorat) ; les travaux de recherche didactique (recherche-formation, animation de stages...) au titre des prospectives socio-éducatives et/ou de la mise en œuvre de la politique éducative ; les activités pédagogiques périscolaires au titre de l’ouverture de l’école sur la société ; les activités associatives, de l’ordre de la militance éducative et pédagogique, au titre de la coopération entre école et monde associatif...

……………………. 

Bibliographie
Cour des Comptes (2013), Gérer les enseignants autrement
Devineau Sophie, Le Genre à l’école  des enseignantes.  Embûches de la mixité  et leviers de la parité ( Éditions L’Harmattan) 2012
Force Ouvrière, Communiqué du défenseur syndical FO de Jacques RISSO (annexe 2)
Langeois Christian (15-1er-2013) La fonction féministe de l’école à l’épreuve (L’humanité)
Lettre ouverte d’une enseignante d’Albi (6 juillet 2014), annexe 1
Marianne (hebdomadaire), L’école en échec scolaire (dossier), (n° 921, du 12 au 18 décembre 2014)  
Ministère de l’Education nationale (22-05-2013), Rapport de la Cour des comptes "Gérer les enseignants autrement » (communiqué)
Sgen-CFDT (2013), Gouvernance,  un enjeu pour la refondation de l’Ecole (rapport)

Sitographie
Autonome de solidarité (2012), Le droit de grève souvent opposé au droit de retrait  http://www.autonome-solidarite.fr/articles/droit-de-retrait
Boudet Martine- Saint-Luc Florence (collectif), avant-propos de Philippe Meirieu, Le système éducatif à l’heure de la société de la connaissance (PUM, 2014) http://w3.pum.univ-tlse2.fr/~Le-systeme-educatif-a-l-heure-de~.html
Délégation ministérielle chargée de la prévention et de la sécurité en milieu scolaire (2012) http://www.gouvernement.fr/gouvernement/installation-de-la-delegation-ministerielle-chargee-de-la-prevention-et-de-la-securite-
Dépêche du midi (14 07 2014),Fabienne Terral, l'institutrice poignardée à mort, recevra la Légion d'honneur  http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/14/1918181-fabienne-terral-institutrice-poignardee-mort-recevra-legion-honneur.html
Frackowiak Pierre (2013), Refondation : des erreurs qui pourraient être fatales  http://www.meirieu.com/FORUM/fracko_erreurs_fat.pdf
Frackowiak Pierre (2012), Désintoxiquer pour refonder 
http://www.adeppr.org/blog/desintoxiquer-pour-refonder-l-ecole-par-pierre-frackowiak.html?version=desktop
Frackowiak Pierre(2015), Les inspecteurs à la dérive? http://www.meirieu.com/FORUM/frackowiak_derive.pdf
Frackowiak Pierre (2015), Je plains les professeursd’écolehttp://www.meirieu.com/FORUM/fracko_je_plains_les_profs.pdf
Frackowiak Pierre , Philippe Meirieu Philippe, L'Education peut-elle être encore au coeur d'un projet de société ? (Ed de l’Aube, 2008)
Gonthier-Maurin Brigitte (2012),  Le métier d'enseignant au coeur d'une ambition émancipatrice http://www.senat.fr/rap/r11-601/r11-601_mono.html (rapport sénatorial)
Jarraud François, « L'urgence de valoriser les enseignants français », Café pédagogique, juin 2014. http://www.prisme-asso.org/spip.php?article8811)
Meirieu Philippe, L’urgence de la construction du collectif à l’École (chronique parue dans Le Café pédagogique du 6 mars 2015) http://www.meirieu.com/ACTUALITE/CHRO_CAFE_PEDA_12.pdf
Meirieu Philippe, Forum et contributions (site) http://www.meirieu.com/FORUM/forumsommaire.htm
Ministère de l’Education nationale (9-7-2013), Loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République (Journal officiel)
http://www.education.gouv.fr/cid72962/publication-de-la-loi-d-orientation-et-de-programmation-pour-la-refondation-de-l-ecole.html
Observatoire international de la violence à l’école (Debarbieux Éric), L’École entre bonheur et ras-le-bol, 2012.  http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2012/135_10.aspx
Réseau des Enseignants du Primaire en Résistance (13 3 2013), M. le ministre, 380 000 Professeurs des Ecoles souhaitent aussi réussir la REFONDATION de l'école. Ne la faites pas sans eux !
http://resistancepedagogique.org/site/articles.php?lng=fr&pg=676
Sassier Monique, Les Risques du métier, rapport de la médiation de l’Éducation nationale, 2012. http://www.lesrisquesdumetier.fr/articles/monique-sassier-mediateur-de-l-educationnationale?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lrd
www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000319/0000.pdf
SNALC-FGAF, « Reconnaissance du syndrome d’épuisement», 2014. http://www.snalc.fr/national/article/366/

 SNES, Le suicide de Pierre Jacque reconnu comme imputable au service une reconnaissance essentielle (jeudi 12 juin 2014),  http://www.snes.edu/Le-Rectorat-d-Aix-Marseille.html
SOS Education,  La vérité sur la souffrance des professeurs
http://www.soseducation.org/publications/publications_ebook_souffrance_profs.php
SOS fonctionnaire victime, http://sos-fonctionnaire-victime.com/

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Annexe 1 :

    Lettre ouverte d’une enseignante d’Albi ( 6 juillet 2014)   

     Monsieur le Président de la République

      Monsieur le Ministre de l’Education Nationale

      Madame la Rectrice de l’Académie de Toulouse

      Madame la Directrice des Services Départementaux

     de l’Education Nationale du Tarn

      Madame l’Inspectrice de l’Education Nationale d’Albi

     Albi, le 5 juillet 2014

     Mesdames, Messieurs,

     Ce matin je me suis réveillée avec une sensation de vide au creux de l’estomac. Pas le vide qui fait habituellement suite à l’agitation d’une fin d’année scolaire. Pas non plus le vide qui laisse plus tard la place au repos bien mérité des vacances. Mais le vide de l’incompréhension d’un acte fou, le vide de la douleur face à l’atroce, et le vide d’une question qui restera à jamais sans réponse  : « Pourquoi ? ».

     Comment a-t-on pu laisser les violences faites aux enseignants s’installer au sein même de nos écoles ? Qui a donné le droit aux parents d’élèves de nous demander, de façon condescendante voire agressive, des comptes sur nos méthodes pédagogiques, sur le cadeau de la fête des mères ou encore sur la sortie de fin d’année ? Qui les a autorisés à nous lancer des remarques assassines en réponses aux commentaires que nous nous permettons de faire concernant le travail, le comportement ou encore la santé de leurs enfants ? Qui a rendu possibles les insultes, les menaces ou les bousculades supportées par les enseignants au détour d’un couloir ? Qu’est-ce qui a permis de rendre envisageable dans l’esprit d’une mère le projet de poignarder la maîtresse de sa fille, en classe et en présence de ses élèves, parce que celle-ci était préoccupée par les retards et donc la bonne scolarisation de son enfant ?

     Le fait que ce cas soit, fort heureusement, isolé ne diminue pour autant pas le degré surréaliste d’horreur de ce drame ; et ce qui, ce matin, me donne envie de pleurer, c’est que la sonnette d’alarme est tirée depuis bien longtemps. Les agressions d’enseignants deviennent monnaie courante tandis que leurs remontées au sein de notre hiérarchie demeurent, quant à elles, sans suite, si ce n’est cet éventuel et judicieux conseil : « Participez au mouvement et changez donc d’école ! ».

     A quel moment un métier, une profession qui étaient sacralisés il y a encore moins d’un siècle ont-ils pu devenir à ce point dénigrés depuis lors ? Qui a mis dans l’inconscient populaire l’idée que le corps enseignant n’était constitué que de grévistes râleurs et fainéants toujours en vacances ? Comment est-il possible que nous, enseignants, soyons à ce point détestés et ce malgré le temps que nous donnons, les efforts que nous faisons et le travail que nous réalisons afin d’aider nos élèves, leurs familles et la collectivité ? Pourquoi le lien social que nous nous appliquons à tisser entre l’école et les familles n’est-il toujours pas reconnu à sa juste valeur ? Pourquoi les relations entre l’école, les services sociaux, et les services de soins ne semblent pas toujours fonctionner, dans l’intérêt des enfants, de façon optimale ? Ce sont d’ailleurs ces mêmes services qui, notamment pour des raisons budgétaires, en fermant les yeux sur des faits très préoccupants ou encore en passant sous silence certaines informations, créent par omission des situations dangereuses tant pour les enfants que pour les enseignants. A partir de quand les pouvoirs publics vont-ils enfin se décider à prendre leurs responsabilités et à faire ce que nous autres, enseignants, leur demandons simplement depuis tant d’années : être non plus entendus mais écoutés.

    Aujourd’hui, je pleure avant tout le décès d’une collègue dans l’exercice de ses fonctions. Je pleure également ces deux petites filles et ce mari qui se sont réveillés ce matin, comme moi, avec ce vide au creux de l’estomac ; ce vide qui, eux, les suivra toute leur vie. Je pleure enfin la société dans laquelle nous vivons, et dans laquelle nos enfants vont grandir. Cette société française - berceau des droits de l’Homme, de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité - qui a laissé, depuis trop ; longtemps, monter en puissance les injustices, les inégalités sociales et les violences quotidiennes.

     http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/14/1918181-fabienne-terral-institutrice-poignardee-mort-recevra-legion-honneur.html

 

Annexe 2 : Communiqué du défenseur syndical FO de Jacques RISSO

Le 11 septembre 2014, le Juge des référés du Tribunal Administratif de Nîmes a ordonné :

- la décision d’affectation de M. Jacques Risso en qualité d’enseignant adjoint pour l’année scolaire 2014-2015 est suspendue,

-  il est enjoint au recteur de l’académie d’Aix-Marseille d’affecter M. Jacques Risso, à titre provisoire, dans un délai de 15 jours, sur le poste de directeur d’école (qu’ilétait en droit d’obtenir à la 2ème phase du mouvement).

Rappelons qu’au mépris de l’engagement pris le 29 janvier 2014 devant les 3 secrétaires départementaux des syndicats SNUDI-FO, SNUipp-FSU et SE-UNSA et en présence de la Directrice Académique adjointe,  le Directeur Académique, Monsieur Dominique BECK, a poursuivi son incompréhensible acharnement contre notre collègue Jacques RISSO.

Alors que le protocole d’accord conclu le 29 janvier 2014 entre Jacques RISSO et M. BECK devait mettre fin à la procédure disciplinaire engagée, le Directeur Académique lui a d’abord infligé la sanction du blâme, sanction contre laquelle Jacques RISSO a déposé un recours devant le Tribunal Administratif de Nîmes, recours en cours d’instruction.

Ensuite, le Directeur Académique a refusé à Jacques RISSO l’accès à la Hors Classe des Professeurs des écoles. Le ministère a désavoué ce refus et a accordé une promotion supplémentaire au département pour Jacques RISSO qui a donc obtenu sa promotion.

Bien que désavoué par le ministère dans son refus de promouvoir Jacques RISSO, le Directeur Académique a décidé, sans respecter les règles les plus élémentaires de mutation, de le chasser de son poste et de lui interdire l’accès à toute direction d’école.

Le Directeur Académique a d’abord tenté de l’affecter arbitrairement à la première phase du mouvement à titre définitif sur un poste d’adjoint en lui attribuant d’office des « vœux » géographiques. Le Directeur Académique a finalement renoncé face au refus unanime des élus du personnel et à la menace d’un appel à la mobilisation contre cet acte d’un arbitraire absolu.

Pour sortir de cette situation insupportable, Jacques RISSO a  accepté de participer à la 2ème phase du mouvement, en renonçant, dans une volonté d’apaisement, à formuler des vœux sur les 2 postes vacants de directeur et d’adjoint de l’école de Rustrel.

Contraint comme tous les collègues de formuler 30 vœux à cette 2ème phase, Jacques RISSO avait demandé en premier des postes de direction et il était certain d’en obtenir un compte tenu de son barème.

Bafouant les règles de mutation, le Directeur Académique lui a refusé l’accès à tous les postes de direction alors que son barème lui permettait d’accéder à son premier vœu.

La Justice vient de statuer ce 11 septembre 2014 sur le recours en référé déposé par Jacques RISSO contre son affectation arbitraire sur un poste d’adjoint et pour obtenir le poste de directeur qui lui revient en application des règles du mouvement.

Jacques RISSO est donc rétabli à titre provisoire et dans l’attente du jugement sur le fond dans son emploi de Directeur.

 Cette décision de justice non seulement rétablit Jacques RISSO dans son droit et son honneur, mais elle atteste qu’il ne faut jamais se résigner à l’arbitraire et ne jamais accepter que l’Etat de droit soit bafoué.

Le combat continue jusqu’à ce que Jacques obtienne totale réparation des préjudices qu’il a subis.

Avignon, le 11 septembre 2014 - 22h

Chantal Fassier  


[1] http://www.snes.edu/Le-Rectorat-d-Aix-Marseille.html

 SNES, Le suicide de Pierre Jacque reconnu comme imputable au service une reconnaissance essentielle (jeudi 12 juin 2014)

Le Recteur a décidé de suivre l’avis donné le 3 juin par la commission de réforme. Composée de médecins, de représentants de l’employeur et des élus des personnels sous l’autorité de la Préfecture, elle s’était prononcée comme favorable à cette reconnaissance. Le travail d’enquête conduit par le CHSCT Académique avait en effet permis de montrer les déterminants liés au travail dans ce geste tragique, ainsi que les carences de l’administration dans l’accompagnement des personnels et les moyens dévolus à la médecine de prévention.Cette reconnaissance, essentielle pour la famille, constitue aussi une étape importante, pour les personnels confrontés à la réforme STI2D, pour l’ensemble des collègues qui trouvent là un précédent concernant la reconnaissance des risques psychosociaux liés au métier. La santé au travail est un enjeu majeur que l’Éducation Nationale devra désormais traiter avec sérieux.

[2] http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2014/06/25062014Article635392908675861819.aspx

[3]  Véronique Soulié, Rentrée : les nouveaux profs manquent à l’appel (Libération, 1er septembre 2014)
http://www.liberation.fr/societe/2014/09/01/rentree-les-nouveauxs-profs-manquent-a-l-appel_109173

[4] Jacques Juillard, Achevons le mammouth, éditorial de Marianne, p 8, (n° 921, 12 au 18 décembre 2014)

[5] http://www.appel-burnout.fr/

[6] http://www.soseducation.org/publications/publications_ebook_souffrance_profs.php

[7] Ministère de l’Education nationale (22 1er 2015), Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République http://www.education.gouv.fr/cid85382/grande-mobilisation-de-l-ecole-pour-les-valeurs-de-la-republique.html

[8] CAPE/ Collectif des Associations Partenaires de l’Ecole publique, (26-1er-2015) Refonder l’Ecole sur les valeurs de la République : les associations membres du CAPE s’engagent, http://www.icem-pedagogie-freinet.org/book/export/html/43102

[9] http://france3-regions.francetvinfo.fr/poitou-charentes/2015/02/26/jf-chazerans-place-en-garde-vue-pour-apologie-du-terrorisme-663457.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Education/n/Contenus/Articles/2015/01/24/Le-rectorat-suspend-le-prof-et-saisit-la-justice-2197590

Pétition initiée par le SNES et relayée par d’autres syndicats http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2015N47300

[10] Déclaration du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France)http://www.islamophobie.net/articles/2015/01/28/ahmed-huit-ans-apologie-acte-terrorisme

Pétition à l’initiative du CCIF http://www.islamophobie.net/articles/2015/02/07/ahmed-8-ans-petition-ccif

Ccif | 23/02/15, Les dérives multiples de l’Education Nationale à l’égard de nos enfants http://www.islamophobie.net/articles/2015/02/23/les-d%C3%A9rives-multiples-de-l%E2%80%99education-nationale-l%E2%80%99egard-de-nos-enfants-islamophobie

[11] http://cnam-developpement.cnam.fr/management-gestion/pratiques-de-mediation-coaching/certificat-de-competence-pratiques-de-mediation-249634.kjs

[12] http://www.vousnousils.fr/2013/02/27/vincent-peillon-la-violence-ne-doit-pas-nous-dicter-son-tempo-543242

http://www.vousnousils.fr/2012/01/24/harcelement-a-lecole-il-faut-en-finir-avec-la-honte-et-en-parler-sans-tabou-520434

http://multimedia.education.gouv.fr/2013_climat_scolaire_dossier_presentation/#/26/

[13] http://www.education.gouv.fr/cid85644/onze-mesures-pour-un-grande-mobilisation-de-l-ecole-pour-les-valeurs-de-la-republique.html#Mesure_2%20:%20R%C3%A9tablir%20l%27autorit%C3%A9%20des%20ma%C3%AEtres%20et%20les%20rites%20r%C3%A9publicains

« Tout comportement mettant en cause les valeurs de la République ou l’autorité du maître fera l’objet d’un signalement systématique au directeur d’école ou au chef d’établissement, d’un dialogue éducatif associant les parents d’élèves et, le cas échéant, d’une sanction. Aucun incident ne sera laissé sans suite. »

 

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