La place des langues-cultures au collège et dans le système éducatif

Le débat programmatique sur la réforme des collèges se concentre sur l’enseignement des langues et de l’histoire, autant de disciplines porteuses de repères et de valeurs à caractère culturel et patrimonial. Quelle place accorder aux langues anciennes (latin et grec), régionales (occitan, breton…), européennes (allemand…), de l’immigration (arabe) dans notre système éducatif ? Notamment au regard de celle du français et de l’anglais, dans la société de la communication mondialisée qui est devenue la nôtre.  

Le débat programmatique sur la réforme des collèges se concentre sur l’enseignement des langues et de l’histoire, autant de disciplines porteuses de repères et de valeurs à caractère culturel et patrimonial. Quelle place accorder aux langues anciennes (latin et grec), régionales (occitan, breton…), européennes (allemand…), de l’immigration (arabe) dans notre système éducatif ? Notamment au regard de celle du français et de l’anglais, dans la société de la communication mondialisée qui est devenue la nôtre.  

I- Le débat entre disciplinaires et éducateurs

Les négociations en cours révèlent  les champs de force idéologiques existants et la nécessité des équilibrages [1]. Par-delà les postures et les caricatures, par-delà le dialogue de sourds entre « élitisme conservateur» et « égalitarisme démagogique», la possibilité existe de sortir des exclusives et de respecter les prérogatives et le territoire symbolique de l’autre.  En fait, il s’agit tout simplement d’appliquer les principes du socle, devenu ternaire à la faveur de la loi de refondation (2013) avec l’ajout, aux compétences et savoirs, du concept de culture.[2]

Dans la première mouture du texte de réforme, les langues anciennes, latin et grec, ne devaient plus être une option, perspective qui a fait craindre leur disparition à des associations d'enseignants[3]. Il est prévu qu’elles soient enseignées via un Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) « Langues et cultures de l'Antiquité ». L'accès au latin sous cette forme serait offert à tous les collégiens à partir de la cinquième. Est ajouté, à la demande des défenseurs des langues anciennes, un enseignement optionnel de la langue proprement dite, d'une heure en cinquième et de deux heures en quatrième et en troisième.[4] Cela suffit-il?

Concernant la place des langues européennes, l’aspiration au plurilinguisme s’explique au regard de la domination culturelle de l’anglo-américain, langue du business et de la technoscience, qui pourrait être renforcée par un usage immodéré des TICE. « Ce que craint par dessus tout Régis Debray ? "Une école qui reproduirait les vices et les automatismes du monde extérieur: zapping, surfing cocooning, packaging, marketing et qui ferait de l'élève un client." Pour lui, il faut apprendre aux élèves à juger par eux-mêmes. L'apprentissage de l'intelligence, de l'esprit critique par ce qu'on a longtemps appelé "les humanités". Avec moins d'allemand, l'homme qui a écrit Éloge des frontières a peur aussi que cela débouche sur "le tout anglais qui va avec le tout économique", une sorte de monoculture. »[5]

La diversité souhaitée de l’offre en matière de langues européennes correspond au statut géo-historique de la France. Les associations disciplinaires ont raison de faire connaître au ministère  les demandes spécifiques des publics dans les régions frontalières (demandes de dérogations concernant le maintien de classes bi-langues). L’enseignement de l’allemand ne saurait non plus être dissocié de la tradition du « couple franco-allemand », qui joue un rôle objectif pour le maintien de la paix à l’échelle de l’UE. La question d’une parité horaire d’enseignement linguistique des deux côtés du Rhin a été évoquée.

Une même aspiration à la diversité motive les défenseurs des langues régionales, dont le statut est encore trop occulté dans le débat national. Comme l’écrit la FLAREP (Fédération pour les Langues Régionales dans l’Enseignement Public), il y a de quoi être soucieux « que le texte de la Ministre ne défasse pas ce que la Loi de juillet 2013 – la loi sur la refondation de l’école de Vincent Peillon- avait enfin consacré : la place des langues régionales dans l’École de la République »[6]. Occitan, catalan, basque, breton, corse, alsacien, créole…autant de richesses, souvent transfrontalières également, qu’il serait aberrant de reléguer une nouvelle fois, cette gestion technocratique rejoignant les tenants d’une ère jacobine devenue anachronique. Il serait judicieux, notamment, d’étendre aux langues régionales les dispositifs négociés pour les langues européennes dès la 6ème[7].

N’est-ce pas une bonne occasion de discuter  du statut des langues de l’immigration à l’Ecole, et principalement de l’arabe ?[8] Dans la mesure où l’arabe est une langue internationale, la 5e langue parlée dans le monde, pourquoi est-il si peu enseigné ? Dans le même temps, le chinois se taille la part du lion au fur et à mesure de l’expansion économique de son pays d’origine et de ses partenariats à l’étranger. « L’esprit du 11 janvier », né après les attentats parisiens, ne doit-il pas se manifester par une politique scolaire inclusive? Si la transmission des langues régionales intéresse les territoires, notamment ruraux et extra-métropolitains (voir le statut du créole dans les Antilles françaises et à la Réunion), celle de l’arabe concerne surtout les banlieues et quartiers populaires, dont le mal-être identitaire est désormais reconnu. C’est l’une des principales préconisations des rapports sur la refondation de la politique d’intégration[9]. La promotion au ministère de Najat Belkacem, d’origine marocaine, incite à une évolution de cet ordre à l’échelle collective. Ce serait un bon contrepoids au dispositif des lois sécuritaires qui mettent en scène les ministères régaliens veillant au respect de l’ordre. Face à la montée des conflits armés aux portes de l’Europe et à celle des forces xénophobes et discriminatrices dans le pays, l’Education nationale doit affirmer davantage son rôle, celui d’une force d’intégration. 

A rebours d’une « identité nationale » étroite car ethnocentrée, c’est un rayonnement culturel à faisceau multiple que la réforme des collèges gagnerait à porter. Ce n’est pas un hasard si l’une des polémiques porte sur la proportion des éléments nationaux et internationaux, -liés aux relations Nord-Sud- listés dans les programmes d’histoire[10]. Quelle place respective octroyer à l’enseignement des religions du Livre dont l’Islam, de l’esclavage et de la philosophie des Lumières…? L’Ecole se doit d’harmoniser les relations inter-communautaires, telles que tissées par une histoire mêlée de conquêtes, de colonisations et migrations.

Occasion également de faire un point sur le statut du FLE-FLS dans la sphère du français, langue de l’unité républicaine. La récente promotion de cette composante, par la création d’une option FLE au CAPES de Lettres modernes (2013), est à saluer[11].  Cela participe d’une réflexion inter-didactique d’avenir, qui articule les apprentissages linguistiques et culturelles. La prospective du français en tant que langue-culture et de ses composantes corporatives que sont les Lettres classiques et modernes, est engagée. « Chaque discipline a sa filière d'excellence. Quand on attaque la mère, je crains pour la fille. La mère, c'est le latin» dit Régis Debray. En cas d’affaiblissement de la composante ancienne, le risque existe d’un appauvrissement disciplinaire, sachant que de nombreuses spécialités des Lettres modernes - littérature comparée, sciences du langage, littérature francophone …- sont peu valorisées institutionnellement. Un investissement dans l’avenir du FLE-FLS et de la littérature francophone entre autres favoriserait un  rééquilibrage, par un effet de compensation et de pondération.

II- Un socle ternaire à valoriser, compétences-savoirs-culture(s)

Ce débat présente l’intérêt de manifester la complexité du système culturel, et de ce fait la multiplicité des situations d’enseignement-apprentissage. Débat ternaire en fait, au duo inter-classiste traditionnel s’ajoutant la composante inter-communautaire, issue tant de l’histoire nationale (celle des régions) que des relations européennes et tissées sur l’axe Nord-Sud. Aux solutions de type socio-pédagogique à vocation égalitaire, s’ajoutent les préconisations d’ordre anthropologique, fondées sur le principe de la diversité culturelle. Pour amoindrir les dérives délétères et atomisantes de l’individualisme à l’occidentale, dont celle de « l’enfant-roi » bien connue des éducateurs, la référence aux différents espaces communautaires d’appartenance devient incontournable.

Il serait dommageable que ce paramètre soit trop peu pris en compte, au nom d’économies budgétaires également[12]. Pour rappel, les restrictions qui ont fait suite à la crise financière de 2008 ont conduit à  la diminution drastique du choix des options en lycée général. Déjà, des enseignements linguistiques en ont pâti, ceux du russe, de l’italien et du portugais, comme troisièmes langues enseignées. Comme les langues régionales et l’arabe, ces disciplines linguistiques appartiennent au champ des disciplines rares et mises en danger à l’échelle académique, comme le montre un récent rapport sur le sujet. [13] La disparition ou la recomposition forcée de nombreux départements universitaires est un fait avéré.

Inverser le cours de choses, qui n’est pas une fatalité à l’heure d’une mondialisation qui gagnerait à être multipolaire,  nécessite de favoriser une orientation éclairée des publics scolaires, en fonction de ces données stratégiques. Cet enjeu est loin d’être insignifiant dans le contexte d’une « économie de la connaissance » qui tend à mettre en concurrence les champs disciplinaires, au nom des critères de rentabilité et de compétitivité, au risque de promouvoir un développement d’obédience technoscientiste et économiste[14].

De l’intérêt d’envisager d’une manière générale le système éducatif du point de vue des différents paramètres opératoires[15]. La mise en place de l'Enseignement pratique interdisciplinaire/EPI (en 6 volets possibles sur 15% du temps scolaire, « Développement durable; sciences et société; corps, santé et sécurité; information, communication, citoyenneté; culture et création artistiques; monde économique et professionnel; langues et cultures de lAntiquité; langues et cultures régionales et étrangères ») est à l’actif du mouvement pédagogique[16]. Au plan didactique, celui de la formation des enseignants et de la recherche documentaire[17], il reste à élaborer une méthodologie de la transversalité fondée sur une progressivité, qui fasse fructifier les expériences du terrain, en intégrant aussi ce paramètre devenu incontournable de l’environnement médiatico-numérique. L’empirisme de travaux tels que ceux des TPI (Travaux personnels encadrés) en lycée en serait également amoindri.

De même que l’apport concerté des enseignants documentalistes, la mobilisation des ESPE (via les stages de formation, la publication de documents d’accompagnement et de manuels…) faciliterait la tâche des professeurs de collège qui en redoutent légitimement l’accroissement, ainsi que l’imposition de décisions administratives indues[18]. Enfin, les problématiques listées pour les EPI gagneraient à être reliées autant que faire se peut au programme du futur enseignement de morale laïque et citoyenne. Ce type de démarches participe de la reconstitution d’une culture commune, apte à apaiser le climat scolaire, dangereusement mis à mal depuis trop d’années[19].

Pour éviter que la confusion réactionnaire ne gagne davantage de terrain dans le monde adulte cette fois-ci, pour éviter les divisions qui ont prévalu lors de la mise en place des rythmes scolaires en primaire, il importe que prime le dialogue entre les composantes progressistes. Le scénario de la réforme doit évoluer, dans l’intérêt bien compris des différentes composantes.

Par Martine Boudet


[1] Philippe Watrelot, Rétroviseur – Amalgame et négociations - Riposte - Interpellation (Bloc-notes de la semaine du 11 au 17 mai 2015)
http://www.cahiers-pedagogiques.com/Bloc-Notes-de-la-semaine-du-11-au-17-mai-2015

[2] Martine Boudet, Le triptyque d'une politique éducative refondée: compétences-savoirs-cultures (site Fabula, 2011)
http://www.fabula.org/actualites/le-triptyque-d-une-politique-educative-refondee-competences-savoirs-cultures-par-m-boudet-libre-_47521.php

[3] Enseignement du latin et du grec ancien pour tous les élèves, dans tous les établissements (pétition à l’initiative des associations APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires), APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes),  SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires), SLL (Sauver Les Lettres)
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Madame_la_Ministre_Latin_et_grec_ancien_pour_tous_les_eleves_dans_tous_les_etablissements/?mDZAljb

Réforme du collège: non à la fin des langues anciennes! (pétition)
https://www.change.org/p/madame-la-ministre-de-l-%C3%A9ducation-nationale-de-l-enseignement-sup%C3%A9rieur-et-de-la-recherche-r%C3%A9forme-du-coll%C3%A8ge-non-%C3%A0-la-fin-des-langues-anciennes?recruiter=262146296&utm_campaign=signature_receipt&utm_medium=email&utm_source=share_petition

[4] Florence Castincaud (CRAP/Cahiers pédagogiques), Réforme du collège : et les langues anciennes ?
http://cercles.cahiers-pedagogiques.com/fil/360737/reforme-du-college-et-les-langues-anciennes

[5] http://www.lepoint.fr/societe/reforme-du-college-regis-debray-contre-l-ecole-nutella-28-04-2015-1924877_23.php

« En ce qui concerne les langues vivantes, Régis Debray s'en prend avec virulence au tout-anglais. Car s'il reconnaît que l'anglais est le latin d'aujourd'hui, c'est désormais "l'extérieur" qui se charge de l'apprendre aux enfants. Ça ne doit plus être, selon lui, une priorité de l'école, qui doit au contraire promouvoir le plurilinguisme. »

Jean-Pierre Bernardy, Education : favoriser la réussite du plus grand nombre, sans renoncer à l’excellence (Le Monde, 12 mai 2015)
http://mediateur.blog.lemonde.fr/2015/05/12/education-favoriser-la-reussite-du-plus-grand-nombre-sans-renoncer-a-lexcellence/

[6]FELCO/Fédération des Enseignants de Langue et Culture d’Oc, Les langues régionales inscrites dans la Loi de refondation de l’école(2013) http://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article5108

FLAREP/ Fédération pour les Langues Régionales dans l’Enseignement Public, Lettre à la ministre (avril 2015)
http://flarep.com/sites/default/files/kcfinder/fichiers/files/infos/Pe%CC%81titionMinistre15042015.pdf


Place attribuée aux langues régionales dans la refonte du programme d'enseignement au collège : La Ministre de l’EN, Najat Vallaud-Belkacem jette un froid http://www.flarep.com/

Maintien et développement de l’enseignement des langues régionales au collège (pétition inter-associative)
http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2015N47607

CP commission régions et fédéralisme EE Les Verts, Collège : garantir l'enseignement des langues régionales

La réforme du collège telle que présentée par le gouvernement ne doit pas sacrifier l'enseignement des langues régionales sur l'autel de l'interdisciplinarité.

L'inquiétude à cet égard est d'autant plus grande que la loi de refondation de l'école de 2013 permettait au contraire d'espérer des avancées.

En effet, les langues régionales sont dans le projet de réforme cantonnées aux enseignement interdisciplinaires et complémentaires, c'est-à-dire logées à la même enseigne que les langues mortes ! Cela ne peut que fragiliser davantage leur apprentissage donc leur pratique par les élèves.

Il est au contraire urgent d'enrayer la baisse tendancielle du nombre de locuteurs par une politique éducative ambitieuse en la matière. Pour EELV, la réforme du collège doit donc prévoir l'apprentissage des langues régionales en tant que telles, dès la sixième, afin de garantir la continuité avec l'enseignement primaire. Cela suppose une dotation horaire suffisante et spécifique, non soumise aux arbitrages contraints des établissements. Les classes bilingues français-langue régionale doivent également être préservées et confortées, tout comme les classes bilangue en Alsace.

Pour EELV, la réforme du collège doit donner toute sa place à la diversité linguistique du pays. L'inverse constituerait un grave recul, à l'encontre des objectifs d'égalité et de diversité pédagogique professés par ailleurs.

[7] La Réforme du Collège 2016 en Clair (collectif d’enseignants)
http://www.reformeducollege.fr/langues-vivantes#TOC-Les-langues-r-gionales

[8] M. Hamon, faites enseigner l'arabe par l'Etat (pétition)
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_Benoit_HAMON_Ministre_de_lEducation_nationale_M_HAMON_faites_apprendre_larabe_par_lEtat/?aIhebfb

Un sénateur UMP propose de remplacer le français par l’arabe comme langue d’apprentissage dans les écoles à forte population immigrée… Audition : 20 mars 2015 : Intervention de Jacques Legendre, sénateur UMP du Nord

http://www.europe-israel.org/2015/03/video-un-senateur-ump-veut-remplacer-le-francais-par-larabe-comme-langue-dapprentissage-dans-les-ecoles-a-quand-lenseignement-de-la-charia/

[9]Refonder la politique d'intégration (Groupe de travail "Connaissance – reconnaissance », Chantal Lamarre , Murielle Maffessoli, Premier ministre, 2013) http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/134000756-refonder-la-politique-d-integration-groupe-de-travail-connaissance-reconnaissance

[10]Lucie Delaporte, Réforme du collège : un débat halluciné (13 mai 2015, Mediapart)
http://www.mediapart.fr/journal/france/130515/reforme-du-college-un-debat-hallucine?page_article=2

[11] Isabelle Gruca, Les enjeux de la création d’une option FLE au Capes de Lettres (site de l’AFEF)
http://www.afef.org/blog/post-les-enjeux-de-la-cruion-d-une-option-fle-au-capes-de-lettres-par-isabelle-gruca-p1163-c48.html

«Pour les disciplines FLE/Lettres : cette création, et les implications qui la sous-tendent, initie un rapprochement logique et attendu. La didactique du FLE porte sur l’enseignement d’une langue-culture et, de ce fait, elle entretient des liens privilégiés avec les sciences du langage et les sciences de l’éducation, mais aussi avec  la sociologie, l’anthropologie, et les … lettres. Il est vrai que la dimension linguistique prédomine, mais elle ne définit pas à elle seule le FLE : les enseignements de culture et de littérature sont depuis toujours au centre de nombreux programmes dans les institutions en France comme à l’étranger. Le rattachement d’une option FLE au Capes de Lettres permettra un rééquilibrage des interactions avec les disciplines, notamment au niveau de la recherche. Il devrait également susciter l’intérêt des enseignants-chercheurs de lettres afin d’établir une collaboration plus étroite avec le FLE.(…)  La création d’une option FLE au Capes de Lettres marque bien une ouverture à l’interdisciplinarité, aussi bien au niveau de l’enseignement que de la recherche, et met en exergue la liaison des didactiques professionnelles. »

[12]Sylvie Ducatteau et Laurent Mouloud, La réforme du collège ne réduira pas les inégalités (12 mai 2015, L'Humanité) http://www.humanite.fr/la-reforme-du-college-ne-reduira-pas-les-inegalites-573859

 « Ces options sont aussi un outil pour revaloriser l’image d’établissements désertés en éducation prioritaire ou en zone rurale, arguent bon nombre d’enseignants. Surtout, ces derniers auraient préféré que le ministère démocratise l’accès à ces matières et options plutôt que de les supprimer sine die. Le latin et le grec, après la mobilisation de leurs enseignants, font un timide retour. Un temps réduit à un simple EPI, l’enseignement de ces langues « mortes » bénéficiera finalement d’une « option complémentaire » pour les élèves volontaires de la 5e à la 4e, mais avec une réduction horaire d’une heure hebdomadaire… De leur côté, la disparition des sections bilangues et européennes est motivée par l’introduction de l’enseignement d’une seconde langue vivante dès la classe de cinquième. Mais encore une fois à moindre coût, puisque les 2 heures et demie hebdomadaires attribuées aux élèves de 5e se soldent par une demi-heure de moins pour ceux de 4e et de 3e… Résultat ? À Saint-Amand-les-Eaux, l’école privée a senti le vent venir. Son site annonce l’ouverture à la rentrée prochaine d’une section européenne en 4e avant celle du lycée prévue en 2017… « On ouvre les vannes au privé », s’inquiète un professeur d’histoire-géographie et fervent défenseur de l’école publique. »

[13]Fabienne Blaise, Pierre Mutzenhardt et Gilles Roussel,  Rapport sur les disciplines rares (avec le concours de Sibylle Rochas. Conférence des présidents d’université, février 2015) http://www.cpu.fr/publication/rapport-sur-les-disciplines-rares/

[14] Marc Conesa, Pierre-Yves Lacour, Frédéric Rousseau, Jean-François Thomas (Université de Montpellier, coord), Faut-il brûler les humanités et les sciences humaines et sociales ? Michel Houdiard Éditeur, 2013

Laurence De Cock, Faut-il brûler les Humanités et les Sciences humaines et sociales ? (Aggiornamento, 2014), https://aggiornamento.hypotheses.org/2235

[15]  Martine Boudet-Florence Saint-Luc (coord), Le système éducatif à l’heure de la société de la connaissance (Presses Universitaires du Mirail, 2014)  http://w3.pum.univ-tlse2.fr/~Le-systeme-educatif-a-l-heure-de~.html

[16]Collectif des associations partenaires de l’Ecole publique/CAPE (AFEV, AFL, CEMÉA, CRAP-Cahiers pédagogiques, Éclaireurs et éclaireuses de France, Éducation & Devenir, Fédération française des Clubs UNESCO, FESPI, Fédération Léo Lagrange, Fédération nationale des CMR, FOEVEN- Fédération des AROEVEN, Fédération nationale des Francas, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement, Mouvement français pour le Planning Familial, Réseaux d’échanges réciproques de savoirs (Foresco), OCCE, Fédération des PEP, Peuple & Culture
 Refonder l'École c'est engager la réforme du collège !
http://www.francas.asso.fr/__C1256C0C002FE1A0.nsf/0/59E51FE292179611C1257E3B0026836E?OpenDocument

     Le sous-titre Ou quand les questions du latin et du grec ne sauraient masquer les véritables enjeux ! n’est-il pas de trop ? Il n’est d’ailleurs pas argumenté.

    CRAP-Cahiers pédagogiques, La réforme du collège : oui, nous avons à y gagner !
http://www.cahiers-pedagogiques.com/La-reforme-du-college-oui-nous-avons-a-y-gagner

                                                Construisons le collège de demain !

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Construisons-le-college-de-demain

     Philippe Meirieu, La réforme du collège va dans le bon sens (POLITIS, le 14 mai 2014, confrontation avec Danièle Sallenave)
http://www.meirieu.com/ACTUALITE/COLLEGE_POLITIS-Meirieu.pdf

[17] FADBEN/Fédération des enseignants documentalistes de l’Education nationale
MANIFESTE 2012, Enseignement de l’information-documentation et ouverture à la culture informationnelle
http://fadben.asso.fr/MANIFESTE-2012.html

« la FADBEN propose la constitution d’un groupe de travail ministériel chargé d’élaborer un curriculum info-documentaire, de façon à l’inscrire dans les directives officielles. Celui-ci aura pour but la création d’un enseignement à la culture informationnelle, sous la forme d’un module cohérent dont la mise en œuvre sera explicitement confiée aux professeurs documentalistes. Ce module s’inscrira dans le cursus de tous les élèves de la 6e à la Terminale, ainsi que dans les classes post-bac. Le curriculum sera également basé sur une progression et une évaluation des apprentissages. Il devra prévoir les nécessaires articulations épistémologiques et structurelles avec, d’une part, les cultures médiatique et numérique qui lui sont voisines et, d’autre part, avec les disciplines scolaires existantes. Pour ce faire, le groupe de travail ministériel sur le curriculum devra intégrer la question des formations initiale et continue des professeurs documentalistes. »

[18] SNES-FSU, SNEP-FSU SNALC-FGAF, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ’action et SUD Éducation
Grève le 19 mai contre la réforme du collège (appel intersyndical)
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article7488

[19]Abdennour Bidar chargé de mission au ministère de l’Education nationale pour la morale laïque et citoyenne
Plaidoyer pour la fraternité (Albin Michel, 2015)
« Prendre conscience qu’il faut maintenant changer d’ère : passer du “choc des civilisations” à celui de la fraternité des cœurs et des cultures. »  http://www.albin-michel.fr/Plaidoyer-pour-la-fraternite-EAN=9782226316219

 

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