Le climat change, et moi ?
Tout d'abord, une question simple : si ma planète va mal, j'agis ou non ?
Option 1/ Je peux décider de ne rien faire, et décider ainsi que "les autres" vont régler le problème pour moi. Ces "autres", ce sont les "politiques" : les hommes et femmes que nous avons élus ou non, les États. Il y a aussi les "grands décideurs". Les lobbies, cercles d'influence, groupes commerciaux, journalistes... Les "autres", ce sont aussi les gens qui m'entourent : ma famille, mes amis, mes collègues, mes concitoyens...
Bref, les autres habitants de ma planète. Si je décide de ne rien faire, je me place dans le Monde comme un enfant, qui "fait confiance" à ceux qui l'entourent, pour le nourrir et le protéger. Je considère que je ne suis "qu'une fourmi", et que l'univers qui m'entoure est bien trop vaste pour que je puisse y changer quoi que ce soit.
Option 2/ Or, sauf à vivre dans une grotte, chacun d'entre nous a le pouvoir d'influencer au moins UNE personne de son entourage par le dialogue et transmettre ses idées d'une personne à une autre, sur le modèle du virus.
> Si vous avez choisi l'option 1, stoppez ici votre lecture, allongez-vous confortablement dans votre canapé pour suivre votre divertissement préféré.
> Si vous choisissez l'option 2, vous vous interrogez maintenant sur le MOYEN que vous allez utiliser pour AGIR. Vaste programme ! En réalité, nous agissons déjà tous les jours (soit par nos actes, soit par notre discours) en dialoguant avec notre entourage, que ce soit par oral ou par écrit. On peut parler de la pluie et du beau temps, ou aborder "ce qui ne va pas", et qui mériterait d'être changé... spécialité Française ! Internet est souvent décrié, mais il peut ici devenir un merveilleux outil.
Parmi "ce qui ne va pas", certains thèmes reviennent en boucle dans l'actualité, depuis ma plus tendre enfance : personnellement, tout a commencé sous Giscard, avec des autocollants distribués à l'école : c'était Antigaspi, un personnage ventripotant avec un entonnoir sur la tête, qui faisait "la chasse au gaspi".
Depuis, ma collection d'autocollants s'est nettement étoffée :
- Problèmes de malnutrition, de faim dans le Monde : rappelez-vous, à l'école, on faisait des "opérations bols de riz", pour "aider les enfants du Sahel"...
- Surconsommation : problèmes sanitaires, bactéries, épidémies, obésité, cancers, maladies cardiovasculaires...
- Dérèglement des équilibres de production : les crises pétrolières et les déséquilibres politiques qui les accompagnent, déforestation, élevages intensifs, industrialisation des cultures, disparition des fermes au profit des "centres de production", endettement des paysans, devenus agriculteurs, puis "producteurs"...
- Pollution : Concentration des pesticides, OGM, pollution généralisée : sols, eaux, atmosphère, santé des personnes... Quand j'étais un petit garçon, j'allais me baigner à la rivière. Je n'y emmènerai jamais mes enfants !
- Désordres climatiques : émissions de gaz à effet de serre, réchauffement du climat, montée des eaux, variations climatiques hors normes...
Bientôt, nous aurons les premiers "réfugiés climatiques"... Oups, pardon, ils sont déjà là ! Nos parents auraient pu les prévoir, mais la question n'est plus de savoir "à qui la faute" : c'est notre génération qui va devoir les "(di)gérer" : reflux ou absorbtion ? Intégration ou désintégration ?
L'ensemble est assez bien résumé sur la "Une" de Médiapart d'aujourd'hui, 25 juillet 2015 : climat, montée des eaux, "politique du sparadrap" pour les éleveurs, écologie, crise climatique, réfugiés, agir en démocratie...
Le fait est que tous ces désordres ont UN dénominateur en commun : NOTRE ALIMENTATION.
"La production et le transport nécessaires à notre alimentation actuelle a créé les conditions désastreuses dans lesquelles nous vivons aujourd'hui, mais qui ne peuvent perdurer, sous peine de voir l'Humanité disparaître". C'est, en substance, le contenu du rapport de l'ONU du 2 juin 2010, qui n'a pas fait grand bruit. Lien ici :
Personnellement, je ne peux pas me contenter de parler avec les gens qui m'entourent et tenter de les convaincre. Je peux aussi dialoguer via les réseaux sociaux et échanger avec d'autres, qui comme moi sont inquiets de la tournure que prennent les évènements, inquiets de voir le Monde foncer "droit dans le mur". Mais souvent, les personnes avec qui je dialogue sur le net sont déjà convaincues, puisque fréquentant les mêmes sites.
Alors, en fin de compte, après avoir beaucoup dialogué, échangé, argumenté, il vient toujours, le moment où il faut AGIR.
En réalité, même en tant que tout petit citoyen d'un tout petit pays, j'ai la capacité de comprendre, et d'agir : Quand je mange un steack, que se passe-t-il ?
J'ai fait souffrir un animal. Cet argument touche certaines personnes, d'autres s'en moquent totalement : "Les animaux ne sont là que pour nous nourrir". Argument contestable : il y a beaucoup à dire (que peu sont prêts à écouter) sur les conditions d'élevage et d'abattage des animaux qui nous entourent et qui nous nourrissent. Mais puisqu'il est éthique, il varie d'une personne à une autre, et nous devons le dépasser pour avancer.
Admettons-le dans ce cas : les animaux n'ont pas de conscience, ils ne souffrent pas, nous pouvons tous les manger. Youpi !
Et les humains ? Si vous vous en moquez, passez votre chemin : personnellement, je ne peux rien pour vous, voyez un professionnel.
Pour les autres, souvenez-vous que, comme lorsqu'on "joue en bourse", quand vous "gagnez" un euro, c'est qu'un autre l'a perdu... Il en va de même pour l'alimentation, sur notre planète : Quand je mange un produit animal, j'ai privé un autre humain de son repas : les céréales que nous aurions pu partager lui et moi sont toutes passées dans mon assiette, sous forme de chair animale(1). En effet, lorsqu'on engraisse un bœuf, il peut "générer" 1500 repas. Si l'on avait consommé les céréales nécessaires à son alimentation directement, sans faire passer les céréales dans son corps, nous aurions pu générer 18 000 repas. Un ratio de 1 à 12. Si, si : j'ai fait le calcul deux fois : douze personnes autour de la table au lieu d'une seule.
Pour fournir 50 kg de protéines, un animal a dû consommer (au minimum) 800 kg de protéines végétales... Pourquoi "filtrer" nos céréales dans le corps d'un animal ?
Cause principale de la faim dans le Monde ? La consommation de viande : 65 % de la production mondiale de céréales est destinée à alimenter les 53 Milliards d'animaux terrestres que nous ingérons chaque année ! L’élevage est le principal responsable de l’accaparement des terres arables (70 % des terres agricoles et 30 % de toute la surface de la terre). La majeure partie de la production mondiale de céréales est destinée à l'alimentation du bétail.(2)
En France, 2/3 des surfaces agricoles sont dédiés à l'élevage. Avant d'être abattus, nos "aliments sur pattes" auront consommé une énorme quantité d'aliments végétaux. Un régime de carnivore implique alors une consommation "indirecte" de céréales (et autres végétaux), bien plus importante qu'une alimentation végétale "directe". Le rapport entre viande et céréales est le suivant : il faut entre 7 et 16 kilos de céréales pour fournir 1 kilo de bœuf, au moins 4 kilos pour 1 kilo de porc, 2 kilos pour 1 kilo de poulet... Je vous passe les crevettes !
Cessons de parler des céréales, évoquons maintenant le problème de l'eau : La FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, avec l'accent) rapporte qu’au Botswana, la consommation directe d’eau pour l’élevage représente 23 % du total... Sans aller jusque là, dans les pays tempérés, c’est plutôt "la qualité" de l’eau qui inquiète :
La Bretagne (où je réside et que je connais bien) regroupe 60 % de la production nationale porcine sur quatre départements, mais principalement concentrée en Côtes-d’Armor et Finistère (sans compter les vaches et les volailles). Beaucoup trop par rapport à ce que la région est en mesure de gérer. La pollution des sols, des eaux de source et du littoral sont aujourd’hui endémiques. Allez donc vous promener (via internet) sur les plages de la baie d'Hillion (Côtes d'Armor), vous m'en direz des nouvelles : une magnifique étendue verte d'algues odorantes (et dangereuses, car émettrices de gaz mortel, l'hydrogène sulfuré - H2S). Si vous y passez, un conseil : ne restez pas trop longtemps, et ayez une pensée pour Thierry Morfoisse...
N'allons pas plus dans le détail, je sens que je vous ai déjà assomé de chiffres... Je résume : "pour sortir le monde des crises pétrolières, pour supprimer la faim et diminuer la production de gaz à effet de serre, l'ONU préconise d'adopter un régime sans produits animaux". Ce n'est pas moi qui le dis, et vous avez bien lu. Le lien est ici :
http://www.theguardian.com/environment/2010/jun/02/un-report-meat-free-diet
Alors, il est important de savoir si l'homme peut vivre en adoptant ce régime. Enfin une bonne nouvelle ici : nous vivons en très bonne, que dis-je, en meilleure santé, si nous nous en tenons à un régime sans produit animal.
Certains objecterons que l'homme est omnivore et qu'il doit manger de tout. Faisons court : cela est faux et démontré dans bien des études scientifiques, de tous pays. Ayant un peu bossé le sujet, je vous résume : "notre corps n'est pas plus proche de l'ours que de celui du gorille". Nos vision nocturne, odorat, dentition (passez-moi l'objection des canines qui n'en ont que le nom), mâchoire, salive, estomac, intestin, colon, système urinaire, absence de griffes, appareil locomoteur... tout nous éloigne du guépard et nous classe dans les frugivores.
Vous voulez un lien ? OK, vous l'avez ici :
http://vegfaq.org/letre-humain-est-omnivore
Attention seulement, à propos des carences en vitamines B12 : elles sont essentielles pour notre survie ! Ne rigolez pas avec ça ! (3)
On les trouve, dans une alimentation carnée, par le biais des compléments alimentaires ajoutés aujourd'hui artificiellement aux chairs animales que nous ingérons. On parle alors d"animaux-emballages" : Les conditions d'élevage actuelles ne permettant plus aux animaux d'absorber les "moisissures" nécessaires à la formation de cette vitamine dans leurs corps, elles y sont introduites artificiellement. Un humain carnivore prend donc chaque jour, à son insu, des compléments alimentaires. Mais un taux trop faible de vitamine B12 peut causer une anémie et endommager le système nerveux. Un régime végétalien doit donc, pour être équilibré, être complété de vitamines B12, disponibles en grande surfaces ou dans les commerces spécialisés. Nos cousins les gorilles n'en ont pas besoin : ils contournent le problème en étant parfois coprophages... Hum... Personnellement, je préfère les compléments vitaminiques !
Voilà, tout est dit : changeons de menu !
JE peux agir, TU peux agir, IL/ELLE peut agir, NOUS pouvons agir, VOUS pouvez agir, sans attendre qu'ILS le fassent pour nous !
- Régis Sikosek.
(1)- Arrêtons de parler hypocritement de "viande", ce terme n'est employé que pour nous voiler la face ! Sinon, nous devrons évoquer notre propre corps, dans son ensemble, comme de la "viande" et opter pour les comportements qui en découlent... Or, il s'agit bien de"chair"!
(2)- Sources : ONU, FAO, Terresacrée, VEGFAQ, Cahiers antispécistes, Gary Yourofski (vous n'avez ici que les sources que je cite textuellement).
(3)- À voir, à propos de la vitamine B12 : "Se supplémenter ou ne pas se supplémenter ?", excellent article sur le lien suivant :