Ce soir, je prends mon temps.

message enregistré le 17 décembre 2019 à 22:46.

Ce soir, je prends mon temps. 

Ce soir, j’ai vu un film, un plutôt bon film : le premier de Michel Denisot. 

    Et je suis rentré en scooter, ce soir, je l’ai posé dans mon garage, avec mes p’tites habitudes : scooter près du mur à gauche, pour ne pas empêcher mon père d’accéder à son vélo demain matin, en mettant les gants dans le coffre du scoot qui ne se ferme plus car la bête a, cette année, 11 ans d’âge, et tout autant de soucis techniques. C’est un bel âge pour un scooter.

    Ce soir, j’ai envie de prendre mon temps, parce que je trouve que je ne l’ai pas assez pris sur mon scooter. J’aurai pu par exemple rouler moins vite, prendre des routes que je n’ai pas l’habitude de prendre, découvrir du pays, même si c’est une ville que je connais déjà pas mal.

    Ce soir, j’ai envie de prendre mon temps. Prendre le temps d’écouter, derrière cette lignée de garage ce vent qui touche ces feuilles, cet arbre qui fait particulièrement du bruit alors que ce n’est pas le plus proche. Bizarre.

    Ce soir j’ai envie de regarder au sol les reflets par milliers de ces réverbères qui nous donnent chaque nuit une lumière pour se guider. Dans la nuit, à une heure où on ne devrait pas pouvoir se retrouver si facilement : ces réverbères nous offrent cette possibilité. Tellement aimables. Merci les gars.

    Ce soir j’ai envie de prendre le temps de regarder ces reflets, qui, comme des millions d’étoiles scintillent en opposition au ciel puisque ces étoiles se trouvent sous mes pieds. Car oui, en effet, le sol est mouillé : il est humide, il a plu toute la journée, la nature a repris ses droits tout comme les salariés, les retraités, les travailleurs les employés les ouvriers aimeraient reprendre leurs droits, préserver leurs acquis sociaux qui ont été durement acquis durant ces derniers siècles.

Ces derniers siècle qui nous ont , p_ euttt _ etre *TOUSSE* *TOUSSE*

bon bref, je me perds

    Cette vilaine toux qui se répète malgré la prise de nombreux médicaments pendant une bonne semaine. Contre ma volonté, puisque je trouve que c’est assez ridicule de se bourrer de médicaments juste pour un petit virus qui, de toute évidence, serait parti quand même. Ça aurait même renforcé mon corps, renforcé mon système immunitaire. Mais non, on préfère m’asséner des médicaments qui facilitent, évidemment, mais qui créent une dépendance : la prochaine fois que je serai malade, je serai obligé d’en reprendre parce que le corps ne sera pas prêt à se battre tout seul. Faut qu’il apprenne à se démerder tout seul, quand même, ça je peux pas le faire à sa place. C’est pas un truc qu’on apprend à l’école, c’est un truc qu’est naturel. Après, je m’y connais pas tant que ça,peut-être que je dis de la merde.

Bon en tout cas.

Demain j’ai un contrôle de maths.

Mais je m’en soucie pas, parce que je prend mon temps.

    C’est pas un souci là, maintenant, c'en sera un demain, à 09:03 quand je serai face à ma copie, premièrement démuni puis je m’en sortirai une heure plus tard pépouze parce que sur chaque exercice je fais les premières questions, celles qui sont le plus simples, élémentaires, qui sollicitent des acquis des années précédentes, et le reste, ce qui est nouveau, je m’en fais pas : c’est que des points bonus. Surtout qu’il y a des points que je ne peux pas avoir d’emblée étant donné que certains dépendent de l’utilisation d’une certaine fonction d’une certaine calculatrice, calculatrice que je n’ai pas car j’ai gardé celle de ma sœur (plus âgée que moi), sauf qu’elle n’est plus à jour, ce n’est plus le modèle demandé en cours donc je pars avec un certain handicap. C’est comme si je menais un marathon sans les bonnes baskets : je peux le faire, mais je serai pas le premier, je serai moins efficace, délivrerai une moins bonne performance, obtiendrai une moins bonne note. Tant pis.

 

Ce soir je prends mon temps parce que plus que jamais j’ai hâte qu’il passe vite. 

 

    J’ai hâte qu’il passe vite parce que j’en ai marre du lycée, j’en ai marre de vivre sous le cocon familial, parce que j’en ai marre de la sécurité.  D’une certaine manière, j’en ai presque marre du confort. Je me dis que, d’accord, j’ai goûté au confort que mes parents ont pu acquérir après ces décennies. Evidemment il est agréable, il est chaud, il est chaleureux, mais il est peut-être temps de quitter ce confort pour me confronter à la vie, à la vie à laquelle ils ont eux-même été confronté y’a 30 piges. J’ai envie de goûter de nouvelles choses, j’ai envie de bâtir ma vie, j’ai envie d’avoir des réponses, j’ai envie de savoir de quoi je suis capable.

    Alors je prépare le terrain, évidemment, en écrivant ce blog notamment. C’est pour moi un premier travail en quelque sorte, en effet je dois rendre des comptes à on ne sait qui, chaque dimanche (ouais j’en ai raté 2 mais bon), je dois écrire un article. Evidemment je le fais par plaisir. Mais le fait d’avoir une date limite rend la chose plus complexe, ça crée une routine, une habitude, faut avoir un truc à dire, et si c'est intéressant

 tant mieux, et sinon tant pis : j'oblige pas à lire (ce serait méchant de faire ça) (je me perds, la phrase veut plus rien dire encore une fois)

    La dernière fois je ne savais pas ce sur quoi j’allais écrire. J’avais commencé à écrire un truc sur le fait que je sais pas si je vis ou pas, un truc d’ado un peu dépressif. Et jusqu’au vendredi soir, je me suis dit “non, ça peut pas être ça mon quatrième article, c’est trop personnel, les gens s’en foutent”. Puis, samedi matin, je me suis réveillé avec une révélation. “c’est moi qui doit avoir quelque chose à foutre de l’article. Si ça m’intéresse *ROT* *PARDON* *TOUSSE* faut pas que je cherche à ce que les gens soient intéressés, il faut que ce que je trouve moi intéressant soit rendu publique avec le maximum de travail que je peux fournir,

bon bref la phrase veut plus rien dire.

je me perds dans mes idées.

En tout cas je vais rentrer, je crois que c’est la fin, je crois que j’ai tout dit ce qui me passait par la tête, on peut parler d’arborescence ouais.

A toi, à vous, qui lit ou écoute ce truc, je sais pas encore sous quelle forme il apparaîtra, ce nouveau billet, ce nouveau podcast, à toi je te souhaite une bonne soirée, un bon après-midi ou une bonne nuit. C’est aussi ça la magie d’internet c’est que tu consommes quand tu veux, où tu veux, à l’heure que tu veux, et c’est une liberté qui est à prendre en considération.

Trève de poésie, bonne soirée.

 

(et bonne année aussi !)

 

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