1 semaine sans réseaux sociaux : l'expérience

Avoir un téléphone, c'est un métier. Ça occupe 35h par semaine avec pas mal d'heures sup, et on est même pas payés. J'ai posé ma démission pour une semaine, et j'étais bien content de ce chômage. Je vous raconte.

(tout a été écrit avant le confinement, les données correspondent à la vie qu'on menait il y a quelques semaines. Restez chez vous ! bonne lecture.)

    Dans mon quotidien, je trouvais que mon téléphone était beaucoup trop présent, et que, même s’il faut s’accorder du temps pour traîner et se divertir, les réseaux sociaux ne sont pas forcément le meilleur moyen car extrêmement chronophage.

Prenons l'exemple d'Instagram : j'y suis depuis 2013 (@remislvdr, jfais ma pub j'ai le droit), donc 7 ans où il ne s’est pas passé une journée sans que je n'aille dessus. C’est clairement une addiction, et comme toute addiction elle peut avoir des côtés négatifs : c'est pourquoi j'ai décidé de me sevrer pendant une semaine.

Avant tout, voici quelques chiffres précis (sur une semaine) pour que tout le monde comprenne bien :

- 22% de ma semaine se passe sur mon téléphone (soit 38h, soit 1 jour et demi)

- 21h sur Instagram

- 13h sur Youtube

- 4h sur Snapchat

(je n’ai pas les données pour Twitter, mais on doit être à 15h par semaine)

    Le temps passé sur ces différents réseaux est énorme, et je ne pense pas être le plus gros consommateur.

    Ils sont même devenus obligatoires dans ma routine matinale : sans eux, c'est difficile de me lever. Je dois passer 10 à 20 minutes pour m'éveiller l'esprit avant de faire quoi que ce soit, et cette durée peut très vite grimper entre une demi-heure et une heure si on est en week-end.

    J’aimerai redécouvrir l’ennui, le vrai, pas celui où je dégaine 4 applis pendant des heures juste pour tuer le temps tous les jours. Par cette rupture brute avec eux, j'envisage de reconsidérer la place qu'ils occupent dans ma vie pour prendre du recul là-dessus et changer mes habitudes que je juge plutôt néfastes.

Donc je supprime Instagram, Snapchat et Twitter. Je garde quand même Messenger, WhatsApp et évidemment les textos pour rester en contact avec les autres, le téléphone reste un outil très pratique.

Je commence le jeudi 27 février 2020, je finis le mercredi 3 mars 2020, on est partis.

J-1 : désinstallation des applis (mer.26)

hop hop hop ça désinstalle, j'ai l'impression d'abandonner mes fils à la gare, hâte de voir comment je vais les retrouver dans une semaine.

J'ai retiré Youtube de l'écran d'accueil pour qu'il soit moins accessible, j'ai posté une story "Amis Proches" sur insta pour prévenir les quelques personnes que j'estimais important de les tenir au courant.

JOUR 1 (jeu.27)

    Au réveil, j'ai machinalement attrapé mon téléphone, fait le chemin pour aller jusqu'à instagram, mais il n'était plus là. A la place, j'ai écrit ces lignes, alors qu'en temps normal j'aurai pris 10 minutes sur l'appli + 10 autre minutes superflues, à parcourir l'onglet Découvrir, à scroller à l'infini. J’ai donc plus de temps pour me préparer à aller au lycée, et pas forcément être dans une précipitation où j’aurai bien aimé avoir dix minutes de plus. 

JOUR 2 (ven.28)

    Lâcher les réseaux, c'était une très bonne idée. Hier, j'ai passé ma première journée en condition, et ça fait franchement du bien.

    Vu qu'il n'y a plus rien à faire sur mon téléphone, j'écris. Des idées, des vannes, des pensées. Toute la journée j'étais à fond dans ce que je faisais, je suivais mieux les cours (SES et Philo), j'ai recommencé à travailler (faire des bonnes révisions efficaces) : j'étais plus posé, et franchement, ça fait du bien.

JOUR 3 (sam.29)

    L'isolation des réseaux se déroule très bien, ils ne représentent plus vraiment un manque. 

    Hier, avec Sam, on parlait de memes (les memes c'est des images/montages marrants qu'on trouve sur instagram. Attention : les memes de Facebook ne sont plus une référence depuis 2016. Mettez vous à jour), et on est arrivés à la conclusion que les réseaux sont les seuls endroits où on pouvait en croiser, et qu'il faudrait en imprimer quelques uns pour les faire perdurer dans le temps. (voire même en afficher sur les affichages publics ? mmmh je retiens cette idée pour plus tard)

    Ah oui, c'est également le dernier jour de ma vie (mineur).

JOUR 4 (dim.1)

    Le jour de mes 18 ans, on y est, c'est arrivé, mon dieu, je suis vieux.

    J'ai pas pu aller remercier les messages sur les réseaux. Par contre : je suis allé quelques minutes sur Facebook remercier les gens puisque c'est en grande partie la famille, et de toute façon Facebook c'est plus trop un réseau social vu que y'a plus que les tantes dessus. (désolé les tantes, je vous embrasse !)

JOUR 7 (mer.4)

On y est.

Une semaine.

Une semaine sans notification de snaps, de publications instas de gens célèbres ou de mes amis, une semaine sans like.

J'ai tout réinstallé, très vite constaté que la plupart des posts instas étaient vraiment inintéressants, j'ai donc fait du tri dans mes abonnements, et j'ai dû répondre plusieurs fois "haha merci ! j'avais plus snap du coup je répond que maintenant, désolé" aux messages de “bon anniversaire”.

Un petit tour des statistiques après expérience : 

- 15% de la semaine (soit 25h)

- 8h30 de youtube (moyenne 1H15)

- 5h de SMS

- 2h de Google Chrome (je me suis pas mal documenté ouais)

    J’ai passé du temps à envoyer des textos, à avoir des discussions avec les autres tout en gardant l’habitude amoindrie de Youtube, qui représente aujourd’hui pour nous (nous les jeunes de 10 à 35 ans) ce que la télé était à l’époque de mes parents. En rentrant à la maison après une grosse journée de cours, on ne regarde pas la télé, on va sur Youtube (ça fera l’objet d’un futur billet)

    Le pire dans la reprise est de constater que je retombe très facilement dans la routine de naviguer entre les applis inlassablement pour récolter des petits shots de dopamine. Descendre en dessous des 15% paraît compliqué, ça voudrait dire qu'il faille que je change radicalement mes habitudes. 

    J'étais plus heureux, plus concentré et efficace dans mes tâches, moins distrait en général et surtout plus productif. Au lieu de me réveiller par 15 minutes de scroll, je me réveille avec 10 minutes d'écriture chaque matin : et ça fait du bien. Y'a rien de gratifiant à scroller, c'est littéralement conçu pour être sans fin, c'est sans but, sans saveur, et on continue dans l'espoir de tomber sur un truc intéressant. C'est un peu un enfer d'y retourner même si on s'y re-habitue très vite, surtout quand je me dis qu’en une semaine d’absence je n’ai rien raté de vraiment important. 

    Kyan Khojandi avait fait un super sketch que je vous conseille sur l’addiction au téléphone, c’est très malin, très drôle, très bien écrit, mattez ça !

Kyan Khojandi - L' ADDICTION [Sketch COMPLET] © Kyan Khojandi

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