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Billet de blog 12 déc. 2017

Noël pour les uns, ceinture pour les autres.

Le même jour, sénatrices et sénateurs votent une diminution des rémunérations des fonctionnaires (en baissant la compensation de la hausse de la CSG) et créer trois jours de carences en cas de congé maladie et, en même temps, votent l'augmentation de 40 % du salaire des maires des grandes villes et de collectivités.

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Chères sénatrices, chers sénateurs,

                J’ai appris que vous vouliez diminuer nos rémunérations (en baissant la compensation de la hausse de la CSG) et créer trois jours de carences en cas de congé maladie et, en même temps, augmenter de 40 % le salaire des maires des grandes villes et de collectivités. Avouez que voter tout cela en une seule et même journée au palais du Luxembourg, ça ne manque pas de sel et révèle, une fois de plus, l’hostilité envers les serviteurs de l’État par une partie des représentants de la Nation.

                D’accord, vous avez un argument massue : ces jours de carences existent dans le secteur privé, donc alignons le secteur public sur le secteur privé. Vous feignez d’ignorer qu’ils sont pris en charge pour la très large majorité des salariés du privé. Mais, puisque vous voulez à tous prix aligner le public sur le privé vous allez donc créer une véritable médecine du travail dans le public, créer une véritable mutuelle de type mutuelle d’entreprise, créer un treizième mois, créer un comité de type comité d’entreprise, laisser le choix du lieu d’exercice... Suis-je bête, vous usez de l’argument « uniformisation et « alignement » uniquement que lorsqu’il s’agit de tirer les conditions de travail et de rémunération vers le bas.

                Alors, cette mesure, que je qualifierais volontiers de vexatoire, se base sur le fantasme de l’absentéisme chronique des fonctionnaires. Sauf, que justement, les études n’aboutissent pas à une différence significative entre public et privé, surtout lorsque l'on analyse plus finement les différents biais de ces études. Une étude de l’INSEE, dit que si les arrêts maladie de courte durée diminuent ainsi, les arrêts plus longs, quant à eux, augmentent. Concrètement, cela signifie que les problèmes de santé deviennent plus graves. On voit ici, que la santé des agents ne vous importe que très peu. Encore, la plupart des fonctionnaires sont au contact direct du public. Ils sont donc plus exposés aux agents infectieux. Aussi, cela poussera des agents à se rendre au travail alors qu’ils sont contagieux, au risque de contaminer les usagers des services publics, certains pouvant être particulièrement fragiles. Au pays de Pasteur, on pousse les agents de l’Etat à ignorer les règles élémentaires d’hygiène...

                 Comprenez, mesdames et messieurs, que le télescopage de ces différentes actualités, me fassent quelque peu grincer des dents,

Un enseignant, humble serviteur de l’Etat.

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