L'Humanité a osé faire le parallèle entre l'accident tragique du bus et la loi Macron

http://www.humanite.fr/gironde-ces-morts-qui-interpellent-la-loi-macron-587736

L'Humanité a osé. Le journal du Parti communiste a donc osé mettre en parallèle l'une des dispositions de la loi Macron (libéralisation du transport par bus) et les 41,42 ou 43 morts en Gironde, on ne sait pas encore avec exactitude, ce qui épaissit encore le drame : "Gironde: ces morts qui interpellent la loi Macron", titre le quotidien communiste qui n'en rate pas une pour fustiger le gouvernement, pourvu qu'il soit socialiste, allant jusqu'à accuser le président de la République qui s'est exprimé depuis Athènes "de tenter de regagner quelques points dans les sondages en jouant sur la compassion." 

L'Humanité va encore plus loin, dans l'utilisation bassement politique de ce tragique faits divers. Car si le journal du P.C estime que le Président de la République veut gagner des voix sur l'émotion suscitée par cet accident, que dire alors de l'Humanité qui tord la réalité pour mieux l'ajuster au jet de fiel qu'il réserve d'ordinaire à ses adversaires du P.S, à savoir lequel des deux pisse le plus à gauche, en cette période de campagne électorale, sur fond de listes autonomes. C'est qu'il y a ds enjeux en décembre. Rien n'est laissé au hasard, pas même la politique politicienne que vomissent de plus en plus les citoyens lucides.

"Cet accident intervient trois mois après que le gouvernement de Manuel Valls a fait adopter la loi Macron en obtenant l’accord du président de la République pour user de l’article49-3 de la Constitution. Cela pour faire passer un texte controversé que sa majorité parlementaire ne voulait pas voter." 

On sait que le fief du P.C et de la C.G.T (de moins en moins tout de même) reste le chemin de fer, du temps de la Bête humaine, de préférence : "ils (les bus) contribuent de plus à réduire les clients de la SNCF surtout que son PDG n’a rien trouvé de mieux que de mettre en place ses propres lignes de bus pour concurrencer ses propres trains dans le but affiché de ne pas laisser tout le transport par cars aux entreprises privées. Les cars offrent enfin beaucoup moins de confort et de sécurité que le train." Cette comparaison est tellement grossière qu'elle en est indécente. Que l'état des routes soit remise en cause, que la sécurité, à cet endroit précis, soit remise en cause, même si personne encore ne peut expliquer les raisons de cet accident effroyable, mais parvenir à bifurquer sur la loi Macron comme si le ministre, qu'on l'aime ou pas d'ailleurs, soit directement responsable de l'accident, c'est aller loin dans la démagogie.

En gros, si cet accident a eu lieu, c'est parce que le rail est à l'abandon, pour l'Huma. "L’émotion provoquée par la mort cruelle des retraités de Gironde ne doit pas masquer la lourde responsabilité des gouvernements qui ont laissé le rail dans une situation de quasi abandon sur la majeure partie des voies secondaires." Et alors ? Sous prétexte de relancer le rail, il faudrait donc abandonner les bus, tous les bus ? Et pourquoi l'Humanité ne s'émeut-il pas, lorsqu'il y a des accidents à des passages à niveau, de la disparition des garde-barrières ? Et quand un poids-lourds est impliqué dans un accident de la route, pourquoi l'Huma ne demande-t-il pas de mettre TOUS les camions sur des trains ?

Faut-il que le P.C soit à la traîne dans les sondages pour les élections régionales pour oser dresser ce diagnostic, et dans une pirouette détestable, raccrocher le wagon d'un fait divers à une pure critique anti-gouvernementale ? Selon l'Huma, l'idéal serait donc de fermer toutes les sociétés de transport de bus du pays pour éviter les accidents et la pollution. C'est vrai, fermons les sociétés de bus, il y aura beaucoup moins de monde dans les meetings du P.C et à la fête de l'Huma qui, chaque année, publie dans la presse locale, les horaires et les lieux de ramassage des militants. Etrangement, ils se déplacent en bus et non pas en train. Pourtant, à titre d'exemple, de Vierzon, ce serait facile pour couler jusqu'à Paris. La faute à Macron, sans doute. Saletés de Socialistes !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.