Copé/Fillon : La fin d'une certaine droite ?

A la suite du P.S. qui, après un essai peu concluant a fini par réussir ce qui a été qualifié "d'exercice démocratique" en organisant ses primaires post présidentielles. L'UMP se prend les pieds dans le tapis et offre un spectacle peu habituel de guerre des chefs sur fond de soupçon de fraude électorale. Le JDD du 25 Novembre publie un sondage terrifiant. Pour 71% des français, il faut revoter, et quand on pose la question de savoir qui selon eux a raison dans ce différent en forme de réglement de compte, seuls 7% d'entre eux donnent raison à J.F. COPE ! Pour 71% des sondés encore, toutes couleurs politiques confondues, le même Copé n'a pas d'avenir politique... Le désaveu est cinglant, même parmi les sympathisants de l'UMP qui se disent dans le même sondage, décus (44%), inquiets (26%) voire en colère (17%)...

Jamais peut être le linge sale ne s'était autant lavé en public, Alain Juppé, appelé à la rescousse pour calmer les esprits et donner un semblant de cohésion dans le chaos ambiant semble lui même ne plus y croire et attendre la première occasion pour se "retirer du jeu".

Ainsi, élection après élection, la droite en France perd ses positions par pans entiers.Se furent d'abord les régions jusqu'à perdre 21 sur les 22 que compte le pays. Puis les comunes, Paris, Nantes, Toulouse, Marseille, Lyon. Jusqu'à perdre enfin le sénat, bastion d'une droite historique et modérée depuis toujours semble-t-il.

Les élections présidentielles de 2007 permirent un moment encore de croire à l'effet d'optique, mais le mal est profond. La France qui est depuis toujours un pays majoritairement conservateur a fini par tourner doucement le dos à cette certaine forme de droite représentée hégémoniquement par le seul UMP qui, à l'issue de l'OPA du RPR sur l'UDF, jeta sur les fonds baptismaux un étrange arrière-goût tenace de trahison et d'arrogance. Une certaine façon de "faire de la politique" est sans doute en train devivre ses derniers moments.

Le parallèle avec la réélection d'Obama, dans un pays qui fut longtemps la chasse gardée du parti républicain n'est  peut être pas totalement sans objet, même si les deux pays sont radicalement différents. Là-bas, comme partout ailleurs, les positions inébranlables des droites conservatrices ont fini par agacer l'électorat des laissés pour compte.aux Etats-Unis, l'agacement des femmes sur la difficulté à faire reconnaitre le droit à l'avortement par exemple a fini par causer des dégats dans l'électorat.

Ici, c'est une certaine forme d'arrogance du pouvoir qui a fini par décourager les memebres les moins fervents de l'électorat de la droite modérée, alors qu'à l'autre bout du spectre, le FN collecte toujours plus les fruits amers des désillusions. Coincées entre un modèle libéral en panne, une population connectée sur la toile et qui de plus en plus, se fait sa propre opinion en marge des grands médias. A tort ou à raison Mr Copé souffre, plus que son concurrent de cette image d'arrogance dont une part grandissante de français ne veulent plus.

Discréditer le camp adverse, le traiter par le mépris, dédaigner ce qui n'est pas de sa chapelle, être condescendant et hégémonique... Cette façon de faire de la politique marque ses limites échéance après échéance.

Il y a peut être un espoir de voir apparaitre demain une nouvelle voie politique. Plus participative, plus encline à écouter, forgée dans la négociation et la recerche de l'adhésion plutôt que dans l'affirmation de sa domination. Le parcours de Jean Louis Borloo est à cet égard, à scruter à  la loupe dans les mois qui viennent.

 

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