LA PRESSE EN DELIRE!

 

Voici le texte intégral de ma lettre au Nouvel Observateur, restée sans réponse.

C'était avant les aveux du ministre...

 

 

Objet : La presse en délire !

 

Le 29 mars 2013.

 

 

 

Le Nouvel Obs. récidive !

 

Après le scoop Dsk/Iacub, le clash Garnier/Etchegoin !

 

C’est moins sexy !

 

C’est moins people !

 

Mais ça peut coûter cher !

 

 

Je m’adresse à vous Marie-France Etchegoin, Rédactrice en chef du service Enquêtes au Nouvel Observateur. J’ai lu avec intérêt votre article de cinq pages paru le 21 mars dernier dans le numéro 2524, sous le titre « Les secrets de l’affaire Cahuzac ». Vous m’y mettez en cause à plusieurs reprises par des affirmations tendancieuses, incomplètes voire inexactes ou, de façon récurrente, par des insinuations désobligeantes.

Or, votre hebdomadaire - N°2722 du 7 mars 2013 -  rappelle à ses lecteurs cette règle essentielle dans son dossier « DSK, IACUB ET NOUS » :

« Toute personne ou société mise en cause doit être contactée et citée ou à défaut un membre de son entourage la représentant. Ses arguments ou son refus de répondre doivent être portés à la connaissance du lecteur. »

 Ainsi,la Charteque les journalistes du Nouvel Observateur signent et s’engagent à respecter va bien plus loin dans la protection des personnes citées, que la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse dont l’article 13 définit le droit de réponse et en fixe les limites.

Je tiens à votre disposition tous les documents qui infirment votre thèse, présentée avec insistance, sur mon rôle dans la genèse et le développement de l’affaire Cahuzac.

 Je reprends dans l’ordre vos allégations que je conteste, en commençant par le corps du délit (I) pour finir par la tête tendancieusement encadrée par vos soins attentifs (II).

 

I-  Le corps de l’article ou corps du délit

 

Découvrez avec moi sept erreurs en quelques citations…

  « Curieusement, pourtant, c’est avec un retraité du fisc que le "privé" a rendez-vous : Rémy Garnier qui en 2008 (voir encadré), a rédigé un "mémoire" exalté, aussitôt tombé dans les oubliettes, où il compare l’administration fiscale à la mafia, accuse ses supérieurs de toutes les turpitudes et évoque, sans preuve, un compte ouvert en Suisse par Jérôme Cahuzac "alors qu’il exerçait des activités au cabinet de Claude évin". »

11- Mémoire exalté.

 Mon mémoire adressé le 11 juin 2008 au Tribunal administratif de Bordeaux ne laisse transparaître aucune exaltation, aucune emprise de l’affect sur ma défense que caractérise au contraire l’exploitation rationnelle d’éléments factuels livrés à l’état brut.

12- Mafia imaginaire.

Je vous invite à relire attentivement ce mémoire dont vous possédez une copie pour constater que je n’y compare nullement l’administration fiscale à la mafia, à moins que votre document n’ait été falsifié. Si je dénonce le comportement dévoyé de certains de ses représentants, c’est au contraire pour défendre les intérêts supérieurs de l’institution que j’ai servie avec passion et loyauté pendant quarante ans.

La Couradministrative d’appel de Bordeaux me rejoint dans son arrêt du 15 novembre 2010, n°09BX02805 en faisant cette distinction :

« Considérant (…) qu’il n’est pas avéré que M. Garnier, qui était animé par le souci de défendre une application rigoureuse de la loi fiscale, ait diffusé en dehors des services fiscaux, notamment à l’intention de la presse, des informations couvertes par le secret professionnel et qu’il ait eu l’intention de jeter le discrédit sur l’administration fiscale en général (…) »

Mais de hauts responsables assurent sciemment la promotion des auteurs d’agissements frauduleux tout en sanctionnant celui qui ose les dénoncer. Pour parvenir à leurs coupables fins, ils recourent habituellement au mensonge, au faux témoignage et à la subornation de témoins. Ces pratiques que protège l’omerta dans un climat de soumission apeurée s’apparentent davantage à une certaine organisation qu’à une institution républicaine dans un État de droit.

 13- Turpitudes avérées.

 Vous évoquez en termes suspicieux le conflit qui m’oppose à ma hiérarchie depuis plus de dix ans en faisant abstraction des données objectives qui permettraient à vos lecteurs de se forger un jugement éclairé. Des preuves ? En voilà des preuves :


La justice administrative a rendu dix décisions en ma faveur en dix années de procédures, annulant d’abusives sanctions officielles ou déguisées : deux mutations d’office, deux titres de perception, une exclusion de fonctions de deux ans, avec confirmation de son annulation en appel, et quatre notations (2005, 2007, 2008 et 2009) :

- Jugement n°0404308-4 du 13 juin 2006 sur mutation d’office ;

- Jugement n°0501470-4 du 6 juin 2006 sur titre de perception ;

- Jugement n°0503136-4 du 6 juin 2006 sur notation 2005 ;

- Jugement n°0603670-5 du 7 octobre 2009 sur titre de perception ;

- Jugement n°0702791-5 du 7 octobre 2009 sur exclusion ;

- Jugement n°0703574-5 du 30 décembre 2009 sur notation 2007 ;

- Jugement n°0803810-5 du 29 juin 2011 sur notation 2008 ;

- Jugement n°0902738-5 du 14 février 2012 sur mutation d’office ;

- Jugement n°0903042-5 du 29 juin 2011 sur notation 2009.

- Arrêt n°09BX02805 du 15 novembre 2010 sur exclusion.

La motivation du jugement sur l’exclusion est éloquente :

« Considérant (…) que si la matérialité des faits est ainsi établie, ceux-ci n’étaient pas, compte tenu notamment du comportement de l’administration dans cette affaire, de nature à justifier la sanction de l’exclusion temporaire de fonctions de deux ans »


J’ai subi six années de poursuites pénales abusives et trois condamnations du chef d’outrages quela Cour de cassation a annulées à deux reprises, le dernier arrêt, rendu sur le fond, étant définitif :

- L’arrêt du 2 mars 2010, n°09-85154 casse pour vice de forme la décision rendue parla Courd’appel d’Agen le 8 juillet 2009 et renvoie l’affaire devant la Cour d’appel de Toulouse ;

- L’arrêt du 24 mai 2011, n°10-87966 casse sans renvoi l’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse du 11 octobre 2010.


Trois ans d’un contrôle abusif de ma situation fiscale caractérisent un acharnement vain pour des enjeux dérisoires.

Sur une période de vingt ans, je compte cinq opérations de contrôle portant sur l’impôt sur le revenu ou les impôts directs locaux, qui débouchent sur une débâcle administrative totale en vingt-huit dégrèvements accordés au compte-gouttes.

Un exploit digne de figurer au Livre Guinness des records !


La Cour européenne des Droits de l’Homme selon arrêt rendu le 22 mai 2008 a condamnéla France sur ma requête n°38984/04 relative au traitement de ma plainte en dénonciation calomnieuse du 14 juillet 2002 qui s’est soldée par un refus d’informer confirmé en cassation.


 J’ai enfin obtenu le 30 juin 2011 l’ouverture d’une information judiciaire auprès du juge d’instruction d’Agen sur des faits de dénonciation calomnieuse contre un avocat, auteur d’accusations en 2001 et contre les deux directeurs prétendument outragés en 2005.

Je mets quiconque au défi de trouver un fonctionnaire, un justiciable ou un contribuable au palmarès aussi éloquent.


14- Encore des preuves !

 On connaît désormais la chanson : « Des preuves, des preuves, des preuves… »

Quant aux preuves de l’existence du compte suisse, il ne m’appartenait pas de les apporter en ma qualité d’agent chargé de recherche et de programmation. Néanmoins, dès cette époque je détenais des commencements de preuves ou présomptions par témoignages concordants et dignes de foi.

15- Amalgame.

Vous posez ensuite une question cruciale et vous assenez aussitôt votre réponse péremptoire en dépit des explications que je vous ai fournies avec un document à l’appui :

« D’où tient-il ce scoop ? De son avocat, Michel Gonelle, troisième personnage de la tragédie qui se met en place en ce mois d’octobre, et digne, celui-là, des meilleurs Chabrol. »

 Si Michel Gonelle est bien le détenteur de l’enregistrement involontaire d’une conversation sur son portable entre Jérôme Cahuzac et un interlocuteur inconnu mais aisément identifiable, il ne m’en a pas informé le premier. Il n’a jamais pris l’initiative d’aborder ce sujet avec moi.

 16- Bucky ou la bévue de son maître ?

Vous évoquez le rôle trouble du détective Alain Letellier en m’associant à son entreprise de recherches privées :

« Le détective, l’ex-inspecteur des impôts, l’élu battu… Durant l’automne, tout ce petit monde se croise, suppute, recoupe ses informations (…). Ainsi, Rémy Garnier possède une photo de Bucky, le chien du ministre, que le détective pense "enlevé à une association d’aveugles" (sic). »

Je n’évolue pas dans le petit monde que vous décrivez même si des informateurs viennent jusqu’à moi, avec des motivations qui ne sont pas les miennes. Je possède effectivement une photo de Bucky le chien. Elle figure dans le numéro 390 de « La lettre de Jérôme Cahuzac », que m’a transmise un Villeneuvois en juin 2012. Sous le titre « Rencontre avec les jeunes de Vacances Nature à Villeréal », le ministre pose en première ligne avec Bucky le chien. Tous les Villeneuvois ou presque possèdent ce cliché « officiel ». Quel scoop !

J’ajoute que, à l’instar de mediapart, je m’interdis de publier des informations sur la vie privée de cet élu local comme de tout autre, qu’il s’agisse de ses problèmes conjugaux, de ses maîtresses supposées ou de son chien. Mais puisque vous abordez le sujet de cette façon, je dois me défendre. Sophie Fay, votre consoeur du Nouvel Observateur, s’est rendue à mon domicile le 8 décembre 2012. Au cours de l’interview qui a duré cinq heures, elle m’a assuré que lors d’une rencontre récente Jérôme Cahuzac lui avait fait ce demi aveu : « Ce chien, je l’ai presque volé. »

Mais ces informations sans preuves ne sont que rumeurs.

17- Vache à lait.

Vous considérez comme « anodines » les informations sur le chiffre d’affaires de la société Cahuzac Conseil, « disponibles sur Infogreffe ».

Encore fallait-il connaître l’existence de cette société, la date de sa création, sa dénomination sociale, l’adresse de son siège, son objet social et la nature de sa clientèle. Encore fallait-il avoir la curiosité de faire ces recherches. Personnellement, je tiens ces informations d’une autre source que le détective Letellier.

« Anodine » la facturation en quelques années (de 1993 à 1999) de prestations de conseil pour une somme globale de près de cinq millions de francs à des laboratoires pharmaceutiques dans un contexte de flagrant conflit d’intérêt ? À mettre sur le même plan que les révélations « anecdotiques » sur le chien Bucky ?

Vraiment ! Alors, nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt !

Et s’il ne s’agissait que de la partie visible de l’iceberg ?

Au bout du compte, c’est la sécurité sociale qui rembourse, parfois grassement, des spécialités coûteuses et inutiles (Maxepa, Tot’hema etc.)

Information « anodine » alors que le voile se lève sur le gigantesque scandale sanitaire, financier et fiscal que subodorent depuis des décennies nombre de professionnels de santé ?

Certains même profitent des largesses des laboratoires qui n’hésitent pas à sponsoriser des clubs de rugby à quinze ou à treize, à, inonder les prescripteurs de cadeaux somptuaires ou même à offrir à leur  meilleur conseiller une croisière de luxe sur un yacht de 37 mètres avec sept hommes d’équipage. Voulez-vous des noms ?

 

II- L’encadré illustré

 

 L’encadré Rémy Garnier refuse le texte (21) et l’image (22), la légende et le vieux tableau, l’affabulation et le détournement de cliché.

 

 21- Le texte.

 Il mérite rectification dès son titre :  « L’ex-inspecteur mène l’enquête »

 Inspecteur des impôts en retraite depuis bientôt trois ans, je n’ai ni le goût ni les moyens de mener une enquête sur qui que ce soit. Je dois simplement assurer ma défense en justice contre des accusations désobligeantes et justifier les initiatives que j’ai prises en matière de recherches, il y a plus de six ans. Et si diverses personnes m’adressent spontanément des renseignements ou documents de nature à justifier mes décisions d’alors, je ne peux que les recevoir avec satisfaction et reconnaissance.

Votre première citation sonne comme un aveu vengeur : "Évidemment, j’ai intérêt à ce que Jérôme Cahuzac soit coupable"

Je suis accusé de toute part de m’être rendu complice d’un complot politique par vengeance personnelle. Dans ce contexte où l’amalgame tient lieu de raisonnement, mon sort se joue sur le fil : héros d’un jour ou salaud toujours…

Puis, votre récit tendancieux élude à nouveau la chronologie :

Rémy Garnier a été "dessaisi de tous ses dossiers". Un jour, tandis qu’il se morfond dans son "placard", son avocat, Michel Gonelle, lui dit que "Cahuzac a un compte en suisse". Alors, en 2007, Garnier tape le nom du député dans le serveur informatique auquel il a encore accès. Se fait aussitôt pincer. (…) »

 Déjà, pour réagir à l’article publié le 10 février 2013 par le Journal du Dimanche, j’ai rédigé pour l’Agence France Presse un communiqué en sept points, dont je vous ai adressé copie par courriel du 11 février. Les trois premiers points exonèrent l’avocat de toute tentative d’instrumentalisation :

1- Concernant Jérôme Cahuzac, j’ai appris de la bouche d’un collègue vers 2003/2004 l’existence de l’enregistrement involontaire sur le téléphone de Michel Gonelle d’une conversation faisant état du compte en Suisse,

2- Je me suis intéressé de plus près à la situation des époux Cahuzac après avoir été affecté en septembre 2006, illégalement et contre mon gré à la Brigade d’étude et de programmation (BEP). Le 9 mars 2007, j’ai consulté leur dossier au moyen de l’application informatique Adonis, de ma propre initiative.

3- Maître Gonelle qui se trouve être par ailleurs mon avocat au pénal n’est jamais intervenu de quelque manière que ce soit pour me lancer sur la piste du présumé compte suisse. Il m’a seulement confirmé les faits lorsque je l’ai interrogé sur le sujet, sans me confier l’enregistrement ni même me le faire écouter.

Cette version des faits correspond en tous points à celle que j’ai livrée le 6 février 2013 aux enquêteurs dela Directionnationale d’investigations financières et fiscales (DNIFF). Après cinq heures d’interrogatoire, j’ai signé ma déposition au commissariat d’Agen, sous la foi du serment. Mais je doute que le procès-verbal puisse vous être communiqué.

Vous énumérez certaines des révélations de mon mémoire du 11 juin 2008 dont vous détenez une copie, et notamment le compte suisse, « Mais aussi "une maison à La Baule et une villa à Marrakech ».

Et vous me prêtez ce propos :

« Pour le reste, j’ai un peu chargé la barque parce que je devais démontrer que mes recherches présentaient un intérêt pour le Trésor public. Mon rapport n’était pas destiné à être publié. »

Il s’agit en fait de lieux de villégiature où Jérôme Cahuzac rencontrait ses amis de l’UMP, à l’hôtel Hermitage deLa Bauleou du PS, dans le riad d’Anne Sinclair à Marrakech, sans y être propriétaire comme je l’avais ouï-dire. C’est bien là le seul point faible que je souligne d’ailleurs dans mon rapport en invitant ma hiérarchie à diligenter des investigations plus poussées.

 Pas un mot en revanche sur les autres points dans votre commentaire bidonné de bout en bout.

Le prêt familial douteux dès l’origine et maintenu après remboursement au passif du patrimoine déclaré à l’ISF, pose toujours problème ainsi que je l’explique dans mon mémoire en réplique du 28 janvier 2013 « En bloc et en détail ».

 Vous évoquez par ailleurs la « carte maîtresse » de ce mémoire que représente selon vous le courriel adressé le 19 décembre 2012 par l’expert comptable à son client Cahuzac pour lui rendre compte d’une réunion àla Direction régionale des finances publiques. L’appartement du ministre n’aurait été sous-évalué que de 10 % dans sa déclaration ISF. Et vous vous faites le porte-parole du contribuable pris en défaut :

« Le ministre s’était "basé, comme nombre de contribuables, sur le barème des notaires parisiens" a expliqué depuis son entourage, et il s’est aussitôt "mis en règle". »

 Pas un mot non plus sur l’évaluation que je propose dans mon mémoire précité du 28 janvier 2013 qui ressort à 15 000 € le mètre carré au lieu des 10 000 € déclarés, soit une insuffisance d’un tiers.

Je vous invite à une simulation gratuite en quelques clics sur le site Meilleursagents.com « basé sur les données des Notaires » qui sert précisément de référence à votre hebdomadaire pour le dossier « Spécial immobilier » publié hier – voir n°2525, page 80.

Vous obtiendrez une valeur proche de 18 000 € sur laquelle j’ai pratiqué un abattement « réaliste » de 20 % en souvenir de mon expérience d’évaluateur au service du Domaine en 2005/2006.

Pas un mot bien sûr à propos des étourderies récurrentes du futur ministre, redresseur de torts au Budget.

La Philippineclandestine dont l’embauche non déclarée a fait l’objet d’une condamnation sans peine le 9 novembre 2007 par le Tribunal correctionnel de Paris vous indiffère. Pourtant, même si l’on écarte un éventuel abus de faiblesse, le dossier recèle tout de même une fraude au regard du droit fiscal et du droit social.

 Bien que s’agissant d’un homme public, vous ne vous posez aucune question sur la nature et la consistance d’éventuelles charges diverses ni sur le montant des revenus qu’il cumule et que lui versent des tiers déclarants : l’Assemblée Nationale  dont il a été député de 1997 à 2002 puis de 2007 à 2012, la commune de Villeneuve-sur-Lot dont il a été maire de 2001 à 2012 et la communauté de communes du Villeneuvois qu’il a présidée jusqu’en 2012 également.

Je vous rappelle que vous aviez pris rendez-vous avec moi à Agen le 11 février dernier, précisément dans le but annoncé de faire le point sur la situation fiscale de l’intéressé à la lumière des dernières découvertes, notamment le courriel du 19 décembre 2012.

Et vous assenez cette formule assassine :

« Le 28 janvier dernier, malgré tout, Rémy Garnier a écrit un nouveau document pour contester les sanctions dont il a fait l’objet suite à son intrusion informatique. »

 L’intrusion dixit Larousse se définit comme l’action de s’introduire sans y être invité dans un lieu, une société, un groupe ou d’intervenir dans un domaine où l’on n’a aucun titre à le faire.

En usant de ce terme inapproprié, vous confortez la thèse de l’Administration que je combats avec énergie depuis cinq ans.

Or, sur les fiches de notation du 12 avril 2007 (gestion 2006) et du 9 avril 2008 (gestion 2007), Mme Patricia Guichard, chef de la Brigade d’études et de programmation (BEP), vante à deux reprises ma « curiosité », ma « volonté de rechercher des affaires avec des enjeux significatifs », « en intégrant rapidement l’utilisation des outils informatiques » (dont l’application Adonis !).

 On ne saurait être plus clair. La notatrice reconnaît expressément qu’elle m’a donné quartier libre en dehors de tout axe de recherche prédéfini par elle, pour effectuer les investigations de mon choix, guidé par mon seul flair et ma louable curiosité, au moyen si nécessaire de l’outil Adonis parfaitement maîtrisé.

 Dès lors l’avertissement disciplinaire infligé pour sanctionner cette curiosité et mes libres recherches sur Adonis prouve bien la duplicité de ma hiérarchie. Cerise sur le gâteau, la conclusion réitérée de Mme Guichard semble exclure définitivement la nécessité d’un tel avertissement :

« Très consciencieux, il manifeste le souci de répondre aux attentes formulées ».

 

Pour conclure, vous me prêtez une déclaration souriante à propos de mes Mémoires en sept tomes :

« Le dernier, presque entièrement en vers, s’appelle "Divagation". »

Or, le septième tome dont je vous ai remis un exemplaire s’intitule précisément « divagations ». Le titre ainsi mis au pluriel, change de sens.

Selon le Petit Larousse, la divagation au singulier désigne un état de l’esprit qui divague, une rêverie. Employé au pluriel le plus souvent, le terme s’applique à des propos décousus, incohérents ou déraisonnables, à un délire.

Voilà qui fera plaisir à l’avocat Gilles August qui, dès la matinale du 5 décembre 2012 sur Europe 1, a fustigé l’inspecteur Garnier pour ses « élucubrations délirantes » à propos de Jérôme Cahuzac. Et il citait des morceaux choisis - c’est le cas de le dire- du désormais fameux mémoire en défense de 2008, tandis que son illustre client tenait le même discours au micro de RTL.

 En réalité, mon titre tient des deux acceptions du terme.

Il s’agit bien d’une suite de rêveries comme je l’indique, page 16 :

« Et je divague en dix vagues.

Dix vagues dont la durée et l’intensité varient, du cortège de vagues vaguelettes têtues à la furieuse déferlante qui tue. »

 Mais le titre désigne aussi un état de délire conscient et assumé qui prend toujours appui sur des réalités criantes et cruelles, sur ces faits avérés que tente d’occulter Jérôme Cahuzac. Ce bouquin atypique montre les dégâts que peut provoquer la « placardisation » prolongée sur le cerveau d'un inspecteur des impôts, personnage réputé ne pas être particulièrement rigolo.

Quant à l’avocat de l’ex-Ministre délégué chargé du Budget, son plaisir sera de courte durée.

Que Maître August cesse donc de faire le clown !

 

22- L’illustration.

Enfinla photographiequi illustre l’article me représente avec Michel Gonelle en chemisette, assis face à face dans son cabinet d’avocat, derrière une pile de dossiers avec cette légende :

« Rémy Garnier (à gauche), contrôleur des impôts retraité, dans les bureaux de son avocat, Michel Gonelle, le détenteur de l’enregistrement »

Rien n’indique qu’il s’agit d’une photographie d’archives. Sa date ne figure pas, ni les circonstances dans lesquelles elle a été prise.

Tout laisse à penser que je complote avec Michel Gonelle dans le cadre du conflit m’opposant à Jérôme Cahuzac.

En réalité, le photographe Jean-Michel Mazet dont le nom figure à droite, travaille alors pour Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne, journal agenais racheté depuis par La Dépêche du Midi. Il a pris une série de clichés pour illustrer un article du 11 juillet 2011 qui s’intitule

« Rémy Garnier : la fin du purgatoire »

Richard Hecht, signataire de cet article, y relate ma deuxième victoire en cassation, du 24 mai 2011, contre les deux directeurs des impôts qui m’ont fait poursuivre du chef d’outrages prétendus. Il résume ainsi textuellement l’essentiel de son article :

« Après six années de procédure, Rémy Garnier, le fonctionnaire exemplaire du fisc devenu la bête noire de l’administration, récolte les fruits de sa persévérance. »

 Cette affaire n’a aucun rapport avec Jérôme Cahuzac, alors « seulement » député-maire de Villeneuve-sur-Lot. Il sera nommé ministre un an plus tard, en mai 2012.

L’interprétation que suggère cette photo détournée de son contexte doit donc être clairement recadrée, pour une juste information de vos lecteurs.

 

Conclusion

 

En marge des journalistes de commentaire et des journalistes d’investigation, il existe une troisième catégorie à laquelle vous semblez appartenir, les bidonneurs. Les plus audacieux bidonnent même les commentaires de leurs propres investigations qu’ils assortissent parfois de photos truquées ou de clichés détournés.

Croyez-en mon expérience, il n’y a pas de quoi rire.

Le « Canard », chef d’une escadrille de corbeaux déchaînés donne le ton dès le 12 décembre 2012.

Hervé Martin fustige le misérable délateur qui du fond de sa « baraque reculée » jette le trouble sur Jérôme Cahuzac, sa source miraculeuse. Pauvre Martin, pauvre misère !

Hervé Liffran, habituellement mieux inspiré, en rajoute dans son encadré qu’il intitule « Une"balance" déréglée ». Un titre que les lecteurs avisés ne manqueront pas de retourner contre son auteur.

Louis-Marie Horeau, leur Rédacteur en chef, ne respecte ni la loi sur le droit de réponse ni ses propres engagements lorsqu’il publie le 16 janvier 2003 un rectificatif, format timbre postal, qui ajoute à la confusion sous le titre anodin « On écrit au "Canard" ».

Mais, la palme - si j’ose dire - revient à Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique pour le site Leplus.nouvelobs.com qui, le 12 décembre 2012 dans « Les nauséeuses coulisses de l’affaire Cahuzac », voit des corbeaux partout, sans doute par un effet de miroir. Sans enquête, sans document ni confrontation des sources, il reprend les élucubrations vaudevillesques du « Canard », brodant sur le thème des lettres anonymes.

Vous-même, Mme Etchegoin, dans votre précédent article publié le 14 février 2013 (n°2519), vous évoquez « Un troisième homme (…),      ex-agent du fisc », ajoutant pour conclure : « Son avocat, dans la longue guerre qui l’oppose à son administration, s’appelle… Michel Gonelle. »

Tout le message tient dans ces trois points de suspension.

Je vous en conjure, ne rejoignez pas la cohorte des cloportes qui colportent les rumeurs, distinguez-vous de ces plumitifs bornés et faites écho à ma réaction indignée.

Errare humanum est, perseverare diabolicum.

 

Puisqu’il est question de miroir, de cadre et de portrait, je vous propose celui-là, plus conforme à mon ego narcissique :

« Vérificateur exceptionnel par sa puissance de travail et l’approfondissement de ses investigations et analyses. Son travail d’une clarté exemplaire et ses facultés de synthèse dans les cas les plus difficiles en font un agent dont la collaboration est particulièrement appréciée. Apte au grade supérieur. »

 

Signé J. Lavault, Directeur régional. C’était avant le scandale des prunes franches. Chabrol reviens, ils sont devenus fous !

 

Rémy Garnier alias Mygar Rainier.

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