DUPOND-MORETTI , GRAND COMEDIEN

REPONSE à ACQUITTATOR

 

 

Initialement ACQUITADOR, ce premier sobriquet faisait référence à la passion de cet avocat pour la tauromachie (pour la chasse en général et la fauconnerie en particulier aussi).

Troquant le D pour un T, ses admirateurs le font ACQUITTATOR, la terreur des prétoires, quand les mauvaises langues décomposent ce nouveau sobriquet en trois mots : « ACQUITTE À TORT» 

L’OBS nous gratifie à la une de son numéro 2829 du 24 au 30 janvier 2010 d’un portrait en pros plan de Super DUPOND sous titré en lettres géantes « CE SIÈCLE EST HYPER MORALISATEUR» 

« Les coups de gueule de l’avocat Éric DUPOND-MORETTI », page 26, occupent six pleines pages illustrées de trois portraits en plan rapproché.

C’est un tissu de propos déplacés, particulièrement désobligeants, injustes et souvent contradictoires ! Bref, Super DUPOND, auréolé de son statut de star du barreau se permet de dire n’importe quoi sans souci de la contradiction.

Je classe les sujets qu’il aborde en trois catégories, classement forcément arbitraire puisque des passerelles relient les différents thèmes : 

JUSTICE, POUVOIRS D'INFORMATION, POLITIQUE 

I- JUSTICE  

Outreau, victimes et secret sont au menu de l’interview. 

11- Outreau. 

Le chapeau de l’article donne le ton de l’interview qui suit :

« Rendu célèbre par l’affaire d’Outreau, l’avocat affiche aujourd’hui un nombre record d’acquittements (plus de 150) et s’est taillé une réputation de trublion dans tous les tribunaux  de France. Il n’hésite pas à incendier les juges et ose lâcher à un président "Il m’est désagréable de plaider devant vous, car je vous déteste." »

 Le « terroriste des prétoires » ne cache pas son aversion contre une certaine magistrature, « institution de faux-culs, petit monde de l’entre-soi et de l’irresponsabilité ».

Je ne le contredirai pas sur ce point, ayant moi-même déclaré lors de mon audition devant la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire CAHUZAC, le 12 juin 2013 : « La justice à Agen, Bordeaux et Toulouse, c’est Outreau-sur-Garonne ».

À la lumière de ma propre expérience, je m’abstiendrai de critiquer ces aimables appréciations de l’« Ogre du Nord » sur la justice.

Mais si j’avais tenu ce genre de propos devant le Tribunal correctionnel d’Agen ou la Cour d’appel à Agen puis à Toulouse, j’aurais probablement été poursuivi pour outrage à magistrat.

J’ai d’ailleurs fait l’objet de plaintes du chef d’outrages par deux Directeurs divisionnaires des impôts et j’ai été condamné à trois reprises pour beaucoup moins que cela. Il m’a fallu six années de procédures et deux cassations, la seconde sans renvoi, pour m’en sortir blanc comme neige… 

12- Victimes. 

Maître DUPOND-MORETTI, vous fustigez les dérives victimaires de la justice qui constituent selon vous le fond de commerce des médias.

S’il convient de rappeler qu’un accusé doit bénéficier de la présomption d’innocence et ne pas être exposé aux violations du secret professionnel ni aux fuites dans la presse, le sort des victimes présumées mérite les mêmes attentions.

Dans une affaire d’abus sexuel ou de viol, lorsque l’issue du procès dépend seulement d’un duel, parole contre parole, il est légitime que vous défendiez loyalement l’accusé. Par contre, traiter sans preuves les victimes de menteuses, d’affabulatrices assoiffées de vengeance, c’est faire preuve a minima d’un cruel manque d’élégance.

 13- Transparence et secret. 

Je cite l’éminent spécialiste dans l’art de tordre le droit : 

« Dans l’affaire BETTENCOURT, la Cour de cassation estime que les écoutes faites - illégalement à mon sens - par un majordome, où on entend une vieille dame discuter avec son avocat, constituent une preuve valable. De même pour les conversations téléphoniques entre un avocat et son client, par exemple entre Thierry HERZOG et Nicolas SARKOZY. Le secret professionnel de l’avocat est mort, la Cour de cassation l’a tué. » 

Le cher Maître pratique l’amalgame comme à son habitude.

Le secret professionnel de l’avocat lui interdit de divulguer lui-même les confidences de ses clients. Il ne lie personne d’autre et certainement pas un salarié vis-à-vis d’un patron potentiellement délinquant et encore moins un journaliste d’investigation dont c’est précisément le métier de lever le voile sur des secrets inavouables.

Dans le second cas, c’est l’avocat HERZOG qui viole involontairement le secret professionnel en omettant de sécuriser efficacement ses conversations malsaines avec Paul BISMUTH. Les écoutes téléphoniques sont faites précisément pour piéger les délinquants.

Franchement, Maître DUPOND-MORETTI, vous comptez nous faire pleurer avec les combines grotesques de ces pieds-nickelés ? 

Il insiste en ciblant les journalistes coupables de faire leur métier. 

« Je ne suis pas l’annexe du commissariat de police. (…) Le secret professionnel, c’est aussi le secret de la vie privée… Et ça protège le justiciable. (…) Le secret de l’avocat est essentiel. IL y a aujourd’hui une exigence de transparence, de "transperçance"… avec la complicité de certains journalistes, dont on se demande s’ils ne sont pas devenus flics. » 

Au passage, je salue le génial créateur de ce néologisme : la transperçance, il fallait y penser ! C’est plus agressif que la transparence car il s’agit là de perforer, le cas échéant par ruse ou par contrainte, les écrans, les murs qui font obstacle à la manifestation de la vérité. 

Eh bien oui, certains journalistes s’y adonnent par « bravitude ». 

II- POUVOIRS d'INFORMATION

Il s’agit non pas de l’information officielle mais plutôt des contre-pouvoirs d’information, à savoir les journalistes d’investigation et les lanceurs d’alerte. 

21- Presse d’investigation. 

Et l’interviewer de relancer : 

- Vous parlez de quels journalistes. Ceux de Mediapart ? 

« Pas seulement. Que pensez-vous d’une émission de télévision consacrée à l’affaire de Georges TRON alors qu’on est en plein procès ? Ou de Mme Élise LUCET qui poursuit éric WOERTH : « Répondez ! ». Et s’il ne répond pas, on met en scène avec des acteurs ce que Mme Élise LUCET imagine être la réalité. Elle est procureure ? Elle est flic ? On nage en plein délire. » 

C’est vous Maître DUPOND-MORETTI qui délirez gravement. 

Les avocats sont tenus de respecter leur déontologie, en matière de secret notamment, sous le contrôle de leur Ordre professionnel.

Les journalistes obéissent en principe à leur propre déontologie, laquelle ne répond pas aux mêmes impératifs.

Ils doivent notamment recouper leurs informations auprès de différentes sources - trois au moins - ce qui implique les questionnements que vous critiquez à tort.

Ils ne sont ni flics ni procureurs. Mais ils ne sont pas non plus les auxiliaires de la mafia ou des politiciens corrompus, chargés de faire respecter l’omerta.

En effet, les journalistes d’investigation viennent perturber le monde des puissants en général et des politiques en particulier dans leurs institutions de faux-culs, leur petit monde de l’entre-soi et de l’irresponsabilité.

Ils dénoncent certains travers que vous-même reprochez à une certaine magistrature.

Monsieur TRON, maire de Draveil est un homme public. Et s’il organise des séances de réflexologie plantaire, voire des parties fines dans les locaux de sa mairie ou ailleurs avec ses employées, consentantes ou non, ses électeurs et administrés ont le droit de connaître la véritable nature du personnage et de ses activités débordantes.

La Cour d’assises de Seine-Saint-Denis, en son jugement d’acquittement du 15 novembre 2018, a reconnu que Georges TRON et son assistante Brigitte GRUEL ont bien « participé à des ébats sexuels en présence de tiers dans un climat général hyper sexualisé », tout en notant qu’ « il n’a jamais été rapporté la preuve d’une contrainte ».

Franchement, cher Maître, vous comptez encore faire pleurer dans les chaumières avec ces pauvres victimes de leur art réflexologique ? 

Monsieur WOERTH, parlons-en puisque vous avez de telles références !

C’est un politicien au cuir épais, rompu à toutes sortes d’attaques, justifiées ou pas. S’il refuse de répondre à la question simple d’une journaliste d’investigation, il crée lui-même le doute sur sa crédibilité de politicien a priori honnête.

La plupart des scandales avérés de corruption ont été mis au grand jour grâce aux investigations de ces journalistes indépendants, trop rares aujourd’hui, et non par l’action de la police ou de la gendarmerie, institutions répressives à la botte des représentants parfois véreux  d’un pouvoir dont dépend leur carrière. 

Même si je ne partage pas aveuglément toutes leurs analyses et conclusions, je rends hommage à élise LUCET, à Fabrice ARFI et ses confrères de Mediapart et à tant d’autres sans lesquels la République n’aurait plus aucune chance de devenir irréprochable. 

22- Lanceurs d’alerte. 

Là le grand Maître fait preuve d’une pitoyable bassesse : 

« De nos jours, les délateurs ont été anoblis, on les appelle des lanceurs d’alerte. C’est plus chic, non ? Mais les lanceurs d’alerte, ce sont des délateurs, ce sont des balances. » 

Ces injures me rappellent de très mauvais souvenirs. Même si je ne suis pas visé nommément, je me sens concerné à plus d’un titre. En effet, j’ai joué un petit rôle dans la découverte du compte suisse de Jérôme CAHUZAC que Maître DUPOND-MORETTI a défendu efficacement en appel pour lui éviter la prison ferme.

Le 12 décembre 2012, réagissant  aux révélations de Mediapart sur le compte suisse du Ministre délégué au Budget, les plumes du Canard déchaîné me prennent pour cible.

Le pauvre MARTIN Hervé, fustige le délateur qui, du fond de sa « baraque reculée », a osé jeter le trouble sur Jérôme CAHUZAC

Et LIFFRAN Hervé, vient à la rescousse dans un encadré fielleux qu’il intitule « Une "balance" déréglée ».

Quant à Bruno ROGER-PETIT, alors chroniqueur politique pour le site Leplus.nouvelobs.com., il voit des corbeaux partout, par un effet de miroir… Le 12 décembre également, il pond son article intitulé « Les nauséeuses coulisses de l’affaire Cahuzac », sans avoir mené sa propre enquête, sans documents ni confrontation des sources. 

Ces commentaires donnent effectivement la nausée. 

Il convient donc de rétablir la vérité pour tous les admirateurs non éclairés de Monsieur DUPOND : Qu’est-ce qu’un délateur ? 

Le Petit Larousse définit la délation comme une dénonciation inspirée par la vengeance ou la cupidité.

Le délateur agit souvent sans risque, de façon anonyme. Il s’attaque lâchement à des victimes en situation de faiblesse ou d’infériorité, sans preuves de ses accusations, fondées parfois sur de simples rumeurs. Il poursuit un intérêt strictement personnel, cherchant à assouvir une basse vengeance ou à satisfaire sa cupidité ou celle de ses proches.

Tout le contraire du lanceur d’alerte ! (Voir le post-scriptum sur la loi SAPIN 2).

Ce dernier prend tous les risques pour dénoncer au grand jour - par écrit revêtu de sa signature le cas échéant- les scandales impunis des puissants de ce monde, courageusement motivé par son sens de l’éthique et le souci de l’intérêt général. 

Si Monsieur DUPOND connaît un de ces lanceurs d’alerte devenu un héros en faisant commerce de ses trouvailles, qu’il le désigne clairement et surtout - c’est le moins que l’on puisse attendre d’un avocat - qu’il s’abstienne d’en faire une généralité ! 

La plupart des lanceurs d’alerte ont vu leur vie professionnelle et familiale saccagée, leur santé se détériorer. Certains ont subi des, poursuites pénales ou disciplinaires abusives parfois suivies de condamnation effective. Leur sacrifice mérite le respect.

Je sais de quoi je parle car j’ai moi aussi payé le prix fort pour avoir dénoncé, preuves à l’appui, maints scandales impliquant des supérieurs plus ou moins corrompus et restés impunis. Et cela bien avant l’affaire CAHUZAC, puis à cause de l’affaire CAHUZAC, avant d’être réhabilité en justice et par voie de presse, cette fois grâce à l’affaire CAHUZAC.

Bien que je n’aime pas l’expression, je me revendique lanceur d’alerte par opposition au méprisable délateur. 

III- POLITIQUE 

Monsieur DUPOND nous livre de surprenantes confessions sur la gauche, les gilets jaunes, la liberté… tout en nuances. 

31- Gauche. 

Celui qui a toujours soutenu Martine AUBRY à Lille s’exprime sur le sens d’un engagement qui confine à la confusion mentale. 

Question : Vous vous présentez comme un bourgeois de gauche.

Réponse : « Bourgeois, c’est sûr. De gauche… Oui, si c’est la gauche de Jules GUESDE, celle que m’a apprise mon grand-père. Mais en réalité, je ne sais plus très bien ce que cela veut dire aujourd’hui. Moi, je suis assez content que MACRON ait tout fracassé. » 

Dans un rare éclair de lucidité, il reconnaît que, nonobstant ses modestes origines, il est devenu un bourgeois. À ce titre, il devrait méditer la chanson de Jacques BREL, cet autre génie du plat pays (authentique celui-là !).

Mais deux contradictions parfaitement ineptes dans la même réponse, c’est trop fort ! Visiblement, Monsieur DUPOND ne connaît pas la gauche, son histoire et les subtilités de ses divers courants.

C’est une dérive intellectuelle totale, autour de ses deux prétendues références, Jules GUESDE (1845-1922) et Emmanuel MACRON. 

Jules GUESDE d’abord. 

Fondateur du Parti Ouvrier (PO, puis POF, F comme français) se définit comme collectiviste, opposé à tout compromis avec les forces bourgeoises. C’est un socialiste révolutionnaire, proche du marxisme, partisan de la lutte classe contre classe. Opposé à toute tactique participationniste et partisan de la guerre supposée déclencher la révolution dans la foulée, il s’oppose naturellement à Jean JAURÈS.

Au moment de l’affaire DREYFUS, s’il croit le capitaine innocent, il refuse de s’associer aux campagnes dreyfusardes, considérant cette affaire comme un conflit interne à la bourgeoisie dont il n’a pas à se mêler.

Ce positionnement classe contre classe le situe à l’opposé de la déontologie de l’avocat que je partage au nom de la Justice.

Jules GUESDE n’aurait donc jamais participé à quelque lutte que ce soit avec le bourgeois DUPOND.

Et il n’aurait pas approuvé l’avocat DUPOND-MORETTI prenant la défense en justice ou par voie de presse de tous ces éminents bourgeois, puissants par leur pouvoir ou leur fortune, que sont Bernard TAPIE, Liliane BETTENCOURT, Thierry HERZOG, Nicolas SARKOZY, Éric WOERTH, Karim BENZEMA, Jérôme CAHUZAC, Georges TRON et j’en passe… 

En fait, DUPOND alias DUPOND-MORETTI applique bien la stratégie « classe contre classe » chère aux guesdistes, mail il s’est trompé de bord.

Quant à MACRON, il a effectivement tout massacré, à commencer par les acquis sociaux obtenus de haute lutte par les représentants authentiques de la classe ouvrière, syndicats et partis de gauche.

Aucun militant de gauche ne saurait s’en réjouir. Là Monsieur DUPOND, vous faites preuve d’un cynisme indécent et votre grand-père doit s’en retourner dans sa tombe.

Il y a deux façons de rompre avec l’immobilisme, soit en se vautrant dans la soumission aux intérêts financiers du capitalisme ultralibéral, soit en poursuivant l’œuvre du Conseil national de la Résistance, pour plus de justice sociale, de sécurité au travail et de fraternité entre les citoyens et les peuples.

Le massacre des idéaux de la vraie gauche, commencé sous la présidence de François HOLLANDE, notamment avec le CICE et la loi EL KHOMRI, se poursuit à un rythme accéléré. Sans parler du massacre des manifestants pacifiques par des armes de guerre civile. Justement parlons-en des Gilets jaunes. 

32- Gilets jaunes. 

Le nouveau politologue se plante encore :

« C’est un mouvement protéiforme. Sans représentant, donc sans véritable revendication. On en vient à regretter la moustachu de la CGT. Au moins, le mec, il  sait ce qu’il veut : il dit qu’il faut doubler le SMIC. » 

Faux ! Si les gilets jaunes n’ont pas de représentants acceptés par tous, leurs revendications très précises recoupent pour la plupart celles de l’opposition de gauche (le plus souvent) et parfois de droite.

Non, non, Monsieur DUPOND ! Philippe MARTINEZ, Secrétaire général de la CGT, contrairement à ce que vous insinuez, ne propose que des mesures de bon sens, réalistes et raisonnables. À l’instar de sa confédération qui réclame depuis des années un SMIC à 1 800 € brut au lieu des 1500 € actuels, soit une majoration de 300 € ou 20% en brut.

Et Super DUPOND poursuit : « Il y a des images très choquantes. L’Arc de triomphe, c’est terrible. C’est hérétique d’aller s’attaquer à un tel symbole. »

Bien sûr, il faut déplorer ces destructions. Mais qui sont ces casseurs que les policiers ne neutralisent pas ? 

Ce monument voulu par Napoléon 1er n’est pas un symbole de la République et des gilets jaunes ont protégé la flamme du soldat inconnu, véritable symbole celui-là. Je note aussi le silence de notre grand humaniste sur les ravages des violences policières. 

33- Liberté. 

« Je vais vous dire : il y a aussi des abuseurs de liberté. Prenez ZEMMOUR et DIEUDONNÉ. Vous considérez que c’est une liberté de monter sur scène et, de faire l’apologie du nazisme, d’inviter FAURISSON (militant négationniste) et de le faire applaudir ? Non, pour moi, c’est une infraction. C’est une liberté de raconter qu’un prénom d’origine africaine est une insulte à la France ? » 

Vous avez tout à fait raison Monsieur DUPOND. Mais cette idée que SAINT-JUST avait exprimée avant vous porte en germe bien des dangers : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! » 

Certes, mais qui va désigner ces ennemis ? En principe, il revient au législateur de le faire en définissant les infractions pénales au risque de retomber dans les travers que vous dénoncez, parfois à juste raison : l’hygiénisme, l’hyper moralisation, la radicalisation victimaire des esprits, le féminisme mal digéré…

En réalité Monsieur DUPOND, vous enfoncez des portes ouvertes.

Disons simplement que la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres et qu’il appartient à la loi d’en fixer les limites. 

34- Radicalisation des esprits. 

« Que voulez-vous, c’est cela, l’hyper moralisation, qui engendre la radicalisation des esprits. Il n’y a plus de nuance, et donc plus d’intelligence. C’est blanc ou noir. La palette de nuances a disparu. » 

Pour ce qui est de la nuance, vous en connaissez un rayon Monsieur DUPOND : Les journalistes sont des vendus, les victimes des salauds, menteurs et affabulateurs et les lanceurs d’alerte de vulgaires balances élevées au rang de héros par une société déliquescente.  

 

CONCLUSION 

Il suffirait de troquer à nouveau un D pour un T pour faire de l’acteur DUPOND-MORETTI, grand comédien reconnu, un DUPONT LAJOIE crédible, le racisme en moins bien que je ne sois pas convaincu par ses propos sur l’arabe de service qu’il aurait défendu gratuitement à Aix-en-Provence (« Va te faire foutre Guacamole 425 ») ou sur la mère de Mohamed MERAH qui « n’a pas vêlé ».

Sur la forme, il se vautre dans la vulgarité d’un vocabulaire qu’il croit mettre au service de causes justes a priori.

Quant au fond, il étale ses certitudes de beauf dans tous les domaines : la presse, les victimes, les syndicats, la gauche, les féministes, la chasse et le véganisme etc. au service des puissants de ce monde. 

D’habitude, j’essaie de m’en tenir à l’analyse objective et rationnelle des faits et actes en cause, mais là l’affect reprend droit de cité : sans aller jusqu’à vous détester, je ne vous aime pas Monsieur DUPOND, pas plus que je n’admire Maître DUPOND-MORETTI ! 

Si mon analyse vous semble manquer de nuance, sachez que c’est par le mimétisme que vous m’inspirez. 

 

Rémy GARNIER

Post-scriptum : Un « bavard » à son aise chez Causeur. 

Satisfait de sa prestation pour L’Obs, ledit bavard en remet une couche le 10 février 2019 dans un entretien avec Élisabeth LÉVY, journaliste du magazine Causeur qui accueille avec complaisance ses élucubrations :

« On anoblit les délateurs qu’on appelle désormais les lanceurs d’alerte. » ou à propos des journalistes d’investigation et des juges : « Ces méthodes sont indignes, dégueulasses, staliniennes… » 

Et il s’en prend à ses habituelles têtes de Turc : le duo Edwy plénel-Fabrice ARFI de Mediapart et Élise LUCET. Les affaires évoquées, en ce qu’elles porteraient atteinte à la vie privée des protagonistes, concernent notamment Liliane BETTENCOURT, Jérôme CAHUZAC ou Alexandre BENALLA. Or les conversations interceptées à leur insu s’intègrent seulement à la vie publique de ces personnages dont les comportements contraire à l’éthique et à l’intérêt général peuvent intéresser la Justice.

 

Un rappel à la loi s’impose à l’« Ogre des prétoires » : Loi SAPIN 2, n°2016-1691 du 9 décembre 2016.

Cette loi définit le lanceur d’alerte (article 6), assure sa protection (article 12) et institue le délit d’entrave à l’alerte (article 13).

 Article 6 : « Un lanceur d'alerte est une personne physique qui révèle ou signale, de manière désintéressée et de bonne foi, un crime ou un délit, une violation grave et manifeste d'un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France, d'un acte unilatéral d'une organisation internationale pris sur le fondement d'un tel engagement, de la loi ou du règlement, ou une menace ou un préjudice graves pour l'intérêt général, dont elle a eu personnellement connaissance. Les faits, informations ou documents, quel que soit leur forme ou leur support, couverts par le secret de la défense nationale, le secret médical ou le secret des relations entre un avocat et son client sont exclus du régime de l'alerte défini par le présent chapitre. »

 La loi SAPIN 2 protège le lanceur d’alerte :

 Tout salarié ayant signalé une alerte dans le respect des conditions prévues par la loi, ne pourra faire l’objet d’une procédure de licenciement (article 12), être écarté d’une procédure de recrutement, être sanctionné ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire (article L.1132-3.3 du code du travail.

Enfin cette loi crée le délit d’entrave à l’alerte, à son article 13 :

 « Toute personne qui fait obstacle, de quelque façon que ce soit, à la transmission d’un signalement aux personnes et organismes prévus aux deux premiers alinéas du I de l’article 8 (supérieur hiérarchique direct ou indirect, employeur ou référent désigné par celui-ci) est puni d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. »

 

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