Une dixième édition en deux mouvements

Depuis 10 ans, les Rencontres à l’échelle inscrivent dans le paysage marseillais un rendez-vous international et pluridisciplinaire annuellement au mois de novembre puis, pour cette édition décennale, en janvier et février 2016.

© Valentine Vermeil © © Valentine Vermeil © Valentine Vermeil © © Valentine Vermeil

Depuis 10 ans, les Rencontres à l’échelle inscrivent dans le paysage marseillais un rendez-vous international et pluridisciplinaire annuellement au mois de novembre puis, pour cette édition décennale, en janvier et février 2016.

Dédiée aux esthétiques innovantes et exigeantes, cette manifestation pilotée par la directrice artistique et metteur en scène Julie Kretzschmar présente le travail d’artistes aux prises avec des questions liées aux identités, aux migrations, aux rapports entre l’Occident et l’Orient. Des artistes qui, sans idéologie affrontent nos peurs contemporaines et proposent d’autres récits que ceux qui saturent le paysage médiatique. 

Essentiellement axée sur la mise en avant de la jeune création, représentative en son sein de la diversité des origines qui composent notre paysage culturel,  cette édition témoigne de la vitalité et de la nécessité avec lesquelles ces gestes artistiques s’emparent de la thématique de la Migration. 

les 20 et 21 novembre 2015 à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Charlotte Corman les 20 et 21 novembre 2015 à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Charlotte Corman
A l’instar de David Geselson qui emmêle la chronologie historique dans En Route-Kaddish, pour mieux questionner son héritage familial et historique, et retraverse l’histoire du XXe siècle en partant de la Lituanie jusqu’à la Palestine, ces spectacles rappellent la nécessité de distinguer l’identité, du « discours » sur l’identité. 

A leur échelle, ainsi que le nom de la  manifestation le rappelle, ces artistes bousculent nos représentations sur la tradition,  la religion, les récits d’exil. Ils viennent pour cette dixième édition de France, de Russie, du Liban, de Syrie mais aussi en partie d’Iran, du Ghana et du Bénin. Ils créent en Sibérie, écrivent à Londres, répètent dans les camps de Sabra et Chatila. 

Trois  jeunes danseurs et chorégraphes, trois premières créations professionnelles, Malikja Djardi, Ali Chahrour, Nancy Naous déjouent les codes liés aux traditions et aux injonctions culturelles avec une liberté joyeuse.

les14 et 15 nobembre à Marseille (Friche la Belle de Mai) © Willy Vainqueur les14 et 15 nobembre à Marseille (Friche la Belle de Mai) © Willy Vainqueur
Le spectacle 81 avenue Victor Hugo qui met en scène huit membres d’un collectif de sans papiers a été l’un des événement du dernier festival d’Avignon. Et sûrement parce que cette représentation du migrant percute de plein fouet notre actualité quotidienne. Mis en scène par un jeune metteur en scène français, La pièce d’actualité (ainsi que l’a initié le théâtre de la Commune à Aubervilliers) témoigne de la possibilité d’un théâtre politique renouvelé. 

Un focus autour de la création syrienne se prépare (encore à ce jour), pour le deuxième volet de cette dixième édition, en janvier 2016, autour de la venue du metteur en scène Omar Abusaada. Brillant et prometteur représentant de la scène contemporaine qui commençait à éclore à Damas avant 2011, il est pour la première fois invité en France.  

les 29 et 30 janvier 2016 à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Tabitha Ross les 29 et 30 janvier 2016 à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Tabitha Ross
Antigone of Chatila, dont ce sera la première représentation en Europe, met en scène un groupe de femmes syriennes exilées dans les camps à Beyrouth depuis 2012. Créé au Liban en mai 2015, il s’agit d’un geste majeur de la scène artistique du Moyen Orient pour affronter le drame syrien. 

le 21 novembre à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Theatre Knam - Alexey Blazhin le 21 novembre à Marseille (Friche la Belle de Mai) © © Theatre Knam - Alexey Blazhin
Soucieuse de ne pas enfermer des récits dans des géographies contraintes et affirmant la nécessité de toujours remettre en dialogue les réalités politiques et les contextes singuliers de création entre eux, cette édition invite la dernière création de Tatiana Frolova avec sa compagnie le KnAM, figure singulière du théâtre russe dont le travail est montré pour la première fois à Marseille.

D’autres spectacles, lectures, projections nourrissent cette édition qui a lieu dans plusieurs lieux marseillais, la Friche la Belle de Mai bien sûr mais aussi Montévidéo où s’ouvre le festival, le Mucem, le théâtre national de la Criée en partenariat avec les Rencontres d’Averroès, le cinéma Gyptis.

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