LA JUSTICE DANS SES BOTTES

Justice.Incarcéré, et libéré.

 

Dans une affaire de marchés truqués d'enrobés à froid, le maire d'une petite commune de Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau a été emprisonné trois mois, pour détournements de fonds publics, et annexes, pour un marché remplissant quatre mains du produit, pour une commande de 1 à plusieurs millions d'€.

 

Les étrangers, amis, complices, footballeurs, entrepreneurs, ou autres, du maire, n'ont pas été inquiétés.

 

L'entrepreneur métro, interpellé en France, qui avait été emprisonné le vendredi 10 octobre 2014, a été remercié et libéré le jeudi 16, une semaine après, sous le soleil. Il ne s'est pas agi d'un petit jeu exotique sous les tropiques de magistrats antillais attardés, laxistes, ces enfants des îles, mais d'une affaire sérieuse.« Affaire des enrobés à froid : le chef d'entreprise remis en liberté », titre le quotidien France-Antilles dans son édition du Samedi 18 et Dimanche19 octobre 2014.

Cet homme est soupçonné, comme étant l'un des principaux protagonistes de l'affaire dont il s'agit, et proche du PDG, lequel n'est ni recherché, ni entendu, et dont la société monégasque semble avoir joué un rôle majeur dans les affaires de détournements de fonds publics.

 

PDG, mystérieux PDG, pas d'invite, ou de mandat d'amenée.

 

« Ses conseils qui sont des maîtres, ont juré que leur client n'avait rien à voir avec ce système d'enrobés à froid, il ne connaît rien à cette affaire » Même pas le système métrique des pesées et des quantités. Comme si, un puissant inquiété pouvait exécuter un acte contraire au droit et aux lois de la République Française.

 

Les magistrats de la chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Basse-Terre, en Guadeloupe, ont donc donné une suite favorable au référé-liberté dépose par les maîtres du barreau.

 

Pourquoi maître ? Métropole ? La France hors colonies, dont la Guadeloupe.

 

Appelez un magistrat Maître ne semble pas choquant, tant il est puissant, intouchable, disposant de droit de vie et de mort sur le justiciable, alors qu'un avocat, un huissier, surtout s'il s'agit de fournée politique type Sarkozy, acceptable ?

 

Le suspect, est donc innocent tant que le tribunal ne le juge coupable, et ce n'est pas demain la veille. Libéré, il reste toutefois mis en examen pour une batterie de charges habituelles, et reste sous contrôle judiciaire l'obligation de fréquenter uniquement les personnes et les lieux propres en dehors de tous gestes, faits et situations suspects et louches, et de rester dans l'archipel et ses îles.

Et surtout, ne pas profiter de la route du rhum pour se saouler, et pousser vers Marseille, la Corse, ou Monaco, tagada tagada, et y a plus personne, avec le puissant bateau du vainqueur LP.

 

Près de sept jours pleins de prison, est-ce-que ça valait le coup ?

 

Les noirs auraient compté que le maire noir à passé douze semaines en prison, et que le blanc, une semaine seulement. Mais la prison, c'est quand même sot. Et puis, le pays donne l'impression que l'argent coule à flots, attirant les convoitises de toutes sortes de flibustiers.

Même F-A qui est un journal super gentil et qui ne ferait pas de mal à une mouche tropicale a osé « à peine incarcéré et déjà relâché».

 

Une blanche égale deux noires, mais en matière de violon, dans ce cas, un blanc égal douze noirs.

 

Pourtant les motifs retenus sont plus chargés s'agissant du métropolitain, mais plus privés, alors que pour le Maire, publics.

 

La dépénalisation du droit des affaires n'est pas passée dans les textes, mais s'applique sur le terrain, en toute bonne foi. Et puis quand le premier ministre crie à droite: « j'aime l'entreprise , business is business, mon gouvernement is pro bisness », et quand le ministre de noël rajoute : cadeaux aux entreprises, «  la finance est notre amie », enfin, quand un député qui s'atteint lui même et descend son honnêteté dans le néant, demande le non- emprisonnement pour les patrons, grâce aux 40 milliards de cadeaux reçus, l'on voyait mal l'homme d'affaires demeurer en taule.

Monaco, c'est princier. Une telle donne peut demain s'avérer utile pour la poursuite d'une carrière.

 

Et imaginer qu'un petit autochtone puisse monter une affaire internationale portant sur plusieurs millions d'euros, c'est trop d'honneur fait au petit territoire. Un gentil oganisateur en bordure de mer, qui peur faire le plus? incroyable! 

Passe encore pour voler des billes en cour de récréation, ou animer un petit réseau de quelques sous, mais pas plus. Dans toutes les grosses affaires, les noirs ont toujours été mis en première ligne pour servir de chair à canon, et de chair à prison.

 

L'affaire est d'un scénario à lourd suspense, penser qu'un indigène, un nonchalant, ait pu monter une telle affaire, réfléchir et agir ? Bizarre ? Vous avez dit bizarre ? Et qu'il, puisse récolter le gros lot ? L'on a vivement envie de connaître la suite.

 

Sorti de prison, le maire s'en est pris à son collaborateur adjoint, d'avoir mal géré la commune. En son absence. Encore un, irremplaçable, maire à vie, sans se plaindre (publiquement) de ceux qui l'ont roulé dans la farine. Toutes les grosses affaires ont toujours été initiés par la France elle-même, avec des profits conséquents, liées à un larbin local sur place pour gagner les miettes et la prison.

 

En France, une batterie d'élus sont mis en examen,sans plus, avec des peines lourdes à supporter, trop lourdes, sans incarcération, alors que selon leur intime conviction, ils n'ont rien fait, ils ne sont pas au courant, le dossier est vide, ils sont blancs et propres.

 

En Guadeloupe, emprisonnement vite et bien. La justice est-elle la même, selon la vitesse, selon la couleur, selon la puissance ?

 

La QPC : une magistrature blanche de passage dans un pays où l'on ne s'intéresse pas, est elle compétente pour juger des justiciables majoritairement noirs ?

 

Parmi les trois parties, il y aura enfin de course, un surpris, un menteur, un salopard, et en joker, un juste.

 

En approche, les faits relatés par le journal en ligne sont troublants pour les miséreux, avec des jugements de cour appropriés.

 

Les arrangements d'une procureure et d'un maire UMP
31 OCTOBRE 2014 |

Impliqué dans une affaire de marchés publics truqués, le maire de Tarbes, sait tout ou presque de l'enquête judiciaire qui le vise. Des écoutes interceptées par la gendarmerie ont révélé que l'élu et ses proches étaient tuyautés par la procureure de la ville. Le ministère a décidé d'ouvrir une enquête, vendredi 31 octobre, après les révélations de Mediapart.

Pas ni prison.

 

Donc l'affaire ici, est plus sérieuse que celles soulevées en France, et la magistrature, de petite justice, ainsi dénommée, doit mettre le paquet, prouver que la justice en Guadeloupe est compétente, droite dans ses bottes, et en filigrane, la lutte contre la corruption, c'est maintenant, et nul intouchable.


 

 

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