Fanatisme, violence, capitalisme et terrorisme

Une marche silencieuse a été organisée, aujourd’hui, à Mâcon, à l’initiative du sénateur maire et du directeur du Journal de Saône et Loire Je ne me suis pas joint pas à ceux qui ont défilé. De la même façon, je n’aurais pas participé au défilé à Paris qui était conduit par tous ces chefs d’Etat et de gouvernements. Je ne peux pas m'associer ou être associé à l’initiative de ces gens qui portent la responsabilité des drames qu'ils provoquent et que nous tentons désespérément de réparer chaque jour.

En revanche, à l’initiative de la section de Mâcon de la Ligue des Droits de l’Homme nous nous sommes réunis, une heure avant eux, aux pieds de Lamartine pour rendre hommage à ceux qui viennent d’être assassinés et pour « dire NON au fanatisme et à la violence ! »

Cependant, terrorisme, fanatisme et violence sont des mots dont tout le monde s’accommode.

Or, nous pouvons énoncer des choses bien plus précises derrière ce NON :

NON aux va-t-en guerre qui souhaitent porter la terreur des armes au delà des frontières pour ne pas avoir à partager équitablement les ressources dont nous pourrions tous disposer.

NON aux colonialismes masqués qui enrichissent quelques poignées de valets en installant la misère, la peur et la résignation partout où ils imposent les lois de leur marché.

NON à tous ceux qui s'étonnent de la colère de ceux qui sont exclus parce qu'ils n'ont pas le droit de dîner à la même table qu'eux.

NON à ceux qui ne veulent pas entendre qu'il est possible de faire un monde dans lequel chacun dispose d'un revenu, peut-être sobre, mais, en tout cas, décent, et sans devoir subir la tyrannie des « donneurs » d’emplois.

Il est inconcevable pour nous d'interdire à nos semblables de penser et de croire ce qu'ils veulent mais, dire NON à quelques fous de dieu désespérés ne peut pas les empêcher de tuer ceux qu'ils détestent : nous leur avons toujours dit NON mais cela n’a visiblement pas servi à grand-chose.

C’est un NON aux forces mortifères du capitalisme qu’il faut prononcer au dessus des cercueils de Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Maris, Elsa Cayat, Frédéric Boisseau, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Frank Brinsolaro, Clarissa Jean-Philippe, Yoav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

 Et c’est le même NON qu’il faut énoncer devant la dépouille des trois assassins.

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