Macron est condamné par Jean-Jacques Rousseau qu'il n'a évidemment pas lu.

Si macron avait lu Rousseau, nous n'en serions peut-être pas là où nous en sommes.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

A la République de Genève.

"Si j’avais eu à choisir le lieu de ma naissance, j’aurais choisi une société d’une grandeur bornée par l’étendue des facultés humaines, c’est-à-dire par la possibilité d’être bien gouvernée, et où, chacun suffisant à son emploi, nul n’eût été contraint de commettre à d’autres les fonctions dont il était chargé ; un état où, tous les particuliers se connaissant entre eux, les manœuvres obscures du vice, ni la modestie de la vertu n’eussent pu se dérober aux regards et au jugement du public, et où cette douce habitude de se voir et de se connaître fît de l’amour de la patrie l’amour des citoyens plutôt que celui de la terre.

"J’aurais voulu naître dans un pays où le souverain et le peuple ne pussent avoir qu’un seul et même intérêt, afin que tous les mouvements de la machine ne tendissent jamais qu’au bonheur commun ; ce qui ne pouvant se faire à moins que le peuple et le souverain ne soient une même personne, il s’ensuit que j’aurais voulu naître sous un gouvernement démocratique, sagement tempéré.

"J’aurais voulu vivre et mourir libre, c’est-à-dire tellement soumis aux lois, que ni moi ni personne n’en pût secouer l’honorable joug, ce joug salutaire et doux, que les têtes les plus fières portent d’autant plus docilement qu’elles sont faites pour n’en porter aucun autre.

"J’aurais donc voulu que personne dans l’état n’eût pu se dire au-dessus de la loi, et que personne au-dehors n’en pût imposer que l’état fût obligé de reconnaître ; car, quelle que puisse être la constitution d’un gouvernement, s’il s’y trouve un seul homme qui ne soit pas soumis à la loi, tous les autres sont nécessairement à la discrétion de celui-là ; et s’il y a un chef national, et un autre chef étranger, quelque partage d’autorité qu’ils puissent faire, il est impossible que l’un et l’autre soient bien obéis et que l’état soit bien gouverné."

 Tout bien considéré, depuis 1969, nos gouvernements français sont en totale contradiction avec Jean-Jacques Rousseau.

 Pour preuve : ces pages tirées du Discours sur l’économie politique.

http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/discours_economie_politique/discours_eco_pol.html, pp 11-15

 « En établissant la volonté générale pour premier principe de l'économie publique et règle fondamentale du gouvernement, je n'ai pas cru nécessaire d'examiner sérieusement si les magistrats appartiennent au peuple ou le peuple aux magistrats, et si dans les affaires publiques on doit consulter le bien de l'État ou celui des chefs. Depuis longtemps cette question a été décidée d'une manière par la pratique, et d'une autre par la raison; et en général ce serait une grande folie d'espérer que ceux qui dans le fait sont les maîtres préféreront un autre intérêt au leur. Il serait donc à propos de diviser encorel'économie publi­que en populaire et tyrannique. La première est celle de tout État, où règne entre le peuple et les chefs unité d'intérêt et de volonté; l'autre existera néces­sai­­re­ment partout où le gouvernement et le peuple auront des intérêts diffé­rents et par conséquent des volontés opposées.  [ …]

« Quand on a la force en main, il n'y a point d'art à faire trembler tout le monde, et il n'y en a pas même beaucoup à gagner les cœurs; car l'expérience a depuis longtemps appris au peuple à tenir grand compte à ses chefs de tout le mal qu'ils ne lui font pas, et à les adorer quand il n'en est pas haï. Un imbécile obéi peut comme un autre punir les for­faits : le véritable homme d'État sait les prévenir; c'est sur les volontés en­co­re plus que sur les actions qu'il étend son respectable empire. S'il pouvait obtenir que tout le monde fit bien, il n'aurait lui-même plus rien à faire, et le chef-d'œuvre de ses travaux serait de pouvoir rester oisif. Il est certain, du moins, que le plus grand talent des chefs est de déguiser leur pouvoir pour le rendre moins odieux, et de conduire l'État si paisiblement qu'il semble n'avoir pas besoin de conducteurs.

 [•••] Je conclus donc que comme le premier devoir du législateur est de confor­mer les lois à la volonté générale, la première règle de l'économie publique est que l'administration soit conforme aux lois. C'en sera même assez pour que l'État ne soit pas mal gouverné, si le législateur a pourvu comme il le devait à tout ce qu'exigeaient les lieux, le climat, le sol, les mœurs, le voisinage, et tous les rapports particuliers du peuple qu'il avait à instituer. […] Comment, me dira-t-on, connaître la volonté générale dans les cas où elle ne s'est point expliquée ? Faudra-t-il assembler toute la nation à chaque événe­ment imprévu ? Il faudra d'autant moins l'assembler, qu'il n'est pas sûr que sa décision fût l'expression de la volonté générale; que ce moyen est impraticable dans un grand peuple, et qu'il est rarement nécessaire quand le gouvernement est bien intentionné : car les chefs savent assez que la volonté générale est toujours pour le parti le plus favorable à l'intérêt public, c'est-à-dire le plus équitable; de sorte qu'il ne faut qu'être juste pour s'assurer de suivre la volonté générale. » [ …]

 « Formez donc des hommes si vous voulez commander à des hommes : si vous voulez qu'on obéisse aux lois, faites qu'on les aime, et que pour faire ce qu'on doit, il suffise de songer qu'on le doit faire. C'était là le grand art des gouvernements anciens, dans ces temps reculés où les philosophes donnaient des lois aux peuples, et n'employaient leur autorité qu'à les rendre sages et heureux. De là tant de lois somptuaires, tant de règle­ments sur les mœurs, tant de maximes publiques admises ou rejetées avec le plus grand soin. Les tyrans mêmes n'oubliaient pas cette importante partie de l'administration, et on les voyait attentifs à corrompre les mœurs de leurs esclaves avec autant de soin qu'en avaient les magistrats à corriger celles de leurs concitoyens. Mais nos gouvernements modernes qui croient avoir tout fait quand ils ont tiré de l'argent, n'imaginent pas même qu'il soit nécessaire ou possible d'aller jusque-là.

 Le pire qui nous soit arrivé, jusqu’ici, c’est bien le gouvernement instauré par ce Macron, parvenu au pouvoir par défaut en ne représentant qu’à peine 20% des voix exprimées du fait de la lassitude des électeurs de toutes convictions à se faire trahir par tous ceux qui ont prétendu les représenter depuis  le départ du général De Gaulle ( !).  Et que dire de ces députés installés en 2017 dont la candidature ne fut le résultat que d’un recrutement à l’identique de celui que les entrepreneurs opèrent pour trouver ceux qui seront le plus à même de leur obéir et de satisfaire leur cupidité ? Leur élection se fit dans l’indifférence de la plus grande majorité d’un peuple ayant tourné le dos à la consultation électorale et les décisions majoritaires de notre Assemblée Nationale sont maintenant d’un ridicule achevé.

 La France est aux ordres d’une bande d’incompétents et d’incapables manifestement soumis aux ordres de richissimes joueurs que n’ont d’intérêt que pour la Bourse.

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