Rien de plus sérieux que le propos de Contre-attaque. La position ironique est une position émminement politique, au sens du politique et non de la politique. Pour Philippe Sollers elle lui est rendue possible par sa fréquentation assidue des grands textes littéraires. Politiquement c'est, selon nous, la seule position sérieuse. Elections pièges à con. Oui. Du poste où il est, Sollers a une vue imprenable sur le marketing politique, mais aussi sur la pulsion de mort à l'oeuvre sous mille guises. Et il en témoigne. Pour écrire: "La société se dévoue à la négation de la singularité", il faut être décapé de tout ce qui fascine dans la société du spectacle d'aujourd'hui. Et ils ne sont pas nombreux. Mais cela ne suffit pas de le dire ainsi. L'enfance est aussi l'un des paramètres de la boussole infaillible de Sollers . " Pourtant, cette enfance est là, avec les sensations qui touchent à l'ensemble des perceptions dont est capable le corps humain". Pour tout cela, comme Philippe Sollers, je n'ai jamais "urner". Autant pisser dans un violon, pour jouer sur ce néologisme. Le bulletin de vote n'est plus aujourd'hui que l'ancêtre du clic facebookien. Nous sommes en pleine délikessence. Car n' est-ce pas, en fin de compte, le vote qui a mèné la situation tragique qu'on vit aujourd'hui ? Déléguer aux autres, s'affranchir de toute action en allant donner sa voix, comme on dit, et si on la donne, on ne l'a mathématiquement plus, alors ! Parlons pour soi-même. En donnant ma voix, je deviens inaudible, c'est m'ôter toute possibilité de "donner de la voix". La preuve : beaucoup vont voter à droite alors qu'il pensent à gauche. Ce n'est pas inaudible çà? Voter d'un côté et de l'autre s'adonner quotidiennement au calcul des petites et grandes connivences, aux petits et grands calculs, aux combines, car sinon pourquoi en serions-nous là, dans ce désastre sociétal, si chacun n'avait sa petite ou grande tambouille à entretenir ? L'argent, toujours l'argent! Il s'en passe des vertes et des pas mûres, dérrière les semblants affichés! Comment ne pas être sollertien ! Et ce n'est pas aujourd'hui que je vais m'inscrire sur une liste éléctorale. C'est d'un risible ! déconcertant! Avec toute cette pauvreté et cette précarité qui enfle! Cette licence donnée à l'a "phynance" comme Alfred Jarry le faisait dire à Ubu. ( voir aussi sur Ubu la belle chanson de Dick Annegarn) Cette position donc, je l'estime éminemment politique. C'est une position active. La passivité et les passions sont bonnes pour les urnes. Action et passion, antique antinomie! Soyons plutôt fidèles à la surprise de l'enfant, et à la langue. Personne alors ne nous empêche d'agir à notre façon. Ce sera souvent modestement, certes, ou en tous cas à la mesure des moyens que l'on a à sa disposition, mais ce sera tellement plus digne! Tout le monde n'a pas la littérature et l'écriture pour arme. Pourquoi la langue? Ce sont les écrivains, comme l'écrit sollers, qui lui ont donné sa frappe, sa force de frappe. La langue d'aujourd'hui, spectaculaire, n'est que déshabitée. La psychanalyse n'a pas bonne presse en ce moment, mais les plus souffrant du ravage de leur singularité, la leur, y viennent aussi pour retrouver la frappe de la langue, celle de de leur enfance. Lalangue comme l'écrivait Lacan. Car cette singularité, elle s'écrit, oui, d'une manière ou d'une autre. L'écrire pour ne pas la perdre, se perdre.
Billet de blog 1 décembre 2016
CONTRE-ATTAQUE de Philippe Sollers....REUSEMENT !
C'est l'un des meilleurs livres politiques, sinon le meilleur, du moment, avec les livres sur la technique de Jacques Ellul. Et Sigmund Freud et Jacques Lacan, bien sûr.
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