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Billet de blog 9 déc. 2017

LE SOUPCON ET LA SUSPICION, BOUSSOLE POLITIQUE DE LA FOULE COMME PARTI ?

Lorsque l’on prend parti pour un parti politique, toujours représenté par un homme, de quoi, de qui, prend-on parti ? Sans même parler de couleur politique, parce qu’elle n’entre au final pas en ligne de compte, ou plutôt parce qu’elle concerne toutes les couleurs du spectre politique, la réponse est somme toute freudienne, et non politique.

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Et cette réponse que nous allons détailler, la tailler en ses composants, n’est pas si loin non plus de la pensée de la philosophe Simone Veil dont le livre Note sur la suppression générale des partis politiques en donne un concentré pour le propos dont il s’agit ici.

Le parti que l’on prend, c’est tout bonnement le parti de la foule, quand on croit prendre parti pour des idées. Prendre le parti de la foule, c’est ce qui rassemble tous  ceux qui prenne parti, quel qu’en soit le parti. C’est ce que démontre cette évidence qui veut qu’en prenant parti pour tel parti en particulier, tous les autres, en bloc, ne valent plus, du moins pour ceux et ils ne sont pas peu, qui en font un absolu ou qui s’en approchent.  Et l’absolu séduit la foule, les foules. Non seulement ils ne valent plus, mais ils deviennent suspects, et plus, ils sont suspectés de malveillance.  

Qu’est-ce à dire ? C’est dire que toute la suite des séquences qui dessine un parti et que nous décomposons comme suit : l’homme qui en est le leader – le charisme qui le caractérise (le charme magnétique du meneur écrit Freud– l’idéologie adoptée – le programme – l’application de ce programme.

Dès lors que l’on prend parti, d’abord on prend parti pour toute cette suite de séquences que combine telle foule politique en particulier, et d’autre part toute la suite des séquences des autres foules politiques devient suspecte jusqu’à la suspicion de malveillance et l’intolérance est immédiatement à portée de main.

C’est ce qu’on peut vérifier dans le moindre  débat politique qui finit par s’empassionner, ou dans les déclamations actuelles des petits partis, des petits groupes.

Or pour peu que l’on soit un petit peu vigilant quant à une intransigeance facile, alors ce qui apparaissait comme un amalgame indébrouillable dans le parti adverse, peut devenir discernables en ses différents composants et mieux, si l’on est suffisamment outillé, ses composants dont nous venons ici de donner la série peuvent révéler leur valeur propre.  Dès lors ces choses peuvent être abordées sans être écrasées par la suspicion.

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