Journal d'un rat, 3 février

Pas grand chose à dire...

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Je grignote, en silence. J'écoute le clavecin, le pianoforte, en passant près des portes dans les couloirs cossus, près des cheminées sur les toits. Je grignote des fissures, je me fais des ouvertures, des premières loges, des panoramas. Lorsque rien ne vous pèse, rien ne vous appartient, rien ne vous retient, la musique s'offre dans tous ses fastes. C'est Jean-Sébastien Bach à tous les étages, l'or des voix coule sans entrave, le violon aux étoiles, la nuit, le jour, Monteverdi, Luciano Berio, les paradis et les enfers plein ciels, moi rêveur dans une barque.
Que le monde s'écroule rien ne sera perdu.
J'entends dire sur france musique, ma radio préférée, qu'on veut exclure par centaines les gens qui donnent à respirer dans les fissures, qui donnent à boire et à manger de rien.
Quelle est donc cette folie de détruire que nous avons tous, les uns en bâtissant, les autres en grignotant... Est-ce pour avoir ce qui nous manque... Héraclite disait que les contraires sont inséparables... Et que la guerre est au cœur et à la source de tout.

photo r.t

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