Des parcelles d'humanité

La nuit, le crime de l'homme revient nous parler.

Le crime de l'homme qui n'a plus d'humanité, qui écrase son semblable impitoyablement jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle, et sous des regards complices.
Il ne se demande plus quel est l'intérêt d'être humain dans ce monde, sinon d'exister.
Il ne se dit plus qu'être humain c'est être sensible à l'existence, la sienne, celle de l'autre, celle du monde que nous partageons.
Devant l'atrocité de quelqu'un qui a perdu son humanité, ne reconnaît plus son semblable au point de le tuer de sang froid, nous sommes dévastés, c'est parce que nous sommes des dizaines de milliers, ou des millions, ensemble, que nous ne sommes pas anéantis de douleur.
L'humain est un être sensible, il perçoit, il partage, il peut construire une éducation, c'est-à-dire une civilisation consciente de ses possibles... sans doute infinis – car la créativité est infinie et peut aller en toutes directions.
A chaque fois que nous excluons, que nous haïssons, nous perdons une parcelle d'humanité, et devenons plus insensibles, plus aveugles.

Cette question n'est pas nouvelle. Loin de là.
Mais nous n'avançons pas. Pourquoi ?

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