Gentrification

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Le jardinet, la haie, les arbustes, la zad des oiseaux, tout a disparu. On ne leur a pas demandé leur avis. Ils ont vite compris, ils sont partis le premier jour.
Les bruits maintenant sont ceux de la démolition, du hurlement des machines, des coups, des chocs, des chutes, des écroulements. Les bruits de l'aménagement des hommes. Les victimes collatérales – les non humains – n'ont pas demandé leurs droits. Qui pourrait le faire pour eux ? À cette question des chercheurs tentent de répondre. Des activistes, des peuples, des artistes le font. La nature prend son temps.
Les coups de masse tonnent contre un mur, il s’effrite, se lézarde, se désagrège par morceaux secs et brûlants. De temps en temps l'homme souffle, regarde ses mains, d'un lent toucher, se relâche, en appui au bout du manche de sa masse, comme sur une canne. Il fait chaud, la météo est bonne pour le chantier. Le jeune homme est fort, beau, le teint cuivré, les cheveux courts, un tee-shirt imprimé au logo de son entreprise moule son torse musclé. Des parcelles de gravats giclent dans le ciel.

Peinture de Victor Brauner

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