La tête dans le marais

Le travail de la nuit est aussi comme une sorte de tissage dans la zone humide des sources, dans l'entrecroisement des sens. Je cherche un mot, pour rejoindre une phrase, un brin, un bras, une pousse. Oiseaux qui survolent, bulles qui s'arrondissent, mousse qui s'épaissit, pensée qui tisse. La voix qui chante, Theresa Berganza Rosine dans le Barbier de Séville de Rossini, "la voix est devenue toute ma vie". Il n'y a pas de place pour la guerre. Non. Mesdames et messieurs, plongez la tête dans le marais. Quand j'étais enfant, j'ai entendu des voix de paysans se répondre par dessus les collines. Ce matin, là, comme le son de deux bambous qui se sont entrechoqués, deux bambous secs, près de l'oreille — deux bambous coupés, un instrument de musique.

Se réveille un personnage. Il réécoute sur france-culture la publicité mal déguisée — pour les livres, pour les disques, pour les hommes politiques ou les artistes, pour les firmes. Il n'y a pas ou peu de publicité pour des femmes. Les femmes en sont les instruments, et les cibles principales, elles achètent beaucoup, surtout la ménagère de moins de 50 ans, à ce qu'on dit. Lui, est rentré dans les rangs. Il n'a plus rien à dire.

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