Rêve d'oiseau

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Il est temps maintenant de parler du rêve de la nuit.
La nuit précédant mon dernier billet. Le voici tel que je l'ai noté.

C'est un animal qui ressemble à un bulot (mollusque marin surmonté d'une coquille). Il apparaît au printemps, rituellement, quelques jours seulement. C'est une fête pour les enfants qui essaient de l'attraper, mais il bondit un peu plus loin en émettant une lumière (à la manière des lucioles) colorée et vive, en plein jour, qui est un émerveillement pour quiconque la voit. On essaie en vain de l'attraper, on s'amuse beaucoup. Jusqu'à ce qu'une fois, il ne rebondisse plus, il se laisse prendre. Alors on le mange.
Il y a différentes recettes pour le cuire — découpé, poêlé avec persillade pour les enfants — gobé comme les huitres pour les femmes âgées, accompagné de champagne — émincé et tartiné avec du fromage bleu pour les hommes âgés.
Lorsqu'un enfant a attrapé un bulot, il est offert à la première personne — soit un enfant plus jeune, soit une personne âgée — qu'il va rencontrer.
Ce rituel est mentionné dans des textes anciens et perpétué depuis des temps immémoriaux.
Quelque temps après quelqu'un meurt dans l'entourage proche ou éloigné de la famille qui a accompli le rituel.

Au matin j'ai vu arriver les deux premières hirondelles. Elles sont allées droit au nid et n'en sont pas ressorties, même deux jours après. Les pigeons et les palombes font l'amour devant tout le monde sur les toits et sur les chapeaux de cheminées en forme de petites terrasses puis ils peuvent rester pendant des heures à se câliner ou simplement rester sans rien faire l'un près de l'autre. Les moineaux, aujourd'hui, voltigent en tous sens, jaillissent des haies, coiffant les toits, rapides en ascension comme en chute, des vraies balles rebondissantes.

Sculpture de Calder, Dancer, 1944, bronze

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