DOUX, NON A L'INJUSTICE... SIMPLEMENT!

Brigitte est menue, le regard clair, prompte au sourire.

Brigitte vient d’être licenciée…

Elle ne comprend pas.

« Cela fait 30 ans que je suis chez Doux. J’ai commencé à l’âge de 19 ans. Je travaillais au conditionnement. J’étais appréciée. Puis on m’a confié le « ménage »… On avait confiance en moi. C’est moi qui fermais les portes. On m’avait confié les clés. Le bureau, c’était ma deuxième maison ! »

Les lettres de licenciements sont toutes identiques, froides comme un couperet.

Motif : suppression de poste ! Qu’est ce que ça veut dire « suppression de poste », c’est vague, injuste, méprisant !

Brigitte dit son désarroi. Elle ne comprend pas.

« Peut être que je leur coûtais trop cher…. Ils m’ont remplacé par une plus jeune ! »

 

Ce matin les Doux de Blancafort (Cher) défilaient en tête de la manifestation de la CGT pour défendre l’industrie de notre pays…

 

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Voilà des travailleurs méprisés, humiliés et licenciés…

120 repris sur 284…

Ceux qui sont repris serviront Glon Sanders et Duc…

Eux, ils ont trimés pour Doux !

Ils ont fait de la famille Doux la 146 ème fortune de France. La fortune de Jean Charles  a même progressé de 18 % entre 2010 et 2011, passant de 280 à 330 millions d’euros…

En 2007, alors que l’entreprise enregistre un déficit de 45 millions d’euros, qui vient s’ajouter à une dette de 310 millions d’euros, la fortune personnelle de Charles Doux s’accroît.

En 2008, l’entreprise renoue avec les profits. Le bénéfice net de l’entreprise est alors de 52,3 millions d’euros. Chaque employé a perçu, au titre de la participation sur le bénéfice en 2008, 83 centimes…

Le tout dans des conditions de travail déplorables où accidents du travail, maladies professionnelles, répression syndicale et remise en cause des acquis salariaux, sont légion.

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Eux, tout au long de leur carrière de forçat, on les payait en moyenne 1400 euros pas mois…

 

164 sont licenciés… Ils ont tous reçus leur courrier.

Sec !

 

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Le capitalisme !

L’arrogance et la morgue : le capitalisme !

Doux de ce point de vue était exemplaire.

La compétitivité justifie tout : flexibilité, bas salaires, licenciements…

Les repreneurs (Glon Sanders et Duc) sont ils d’une autre trempe ?

Déjà le morcellement en travaux précaires est mis en œuvre : quatre intérimaires se battent depuis quelques jours pour tenir le poste le plus longtemps…

Dumping social, oh ! dumping, quand tu nous tiens !

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Le capitalisme use des mêmes ficelles usées, ultra-usée et déjà décrites par Zola : les mineurs belges sous-payés qui remplacent les français trop cher aux yeux des gros patrons !

Pourtant les Doux aimaient leur travail…

On a usé de leurs force à coup de déréglementation : de 28 h à 48 h en modulation selon les semaines…

Maintenant on en reprend certains, les plus dociles, les moins chers, les moins malades… On leur alloue un emploi, tel une manne, comme une aumône faite aux indigents !

Ou bien on propose des postes éloignés, en Bretagne par exemple… Des postes déqualifiés évidemment !

Dégueulasse, DE-GEU-LASSE !

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Nous, CGT, « ils » nous ont jamais laissé entrer…

Se syndiquer, chez Doux, c’était presque une faute professionnelle !

Nous, CGT, on était extérieur donc peu informé de ce qui se passait à l’intérieur…

Il y avait bien un CE… méprisé et peu informé…

Et des « jaunes » bien complices des patrons…

Vous, vous savez ce qu’est un « jaune » ?

 

On est tous réunis ce soir…

Avec des membres du bureau départemental de la CGT.

 

Il faut faire une section syndicale.

Il faut porter cette « casse » scandaleuse sur la place publique….

Il faut se battre.

Il faut mettre la même hargne dans ce combat que les forces que l’on mettait dans le travail…

Montrer et interdire l’iniquité et l’injustice pour que les autres n’en souffrent pas !

Justice et respect…

Simplement !

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