FRANCE A FRIC!

Pour s'opposer à la désinformation des médias officiels, il faut s'en remettre aux informations transversales!

 

Exemple:

 

http://resistances.akwedo.com/post/3927255650/laurent-gbagbo-dans-le-tourbillon-du-golfe-de

 

 

Voilà de l'information documentée, précise et honnête...

 

 

Bien que centré essentiellement sur les interventions en Côte d'Ivoire et au Congo, ce documentaire est tout simplement époustouflant!

 

Côte d'Ivoire - Bouna

 

Beaucoup reste à dire aussi sur notre belle politique au Tchad, au Cameroun, etc...

 

De ce documentaire, j' extrais rapidement quelques données:

 

- Le Niger grand producteur d'uranium fournit indirectement 60% de l'énergie consommée en France...

arlit uranium niger2

- Les 150 000 t d'uranium produits annuellement sous contrôle d'Areva (mines d'Arlit - où l'on constate un taux extrêmement élevé de maladies par irradiation à l'argon et intoxication liés aux oxydes d'uranium) sont vendus à perte par l'état nigérien (déficit de 22 milliards d' euros annuels)...

arlit uranium niger

- 61 % de la population nigérienne vit au dessous du seuil de pauvreté....

 

- Dictat du FMI et de la banque mondiale pour la privatisation de la production des ressources naturelles (rachat au franc symbolique de grosses entreprises - en Côte d'Ivoire - mais pas seulement...)

 

- C'est parceque Gbagbo a ouvert son économie aux grands états émergeants (Chine, Inde, Brésil...) qu'il s'est mis le monde occidental à dos...

 

- Les tueries peuvent être fomentées, soutenues, par les occidentaux pour justifier une intervention militaire (sous couvert de l'ONU!)

 

- Les réserves les plus importantes en pétrole et susceptibles de supplanter l'influence des producteurs du Moyen-Orient se situent dans la bande sub-sahélienne (en partant du golfe de Guinée)...

 

- Mais cette zone est également riche en diamant, or, uranium, bauxite, cuivre, cobalt, coltane, gaz et métaux rares... Sans compter les cultures vivrières (cacao par exemple)

 

A refléchir!!!!

ExploitationBoisCi1

Pour ma part, j'ai le souvenir que dans les années 70 (1970... pas 1870!), lorsque j'étais topographe géophysicien, notre bateau longeant les côtes du golfe de Guinée et aussi vers le Cabinda, produisait nuitamment de jolis petits profils espions, au détriment des états auxquels appartiennent la bande côtière...

Évidemment "on" faisait chauffer l' enchère lorsque des "patates" susceptibles de produire quelques gouttes "d'huile lampante" étaient découvertes...

Les compagnies pétrolières mises ainsi "au parfum" sur les potentialités locales pouvaient ainsi négocier à coût réduit les contrats de recherche et d' exploita

Autant d'argent qui a été, tout simplement, volé à des états qui n'arrivaient pas à nourrir toute leur population !

 

Plate-forme-petroliere pics 390

J'ai démissionné à ce moment là, perdant à la fois des points de retraite et un emploi passionnant!

 

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Petit complément:

 

 

Pour illustrer les "bonnes oeuvres" de la COGEMA en Afrique, le site minier d'Arlit au Niger est exemplaire et nous donnons ci-après la traduction par Anne-Marie Chenet (Stop Nogent) d'un article de Roger Moody publié par Wise-Amsterdam le 22 avril 1982 [6] :

"Scandale de l'uranium au Niger"

"Des gamins de quinze et seize ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants."

Ce ne sont là que quelques uns des faits rapportés par un réalisateur de télévision britannique qui, avec une équipe de caméramans de l'émission Panorama (UK) ont été les premiers étrangers à visiter Arlit dans la partie nord du Niger. [Le réalisateur] Christopher Olgiati est un jeune homme grand et mince, parlant avec aisance. Il n'exprime pas de griefs particuliers contre le gouvernement militaire du Président Kountché: de fait il le défend contre l'accusation qui s'est répandue selon laquelle le gouvernement aurait permis aux Lybiens de détourner le minerai d'uranium. (Olgiati pense que c'est peut-être une désinformation qu'a fait courir la CIA).

Pour ce que j'en sais Chris Olgiati peut très bien être un défenseur de l'énergie nucléaire. Mais ce qui l'a choqué lors de sa visite durant dix jours de cette région uranifère, une des plus importantes de la planète, ce sont les conditions de vie de la main d'oeuvre locale. Et le contraste avec celles des Français qui occupent les postes de direction.

"Arlit est absolument au milieu de nulle part" m'a-t-il dit dans une interview en exclusivité. " C'est une oasis artificielle construite selon le modèle colonial. Elle a sa propre ville-dortoir avec supermarchés, courses de chevaux, produits de luxe importés de la métropole. Un incroyable choc culturel si l'on compare avec les travailleurs nomades". Selon Olgiati c'est la main d'oeuvre nomade qui vient vers la compagnie plutôt que l'inverse. Souvent les nomades ne restent pas plus d'une semaine, prennent leur paie et s'en vont. Certains ne restent qu'une journée. "C'était la grande récrimination française" dit Olgiati, "les ouvriers ne font juste que passer".

"Il va de soi que les Français n'informent pas les indigènes qu'ils travaillent dans les mines les plus dangereuses du monde, ils n'entendent jamais parler de mesures dosimétriques des rayonnements et un suivi sanitaire quel qu'il soit est impensable".

"Un sympathique directeur d'Arlit nous a concédé que les nomades travaillaient dans l'ignorance absolue de ce qui pouvait leur arriver dans vingt ou trente ans". Il y a de grandes mines souterraines à Arlit que l'équipe de la télévision a visitées: "une journée sous terre était plus qu'assez" a commenté Olgiati. "Le renouvellement d'air semblait correct mais le bruit du forage était insupportable. Je n'ai vu personne porter de masque. Les mineurs remontent des galeries en fin de journée recouverts de poussière radioactive de la tête aux pieds". Arlit n'est pas la seule mine d'uranium du Niger mais elle a été la première et elle reste la deuxième en importance. La production commerciale a démarré en 1971 - la production a été de 1900 tonnes en 1980. La teneur moyenne en uranium est actuellement de 0,25% mais en 1978 elle atteignait les 3%. Si l'on se réfère au terrible taux de mortalité parmi les mineurs des mines de Kerr McGee dans les années 50-60 (et leurs conditions de travail étaient probablement meilleures qu'ici) cela signifie que les Français ont signé l'arrêt de mort de milliers de Nigériens dans les années à venir.

Seulement le tiers du consortium SOMAIR d'Arlit appartient au gouvernement nigérien. La COGEMA (filiale du CEA, Commissariat à l'énergie atomique) en détient 27% tandis que la société IMETAL en détient aujourd'hui 19% à travers la compagnie française MOKTA. L'autre géant français de l'uranium MINATOME détient 8% des actions. Des parts moindres sont détenues par Urangesellschaft (6,5%) ouest-allemande et la société italienne AGIP (6,5%) (e). Mais la direction est solidement tenue par les Français. "J'ai eu l'impression d'être en première ligne" dit Olgiati. "Arlit est très important pour les Français. Ils ont une station émettrice très puissante qui communique directement avec la France et ils ont littéralement haï qu'il y ait une équipe de télévision ici". L'uranium du Niger est non seulement indispensable au programme électronucléaire massif de la France mais aussi à sa production d'armement (...). L'uranium est transporté vers le monde extérieur par camions vers le Bénin et aussi vers la Lybie par Agadez à 250 km au sud-est d'Arlit où l'avion prend la relève. Chaque convoi est gardé sévèrement mais des accidents et des déversements de "yellowcake" sont chose courante. "Il y a toutes sortes d'histoires qui circulent au sujet de déversements d'uranium hors des camions et qui contaminent les réserves d'eau" dit Olgiati.

Cependant, le plus grand danger est la mine elle-même. Ici, des gens parmi les plus pauvres de la planète travaillent dans un environnement parmi les plus mortels qui soient pour fournir l'énergie aux norias de trains mus à l'électricité des nations les plus riches et alimenter leurs bombes en combustible. Ils sont maintenus dans l'ignorance totale des conséquences de leur travail et lorsqu'ils mourront leur corps ne sera même pas soumis à la formalité d'un examen post-mortem [autopsie]. Il serait difficile de trouver un exemple plus frappant de néo-colonialisme rampant.

Remarque : Ce scandale des conditions de travail des mineurs d'uranium africains n'a jamais fait partie des préoccupations syndicales en France. Ni d'ailleurs des ONG comme Médecins du Monde que nous avons essayé de sensibiliser à ce problème, mais sans succès.

Ceci n'est pas étonnant puisque même en France les syndicats des mineurs d'uranium ne se sont guère intéressés à l'excès de mortalité par cancers chez les mineurs d'uranium en particulier par cancers du poumon. Bien plus, ils ont contribué à masquer le problème comme en témoigne le fait que la réunion sur le thème des déchets miniers et de la surmortalité par cancer chez les mineurs d'uranium [8] n'a pu se tenir à Bessines le 16 décembre 1993 que sous la protection des gendarmes pour empêcher l'intervention violente des dirigeants syndicaux (CGT) qui voulaient casser le matériel de projection de Thierry Lamireau.

 

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