LES ISLANDAIS FONT UN BRAS D'HONNEUR AU REMBOURSEMENT DES BANQUES PRIVEES!

TSR info :

"Les Islandais ont rejeté l'accord de remboursement de 3,9 milliards d'euros au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

10.04.2011 08:19 - mise à jour: 12:14


Les Islandais ont nettement rejeté samedi le référendum sur le remboursement de 3,9 milliards d'euros réclamés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas après la faillite de la banque en ligne Icesave en 2008. Après dépouillement de 90% des bulletins, le non atteint 59,1%. Ce résultat plonge le gouvernement dans l'embarras, car l'accord a été âprement négocié avec Londres et Amsterdam, qui avaient indemnisé 340'000 de leurs ressortissants ayant déposé de l'argent chez Icesave avant sa faillite. Un autre arrangement avait déjà été rejeté par les urnes en 2010. L'AELE devra peut-être trancher dans ce litige."

 

 

Traduction en clair:

Les Islandais ont refusé le remboursement des banques privées avec l’argent des contribuables…

Ce qui, somme toute, est légitime.

Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent éponger les folies démesurées des banquiers!

Lors du premier référendum ce refus de payer a entraîné une dévaluation de la monnaie islandaise et du même coup... une reprise économique!

Faible encore mais sensible !

Donc la position, souvent critiquée, de Mélenchon qui refuse de se soumettre au dictat des agences de notation, du FMI et de la commission européenne s'avère, dans ce cas d'école, vérifié...

Messieurs les spécialistes revisitez vos tablettes!

Un exemple à suivre…

 

Et pour clarifier encore les positions le mieux est de donner deux réactions...

 

1 - Quel plaisir de lire, ce matin, dans Bousier.com:

 

Aujourd'hui à 08h57

"Et de deux ! Pour la seconde fois en un an, les Islandais ont voté "non", samedi, lors d'un référendum sur le remboursement des sommes dues à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas après la faillite de la banque en ligne islandaise Icesave en 2008... Environ 60% des votants ont refusé d'appliquer un accord passé entre les gouvernements de Reykjavik, de Londres et de La Haye, qui prévoyait un remboursement échelonné jusqu'en 2046. En mars 2010 déjà, les Islandais avait refusé par référendum de payer cette facture de 3,5 Milliards d'Euros, dont 1,3 MdE dus à La Haye et 2,6 MdsE à Londres. Pour l'instant, les gouvernements britannique et néerlandais ont payé ces sommes dans l'urgence en 2008, pour indemniser leurs ressortissants titulaires de comptes chez Icesave.

Ce deuxième vote de défiance risque d'une part de déclencher une grave crise politique en Islande, et d'autre part de précipiter la reprise de l'action en justice déjà entamée par Londres et La Haye pour récupérer les sommes en jeu.

 

2 - Ah! La belle analyse du nouvel Obs.!

 

 

par Omar Valdimarsson et Anna Ringstrom

REYKJAVIK (Reuters) - Le "non" l'a emporté pour la deuxième fois en Islande lors d'un référendum sur l'accord conclu par le gouvernement pour rembourser la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à la suite de la faillite de la banque en ligne Icesave en 2008.

"La pire option a été choisie. Le vote a coupé le pays en deux", a réagi le Premier ministre, Johanna Sigurdardottir, à l'antenne de la télévision publique, tard samedi soir.

Après dépouillement d'environ 169.000 bulletins de vote, le "non" est en tête avec près de 60% des suffrages, selon les derniers résultats officiels relayés dimanche matin par la télévision islandaise et portant sur cinq des six circonscriptions électorales.

L'Islande compte 230.000 électeurs et on ignore le taux de participation à cette consultation.

Les électeurs de l'île étaient appelés à se prononcer sur un accord portant sur 3,5 milliards d'euros, la somme déboursée par Londres et Amsterdam pour indemniser leurs ressortissants ayant déposé de l'argent sur la banque en ligne gérée par Landsbanki, un des trois établissements du pays emportés par la crise financière.

Le gouvernement islandais assurait que le nouvel accord Icesave avait été mieux négocié qu'un autre arrangement rejeté par un précédent référendum en mars 2010, mais la population refuse d'être mise à contribution pour la faillite de banques jugées irresponsables.

"J'ai conscience que cela va certainement nous affecter sur le plan international mais cela vaut le coup de prendre position", soulignait Thorgerdun Asgeirsdottir, une barmaid de 28 ans, rencontrée à la sortie d'un bureau de vote.

Cette victoire du "non" constitue indubitablement un revers pour la coalition de centre gauche qui gère le pays depuis la crise de 2008.

Johanna Sigurdardottir, qui avait souligné les risques d'une victoire du "non" pour l'économie islandaise, n'a pas dévoilé ses intentions quant à une éventuelle démission de son gouvernement. "Nous devons tout faire pour éviter un chaos politique et économique après ce résultat", a-t-elle dit samedi soir.

DÉCEPTION EN GRANDE-BRETAGNE ET AUX PAYS-BAS

Avec le rejet de l'accord, le dossier Icesave devrait se retrouver devant une cour européenne, une solution qui pourrait coûter davantage au pays, assurent des économistes.

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont fait part de leur déception face à un résultat qui, selon le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager, n'est "bon ni pour l'Islande, ni pour les Pays-Bas".

"Le temps des négociations est terminé, l'Islande demeure dans l'obligation de rembourser, la question relève désormais des tribunaux", a-t-il ajouté dans un communiqué.

"Nous respectons naturellement la volonté du peuple islandais sur ce sujet et nous allons devoir à présenter discuter avec nos partenaires internationaux (...) Il semble désormais que ce processus finira devant les tribunaux", a réagi de son côté le ministre britannique du Budget, Danny Alexander, au micro de la BBC.

Le gouvernement islandais et les économistes faisaient valoir qu'un règlement du dossier Icesave aurait permis à l'Islande de revenir sur les marchés pour financer son économie, après l'expiration cette année du plan de sauvetage accordé par le Fonds monétaire international (FMI).

Le retour sur les marchés est une condition à la levée des contrôles sur les flux de capitaux.

Ces restrictions sur les flux de capitaux, imposées par les autorités pour prévenir une dégringolade de la couronne, la devise nationale, font que 465 milliards de couronnes (2,86 milliards d'euros), soit un quart du PIB islandais, restent entre les mains d'investisseurs étrangers, qui, pour la plupart, semblent vouloir s'en débarrasser le plus vite possible.

Avec Avril Ormsby à Londres; Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français..."

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