COMMUNISME!

Comme toujours les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

 

J’entends depuis cinq semaines environ clamer le slogan à la mode : unissons nous ! par ceux justement qui sont inféodés à la mode !

 

Comprenons nous. Je trouve que l’union des travailleurs et des gens qui souffrent de ce gouvernement inique est une nécessité.

CIMG0802---Copie.JPG

Et pour obtenir un changement réel la seule force sur laquelle on puisse compter c’est sur ceux qui sont démunis.

Ceux-là, les vrais pauvres, qui sentent les dents froides des grands serviteurs du capitalisme, le gouvernement, les instances européennes, les agents du capital : banques, assureurs et multinationales.

Ces pauvres gens qui sont aussi soumis au poids insistant des petits serviteurs de ce système, tous ces petits chefs méprisants, ces sacripants corporatistes ou arrivistes qui gèrent leur petite responsabilité en se tournant dans le sens du vent… Ce sont eux les plus malfaisants car leur jalousie n’a d’égal que leur hypocrisie…

CIMG0785 - Copie

Qu’est ce que le capitalisme sinon l’organisation systématique de l’injustice et de l’inégalité!

Ces petits chefs défendent les insularités, les corporatismes et l’individualisme. Ce sont ceux aussi qui portent au pouvoir les gestionnaires de la paupérisation de la société. Et ils sont de tous bords : de la droite à l’extrême gauche…. Ce sont de serviles gestionnaires d’une société an-humaniste.

 

Ils prônent la compétition, avancent leurs pièces (leur petits pouvoirs) comme sur un échiquier, piétinent les faibles (c'est-à-dire ceux qui ne les confortent pas dans leurs stratégies ou dans leurs ambitions)…

 

On en trouve partout !

Ce sont ceux pour qui l’égalité des Hommes n’est pas une condition première… Ceux qui caressent le dos des puissants pour obtenir encore plus de miettes de pouvoir… Ils ont un double langage très souvent : humanistes de surface, égoïstes aux tréfonds d’eux-mêmes.

 

Ces gens là jugent sur la mine ! Ils vivent pour eux, pour leur ego. Ils insularisent, ils fragmentent la société. Ils sont l’humus sur lequel poussent les fleurs tant appréciées de la productivité et de la marchandisation !

CIMG0801 - Copie

Ce ne sont pas des « communistes » au sens plein. Ils croient au destin « naturel » de l’Homme. Ils ne cessent de dire que l’Homme est une espèce animale comme une autre qui lutte pour sa survie par le biais de la compétition, par le darwinisme social et dans la lutte de tous contre tous…

 

Car dans un « communisme » authentique l’Homme doit se hisser au dessus de sa condition animale.

 

Que l’on m’entende bien ! La condition animale, pour ce qui est de l’espèce humaine, c’est la recherche à tous prix du bien être pour soi et très accessoirement pour son entourage proche.

 

L’homme-animal (c'est-à-dire celui qui porte l’esprit bourgeois) aime pour être aimé, donne pour recevoir, trahit pour être puissant ! Pour son plaisir… La notion de bonheur lui est très accessoire puisqu’elle renvoie à l’idée de « collectif » !

L’homme-animal porte des jugements en relations avec ses ambitions. Si l’apparence du service de la collectivité sert ses ambitions propres (au travers d’une élection par exemple), il sert la collectivité (en faisant sonner haut et fort ses services). Et il écarte avec soin les cœurs purs qui pourraient par leur générosité et leur sens de l’égalité lui porter ombrage.

L’homme-animal défend la propriété privée, les hiérarchies et tout ce qui s’apparente de loin (certaines sociétés dite « communistes » ou « de gauche ») ou de près (les socio-démocrates les libéraux) à une organisation des états en sociétés capitalistes.

CIMG0800 - Copie

Etre « communiste » c’est mettre, au dessus des intérêts particuliers et privés, le « commun » au commandement. C'est-à-dire la chose publique ! Par définition le « communiste » est DONC républicain… Evidemment il ne s’agit pas ici de cette république de surface dont le drapeau orne le » fronton des mairies.

 

La pensée communiste se construit au-delà de l’évolution. Elle est proprement humaine. Le néo-cortex abolit les anciens réflexes du cerveau reptilien !

CIMG0790 - Copie (2) - Copie

Le communisme c’est TOUT mettre en COMMUN.

 

C’est gérer le bien commun avec altruisme, en pensant aux générations futures. C’est partager les richesses équitablement.

Compte tenu de la nature limitée de certaines ressources naturelles, il est hors de question d’entretenir, dans une société communiste au sens vrai, une productivité croissante… La gestion des ressources finies devrait être quantifiée et planifiée ; ralentie jusqu'à ce que des solutions pérennes soient découvertes… La notion de « décroissance » est une donnée majeure du projet « communiste ».

 

La mise en œuvre d’une société « communiste » ne passe pas par les concepts de « révolution », de lutte des classes, de « dictature du prolétariat », de « centralisme démocratique »… Ces concepts ont été élaborés par les penseurs et les dirigeants du 19 et 20 ème siècles… Ils furent élaborés comme des armes guerrières sur les modèles des révolutions qui TOUTES échouèrent en raison même de leur caractère polèmologique !

Le « communisme » n’est pas l’affaire de bataille ou d’armée… Car quelque soit la victoire elle repose toujours sur une inégalité…

 

Les révolutions (1789, 1917, 1949) furent toutes le fait de petits bourgeois ayant pour objectif d’abolir les pouvoirs des puissants pour prendre leur place… Au début du vingtième siècle ce remplacement fut désigné sous le doux euphémisme de « dictature du prolétariat » !

 

Toutes les révolutions se terminèrent dans l’autocratie : Napoléon 1 er, Staline, Mao….

Et bien que celles-ci ne se soient réalisées depuis moins de quatre siècles, leurs victimes sont terriblement nombreuses…

Cependant il ne faut pas oublier les encore plus grands massacres liés aux capitalismes : génocides indiens et australiens, esclavagismes, racismes (Hitler), luttes territoriales, famines, destruction du biotope planétaire, etc.

 

Révolutions et capitalismes sont des machines sanglantes !

CIMG0823 - Copie (2)

Quant au concept « centralisme démocratique », il ne fait qu’asseoir une caste nouvelle d’arrivistes, de bureaucrates détachés des réalités…

 

« Lutte des classes » est par contre un concept utile. Mais il faut procéder avec ordre… Et l’identification des classes est une chose extrêmement difficile… En réalité la seule force sur laquelle on puisse compter immédiatement c’est sur la plèbe, les pauvres, ceux qui sont démunis, l’Humanité nue … Les bourgeois, les gens de pouvoirs rattachés à la cause du peuple le sont soit pour des raisons complexes empruntes d’idéologie dogmatique ou religieuse (Robespierre…) ou pragmatiques (Desmoulin…)

 

Il faut aussi se méfier des figures intellectuelles qui s’emparent de la « révolution »… On sait ce que cela a donné… Des castes, encore des castes… Mais il ne s’agit pas d’écarter les intellectuels… Il convient simplement de repérer comment ceux-ci interagissent avec les démunis ! On le voit le concept « classe » n’est pas de tout repos !

CIMG0817 - Copie (2)

Alors comment constituer une société communiste au sens vrai?

 

Il faut laisser place aux pratiques invisibles (au sens de Badiou / Mélenchon). C'est-à-dire soutenir toutes les actions transversales qui autorisent une vraie relation. Un sortir des castes !

Ce sont les associations, les universités populaires, les nouveaux médias et même les regroupements politiques qui se font jour…

De toutes façons, par leur aspect désintéressé et éloigné de la problématique de pouvoir ce sont évidemment les associations et les nouveaux médias qui sont les fers de lance de la réflexion et de la démarche scientifique visant à la mise en place d’un communisme vrai…

 

Car il s’agit bel et bien d’une démarche scientifique… La discipline est centrale : elle construit la pensée hors du champ de l’évolution (c'est-à-dire des reflexes reptiliens : compétition, etc.)

Au même titre que des disciplines implacables telles que les mathématiques, la chinie, la physique les sciences sociales doivent se contruire collectivement…

CIMG0805 - Copie

La mise hors champs d’une quelconque partie est déjà un dénie de démocratie.

Les idées se construisent ensemble !

Elles n’ont rien à voir avec une quelconque conviction intérieure.

Mon expérience propre n’a d’intérêt que « frottée » à celle des autres.

En d’autres termes la construction du communisme vrai ne peut s’ancrer que dans un matérialisme dialectique et historique !

Dans un collectif d’idées brassées et revisitées par l’histoire, la géographie et les sciences !

Et puis le « communisme » me constitue parce que j’en parle, je compare, j’analyse…

 

Je sais bien que « l’heure » n’est pas encore arrivée.

Les médias dispensent leur venin au quotidien. L’individualisme perçu comme la base même de la liberté règne en maître…

L’idée du « communisme » est souvent considérée comme irréalisable ou seulement réalisable au sein de groupes réduits (cf. Yviniko)…

Et souvent le pessimisme – droitier et nihiliste – à force d’être déversé à gros bouillons par les TéVés du monde entier - modèle les esprits pour rien d’autre que du pain et des jeux…

CIMG0788 - Copie

Mais des révoltes se font jour…

Des diagonales se mettent en place…

Des associations composent avec des instances politiques, des syndicats se regroupent, pensent différemment, s’éloignent des corporatismes…

Les nouveaux médias tapent forts et justes.

Ce sont aussi le creuset d’idées nouvelles, de mise en commun. La sauce commence de prendre…

 

A l’étranger les expériences d’Amérique du Sud et d’Islande donnent le diapason des démarches…

CIMG0775paint

Cependant les archaïsmes demeurent… Même au sein des partis les plus progressistes… Les lourdeurs d’appareil et de personnes se refusent au dialogue, écartent encore, broient toujours…

 

Les médiocres s’emploient à faire taire le plus grand nombre…

Ils ne discuteront pas avec les gens. Ils ne verront pas les vrais démunis. Ils prendront des repas entre eux… Ils décideront en petit comité… Ils diront du bien d’untel, du mal d’untel… Ils feront des meetings. Ils auront un conseiller de campagne… Ils feront leur guéguerre. Ils distribueront des tracts rédigés en petit comité. Ils n’auront de cesse que de voir leurs sourires avantageusement étalés sur les panneaux municipaux…

 

Tous ! Tous partis confondus !

 

Où est la parole des gens ?

 

Si la praxis ne change pas, même avec les meilleures idées, la société ne peut changer!

Et cette absence de parole donnée au peuple n'est-elle la véritable cause des défaites électorales récentes?

 

Le chemin est long. Le chemin est rude !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.