REPRISE... IMPROBABLE...

Ton âge t'appartient...

Tu es vieux, fatigué, laid...

N'en fais pas porter le fardeau aux autres...

 

Mais...

 

Ton corps t’appartient aussi et…

Encore !

Profite-en.

 

Respirer, sentir, toucher, voir…

Tout cela s’apparente au soleil…

Et les mots ne sont que poussières.

 

Il n'y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage !

 

Mais je n'ai plus le choix.

Pour moi aimer davantage c'est la solitude et la création.

 

La vérité que l’on cherche à saisir n’est pas la vérité.

Et le nom qu’on lui donne, vérité, réel, concept, n’est pas le nom adéquat.

 

Etre sourd pour devenir voyant.

Etre aveugle pour devenir entendant.

 

Prétendre à la vérité c’est se mentir à soi-même.

Le doute que l’on cherche à exprimer n’est pas le doute.

Le doute se nourrit du savoir.

L’ignorant ne doute pas.

 

Pourtant...

  Deux personnes sont nécessaires pour exprimer la vérité,

une pour la dire et l'autre pour l’écouter.

 

Depuis que j’ai cessé de chercher

J’ai appris à trouver.

 

L’être et le néant s’engendrent et s’exaltent l’un par l’autre.

Le facile et le difficile se parfont en se mêlant.

Le long et le court n’existent que dans la continuité.

Le haut et le bas se touchent.

La parole et le bruit s’harmonisent.

L’avant et l’après s’enchevêtrent.

Poussière et univers s’interpénètrent.

Complexité et simplicité ne font qu'un.

C’est pourquoi l’homme en quête de vérité ne cherche pas à influer sur le cours du monde.

Il choisit la voie du « rien », il pratique l’enseignement sans parole...

Par sa présence au monde.

Et il produit sans s’approprier.

Il agit sans attendre.

Son œuvre accomplie, il ne s’y attache pas.

Toutes choses surgissent sans qu’il en soit l’auteur.

 

La grande bonté est comme l’eau qui permet tout et ne rivalise avec rien.

En occupant la basse position, dédaignée de tout humain...

Elle est si proche de la vérité.

 

Sa position profonde est favorable, son cœur est modeste, son offrande est généreuse, sa parole est fidèle, son gouvernement est un ordre parfait.

Elle coule en suivant l’inclinaison du vrai.

 

Penses-y... Sous tes pieds se trouve la source.

 

La vérité est comme un vase que l’usage ne remplit jamais.

Elle est pareille à l’abîme qui est à l’origine de tout.

La vérité émousse tout tranchant, toute prétention.

La vérité dénoue toute embrouille, tout conflit.

La vérité regroupe comme la lumière toutes les couleurs, toutes les qualités.

La vérité unifie et nettoie toutes les poussières, efface tous les défauts.

La vérité fille de l’énigme et du doute est l’aïeule des dieux, gadgets dogmatiques et sanguinaires, filiations perverses qui sont les cache-sexe de la peur de l’homme !

 

N’écoute pas le tambour des autres. Et marche à ton propre pas.

 

Entre la glace, la terre et le vent, je danse.

Seul.

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Qui connaît autrui est intelligent.

Mais, qui se connaît est éclairé.

Juger autrui est la plus sûre façon de ne point se connaître.

 

Pas assez de recul pour observer mon moi.

Un monde, encore, qu’il me faut refuser de découvrir.

 

Qui se vainc soi-même renforce son caractère.

Qui se contente de peu est riche.

Qui se force à l’action est volontaire.

Qui connaît sa place est dans la vie.

 

L’immortalité réside d’abord dans le souvenir des hommes.

Mais pas seulement.

L’immortalité n’est pas l’immortalité.

 

Qui connaît l’immuable devient tolérant.

Qui est tolérant devient désintéressé.

Qui est désintéressé s’élèvera et fera corps avec la vérité.

Rien ne peut alors t’atteindre et te blesser.

 

Désapprends pour vivre en société.

Apprends pour être toi-même.

 

Je ne peux être mon propre interprète.

La brutalité du dire refuse la répétition.

 

Sache reconnaître l’amour qui t’est offert

Il te libère de tes prisons intérieures.

Sache reconnaître la mort à laquelle tu es promis

Elle répondra à toutes tes interrogations.

Sache reconnaître la solitude comme un cadeau offert

Elle te permet de reconstruire et d’habiter ton espace intérieur.

Sache reconnaître comme tes frères ceux qui te rejettent

Ils t’offrent le calme des solitudes et la contemplation.

Sache reconnaître ta fatigue

Elle t’offre la vigueur en te coûtant le prix de l’effort.

Sache reconnaître la faim

Elle te donne le goût du monde.

Sache reconnaître celui qui te blesse

Il t’incite à la défense des faibles.

 

Respirer, sentir, toucher, voir…

Tout cela s’apparente au soleil…

Et les mots ne sont que poussières dans ses rayons.

 

Aime chaque matin.

N’attends de la lumière de l’aube que celle de ton coeur.

Et tu atteindras bientôt la sagesse.

 

Ne glorifie pas les hommes dits de mérite de peur que l’humain ne se bouscule pour être à la première place.

Ne regarde pas et ne vante pas les trésors et la possession, cela crée le voleur.

N’expose pas ce qui porte à l’envie pour ne pas avoir à verrouiller ta porte.

 

Les cicatrices de l’esclavage entravent encore mes pas.

Suivre, poursuivre, commander, obéir…

Mots vains : tu es le fétu jeté dans la rivière !

 

Le fatalisme, voilà la grande injure à la sagesse.

Bouge dans ta tête, dans ton cœur.

Et ne gesticule pas !

 

Fais en toi le vide absolu. Maintiens toi dans la quiétude.

Tous, nous sommes appelés au retour vers nos racines.

Revenir à nos racines c’est trouver la quiétude.

Trouver la quiétude c’est générer l’ordre.

Et retrouver l’ordre c’est découvrir l’immuable.

La quête de l’immuable appelle l’illumination.

 

Le sage épris de vérité est ignoré de l’homme.

Le sage se garde de parler…

Parler est si rarement conforme à la nature !

 

Quand le parcours du sage est terminé, quand sa tâche est accomplie, l’homme d’à côté s’écrie « Regarde ! Cela vient de moi ! » 

 

Abandonne toi à la vérité.

Fais naître la bonté et la justice…

Ne renie pas le savoir… Mais sache que l’intelligence et le savoir trop mis en avant, entraînent le mirage et l’artifice…

 

Danger : Perdre le désir de ce que je cherche, en cherchant ce que je désire.

 

Ce qu'on appelle résignation n'est autre que du désespoir !

 

Rejette la sagesse qui s’expose.

Méfie toi de la connaissance qui asservit.

De cet écart l’homme sage en tirera le bonheur véritable.

Rejette l’industrie et son profit : les voleurs et les bandits disparaîtront.

Discerne le simple.

Etreins le naturel.

Réduis ton égoïsme.

Réfrène tes désirs de possession.

 

Ils t’entraînent et ils t’aiment…

Repus, ils te déchirent…

Et toi, l’exalté, tu es comme le simple d’esprit.

 

Produire.

Faire croître.

Produire sans s’approprier.

Agir sans rien attendre.

Proposer sans contraindre.

 

L’avarice est un vice.

L’usure est un délit.

L’amour de l’argent est détestable car il aveugle l’esprit et rend l’homme imperméable à la vérité.

 

Plus le diable en a, plus le diable en veut.

 

Tous ont leurs grandes richesses.

Et moi, au milieu d’eux, je suis démuni.

 

Tous sont clairvoyants.

Et moi, au milieu d’eux, j’erre dans l’obscurité.

 

Tous ont l’esprit perspicace.

Et moi, au milieu d’eux, j’ai l’esprit confus qui flotte à la manière des vagues de la mer soumises au souffle du vent.

Mon esprit est lent comme celui d’un ignorant.

 

Tous ont un but précis.

Futiles prévoyants.

Et moi, au milieu d’eux, je me sens l’esprit obtus d’un homme asservi.

 

Tu ne donnes rien.

Car si on ne te demande rien… tu ne donnes rien !

 

Son regard est modeste et sans envie…

Mais il t’arrache le coeur avec son bec !

Tu vis dans le monde !

 

Qui plie restera entier.

Qui s’incline se redressera.

Qui est creux sera rempli.

Qui subit l’usure se renouvellera.

Qui embrasse avec parcimonie acquiert la connaissance sûre.

Qui embrasse beaucoup trouve le doute…

 

Et le doute offre la jeunesse de l’esprit.

Le doute et la connaissance sûre font le sage.

 

Tu aspires à la sagesse ?

Renonce à l’honneur et serre ta ceinture d’un cran !

 

Qui se dresse sur la pointe des pieds ne tient pas debout longtemps.

Qui fait de trop grandes enjambées s’essouffle rapidement.

Qui s’exhibe, se fait voir, ne rayonne pas.

Qui s’affirme ne s’impose pas.

Qui se glorifie et se vante n’a pas même son petit mérite reconnu.

Qui s’exalte et s’échauffe ne peut devenir sage…

Ces manières répugnent à l’honnête homme.

Elles sont, pour la quête de la vérité, aussi fétides, aussi corrompues que de la viande avariée.

Eloigne t’en pour rester pur.

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Le sage est au service de l’autre.

Et quelque soit l’homme. Il n’en omet aucun.

De même toute chose lui est bonne et utile.

Le sage n’en rejette aucune…

Savoir servir et se servir ad minima c’est là posséder la lumière…

 

Tu es le besoin qu'on a de toi, non ce que tu es.

 

L’ombre est moins prétentieuse que la lumière…

Elle la suit partout.

 

Marcher bien, c’est marcher en s’efforçant de ne laisser aucune trace.

 

Parler bien : ne point blesser l’autre et éviter les erreurs de l’humaine nature (vantardise, égoïsme…).

 

Calculer bien c’est s’efforcer de ne pas avoir besoin d’exhiber sa calculette ou son ordinateur pour donner.

 

S’attacher bien à l’autre c’est toujours créer des liens durables sans avoir recours à l’artifice.

 

Renoncer à toutes ses aventures intimes, être « conforme » en société : voilà la faiblesse, l’erreur, le péché…

 

Connais le masculin, adhère au féminin.

Connais le féminin, adhère au masculin.

 

Sois la vallée profonde du monde.

Quiconque est la ravine profonde où s’écoule l’eau de la connaissance possèdera la vertu constante.

Et ce faisant il retrouvera l’enfance.

 

Connais le blanc, adhère au noir.

Connais le noir, adhère au blanc.

 

Entre le noir et le blanc, le gris.

Rien de solide.

Le bâtisseur exècre le gris !

 

Sois la mesure du monde.

Quiconque relie et mesure le monde ne laissera pas la vertu constante se flétrir en lui…

Et ce faisant il retrouvera l’illimité.

 

Connais la disgrâce, adhère à la gloire.

Connais la gloire, adhère à la disgrâce.

 

Sois la calme vallée du monde…

Sois la vallée cachée où s’écoule la vertu constante et tu retrouveras l’origine du monde…

 

Reste le serviteur humble du monde…

Et fuis ceux qui se prétendent les maîtres du monde.

 

A trop s’enfler, on devient fragile.

 

Le sage se calque à la nature des hommes…

Mais ne les imite pas.

Le sage connaît son essence humaine.

L’homme vertueux ne blesse rien car connaissant son humanité il en contrôle les pulsions.

 

Le monde est un vase si fragile, un espace si terrible et imprévisible !

Qui cherche à façonner le monde, le détruira.

Qui cherche à posséder le monde, le perdra.

 

Où campent les armées poussent les épines et les chardons.

Celui qui cherche la vérité ne peut subjuguer le monde par la force.

Un sage se contente d’être résolu.

Il est résolu sans orgueil, sans exagération, sans ostentation…

Il est résolu par nécessité et par clarté.

 

La raison de tous est un monstre…

 

Stratégie.

Qui veut abaisser quelqu’un doit d’abord le grandir.

Qui veut affaiblir quelqu’un doit d’abord le renforcer.

Qui veut écarter quelqu’un doit d’abord l’exalter.

Qui veut supplanter quelqu’un doit d’abord faire des concessions.

Telle est la vision du monde du subtil, du diplomate, du politique..

En usant de subterfuges l’homme s’éloigne de l’esprit de vérité et tombe dans la jarre de l’envie.

Garde, oh toi qui aspire à la sagesse, un cœur d’enfant !

 

L'oppresseur est aveugle au mal qu'implique l'oppression tant que l'opprimé l'accepte.

 

Le danger n’existe que lorsqu’on le voit !

Trop tard !

 

Le silence à l’humiliation et à l’oppression est le zèle du sage.

 

La lie est la fin du vin.

La vie est la fin du saint.

 

C'est presque toujours la peur d'être toi-même qui t’oblige à avoir un miroir.

 

Les armes sont des instruments néfastes…

Elles devraient répugner à tous les hommes.

Celui qui tend vers la vérité ne les prend pas !

Les armes sont des instruments néfastes…

Ce sont toujours des instruments de voyous…

Quand bien même ceux qui les fabriquent ou les possèdent sont reçus sous les lambris mondains des pouvoirs.

Etre résolu exige hélas parfois leur emploi.

Le sage ne s’en sert que par nécessité, car il honore la vie, la paix et l’humain.

Le sage ne se réjouis jamais de sa victoire.

 

Le sage se souvient.

 

Une bêtise de Nietzche :

« Frères devant la misère,

Égaux devant l’ennemi,

Libres - devant la mort ! »

La lâcheté de l’homme…

La solitude du juste.

 

Et ils agitent le cercle vicieux de leurs préjugés …

 

Celui qui se réjouit et prend plaisir à tuer, à l’abaissement, à l’humiliation de l’autre, humain ou animal, vivant, n’est pas appelé « homme » mais ordure et lie !

Tuer un homme, un animal ou dévaster la nature est, au regard du sage, un même mal.

 

Sang animal, ô sang de mon frère, tu es la souffrance qui enroue ma voix.

 

Tout sert dans l’animal d’élevage, sauf son cri.

 

Le sage respecte le monde si fragile, si terrible, si imprévisible.

 

Il est plus sage de cultiver le respect du vrai que le respect de la loi de hommes.

Il est plus sage de cultiver le respect de la loi naturelle que ce que l’on croit vrai.

 

La vérité n’a pas de nom.

Bien que son objet humain soit minuscule le monde des hommes n’ose l’assujettir…

La vérité est a l’univers ce que les ruisseaux sont au fleuve, ce qu’est le fleuve à la mer.

Tous les êtres sont nés du « grand tout », principe de vérité, sans qu’il en soit l’auteur…

Le « grand tout » accomplit ses œuvres et n’en est pas propriétaire.

Il protège et nourrit tous les êtres sans qu’il en soit le maître.

Ainsi peut il être désigné comme « grand ».

Et c’est parce que le « grand tout » n’a cure de sa grandeur que sa grandeur parachève la vérité…

 

La vérité, elle-même, n’est pas l’action.

Mais toute action relève de la vérité.

 

On tue les pensées qu’on n’exprime pas par des actes

 

Chaque page tournée me fait oublier la précédente…

L’homme est un gouffre d’amnésie.

Quand il n’agit pas !

 

La gesticulation ne relève pas de la pensée mais du réflexe archaïque.

 

Sans désir, quiet, l’univers se règle de lui-même…

 

La vertu suprême est sans vertu, c’est pourquoi elle est la vertu.

Qui se conforme à la bonté, agit, mais n’a pas de but.

Qui se conforme à la justice, agit en ayant un but.

 

Sous la vérité vient la vertu.

Sous la vertu vient la bonté.

Sous la bonté vient la justice.

Sous la justice reste le dogme.

Le dogme est l’écorce de la fidélité et de la confiance.

Mais le dogme est aussi la source du désordre.

L’intelligence, la prévoyance et le doute sont les fleurs de la vérité, mais en même temps le commencement de la crainte et de la bêtise…

L’homme qui cherche la sagesse s’en tient au fond et non à la surface.

Il s’en tient au noyau que constitue la vérité et non aux fleurs qui parent la vérité.

 

Le retour est le mouvement de la vérité.

C’est par la faiblesse, la fragilité, qu’il se manifeste.

 

Tous les êtres sont issus de l’être.

L’être est issu du non-être.

 

La matière tend à l’esprit.

L’évolution est une marche vers la conscience…

Tous les clades, les rameaux évolutifs, tendent vers la conscience.

On peut parier qu’il en est ainsi sur des milliards de planètes.

L’univers tend donc vers la conscience, l’intelligence,  l’esprit.

 

La belle musique de la création ne s'arrête jamais, mais rares sont les oreilles qui l’entendent.

 

La pensée doit commencer par la reconnaissance du vivant.

Mais une pensée claire doit aussi se dégager du vivant : elle est donc par essence en dehors du vivant. Donc non naturelle.

Le sage est donc en dehors de la nature.

 

On ne doit rien si l'on rend la lumière au soleil.

 

L’homme est fait à l’image de l’univers.

Et l’homme, et l’univers sont fait à l’image de la vérité…

Mais ils l’ignorent.

De l’ignorance naît le désordre, l’erreur.

Ce que tu appelles le « mal ».

Offre la vérité au sage… Il la protège avec zèle.

Offre la vérité à l’homme aimant. Tantôt il s’en empare. Tantôt il la rejette.

Offre la vérité à l’homme noyé dans les rumeurs. Il en rit aux éclats.

S’il n’en riait pas, la vérité ne serait plus la vérité !

Le sage offre la perfection aux hommes sans blesser leur amour-propre.

Sa base est stable.

Il est comme un carré sans angle.

 

Le chemin de la lumière paraît, à l’homme aveugle, obscur.

La perfection paraît, à l’homme timoré, imparfaite.

La plénitude paraît, à l’homme insatisfait, vide.

Le chemin du progrès paraît, à l’homme médiatique, rétrograde.

Le chemin uni paraît, à l’homme endormi, raboteux.

La vertu paraît, à l’homme des rituels, vide.

La candeur paraît, à l’homme politique, souillée.

La droiture paraît, à l’homme malhonnête, sinueuse.

L’éloquence paraît, à homme sans idée, bégayante.

 

Et si tu respires tout en l'homme, dans le très petit homme, comment n'étouffes-tu pas ?

 

L'ennui est au bout de tous les plaisirs, le contentement au bout de tous les sacrifices.

 

Le grand vase de l’univers est lent à se parfaire.

Son mouvement est peu perceptible aux hommes.

Tout comme la grande musique qui n’use que de peu de sons.

Tout comme l’image sans forme.

La vérité n’a pas de nom et elle est cachée.

Et pourtant c’est elle seule qui soutient et produit tous les êtres.

 

La nature est continue.

La pensée discontinue.

Les briques qui constituent la pensée, les mots, sont des concepts organisés structurant la pensée comme les atomes structurent un corps.

Avec une différence : la matière est ondulatoire, donc continue.

La pensée n’est pas naturelle.

 

En ce monde le plus tendre domine le plus dur.

Seul le presque rien traverse ce qui est dense et sans faille.

Ce à quoi, je sais que l’efficient est dans la tranquillité.

Ne pas parler. Ne pas agir.

Rien ne peut égaler la passivité active.

 

Renom ou santé ? Quel est le plus précieux ?

Santé ou fortune ? Quelle est la plus importante ?

Gagner de l’or, acquérir une fallacieuse renommée, en perdant la santé ? Quel est le pire ?

A vouloir trop amasser on subit trop de pertes.

Qui de peu se contente évite les reproches.

Qui sait se borner aura toujours assez.

Qui sait se réfréner évite les catastrophes.

C’est ainsi que l’on vit longtemps.

 

L’écorce tombée livre le cœur abrupt de la maturité.

 

Et que servirait-il à l’homme de conquérir le monde, s’il perd son âme ?

 

Qui fait un paradis de son pain, fait un enfer de sa faim.

 

Où sont ces vieilles routes sinueuses qui mènent hors des villes et du monde?

Il n’est d’autre endroit que ta chambre pour échapper aux turbulences du monde…

Crois-tu?

Même pas!

Les marchands pénètrent par les lézardes de tes murs et se collent à la lumière qui traverse tes vitres…

 

Sans franchir sa porte on connaît l’univers.

Sans regarder par la fenêtre on peut trouver les voies du ciel.

Tout réside dans une petite chambre.

Est-il besoin de plus ?

Plus on va loin moins on connaît.

Reste chez toi.

Médite !

 

Ils pensent en savoir plus que Pythagore parce qu’ils ânonnent docilement que la terre tourne autour du soleil… Mais regardent ils les étoiles ?

Ils parlent des durées incommensurables du temps, de la naissance de l’univers, des galaxies, des étoiles… Mais regardent ils sous leurs pied le petit caillou, l’insecte, le brin d’herbe ?

 

Adonne toi à l’étude.

Tu penses que ton savoir chaque jour augmente.

Consacre toi à la quête de la vérité.

Tu constates chaque jour que tu es ignorant.

Laisse les choses venir à toi… Sois tranquille, quiet.

Par le non agir tout se met en place…

Celui qui veut faire ne peut gagner l’univers.

 

Evite de trop raisonner : l'âme s'altère aux efforts de la pensée.

 

Ma bibliothèque tient dans les liaisons synaptiques de mon pauvre cerveau…

Elle est immense et vide.

 

Je ne cite aucun auteur parce que j’ânonne ce que les autres ont déjà dit…

rais de lumiere

Le sage remet ses choix.

Il n’a pas de désir propre.

Il fait sienne la voix du peuple.

Etre bon à l’égard des bons.

Etre juste envers ceux qui ne le sont pas.

Ecouter les hommes de confiance.

Ecouter ceux qui ne sont pas de confiance.

L’existence du sage dérange car il unifie les opposés.

Le sage est écarté.

Il est l’objet des paroles inutiles.

Celui qui aime la vérité ne parle pas !

Le sage aime le peuple comme ses propres enfants.

 

La vérité produit.

La vertu maintient.

La matière construit.

Le milieu et ses enchaînements parachèvent.

Tous les êtres, toutes les choses sont issus du principe de vérité.

Et la vénération de la vérité ne doit pas être ordonnée, instituée, mais spontanée.

 

L’intime nécessité est la seule source du savoir.

 

Parole de sage : la pierre, même la pierre que je prends palpite de mon sang et de l’humidité de mon regard.

 

Les injustices des hommes et les injures du temps ne masquent pas la beauté du monde.

 

Produire sans s’approprier.

Agir sans aucune attente.

Proposer sans contraindre.

Voilà les principes de la vertu.

 

Il m’a dit : le temps n’existe pas pour le poète.

Que de poèmes sont enterrés !

 

Se vêtir de vêtements chers et brodés, se ceindre d’armes, se rassasier de riches mets, accumuler des richesses, contraindre, exploiter, exproprier, tout cela s’appelle vol et mensonge.

Cela ne relève pas du principe de la vertu.

 

La folie de l’homme : avoir un passe-temps !

Le temps ne passe pas. Il est !

Ou il n’est pas !

 

Trop tôt, ou trop tard ???

Les deux mon capitaine !

 

En tuant le temps, on blesse l'éternité.

 

La distraction de l’immuable est le piège de l’esprit.

Les médias de notre temps ne tendent qu’à cela !

La stéréotypie est le but de l’homme moderne.

Etre à la mode, faire comme tout le monde…

Plus nous sommes nombreux, plus nous voilà identiques.

Belle démarche qui nous paralyse !

Et nous éloigne de l’étude.

 

L’homme moderne se réifie en s’identifiant à l’autre.

 

Tout a une origine.

Qui appréhende le mouvement des êtres et des choses entrevoit la vérité.

Qui connaît les hommes et leur origine adhère à la vertu.

Percevoir le plus simple, le plus petit au sein du plus grand, du plus complexe voilà la clairvoyance.

Garder douceur et humilité, voilà la force de l’âme.

Prends les rayons de lumière pour t’éclairer mais remonte aussi à leur source.

Sois immobile dans la mouvance de l’univers ainsi tu observeras le constant.

 

Celui qui sait ne parle pas.

Et celui qui parle ne sait pas.

 

Laisse tes volets fermés, verrouille ta porte, émousse tes tranchants, tes prétentions, dénoue toutes les embrouilles, tous les conflits, fusionne toutes les couleurs pour que la lumière soit, unifie tes scories, tes poussières, trouve ton identité.

 

C'est ta présence qui fait le silence d'une chambre.

 

Tu veux voyager loin ?

Glisse toi dans les cavernes qui sapent ta maison.

 

Tu ne peux approcher de la vérité pas plus que de t’en éloigner, la louanger pas plus que de lui porter tort, l’honorer pas plus que de la dégrader…

 

Estime seulement la nécessité de la vérité.

 

Le réel perçu par les sens ne réside pas dans les impressions sensibles, mais uniquement dans les nécessités dont ces impressions sont les signes.

 

Ce que j'ai appris, je l'ai oublié.

Ce que je sais, je l'ai cherché comme un aveugle cherche la lumière.

 

Plus il y a d’envie, de spéculation, d’usure, plus le peuple s’appauvrit.

Plus il y a d’interdits et de prohibition, plus le peuple se dégrade.

Plus l’état possède de policiers, de militaires, d’armes, plus le désordre sévit.

Plus se développe l’intelligence fabricatrice, plus en découlent d’étranges et inutiles produits.

Plus se multiplient les lois et les ordonnances, plus foisonnent voleurs et bandits.

C’est pourquoi le sage dit : si je suis moi, si je ne participe pas, l’homme cherche de lui-même la vérité.

Si je reste calme et sans passion, l’homme s’amende de lui-même de ses travers.

Si je ne cherche pas l’argent, l’homme s’enrichit de lui-même.

Si je ne nourris aucun désir, l’homme revient à la simplicité.

 

Si le gouvernant est indulgent le peuple reste pur.

Si le gouvernement est pointilleux le peuple devient fautif.

 

Quand le gouvernement emprisonne injustement, la place de l'homme juste est en prison.

 

Le bonheur n’existe-t-il que par le malheur ?

Le malheur couve t’il sous le bonheur ?

 

Les franches et dures inimitiés sont les plus doux atouts dans notre société.

 

Le normal peut se faire anormal et le bien peut se transformer en monstruosité.

Hélas les hommes se sont si longtemps trompés là-dessus…

Le sage propose sa discipline sans blesser l’homme.

Le sage purifie l’homme sans le vexer.

Le sage rectifie et corrige sans contraindre.

Le sage éclaire sans éblouir.

 

Pratique la patience.

Exécute en perturbant le moins possible l’ordre naturel.

Goûte et apprécie ce qui a et n’a pas de saveur.

Prends en considération le petit comme le grand, et le peu comme le beaucoup.

Affronte une difficulté par son versant le plus simple.

Et ne cultive pas trop la vertu car tu risquerais de sombrer dans le sérieux.

 

La nécessité du monde, voilà le réel.

Aimer le monde c’est aimer la nécessité des êtres et des choses.

 

Je m’épands au hasard et vous me reprochez de déborder…

Je vous offre mon vin et mon ivresse !

Et vous remplissez votre cave…

 

 

Consentir à un but, par de menus actes, c’est aimer.

Toute chose complexe se réduit finalement en éléments très simples.

En éléments très simples qui interfèrent entre eux par des lois qui leur sont extérieures.

Ces lois conditionnent tous nos actes, les harmonisent en font une œuvre.

Et l’œuvre la plus sublime est toujours le résultat d’actes mineurs multipliés.

Consentir au règne de la nécessité mécanique dans la matière et du libre choix au centre de chaque être : voilà l’amour !

 

Celui qui, d’emblé, croit tout facile à réaliser se trouvera, nécessairement, dans de grandes difficultés à voir l’autre.

L’absence d’amour se confond avec le mépris.

 

Parfois j'ai besoin de la lueur d'une allumette pour éclairer les étoiles.

 

Préviens le mal avant qu’il ne soit.

Mets de l’ordre avant que n’éclate le désordre.

Ce qui est en attente est facile à maintenir.

Ce qui n’est point éclos est facile à prévenir.

Qui agit inopinément échoue.

Qui accumule trop perd.

Qui ne consent point n’aime pas.

 

Cultive l’attention aux autres ; là réside la vraie prière.

L’attention, l’empathie : synonymes du mot amour.

 

Apprends à désapprendre.

Détourne toi de tous les excès des savoirs imposés.

Ne perturbe pas le cheminement de ton entourage, n’ose agir sur lui.

 

Ne confonds pas technique et savoir. Science et technologie.

L’une appelle l’argent, l’autre l’amour.

 

Un homme raisonnable ne peut agir sans motif.

N’oublie jamais que tu ne sais pas et que tu es en chemin…

Cela rendra raisonnable ton motif.

Mais existe-t-il un motif « raisonnable » d’action ?

 

En croyant me faire du bien, tu me fais du mal.

Je ne te dirai pas que tu te trompes.

Parce que tu es généreux.

 

Ne pleure pas si tu n’as un vase où répandre tes larmes.

 

Crois tu qu’il soit sage de laisser le peuple dans l’ignorance ?

Les anciens l’ont fait.

Ils ne cherchaient pas à éclairer le peuple.

Ils s’attachaient, pour le contraindre, à le laisser dans l’ignorance.

Face à l’expérience de mille hommes que peut toute l’expérience du sage ?

 

 

L’intelligence des puissants est le miroir aux alouettes du peuple.

 

L’intelligence crée les mythes, les superstitions, les dieux et les dogmes.

Et l’expression la plus maligne de l’intelligence est la religion.

La religion, quelle qu’elle soit, est l’alcool qui masque la vérité.

La religion hypnotise sans apporter de solution.

La religion génère le fanatisme et incite au meurtre.

La religion prélève, soudoie, détourne la vérité.

La religion sépare et enferme.

Les entendez vous, ceux là qui prêchent l’amour en appelant à la haine ?

L’intolérance est le terreau des fanatismes.

Souvenez vous de tous ces morts…

Voyez ces rituels ânonnant des mots vidés de leur sens…

Voyez ces vêtements ridicules…

Et cette splendeur se paye de la faim des gens…

La simplicité de la vérité n’a rien à voir avec l’arrogance, la pompe et la fatuité.

La vérité ne se révèle pas au gré des ritournelles, des psalmodies…

Elle réside, cachée, dans le cœur de chacun et s’entrevoit dans le silence de l’humilité.

 

Qui gouverne en usant de l’intelligence sera le malfaiteur du peuple…

 

L'humanité ne sait plus où aller, parce que personne ne l'attend : pas même dieu.

 

Dieu a-t-il créé l’homme ?

L’homme a-t-il créé dieu ?

Qu’importe…

La prière seule est utile !

 

La contemplation, l’adhésion aux lois l’univers sont les médiateurs de la foi.

La foi n’est pas un objet d’affirmation ou de négation.

Le dogmatisme expulse la foi.

La foi se perd souvent par où elle a pris naissance.

 

Dieu n’attend pas l’homme.

L’homme attend t’il l’atome qui le constitue ?

Et l’atome attend t’il la particule qui le constitue ?

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Les puissants vendent sans mal leur société au peuple.

Ils usent de la vanité des petits.

 

Le veau d’or est toujours debout !

Les maîtres et les prêtres se sont donnés pour maître l’argent…

Les uns l’appellent la finance, les autres, dieu.

Les deux s’associent pour endormir le peuple au travers des dogmes.

 

Combien, fatigués de se mentir et de mentir aux autres, se suicident  dans un dogme.

 

Ils ne m’amusent plus tous ces spéculateurs qui galègent, qui spéculent, à longueur de prêche, sur l’enfer et le paradis pour édifier leurs chapelles, leurs minarets, leurs temples…

 

Tirer au clair le piège qui a fait de l’homme l’esclave de ses propres créations.

  

L’homme est gouverné comme il raisonne.

Il s’arroge le droit de dire des sottises.

Et il permet à ceux qui le gouvernent d’en faire.

 

«Si les singes avaient le talent des perroquets, on pourrait en faire des ministres

[ Chamfort ]

 

Ils ne veulent pas penser le rapport entre l’effort et le résultat de l’effort.

Ils le masquent pour avoir des sujets asservis…

Ils se servent d’intermédiaires…

Ils évacuent l’homme par l’usure.

Ce rapport gît dans la gouvernance d’une seule « pensée », d’un seul objectif : l’argent.

 

Le rapport de classe est maintenu par un seul et unique dieu : le fric !

 

Argent, machinisme, algèbre. Les trois rouages monstrueux qui asservissent l’homme.

 

Qu’on les appelle esclaves, ouvriers, ou « coût du travail » ils seront toujours affamés par la minorité spéculatrice, népotiste et stupide qui joue la survie du monde au casino boursier.

 

Des jeux, du cirque ;  l’antique solution pour obtenir la paix sociale est toujours d’actualité.

Il n’y manque que le pain !

 

La lutte des classes est!

 

La philosophie comme la médecine connaît beaucoup de médicaments et très peu de bons remèdes.

La philosophie ne connaît pas de remèdes spécifiques.

La religion ne connaît que drogue et conduit à l’addiction.

Elle confond remède et lubie…

 

Parfois la guillotine est plus efficace que la philosophie…

 

La vertu opère à l’encontre des habitudes, des rituels et des dogmes

Elle est la jonction des couleurs qui forme la lumière éclairant la raison.

Elle est le chemin qui conduit à l’harmonie universelle.

 

Si le sage veut servir le peuple, il lui faut d’abord être humble et se cantonner au dernier rang…

Puisqu’il ne rivalise avec personne, personne n’est enclin à rivaliser avec lui.

 

Le travailleur de l’âme est toujours seul.

 

L'homme juge tout dans la minute présente sans comprendre qu'il ne juge que la minute présente.

 

Oseriez vous dire : ma vérité est si grande qu’elle ne ressemble à aucune autre ?

Alors, il y aurait d’autres vérités ?!

Différentes vérités, mais vérités quand même !

 

Désire ta vérité pour aimer dans la vérité.

Inconditionnellement.

Comme le souffle mélangé au feu.

 

Prétendre connaître c’est ne pas connaître.

Précipiter les choses en disant je sais : voilà l’erreur.

Il ne suffit pas d’une vie pour savoir que l’on ne sait pas.

Car la vérité occupe plus de place que l’univers.

Prétendrez vous détenir la vérité ?

Conscient de mon ignorance, je commence à savoir.

La seule porte vers la vérité réside dans la contemplation du monde.

 

Méconnais-toi toi-même...

Que peux-tu faire d'autre?

 

Ne pas tromper autrui c’est déjà un pas vers la vérité.

L’erreur c’est le mensonge.

 

Rien n'est révélé...

Tout est ressenti!

 

Les révélations sont des mensonges.

La condition est dans la réalité.

Le sage doit se départir des masques de la tromperie.

Quel est l’homme qui n’a pas succombé à l’erreur ?

 

Qui prend conscience de son erreur sait qu’il en commettra de nouvelles.

 

Les paroles vraies ne sont pas agréables.

Les paroles agréables ne sont pas vraies.

Un honnête homme n’est pas un beau parleur.

L’érudition n’est pas l’intelligence.

Les diplômes ne sont pas l’honnête homme.

Oh non!

Le pouvoir n’est pas l’homme sage.

Oh non!

La richesse n’est pas la compréhension du monde.

Oh non!

 

Celui qui se dévoue à autrui s’enrichit…

Le pauvre possède le monde.

 

Agir sans rien attendre…

Ne rien réclamer.

 

La méditation m’agite.

Elle m’agite tant que j’en ressens le besoin et la fièvre.

La méditation n’est pas la quiétude.

 

Mille soleils lointains ne dissipent pas la nuit…

 

Dire une vérité avant son heure : risquer d’être considéré comme  hérétique. 

 

Longtemps je me suis obligé à mourir dans la clameur du temps.

 

Et s'il n'y avait pas de lumières qui s'éteignent, les lumières qui s'allument n'éclaireraient pas…

  

L’univers pulse comme un cœur géant.

Son origine, finie, est l’indice de cycles infinis.

Sa masse, finie, montre qu’au travers des cycles infinis tout être est éternel.

Entre deux moments de conscience – ce que l’on nomme habituellement la mort – il n’y a pas le moindre espace d’inconscience…

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L’oeil est capable du clin.

Le clin est la spécificité de l’oeil.

Pas de clin d’oreille, ni de clin de nez…

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